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Réflexion dans l’autonome québécois : l’Afrique, la France, la Francophonie à Erevan, le Rwanda !

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Et si nous goûtions le pays de Kagamé et son expérience réussie de développement global ! Pourquoi ne pas croire qu’un pays anglophone, hier membre de la famille francophone, peut donner une nouvelle vie à l’Organisation Internationale de la Francophonie ? Celle-ci n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle n’a pas surtout besoin de renaître. Elle a besoin d’être réinventée. Le Rwanda est devenu une référence en Afrique et dans le monde. Un pays qui comptait si peu et connu pour sa mémoire souffrante, est aujourd’hui respecté et loué sur la scène internationale pour ses réussites. On peut tout dire de Kagamé, sauf qu’il a réussi à faire d’un pays tragique, un pays solide, uni et retrouvé. Son patriotisme le sépare de nombre de chefs d’Etat africains. On raconte ses faits d’armes. On sait,par exemple, comment il a refusé à une grande firme automobile mondiale de s’installer chez lui, le temps d’envoyer à l’étranger, en formation, de jeunes Rwandais qui, devenus ingénieurs et hauts techniciens qualifiés, sont revenus au pays. Alors seulement, il a dit oui, vous pouvez maintenant venir vous installer chez nous, mais à la condition que certains secteurs de votre firme installée chez nous, soient confiés à des Rwandais qui en ont acquis la compétence. Ce n’est pas autrement que certain pays, comme la Chine,  ont agi avec des multinationales comparées à « Auchan » ou « Leclerc », en France, en leur imposant des conditionnalités: vous vous installez, mais à 50-50. Les décideurs chinois savaient que leur marché était fort convoité pour leur milliard de consommateur. A part égale 50-50, au bout de quelques années, les chinois avaient installé à côté des firmes étrangères, leur propre supermarché national et le tour était joué ! Après la Chine, deux seuls autres gros marchés mondiaux sont inscrits dans le futur pour les investisseurs et pour les multinationales: l’Afrique et l’Inde. L’Afrique ne peut plus continuer à subir la loi des marchés occidentaux et américains. Aux lendemains de la colonisation, le marché mondial était désorganisé, trafiqué, et l’Europe en a profité royalement, pendant des siècles. Aujourd’hui, le jour s’est levé et le monde est mieux structuré, mieux régi. On peut se défendre et être défendu. Alors, que l’Afrique se réveille donc et qu’elle gère de très près ses ressources en négociant plus patriotiquement avec les pays développés et les firmes internationales et capitalistes. La Chine nous a montré le chemin. Le Rwanda n’a pas tardé à comprendre et à agir pour d’abord protéger ses intérêts. C’est cela le mérite de Paul Kagamé. En définitive, si extraordinaire que cela puisse paraître, nos pays ont besoin d’autorité, d’ordre, de discipline, pour un certain temps, au moins. Kagamé n’est pas un tendre. Son pays est dans le rouge dans le domaine des droits de l’homme. Il est même dans la dictature. Mais certains se demandent si nous n’avons pas besoin de cette « dictature », sorte d’autorité disciplinaire, pour que nos pays s’alignent dans la rigueur de la gestion, la discipline des populations, le travail, le respect du bien public.

 

Quand j’observe mon pays au quotidien, citoyen dans la rue, je ne puis espérer son développement sans une autorité forte. Des compatriotes sont allés jusqu’à proposer des brigades en civil qui, mêlées aux populations et automobilistes, veilleraient sur la discipline, le respect, la bonne conduite. Faire et agir de sorte que la société soit la vigile d’elle-même. Que chaque citoyen égaré sache qu’il est regardé d’un œil moral. Ce n’est pas enfreindre la liberté d’autrui. Ce qui se passe au Sénégal dépasse tout entendement. Le développement, ce n’est pointle moi-moi, partout et toujours. L’éducation du citoyen compte. Un pays n’est pas une poubelle. Un trottoir n’est pas une boutique. Un rond-point n’est pas un marché. Une auto n’est pas un jouet. Un feu rouge n’est pas une entrée de bar. Le respect des règles d’une posture citoyenne, c’est comme à l’entrée d’une église, d’une mosquée. On s’y prépare. On rassemble sa foi avant d’en franchir la porte. Oui, la liberté n’est pas une loi individuelle imposée aux autres. Oui, la démocratie occidentale n’est pas imposable en tout chez nous.Quelqu’un me disait que la chancelière allemande Angela Merkel était à son 5ème mandat et que personne ne ruait dans les brancards ! A chacun sa pratique de la démocratie ! Certes, mais il faut savoir raison garder ! Ce qu’il nous faut retenir en Afrique, c’est que les droits de l’homme commencent d’abord par le droit au développement, c’est à dire manger, se soigner, se loger, se vêtir, bénéficier de l’éducation, travailler. Ce que l’Occident nous a légué comme héritage politique et institutionnel, doit être repensé, adapté à nos réalités sociales et économiques. Ce qui compte, c’est de penser en Afrique au plus grand nombre qui ne mange pas à sa faim, ne travaille pas, ne va pas à l’école, n’a pas d’eau courante ni d’énergie pour s’éclairer, pas même de latrines. Ce qui compte, ce sont des hôpitaux pour  soigner les plus démunis qui meurent aux portes des urgences faute d’un ticket d’entrée, faute de quoi aller acheter l’ordonnance prescrite avec du coton, des seringues. Même le minimum sanitaire manque. Ce qui compte, c’est de construire des écoles et que l’école publique donne sa chance à tous et d’abord aux fils des paysans et des pauvres. C’est l’État, et personne d’autre, d’abord, qui a cette charge ! Je me rappelle la grande peine du Président Senghor, quand retiré du pouvoir, il apprit que son successeur avait fait fermé les internats. Lui qui avait tant fait pour les fils des paysans qui se retrouvaient seuls dans les grandes villes, en était meurtri !

 

Par ailleurs, lisez bien dix fois ce qui suit, retenez-le, rappelez-vous en chaque matin. Écoutez ce qu’un brillant fils de l’Afrique, Ben Marc Diendéré, nous écrit:« La promesse de la nouvelle ère digitale n’aura pas lieu si les pays africains ne satisfont pas à la première condition de l’ économie numérique qui est de reprendre le contrôle des fréquences de spectre du continent […] Elle devient impérative et doit être sans appel. Les réseaux de télécommunications sont à comparer à l’introduction du chemin de fer dans la révolution industrielle au début du siècle dernier. On parle ici de la souveraineté des infrastructures de télécommunication (satellite, fibre optique, etc.).L’expérience accélérée du contrôle des infrastructures de télécommunications et de la manne qu’elles représentent pour des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Brésil, le Venezuela, l’Inde et la Chine, n’est plus à démontrer. Ces infrastructures sont sources de revenus pour les États, d’accroissement de la compétitivité entre les entreprises et d’innovation pour les populations. Que ce soit dans la livraison des services aux citoyens ou le développement des entreprises, les infrastructures robustes et de plus en plus performantes sont la promesse d’un changement réel de paradigmes pour les citoyens et les entreprises au cœur de la création et la gestion de richesses. À qui appartiennent les réseaux de télécommunications africains, qu’ils soient satellites ou par câblodistribution ? La question mérite d’être posée en ces temps de livraison de services mobiles et numériques douteux, d’infrastructures à rabais aux citoyens et entreprises du continent […] Le continent a perdu la souveraineté de sa surface. Là aussi, une ébauche de carte nous laisserait sans voix. Et que dire des airs, c’est-à-dire tout ce qui est de l’ordre de l’aéronautique et de l’aviation commerciale? Un véritable désastre de transport. Il est plus difficile à un Africain de l’Ouest de se rendre à l’est du continent que de se rendre en Chine. Situation anormale s’il en est une.Ce que l’ère numérique implique, c’est la bataille du spectre et avec elle, les infrastructures de dernières générations. Cette richesse invisible, tracée sans consultation des Africains, dans des codes immatériels, a aujourd’hui une valeur incommensurable. Celui qui contrôle son spectre, contrôlera son développement en éducation, en culture, en santé, en environnement et dans le domaine de la sécurité de ses citoyens. Reprendre le contrôle des fréquences de spectre a rapporté aux gouvernements américains, aux Européens, aux Asiatiques et aux Latino-américains des centaines de milliards de dollars. Des sommes pharaoniques qui ont servi à accroître la compétitivité et l’innovation des entreprises.Tous ces Mégahertz et leurs bandes de fréquence qui couvrent le ciel africain, ont besoin de retrouver leurs propriétaires: les Africains. Le spectre c’est comme le pétrole et l’or, ressources qui font courir le monde. L’anarchie actuelle de la propriété, des redevances collectées ou non liées aux droits de licences, que ce soit dans le domaine de la mobilité ou dans l’omniprésence des radios et télévisions internationales sur le continent, combinée aux actions isolées des pays, laissent le terrain aux cupides et ouvrent la voie à un piège d’aliénation qui gardera les pays africains dans la spirale de dépendance financière, culturelle et donc d’une domination économique qui sera encore plus forte dans l’ère numérique. Que l’Union africaine demande à chacun des pays de faire un état des lieux de son spectre et de le présenter à ses citoyens et à l’Union dans des délais immédiats. Que des enchères individuelles ou collectives se tiennent rapidement dans les pays, mais avec la particularité que des entreprises locales en consortiums ou en partenariats en soient les fiduciaires responsables et imputables. Les règles de propriétés étrangères en matière de télécommunications qui prévalent dans les pays occidentaux, doivent l’être aussi en Afrique. »

Dans une autre posture toute combinée à nos spectres, notre Président de la République, devrait faire étudier très vite comment créer un Fonds national dénommé « Fonds-Générations » directement géré par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan et qui bénéficierait d’un pourcentage conséquent, entre 2 à 3% des revenus tirés du pétrole et du gaz. Ce Fonds serait une sorte de trésor de guerre pour les générations futures. Le proverbe le dit: « C’est quand on est jeune que l’on va ramasser le bois pour se chauffer quand le grand âge arrive ». C’est à l’État d’anticiper et de protéger sa jeunesse pour aujourd’hui et demain, dans un monde improbable et incertain. Nos hommes politiques doivent avoir cette vision de l’avenir. D’autres fonds de soutien pourraient être crées autour des gigantesques revenus générés par les grands groupes étrangers de télécommunications et de téléphonie mobile installés dans nos pays. Un Fond dit « Fond Grand-père », connu dans certains pays d’Amérique, devrait pouvoir être mis en place et définir ses cibles à soutenir et à protéger. Trop d’argent est gagné sans que l’on pense mettre en place des sortes de greniers, des « titres fonciers pour l’avenir » tirés des revenus des investisseurs et de nos partenariats au développement qui construisent autoroutes, routes et rails avec des clauses sur 30 à 40 ans.

 

           Dans un autre domaine comme celui de l’agriculture, l’expérience québécoise est révélatrice d’une extraordinaire créativité et d’une solide vision. « Le modèle de la « Coop fédérée » est à étudier, révèle toujours Monsieur Ben Marc Diendéré, Vice-président de l’Organisation canadienne-québécoise d'agriculteurs fondée en 1922 et qui regroupe 100 000 membres et génère aujourd'hui 9 milliards de chiffre d'affaires.Il précise: « L’agriculture au Canada est structurée par région. Elle est au cœur de la vie des populations et en adéquation avec la politique agricole commune de proximité. Celle-ci permet une mutualisation tout en maintenant et en renforçant les capacités d’exploitation. C'est une économie de partage basée sur une économie sociale équitable. L’Afrique, avec ses atouts naturels, est à même de transposer ce modèle qui permettra de nourrir chacun de ses habitants à sa faim. ».

 

Mon séjour au Québec au nom de la poésie, m’a ouvert l’esprit sur d’autres sujets de partage dont l’Afrique a besoin d’entendre et ses leaders politiques, avec.

 

         Pour conclure et revenir au sommet des 84 États membres de la Francophonie -on comptera plus tard le nombre de  présents- qui se tient à Erevan, en Arménie, en ce jeudi 12 octobre 2018, la ministre des Affaires Étrangères du Rwanda anglophone et du charismatique Paul Kagamé, vont aisément vers une victoire, pour remplacer la Haïtienne, la Très Honorable ancienne Gouverneure du Canada devenue Secrétaire Générale de la Francophonie par une élection fort heurtée, il y a 4 ans, face à l’écrivain Henri Lopès du Congo. Nous apprenons qu’en francophonie, « la population totale compte 900 millions de personnes, dont 284 millions de francophones ». Louise Mushikiwabo -il faudra apprendre désormais à prononcer ce  nom chantonnant- occupera probablement le prochain fauteuil de notre maison qui a en partage la langue française. Seule la Francophonie pouvait nous offrir un tel scénario presque surréaliste: élire une anglophone à sa tête ! On ne trouvera pas meilleure concession en diplomatie, meilleur esprit de dépassement ! Les lois de la politique sont impénétrables et le Président français Emmanuel Macron qui a soutenu très tôt cette candidature, nous cache un secret ! Le Canada et le Québec quant à eux, par des communiqués maladroits et tardifs, ont déclaré ne plus soutenir leur candidate Michaëlle Jean, à quelques jours du Sommet. Glaciale, fébrile et inélégante démarche diplomatique !Là aussi, se cache une manœuvre «secrète» ! 

 

Retenons l’essentiel, c’est à dire l’avenir de cette organisation dont on a du mal à mesurer la vraie visibilité et qui manque cruellement de moyens financiers pour remplir ses missions. «Jeune Afrique» nous apprend, avec le sourire, que «la somme due par le Rwanda à l’OIF à la date du 06 avril 2018 s’élevait à 110.088 euros, -soit près de 71 millions 557 mille 200 FCFA-. Ce montant correspondait à des versements non effectués au titre de la contribution statutaire du pays en 2014, 2015, 2017 et 2018. L’ensemble des sommes dues (arriérés et contribution de l’année 2018) a été réglé au mois de mai, au moment de l’officialisation de la candidature de Louise Mushikiwabo ».Jeune Afrique ajoute du piquant: « Le président Paul Kagamé ne parle pas le français, même s’il le lit et le comprend […] Quant à Louise Mushikiwabo, elle est aussi à l’aise en français qu’en anglais […] La langue du travail, du management, est désormais sans discussion l’anglais. Maintenant quand les Rwandais veulent se dire les choses, ils le font en kinyarwanda ». Voilà la photo finale du pays qui arrive à la tête de la Francophonie. Mais n’est-ce pas vrai aussi que quand les Sénégalais veulent se dire les choses, ils le font en wolof ? Mais Macky Sall parle quand même le français et le parle  au pays de Senghor ! Mais rendons justice au Rwanda: C’est  Jeune Afrique qui nous révèle ceci:  C’est la France, le 23 février 2018 à Bruxelles qui propose au président de la Commission de l’Union Africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Informée, cette dernière parle de « surprise et de plaisir ». Le président Kagamé se donne le temps de la réflexion et tarde même trop à donner une réponse claire. Emmanuel Macron en parle au roi du Maroc le 10 avril à Paris. Le 29 avril à Brazzaville, à la fin d’un long tête-à-tête avec Paul Kagamé, un proche du souverain marocain confie ceci: » C’est nous qui avons convaincu les Rwandais d’accepter l’offre française. » Le 28 juin,  au 31ème sommet de l’UA à Nouakchott, Louise Mushikiwabo reçoit le soutien officiel du comité des candidatures.

 

 En un mot, c’est la France qui aura installé « sa » candidate à l’OIF. Peut-être qu’elle laissera aux autres y installer un Administrateur général, c’est à dire celui ou celle qui aura le poste le plus stratégique en main, dans l’ombre: la gestion et la trésorerie de l’organisation. Si la France y désigne encore « son homme », ce serait de trop, car « elle est minoritaire dans la Francophonie » comme le soulignait audacieusement Alain Decaux !

 

Nous ne pouvons pas douter, malgré tout et au-delà de tout, que la nouvelle patronne de l’Organisation Internationale de la Francophonie, apportera de l’autorité, de la créativité et donnera sa part à l’Afrique, car c’est l’Afrique, en nombre, qui, finalement, nourrit cette langue française presque en haillons en France, en dehors de ses poètes, écrivains, artistes, créateurs ! Le Québec lève des soleils chaque matin avec des mots qui illuminent la langue française. Le Président français devrait commencer par le commencement: faire revivre les alliances françaises de par le monde face à cette forte demande du français.

 

Si le Rwanda fait de la Francophonie ce que le Rwanda est devenu à force de travail, d’exigence, d’excellence, de solidarité et de vigilance pour la mémoire, alors la Francophonie prospérera et rayonnera comme il y a longtemps, très longtemps quand un illustre fils du Québec la gouvernait: Jean-Louis ROY.

 

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

 

 Montréal (Québec), le 8 octobre 2018

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Réflexion dans l’autonome québécois : l’Afrique, la France, la Francophonie à Erevan, le Rwanda !

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Et si nous goûtions le pays de Kagamé et son expérience réussie de développement global ! Pourquoi ne pas croire qu’un pays anglophone, hier membre de la famille francophone, peut donner une nouvelle vie à l’Organisation Internationale de la Francophonie ? Celle-ci n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle n’a pas surtout besoin de renaître. Elle a besoin d’être réinventée. Le Rwanda est devenu une référence en Afrique et dans le monde. Un pays qui comptait si peu et connu pour sa mémoire souffrante, est aujourd’hui respecté et loué sur la scène internationale pour ses réussites. On peut tout dire de Kagamé, sauf qu’il a réussi à faire d’un pays tragique, un pays solide, uni et retrouvé. Son patriotisme le sépare de nombre de chefs d’Etat africains. On raconte ses faits d’armes. On sait,par exemple, comment il a refusé à une grande firme automobile mondiale de s’installer chez lui, le temps d’envoyer à l’étranger, en formation, de jeunes Rwandais qui, devenus ingénieurs et hauts techniciens qualifiés, sont revenus au pays. Alors seulement, il a dit oui, vous pouvez maintenant venir vous installer chez nous, mais à la condition que certains secteurs de votre firme installée chez nous, soient confiés à des Rwandais qui en ont acquis la compétence. Ce n’est pas autrement que certain pays, comme la Chine,  ont agi avec des multinationales comparées à « Auchan » ou « Leclerc », en France, en leur imposant des conditionnalités: vous vous installez, mais à 50-50. Les décideurs chinois savaient que leur marché était fort convoité pour leur milliard de consommateur. A part égale 50-50, au bout de quelques années, les chinois avaient installé à côté des firmes étrangères, leur propre supermarché national et le tour était joué ! Après la Chine, deux seuls autres gros marchés mondiaux sont inscrits dans le futur pour les investisseurs et pour les multinationales: l’Afrique et l’Inde. L’Afrique ne peut plus continuer à subir la loi des marchés occidentaux et américains. Aux lendemains de la colonisation, le marché mondial était désorganisé, trafiqué, et l’Europe en a profité royalement, pendant des siècles. Aujourd’hui, le jour s’est levé et le monde est mieux structuré, mieux régi. On peut se défendre et être défendu. Alors, que l’Afrique se réveille donc et qu’elle gère de très près ses ressources en négociant plus patriotiquement avec les pays développés et les firmes internationales et capitalistes. La Chine nous a montré le chemin. Le Rwanda n’a pas tardé à comprendre et à agir pour d’abord protéger ses intérêts. C’est cela le mérite de Paul Kagamé. En définitive, si extraordinaire que cela puisse paraître, nos pays ont besoin d’autorité, d’ordre, de discipline, pour un certain temps, au moins. Kagamé n’est pas un tendre. Son pays est dans le rouge dans le domaine des droits de l’homme. Il est même dans la dictature. Mais certains se demandent si nous n’avons pas besoin de cette « dictature », sorte d’autorité disciplinaire, pour que nos pays s’alignent dans la rigueur de la gestion, la discipline des populations, le travail, le respect du bien public.

 

Quand j’observe mon pays au quotidien, citoyen dans la rue, je ne puis espérer son développement sans une autorité forte. Des compatriotes sont allés jusqu’à proposer des brigades en civil qui, mêlées aux populations et automobilistes, veilleraient sur la discipline, le respect, la bonne conduite. Faire et agir de sorte que la société soit la vigile d’elle-même. Que chaque citoyen égaré sache qu’il est regardé d’un œil moral. Ce n’est pas enfreindre la liberté d’autrui. Ce qui se passe au Sénégal dépasse tout entendement. Le développement, ce n’est pointle moi-moi, partout et toujours. L’éducation du citoyen compte. Un pays n’est pas une poubelle. Un trottoir n’est pas une boutique. Un rond-point n’est pas un marché. Une auto n’est pas un jouet. Un feu rouge n’est pas une entrée de bar. Le respect des règles d’une posture citoyenne, c’est comme à l’entrée d’une église, d’une mosquée. On s’y prépare. On rassemble sa foi avant d’en franchir la porte. Oui, la liberté n’est pas une loi individuelle imposée aux autres. Oui, la démocratie occidentale n’est pas imposable en tout chez nous.Quelqu’un me disait que la chancelière allemande Angela Merkel était à son 5ème mandat et que personne ne ruait dans les brancards ! A chacun sa pratique de la démocratie ! Certes, mais il faut savoir raison garder ! Ce qu’il nous faut retenir en Afrique, c’est que les droits de l’homme commencent d’abord par le droit au développement, c’est à dire manger, se soigner, se loger, se vêtir, bénéficier de l’éducation, travailler. Ce que l’Occident nous a légué comme héritage politique et institutionnel, doit être repensé, adapté à nos réalités sociales et économiques. Ce qui compte, c’est de penser en Afrique au plus grand nombre qui ne mange pas à sa faim, ne travaille pas, ne va pas à l’école, n’a pas d’eau courante ni d’énergie pour s’éclairer, pas même de latrines. Ce qui compte, ce sont des hôpitaux pour  soigner les plus démunis qui meurent aux portes des urgences faute d’un ticket d’entrée, faute de quoi aller acheter l’ordonnance prescrite avec du coton, des seringues. Même le minimum sanitaire manque. Ce qui compte, c’est de construire des écoles et que l’école publique donne sa chance à tous et d’abord aux fils des paysans et des pauvres. C’est l’État, et personne d’autre, d’abord, qui a cette charge ! Je me rappelle la grande peine du Président Senghor, quand retiré du pouvoir, il apprit que son successeur avait fait fermé les internats. Lui qui avait tant fait pour les fils des paysans qui se retrouvaient seuls dans les grandes villes, en était meurtri !

 

Par ailleurs, lisez bien dix fois ce qui suit, retenez-le, rappelez-vous en chaque matin. Écoutez ce qu’un brillant fils de l’Afrique, Ben Marc Diendéré, nous écrit:« La promesse de la nouvelle ère digitale n’aura pas lieu si les pays africains ne satisfont pas à la première condition de l’ économie numérique qui est de reprendre le contrôle des fréquences de spectre du continent […] Elle devient impérative et doit être sans appel. Les réseaux de télécommunications sont à comparer à l’introduction du chemin de fer dans la révolution industrielle au début du siècle dernier. On parle ici de la souveraineté des infrastructures de télécommunication (satellite, fibre optique, etc.).L’expérience accélérée du contrôle des infrastructures de télécommunications et de la manne qu’elles représentent pour des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Brésil, le Venezuela, l’Inde et la Chine, n’est plus à démontrer. Ces infrastructures sont sources de revenus pour les États, d’accroissement de la compétitivité entre les entreprises et d’innovation pour les populations. Que ce soit dans la livraison des services aux citoyens ou le développement des entreprises, les infrastructures robustes et de plus en plus performantes sont la promesse d’un changement réel de paradigmes pour les citoyens et les entreprises au cœur de la création et la gestion de richesses. À qui appartiennent les réseaux de télécommunications africains, qu’ils soient satellites ou par câblodistribution ? La question mérite d’être posée en ces temps de livraison de services mobiles et numériques douteux, d’infrastructures à rabais aux citoyens et entreprises du continent […] Le continent a perdu la souveraineté de sa surface. Là aussi, une ébauche de carte nous laisserait sans voix. Et que dire des airs, c’est-à-dire tout ce qui est de l’ordre de l’aéronautique et de l’aviation commerciale? Un véritable désastre de transport. Il est plus difficile à un Africain de l’Ouest de se rendre à l’est du continent que de se rendre en Chine. Situation anormale s’il en est une.Ce que l’ère numérique implique, c’est la bataille du spectre et avec elle, les infrastructures de dernières générations. Cette richesse invisible, tracée sans consultation des Africains, dans des codes immatériels, a aujourd’hui une valeur incommensurable. Celui qui contrôle son spectre, contrôlera son développement en éducation, en culture, en santé, en environnement et dans le domaine de la sécurité de ses citoyens. Reprendre le contrôle des fréquences de spectre a rapporté aux gouvernements américains, aux Européens, aux Asiatiques et aux Latino-américains des centaines de milliards de dollars. Des sommes pharaoniques qui ont servi à accroître la compétitivité et l’innovation des entreprises.Tous ces Mégahertz et leurs bandes de fréquence qui couvrent le ciel africain, ont besoin de retrouver leurs propriétaires: les Africains. Le spectre c’est comme le pétrole et l’or, ressources qui font courir le monde. L’anarchie actuelle de la propriété, des redevances collectées ou non liées aux droits de licences, que ce soit dans le domaine de la mobilité ou dans l’omniprésence des radios et télévisions internationales sur le continent, combinée aux actions isolées des pays, laissent le terrain aux cupides et ouvrent la voie à un piège d’aliénation qui gardera les pays africains dans la spirale de dépendance financière, culturelle et donc d’une domination économique qui sera encore plus forte dans l’ère numérique. Que l’Union africaine demande à chacun des pays de faire un état des lieux de son spectre et de le présenter à ses citoyens et à l’Union dans des délais immédiats. Que des enchères individuelles ou collectives se tiennent rapidement dans les pays, mais avec la particularité que des entreprises locales en consortiums ou en partenariats en soient les fiduciaires responsables et imputables. Les règles de propriétés étrangères en matière de télécommunications qui prévalent dans les pays occidentaux, doivent l’être aussi en Afrique. »

Dans une autre posture toute combinée à nos spectres, notre Président de la République, devrait faire étudier très vite comment créer un Fonds national dénommé « Fonds-Générations » directement géré par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan et qui bénéficierait d’un pourcentage conséquent, entre 2 à 3% des revenus tirés du pétrole et du gaz. Ce Fonds serait une sorte de trésor de guerre pour les générations futures. Le proverbe le dit: « C’est quand on est jeune que l’on va ramasser le bois pour se chauffer quand le grand âge arrive ». C’est à l’État d’anticiper et de protéger sa jeunesse pour aujourd’hui et demain, dans un monde improbable et incertain. Nos hommes politiques doivent avoir cette vision de l’avenir. D’autres fonds de soutien pourraient être crées autour des gigantesques revenus générés par les grands groupes étrangers de télécommunications et de téléphonie mobile installés dans nos pays. Un Fond dit « Fond Grand-père », connu dans certains pays d’Amérique, devrait pouvoir être mis en place et définir ses cibles à soutenir et à protéger. Trop d’argent est gagné sans que l’on pense mettre en place des sortes de greniers, des « titres fonciers pour l’avenir » tirés des revenus des investisseurs et de nos partenariats au développement qui construisent autoroutes, routes et rails avec des clauses sur 30 à 40 ans.

 

           Dans un autre domaine comme celui de l’agriculture, l’expérience québécoise est révélatrice d’une extraordinaire créativité et d’une solide vision. « Le modèle de la « Coop fédérée » est à étudier, révèle toujours Monsieur Ben Marc Diendéré, Vice-président de l’Organisation canadienne-québécoise d'agriculteurs fondée en 1922 et qui regroupe 100 000 membres et génère aujourd'hui 9 milliards de chiffre d'affaires.Il précise: « L’agriculture au Canada est structurée par région. Elle est au cœur de la vie des populations et en adéquation avec la politique agricole commune de proximité. Celle-ci permet une mutualisation tout en maintenant et en renforçant les capacités d’exploitation. C'est une économie de partage basée sur une économie sociale équitable. L’Afrique, avec ses atouts naturels, est à même de transposer ce modèle qui permettra de nourrir chacun de ses habitants à sa faim. ».

 

Mon séjour au Québec au nom de la poésie, m’a ouvert l’esprit sur d’autres sujets de partage dont l’Afrique a besoin d’entendre et ses leaders politiques, avec.

 

         Pour conclure et revenir au sommet des 84 États membres de la Francophonie -on comptera plus tard le nombre de  présents- qui se tient à Erevan, en Arménie, en ce jeudi 12 octobre 2018, la ministre des Affaires Étrangères du Rwanda anglophone et du charismatique Paul Kagamé, vont aisément vers une victoire, pour remplacer la Haïtienne, la Très Honorable ancienne Gouverneure du Canada devenue Secrétaire Générale de la Francophonie par une élection fort heurtée, il y a 4 ans, face à l’écrivain Henri Lopès du Congo. Nous apprenons qu’en francophonie, « la population totale compte 900 millions de personnes, dont 284 millions de francophones ». Louise Mushikiwabo -il faudra apprendre désormais à prononcer ce  nom chantonnant- occupera probablement le prochain fauteuil de notre maison qui a en partage la langue française. Seule la Francophonie pouvait nous offrir un tel scénario presque surréaliste: élire une anglophone à sa tête ! On ne trouvera pas meilleure concession en diplomatie, meilleur esprit de dépassement ! Les lois de la politique sont impénétrables et le Président français Emmanuel Macron qui a soutenu très tôt cette candidature, nous cache un secret ! Le Canada et le Québec quant à eux, par des communiqués maladroits et tardifs, ont déclaré ne plus soutenir leur candidate Michaëlle Jean, à quelques jours du Sommet. Glaciale, fébrile et inélégante démarche diplomatique !Là aussi, se cache une manœuvre «secrète» ! 

 

Retenons l’essentiel, c’est à dire l’avenir de cette organisation dont on a du mal à mesurer la vraie visibilité et qui manque cruellement de moyens financiers pour remplir ses missions. «Jeune Afrique» nous apprend, avec le sourire, que «la somme due par le Rwanda à l’OIF à la date du 06 avril 2018 s’élevait à 110.088 euros, -soit près de 71 millions 557 mille 200 FCFA-. Ce montant correspondait à des versements non effectués au titre de la contribution statutaire du pays en 2014, 2015, 2017 et 2018. L’ensemble des sommes dues (arriérés et contribution de l’année 2018) a été réglé au mois de mai, au moment de l’officialisation de la candidature de Louise Mushikiwabo ».Jeune Afrique ajoute du piquant: « Le président Paul Kagamé ne parle pas le français, même s’il le lit et le comprend […] Quant à Louise Mushikiwabo, elle est aussi à l’aise en français qu’en anglais […] La langue du travail, du management, est désormais sans discussion l’anglais. Maintenant quand les Rwandais veulent se dire les choses, ils le font en kinyarwanda ». Voilà la photo finale du pays qui arrive à la tête de la Francophonie. Mais n’est-ce pas vrai aussi que quand les Sénégalais veulent se dire les choses, ils le font en wolof ? Mais Macky Sall parle quand même le français et le parle  au pays de Senghor ! Mais rendons justice au Rwanda: C’est  Jeune Afrique qui nous révèle ceci:  C’est la France, le 23 février 2018 à Bruxelles qui propose au président de la Commission de l’Union Africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Informée, cette dernière parle de « surprise et de plaisir ». Le président Kagamé se donne le temps de la réflexion et tarde même trop à donner une réponse claire. Emmanuel Macron en parle au roi du Maroc le 10 avril à Paris. Le 29 avril à Brazzaville, à la fin d’un long tête-à-tête avec Paul Kagamé, un proche du souverain marocain confie ceci: » C’est nous qui avons convaincu les Rwandais d’accepter l’offre française. » Le 28 juin,  au 31ème sommet de l’UA à Nouakchott, Louise Mushikiwabo reçoit le soutien officiel du comité des candidatures.

 

 En un mot, c’est la France qui aura installé « sa » candidate à l’OIF. Peut-être qu’elle laissera aux autres y installer un Administrateur général, c’est à dire celui ou celle qui aura le poste le plus stratégique en main, dans l’ombre: la gestion et la trésorerie de l’organisation. Si la France y désigne encore « son homme », ce serait de trop, car « elle est minoritaire dans la Francophonie » comme le soulignait audacieusement Alain Decaux !

 

Nous ne pouvons pas douter, malgré tout et au-delà de tout, que la nouvelle patronne de l’Organisation Internationale de la Francophonie, apportera de l’autorité, de la créativité et donnera sa part à l’Afrique, car c’est l’Afrique, en nombre, qui, finalement, nourrit cette langue française presque en haillons en France, en dehors de ses poètes, écrivains, artistes, créateurs ! Le Québec lève des soleils chaque matin avec des mots qui illuminent la langue française. Le Président français devrait commencer par le commencement: faire revivre les alliances françaises de par le monde face à cette forte demande du français.

 

Si le Rwanda fait de la Francophonie ce que le Rwanda est devenu à force de travail, d’exigence, d’excellence, de solidarité et de vigilance pour la mémoire, alors la Francophonie prospérera et rayonnera comme il y a longtemps, très longtemps quand un illustre fils du Québec la gouvernait: Jean-Louis ROY.

 

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

 

 Montréal (Québec), le 8 octobre 2018

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Sommet de la Francophonie : Emmanuel Macron rend hommage à Youssou Ndour et Senghor

Le président français  a rendu hommage à Léopold Sédar Senghor et Youssou Ndour lors du XVIIe sommet de la Francophonie. Selon Emmanuel Macron, ces deux personnalités sénégalais ont participé à l’émancipation de la langue française.

Devant un parterre de chefs d’Etat dont le président Macky Sall, Macron a cité Léopold Sédar Senghor Charles Aznavour et Youssou Ndour  parmi ceux qui se sont émancipés pour être accueillis dans la grande famille de la langue française.

« On a connu Léopold Sédar Senghor comme le premier président de la République après les indépendances. Cet homme de Lettres et agrégé de Grammaire savait manier la langue française qui est aujourd’hui la priorité de tous. Il y a aussi Youssou Ndour la star planétaire et l’une des personnalités les plus influentes du monde de la Francophonie« , a déclaré Macron en hommage à ces deux personnalités.

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Journée de l’écrivain africain : Henri Djombo primé

L’association des écrivains du Sénégal organise du 6 au 12 novembre 2018 la 26ème Journée de l’écrivain africain autour du thème « littérature, démocratie et pouvoir ». L’écrivaine Mariama Ndoye est la marraine de l’édition 2018, l’Egypte, pays invité d’honneur. D’éminents écrivains, intellectuels et hommes de culture venus d’Afrique et du reste du monde prennent part à la rencontre de Dakar. A cette occasion, le dramaturge congolais  Henri Djombo recevra le Prix Amadou Cissé Dia pour le théâtre décerné par le Jury de l’Association des écrivains du Sénégal. Par ailleurs, à signaler que Monsieur Henri Djombo est actuellement Ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Elevage du Congo-Brazzaville. IL est aussi Président de l’Union des écrivains et artistes du Congo.

D’autres distinctions seront également remises à des personnalités littéraires. Un hommage sera également rendu à l’écrivain ghanéen Atukwei Okai, Secrétaire exécutif de l’association panafricaine des écrivains, décédé, le 13 juillet 2018.

Alassane CISSE (Baobabafrique)

 

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Audience au Palais: le chef de l'Etat a reçu l'artiste Thione Seck

Le chef de l’Etat Macky Sall a reçu, hier lundi 1 octobre 2018, l’artiste chanteur Thione Ballago Seck, porteur d’un projet musical africain intitulé « La CEDEAO en chœur » qui réunit plusieurs artistes du Sénégal et des pays de la Cedeao. 

Le lead vocal du groupe « Ramdaan »  compte ainsi marquer son retour sur la scène musicale nationale et internationale, renseigne la page facebook de la Présidence de la République. 

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GFM: Youssou Ndour perd trois autres journalistes dont Antoine Diouf

Après les départs de Mamoudou Ibra Kane et de Alassane Samba Diop, c’est au tour du journaliste Antoine Diouf, présentateur du journal de 12H de la Rfm, de quitter le Groupe futurs médias (Gfm) de Youssou Ndour. 
  
Joint par nos confrères de Senego, ce dernier a confirmé l’information. « J’ai démissionné de la Rfm pour convenance personnelle », informe le désormais ex-directeur de la Rédaction. 
  
Hormis son départ, les journalistes Migui Marame Ndiaye, Adama Anouchka Ba et le technicien Saliou Dème, ont annoncé leur départ la Radio futurs médias. Selon la même source, ces ex-employés de Youssou Ndour vont rejoindre Alassane Samba Diop et Mamoudou Ibra Kane, désormais à la radio Baobab Fm qui débutera ses programmes en ce mois d'octobre. 

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Le chanteur Charles Aznavour est mort

Le chanteur Charles Aznavour est mort, ce lundi 1 octobre 2018. Il avait 94 ans. C'est ce que viennent d'annoncer ses attachées de presse à l'AFP. 

Il est mort à son domicile dans les Alpilles. Il revenait d'une tournée au Japon, après avoir été contraint d'annuler des concerts cet été en raison d'une fracture du bras après une chute.

Connu pour ses grandes chansons comme « La Bohème », « La Mamma » ou « Emmenez-moi », mais aussi pour son engagement pour l’Arménie, il a aussi écrit pour les plus grands, Juliette Gréco, Gilbert Bécaud, Edith Piaf qui le soutint ardemment et fut un de ses « quatre points cardinaux avec Charles Trénet, Constantin Stanislavski et Maurice Chevalier ».

 

Il a aussi fait carrière au cinéma : en quelque 80 films, il tourna avec François Truffaut (« Tirez sur le pianiste »), Volker Schlondorff (« Le tambour »), Claude Chabrol (« les fantômes du chapelier »)… Parfois brocardé à ses débuts pour sa petite taille et sa voix, Aznavour a entretenu son mythe par la scène, dans les salles les plus prestigieuses du monde. Comme une revanche sur tous ceux qui ne lui prédisaient aucun avenir et qui « sont tous morts depuis longtemps, alors que moi… Je suis encore là », cinglait-il.

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Recherche : Musiques traditionnelles de Guinée-Bissau

Les musiques traditionnelles de la Guinée-Bissau puisent leurs racines dans l'histoire millénaire des différents groupes ethniques qui constituent le pays. Elles sont reprises dans différents rites locaux, mais aussi dans des fêtes populaires comme le grand carnaval annuel. 

Introduction

Pays d’Afrique de l’Ouest, la Guinée-Bissau, du nom de sa capitale Bissau, est bordée au Nord par le Sénégal, à l'Est et au Sud par la Guinée-Conakry (deux pays francophones), et à l’Ouest par l'Océan Atlantique. 

Peuplée de différentes composantes ethniques (plus d’une trentaine dont des Manjaques (ou Manjacks), Mandingues, Mancagnes, Balantes, Diolas, Baïnouks, Badiarankés, Soussous, Bagas, PapelsLandoma, Bayots, Tendas, Bijagos, Peuls, Floups, Pkumels, Koniakes, Nalus…), la Guinée-Bissau a une riche palette de couleurs musicales, symbolisée par des danses, rythmes et instruments traditionnels.

Caractéristiques 

Puisant dans les cultures des temps immémoriaux, les musiques et danses traditionnelles de Guinée-Bissau sont caractérisées, selon leurs origines, par leurs propres sonorités, instruments, costumes (souvent des batiks teintés à la main) ou encore des masques sacrés (de requins, taureaux, vaches, hippopotames …).

Syncrétisme

Mêlant rites animistes et autres croyances religieuses (musulmane, chrétienne, catholique), la Guinée-Bissau a su créer un syncrétisme religieux et culturel faisant souvent référence au pouvoir surnaturel pour communiquer avec les ancêtres ou à la musicothérapie, à l’instar du « ndëpp » des Lébous et des Wolofs du Sénégal, une danse extatique et de transe accompagnée des rythmiques de tambours, et permettant de guérir des personnes atteintes de dérégulations psychologiques.  

Les musiques traditionnelles

Ancienne colonie portugaise marquée par les musiques lusophones, notamment le « fado », la Guinée-Bissau offre divers courants musicaux traditionnels, enseignés oralement au sein de la famille ou dans les « mandjuandades », des structures destinées notamment à la transmission de la mémoire culturelle dans les villages et les quartiers des villes.

Chaque communauté et chaque classe d'âge a ses musiques et danses traditionnelles : le « Koussoundé » (danse balante), la « brosca » (danse balante), le « campouni » (danse des femmes Bijagos), le « cabaro » (danse hommes Bijagos), le « Kaniokan » (danse des vieux Bijagos), le « brassa » des Ondames du Centre, des Mancagnes et des Manjaques (ou Manjacks) du nord, le « nalou » du sud ou la danse « tinatina » (remise au goût du jour par des troupes lyriques traditionnelles…

D’autres rythmiques, dont certaines empruntées à des pays voisins, sont aussi pratiquées et popularisées notamment par l’Ensemble Folklorique National Netos De Badim : « doundoumba » (danse des hommes forts), « toupousésé » (des Peuls), « Soli » (célébration des garçons circoncis et des filles excisées), « yankady » (danse de séduction), « mané » (des Balantes), ou encore « kebendo », « zaillé »…

Toutes ces musiques et danses traditionnelles accompagnent les diverses manifestations de la vie quotidienne : mariage, baptêmes, cérémonies d’initiation (« fanado »), funérailles, moments de durs labeurs, ou tout simplement les fêtes au village ou dans les quartiers.

Il est important de souligner que certaines troupes de danses et musiques traditionnelles sont sollicitées par des politiques lors de leurs campagnes électorales. 

Instruments Traditionnels

Parmi les instruments utilisés pour certains de ces styles, tel que le « brassa » (joué dans tout le pays), on peut citer des instruments traditionnels comme le « bloum-bloum », tambour d’appel, le « mandaga », un jeu de trois tambours (un sabar solo et deux koutils (basse et rythmique). Certaines ethnies rajoutent un quatrième tambour, le « boumbouloum » (ou « bambol », autre tambour d’appel).

Chez les Balantes, de la famille mandingue, il faut souligner l’importance de la « koura » (kora à 21 cordes), mais aussi le balafon (xylophone en bois), la « tina » ou calebasse d’eau (une calebasse creuse renversée dans un récipient cylindrique rempli d’eau), et les percussions « mandiana » et « ngoumbé » (gumbe).

Musiques traditionnelles les plus populaires

De toutes les musiques et danses traditionnelles, le « gumbe » et le « koussoundé », les deux courants traditionnels les plus populaires, ont été les premiers à être modernisés par certains artistes. 

Gumbe des lambats (griots) 

Style musical très rythmé d'Afrique de l'Ouest, le gumbe (goumbé), nom aussi de la danse et de l’instrument, est originellement pratiqué en Guinée-Bissau par les « lambats » (les griots), qui s’accompagnent de tambours gumbe, de sico, de palmas et de tina.

Musique traditionnelle d’origine animiste, à la fois entraînante et chaleureuse, le gumbe de la Guinée-Bissau est aussi un chant dédié aux génies tutélaires.

Il accompagne tous les évènements de la vie sociale (naissance, mariage, décès, circoncision…). C’est aussi un moyen de communication entre deux villages rapprochés. Également présent en Sierra Leone, en Gambie et au Sénégal, le gumbe a été modernisé et popularisé à la fin des années 1960 par Cobiana Jazz (ou Cobiana Djazz), un groupe fondé en 1969 par de jeunes musiciens, dont les auteurs-compositeurs Ernesto DaboAliu Barry et José Carlos Schwartz (voir article sur le « Gumbe »).

Koussoundé des Balantes

La modernisation du « koussoundé » des Balantes (de la famille mandingue) s'est opérée réellement en 1986, avec la sortie du premier album Chefo Mae Maedans de Kaba Mané, un auteur-compositeur, arrangeur, chanteur, guitariste et joueur de kora né en 1957 à Gampara, au sud de la Guinée-Bissau.

Né d’un père Socé (Mandingue) et d’une mère Ondame et Diola, Kaba Mané a su créer un nouveau style, marqué par sa kora qu'il fusionne au vibrations du « koussoundé », du « brassa », du « nalou », mais aussi de la pop music, du jazz et du funk.

Son album Kunga Kungaké (Oiseau messager) s’émancipe davantage de la tradition, optant pour un style afro-pop marqué par une rythmique basse-funk soutenue et des cuivres jazz. Un style diffué lors de son concert au festival Womad 1991 en Angleterre.

Ancien footballeur devenu non voyant, Kaba Mané a monté l’Association Internationale pour la Paix dans le Sport (AIPS) pour dénoncer les tragédies dans le sport, comme la prise d’otages du septembre noir en 1972 aux JO de Munich, en Allemagne (17 morts au total), ou la tragédie du stade du Heysel le 29 mai 1985 à Bruxelles, en Belgique (39 morts et plus de 600 blessés).

Evénements musicaux

Plusieurs événements sont organisés dans diverses régions de la Guinée-Bissau pour mettre en valeur les musiques et danses traditionnelles pratiquée par des troupes comme N’donandé Kasaré (groupe masculin) ou encore Netos De Bandim (Ensemble Folklorique National constitué de femmes développant, entre autres, un gumbe très dansant). Quant au Grupo Harmonia de Luanda (du nom d’un quartier situé au sud de Bissau), il diffuse une forme de « batuque » typique de Guinée-Bissau. 

Parmi ces événements, on peut citer le Festival de Bubaque, qui se tient le week-end de Pâques à Bubaque, une île de l’archipel des Bijagos ; le Festival Cacheu valorisant les traditions et danses de chaque région du pays, dont la danse du fleuve, ou encore le festival Nakasa darte, organisé à Bissau par Ramiro Naka, fondateur de l’Association et de la Fondation.

D’autres styles traditionnels sont aussi mis en exergue lors de ces manifestations. C’est le cas de la « danca felupe », qui associe des chants et danses de femmes, et qui se  rapproche d'un style musical Diola, très pratiqué en Casamance, au Sénégal.

Nago SECK

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33ème Festival International du Film francophone de Namur : Lambert Wilson à l’honneur

Le 33ème Festival International du Film Francophone de Namur (Belgique) se déroulera du 28 septembre au 5 octobre 2018. La plus grande plate-forme du cinéma francophone accueille, chaque année, une centaine de films issus des quatre coins de la Francophonie.
 
A chaque édition, le Festival met à l’honneur une personnalité emblématique du cinéma francophone. Les festivaliers vont rencontrer des artistes de renom tels que Jean Rochefort, Philippe Noiret, Bernadette Laffont, Jean-Claude Brialy, Sandrine Bonnaire, Emmanuelle Béart, Kristin Scott Thomas, Isabelle Huppert, Elsa Zylberstein, Ariane Ascaride, Benoît Magimel, Josiane Balasko, Audrey Tautou, Vanessa Paradis, Sergi Lopez ou encore Nicolas Duvauchelle.

Pour sa 33ème édition, le FIFF offre son Coup de cœur à une icône du cinéma français, un comédien au charisme et à l’élégance rares : Lambert Wilson.

Alors qu’il assiste à l’avant-première du film LES TROIS MOUSQUETAIRES de Bernard Borderie, Lambert Wilson vit un véritable coup de foudre pour le 7ème Art. Fasciné par le spectacle qui joue, ce soir-là, aussi bien à l’écran que sur le tapis rouge, l’adolescent de 15 ans se fait la promesse d’intégrer, un jour, cet univers. A 16 ans, il s’inscrit au Drama Center de Londres où il se forme au jeu d’acteur, ainsi qu’au chant et à la musique.

Il fait ses premiers pas au cinéma dans JULIA de Fred Zinnemman (1977) avant d’apparaître dans LA BOUM 2 de Claude Pinoteau (1982), aux côtés de Sophie Marceau.

Suscitant l’intérêt des réalisateurs les plus exigeants, Lambert Wilson joue sous la direction de Claude Chabrol, André Téchiné, Benoît Jacquot ou encore Philippe de Broca. En 1988, l’acteur brise son image d'éternel dandy en incarnant un paysan dans le film LA VOUIVRE, réalisé par son père Georges Wilson. Il prête ensuite ses traits à l'Abbé Pierre dans HIVER 54 (1989) et livre une performance qui lui vaut la reconnaissance de la profession.

Artiste aux multiples talents et facettes, il interprète et met en scène LES CAPRICES DE MARIANNE d’Alfred Musset (1994) avant de jouer et chanter aux côtés notamment de Sabine Azéma et Agnès Jaoui dans ON CONNAIT LA CHANSON d’Alain Resnais (1997). Il décroche l’un des rôles principaux de JET SET de Fabien Onteniente (2001) et se voit approcher par les frères Wachowski pour interpréter le personnage machiavélique de Mérovingien dans MATRIX. Le succès des deux volets de la série, MATRIX RELOADED et MATRIX REVOLUTIONS, le consacre définitivement sur la scène internationale.

Prince et roi des goujats, dans PALAIS ROYAL de et avec Valérie Lemercier (2005), il relève tous les défis et foule les planches dans Lambert Wilson chante la Nuit américaine mis en scène par Hélène Vincent. Les projets se suivent mais ne ressemblent pas pour Lambert Wilson qui, en 2008, joue dans le dystopique BABYLON A. D. de Mathieu Kassovitz, passe par la case thriller dans LE GRAND ALIBI de Pascal Bonitzer et revient à la comédie dans COMME LES AUTRES de Vincent Garenq.

Le comédien fait sensation lors du 63ème Festival de Cannes grâce à son rôle de frère Christian dans DES HOMMES ET DES DIEUX de Xavier Beauvois. Librement inspiré de l’assassinat des moines de Tibhirine en Algérie en 1996, Des hommes et des dieux est récompensé par le Grand prix du Jury 2010 et décroche notamment le César du meilleur film.

En 2010 toujours, il interprète le comte de Chabannes dans LA PRINCESSE DE MONTPENSIER de Bertrand Tavernier et monte sur la scène du Théâtre du Châtelet à Paris dans la comédie musicale A little night Music. Lambert Wilson effectue un virage à 180° en rejoignant le casting 100% comique de SUR LA PISTE DU MARSUPILAMI d’Alain Chabat (2012) puis poursuit sur sa lancée avec la comédie ALCESTE A BICYCLETTE de Philippe Le Guay (2013).

Au cœur de l’actualité cinématographique française, l’acteur revient sur grand écran dans TOUT DE SUITE MAINTENANT de Pascal Bonitzer et LA VACHE de Mohamed Hamidi. En 2016, c’est dans la peau du commandant Cousteau que se glisse Lambert Wilson pour L'ODYSSEE (2016), biopic réalisé par Jérôme Salle avec Pierre Niney et Audrey Tautou.

Fervant admirateur d’Yves Montand, il sort un album hommage à l’œuvre de l’artiste et part en tournée pour présenter son spectacle musical Lambert Wilson chante Yves Montand en 2017.

Plus récemment, Lambert Wilson apparaît en chef d’entreprise charismatique et féroce dans CORPORATE de Nicolas Silhol et se mue en commandant de la Marine Nationale rigide dans VOLONTAIRE d’Hélène Fillières. En cette fin d’année 2018, il est à l’affiche de la comédie AU BOUT DES DOIGTS de Ludovic Bernard (présenté au FIFF) et prochainement du polar LES TRADUCTEURS de Régis Roinsard.

Dans le cadre de ce Coup de Cœur, le FIFF a demandé à Lambert Wilson de choisir 3 films parmi sa filmographie. Ces 3 films seront projetés à Namur. Il s’agit de :

  • AU BOUT DES DOIGTS de Ludovic Bernard (2018 – France – 105 min.)
  • DES HOMMES ET DES DIEUX de Xavier Beauvois (2010 – France – 120 min.)
  • LA PRINCESSE DE MONTPENSIER de Bertrand Tavernier (2010 – France – 139 min.)

Il rencontrera les festivaliers le samedi 29 septembre à 14h au Théâtre de Namur.

Baobabafrique (Source : Communication FIFF)
 


 

 

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Armand Boua expose à la Galerie Cécile Fakhoury de Dakar

La Galerie Cécile Fakhoury a ouvert ses portes à la rue Carnot au Plateau-Dakar lors de la Biennale 2018.  Fidèle à son option de promouvoir l’art africain contemporain, la Cécile Fakhoury accueille les œuvres de l’artiste ivoirien Armand Boua. Et ce jusqu’au 28 septembre 2018.

 A mi chemin entre la peinture et le collage, aux frontières du street art et de la photographie, l’exposition intitulée « Brobrosseurs » met en scène ces personnages débrouillards aux multiples petits boulots qui peuplent les rues d’Abidjan.

Après la grande exposition collective en pleine Biennale, la Galerie Cécile Fakhoury s’illustre davantage dans le paysage culturel dakarois. A l’instar de sa structure mère d’Abidjan ouverte en septembre 2012, la galerie de Dakar s’emploie à s’insérer dans le marché de l’art contemporain africain.

 La galerie Cécile Fakhoury s’inscrit dans une dynamique d’innovations dans le secteur de l’art en Afrique fait remarquer Delphine Lopez à l’occasion de l’ouverture de ladite galerie au cours de Dak’Art 2018. 

Baobabafrique (source Nouvelles de Dakar)

 

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