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Hommage à Randy Weston

Le grand pianiste-compositeur de jazz, Afro-américain, Randy Weston s'en est allé calmement, à son domicile, samedi 1er septembre 2018,  rejoindre ses ancêtres Africains qu'il ne cessait d'invoquer ici-bas. Né en 1926 à Brooklyn aux Etats-Unis d’Amérique d'un père Panaméen d'origine jamaïcaine qui disait à ses enfants qu'ils étaient des Africains, Randy Weston  a très tôt joué du piano et a eu des modèles tels que Count Basie, Art Tatum, Duke Ellington, Nat King Cole et Thelonius Monk. Démobilisé, à son retour de la 2ème Guerre mondiale, il ouvre un restaurant qui est vite fréquenté par les jazzmen. Après avoir lui-même joué dans plusieurs groupes de jazz, il forme des trios et des quartets et sort son premier disque en 1954. Il compose et enregistre plusieurs thèmes devenus des standards comme Little Niles (dédié à son fils), Hy fly, Pam's waltz. Il établit une longue collaboration avec l'arrangeuse Melba Liston. Avec elle et le poète Langston Hughes,  il crée en 1960  Uhuru Afrika qui combine pour la première fois grand orchestre de jazz et rythmes africains. A partir de là, il continue à s'inspirer des rythmes africains comme le montrent les morceaux High life et Niger Mambo. Installé à Tanger en 1967, il y ouvre l'African Rythm Club.  Tanger, il découvre la musique des gnawas qui influenceront des compositions comme Blue Moses et The healers. Les années 70 et 80 sont aussi des années de créations fécondes et en 1992 il enregistre The spirits of our ancesters avec Dizzie Gillespie et Pharoah Sanders. En 1994, son enregistrement avec les maitres gnawas a été un grand succès. de même que l'enregistrement de 2000 intitulé Spirit the power of music.

 En 2013, il forme un duo avec Billy Harper qui donnera The roots of the blues.

En 2016, alors que le magazine Downbeat le recevait dans son Hall of Fame,sa Nubian Suite fut composée avec la  participation d'artistes tels que Salieu Suso, Ayodele Maakheru, Martin Kwaku Obeng, Aampani Cissokho, Lhoussine Bouhamidy (gnawa) jayne Cortez,Min-Xiao Fen et Wayne Chandler.

 La bibliothèque de l'université Harvard compte depuis 2016 une collection Randy Weston. Le 14 juin 2017 le 'Legends of Jazz' Award lui fut décerné.

Ses compositions intègrent des éléments africains à la technique du jazz.

 

 

 

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Livre: El Hadj Djily Mbaye: la saga d'un sage milliardaire

‘’L’histoire du marabout-milliardaire sénégalais El Hadji Djily Mbaye a longtemps constitué un mythe aux yeux de beaucoup de générations de Sénégalais et même de citoyens d’autres pays’’, indique l’auteur sur sa page facebook, notant qu’’’avec cette biographie exclusive, la réalité est désormais à la portée de tous.’’

L’ouvrage est le ‘’fruit d’un peu plus de cinq années d’investigations qui ont amené son auteur à voyager à travers le pays, bloc-notes et enregistreur à la main, pour recueillir des témoignages fiables sur un homme exceptionnel’’. Il souligne que ‘’ce livre, au-delà du factuel, invite le lecteur à tirer des leçons de vie indispensables pour apporter plus d’humanisme dans le cœur des hommes et plus de progrès dans le monde.’’
 
Pour le jeune journaliste lougatois, ’’au-delà du devoir de reconnaissance, la publication de cet ouvrage relevait d’une impérieuse nécessité.’’
 
En fait, indique-t-il, ’’plus de vingt-sept (27) ans après sa disparition, on ne pouvait plus continuer de se contenter de sources orales pour revisiter le riche parcours de cet homme exceptionnel à plus d’un titre.’’

Aps

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Festival de Cinémas d’Afrique : Succès franc à Lausanne

  • Publié dans Cinéma

Le Festival cinémas d'Afrique - Lausanne  a clôturé sa 13e édition dimanche 26 août avec la projection du film En attendant les hirondelles de Karim Moussaoui, une valse algérienne à la fois sensuelle et rageuse, où l'histoire pèse sur les consciences. Durant quatre jours, les cultures africaines ont été célébrées avec des films, des musiques, des photographies et des paysages réels ou imaginaires autour du thème LA TERANGA - hospitalité en wolof. 

Le Festival a débuté avec un record de spectateurs pour l'avant-première du film RAFIKI de la réalisatrice Wanuri Kahiu, en présence de l’actrice Samantha Mugatsia qui a illuminé la cérémonie d'ouverture. Interdit au Kenya, le film ovationné au dernier Festival de Cannes, narre une belle histoire d'amour entre deux adolescentes. Le public a été nombreux à rester dans les gradins après la projection pour participer à la discussion passionnante avec l'actrice principale.

La section Panorama a mis en lumière la diversité de la cinématographie africaine et un public nombreux, de plus en plus jeune, a pu découvrir des films rares en provenance de 25 pays d'Afrique. 

En plus des projections de films et du concert d’Arat Kilo, la 13ème édition du Festival cinémas d’Afrique a présenté une exposition de l’artiste kényan Osborne Macharia, figure de proue de la photographie afro-futuriste. 

Pour la première fois, le Festival a proposé aux festivaliers de marquer leur visite en venant se prêter au jeu de la pose dans un studio photo installé dans la Chapelle Tell et des centaines de visiteurs sont repartis avec une photo inspirée directement de l’univers scénographique du photographe et du styliste Kevo Abbra. C'était une belle occasion de se retrouver devant l’objectif d'Osborne Macharia et ainsi d’immortaliser son passage.  En l'honneur du 100ème anniversaire de la naissance de Nelson Mandela, le Festival a proposé, en partenariat avec la Cinémathèque suisse, une rétrospective Mandela et la lutte anti-apartheid. Les séances ont été présentées par Enver Samuel, journaliste et réalisateur d'investigation sud-africain. La soirée sud-africaine a été introduite par l'ambassadrice d’Afrique du Sud suivie par la projection du film Mandela, Son of Africa, Father of the Nation de Angus Gibson et Jo Menell.(1996)

La table ronde Littérature et cinéma qui s'est ouverte sur le film de SOL DE CARVALHO, Mabata Bata, tiré d'une nouvelle de l'écrivain mozambicain Mia Couto, a suscité des discussions passionnantes sur des adaptations cinématographiques de la littérature africaine.   (Avec: Baba Diop, Christine Le Quellec Cottier, Samantha Mugatsia, Maimouna Ndiaye et Max Lobe) 

Le Festival est heureux d’annoncer un record d’affluence, avec plus de 5000 festivaliers pour cette 13e édition, dont 800 pour la soirée d'ouverture.

La 14ème édition est prévue du 22 au 25 août 2019.
 
Source : Eliane Gervasoni 5Festival Cinémas d’Afrique de Lausanne)
 

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La Rts lance une émission hebdomadaire sur l’histoire de l’Afrique

L’universitaire et historien français, François Durpaire a entamé vendredi l’enregistrement d’une émission hebdomadaire sur l’histoire du continent africain qui sera diffusée sur la Radiodiffusion télévision sénégalaise (RTS, publique), a constaté l’APS.

 
L’émission intitulée ‘’Il était une fois l’Afrique’’ sera notamment diffusée tous lundis après le journal de 20 heures et bénéficiera d’une rediffusion chaque semaine. La production d’une durée de dix minutes sera présentée suivant un récit pédagogique avec comme générique la chanson ‘’Africa’’, de l’auteur et compositeur sénégalais Ismaël Lo, a appris l’APS de l’équipe de production.
 
‘’C‘est un horaire très bon. C’est en début de semaine, les enfants ne sont pas encore tous couchés. Je le fais dans l’idée que les parents suivent l’émission et incitent leurs enfants à la regarder, a ainsi déclaré l’historien français en marge du premier enregistrement de l’émission.
 
‘’Les gens veulent connaitre leur passé, leur racine. Il n’y avait pas beaucoup d’émissions d’histoire sur le continent. L’idée était de faire avec la RTS une émission qui soit pédagogique et simple’’, a-t-il dit.
 
Ainsi, chaque semaine, l’intellectuel français va revenir sur une journée de continent africain comme par exemple, le jour où Mandela est sorti de prison, le jour ou Cheikh Anta Diop a publié le livre intitulé ‘’Nation, nègre et culture’’ ou encore, le jour où Thomas Sankaré a été assassiné, a-t-il expliqué.
 
‘’J’irai chercher dans les périodes lointaines. A travers l’image et le récit, je vais faire en sorte d’avoir un public le plus large possible sur un programme d’histoire’’, a souligné Durpaire qui rappelle que l’histoire n’est pas seulement un sujet d’intérêt pour les intellectuels.
 
C’est la raison pour laquelle le professeur à l’université de Cergy-Pontoise, va évoquer dans ses émissions, ‘’un peu de sport avec par exemple l’histoire du boxeur afro américain Mohamed Aly ou la victoire de l’équipe du Sénégal de football sur celle de la France lors de la Coupe du monde 2002’’.
 
Il promet également d’y associe aussi des questions de genre et d’équité en parlant de Mbande Nzinga, la reine résistante angolaise, et d’Aline Sittoé Diatta, une héroïne de la résistance à la colonisation en Casamance au Sénégal.
 
‘’Ce n’est pas seulement l’histoire du Sénégal. Il y a une majorité de sujets qui concerne l’Afrique de l’ouest et les afro-descendants. A l’image de la victoire de l’armée haïtienne sur celle de Napoléon ’’, a-t-il fait savoir.
 
L’universitaire qui se proclame ’’disciple et fils blanc’’ de Cheikh Anta Diop, ‘’un des plus grands historiens originaires d’Afrique, explique son choix de diffuser ses émissions au Sénégal par son attachement à ce pays.
 
’’C’est un pays exemplaire avec une gouvernance démocratique, une société ouverte et tolérante. C’est un pays phare en Afrique depuis très longtemps’’, a-t-il reconnu.
 
Le natif de Poitier n’exprime pas uniquement son amour pour le continent africain à travers ses écrits et son discours, il démontre également par son style vestimentaire et sa coiffure.
 
Dans son boubou en basin bleu orné de motifs dorés, François Durpaire, trouve naturel d’aimer ’’un continent avec une civilisation aussi riche que l’Afrique’’.
 
‘’C’est par le biais culturel que j’ai découvert l’Afrique. J’ai eu l’impression de l’avoir toujours connu’’, a dit dans un large sourire l’agrégé d’histoire qui a fait sa thèse sur les relations entre les Etats-Unis et l’Afrique subsaharienne pendant les années 1950. 
 
François Durpaire, âgé de 47 ans, est un universitaire et historien spécialisé dans les questions d’éducation et de diversité culturelle aux États-Unis et en France. C’est un militant pour une République davantage multiculturelle. Il est également consultant pour la télévision et la radio.
 
 Avec APS 
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Décès de Koffi Annan : le président Macky Sall exprime « sa grande tristesse »

Dans un communiqué rendu public, ce samedi 18 août 2018, le président de la République Macky Sall a fait part de sa « grande tristesse » suite à l’annonce du décès de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, survenu à Berne, en Suisse, à l’âge de 80 ans.

« Le Président Sall considère la disparition de M. Annan comme une perte immense pour l’Afrique et les Nations Unies dont il a incarné et servi les idéaux pendant des années », souligne le communiqué.

Tout en saluant « la mémoire de l’illustre défunt », le chef de l’Etat sénégalais, note le communiqué, « rend hommage à son œuvre remarquable au service de l’humanité ».

« A son pays, le Ghana, à sa famille et aux Nations Unies, le Président Sall présente ses condoléances émues », conclut le communiqué.

 Fana Cissé (Baobabafrique.com)

 

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Macky Sall félicite Babacar Touré pour son "formidable travail" au CNRA

Le Chef de l’État a adressé ce jeudi 16 août 2018, ses "remerciements" et "très vives félicitations" à Babacar Touré pour le "formidable travail" fait par le journaliste à la présidence du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) durant les six dernières années.

"Je tiens à vous réaffirmer mes remerciements et mes très vives félicitations, au nom de toute la nation, pour votre leadership et le travail formidable que vous avez accompli à la tête du Conseil national de régulation de l’audiovisuel", a déclaré Macky Sall en recevant les rapports annuels 2016 et 2017 du CNRA.

Babacar Touré vient d’achever le mandat de six ans qu’un président du CNRA est en droit d’exercer.

Le chef de l’État a salué la "constance" dont il a fait preuve dans sa réputation d’"homme de conviction".

"Je vous sais ferme sur les principes. Je vous sais tout flexible, pédagogue, plutôt persuasif. Vous avez fait montre de générosité, d’esprit fédérateur autour des principes d’impartialité", a dit M. Sall, louant "les capacités de synthèse et de dépassement" du journaliste, ancien patron du groupe privé Sud Communication, fondateur du journal Sud Quotidien et de la radio Sud FM.

Babacar Touré est "un journaliste professionnel et créateur d’entreprises", a ajouté le chef de l’État au président du Cnra qui termine son mandat non renouvelable. Il a été remplacé à la présidence du CNRA par son confrère Babacar Diagne, ancien directeur général de la RTS et ambassadeur du Sénégal aux États-Unis d’Amérique.

Pour rappel, Les professionnels du secteur de la publicité se sont réunis autour de l’atelier de partage et de concertation sur la publicité du 6 au 7  août 2018, à l’initiative du Conseil national de régulation de l'audiovisuel  (CNRA). L’objectif principal de la rencontre consiste à inviter les acteurs des médias, de la publicité, du parlement, de la régulation, de la communication, du commerce, du mouvement consumériste, à échanger sur l’organisation, la réglementation de la publicité au Sénégal. Ainsi, au terme de l’atelier professionnel, des recommandations fermes ont été formulées pour mettre fin à l’anarchie d’un secteur qui brasse environ plus de cent milliards et dont la loi qui date de 1983 n’a pas enregistré un décret d’application après 35 ans d’existence. Trois  principales recommandations : l’adoption d’une nouvelle loi, la nécessité de créer un organe de régulation de la publicité et la réglementation des professions liées à la publicité. 

Alassane CISSE (Baobabafrique avec APS)

 

 

 

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Nécrologie : Samir Amin, une figure du tiers-monde tire sa révérence

L'économiste et altermondialiste Samir Amin est décédé, le dimanche 12 août 2018 à Paris, à l'âge de 87 ans. Théoricien du marxisme et du maoïsme, ce Franco-Egyptien était l'une des figures de proue des mouvements altermondialistes. Professeur à Poitiers, Vincennes et surtout à Dakar où il a contribué à fonder l'Institut africain de développement économique et de planification, Samir Amin a irrigué par sa pensée plusieurs générations d'universitaires dans les pays en développement.

« Marx n'a jamais été aussi utile », disait Samir Amin, qui fut sans conteste l'un des esprits les plus lucides du vingtième siècle dans la critique du système capitaliste mondialisé. Pour lui, la logique capitaliste du profit entraîne la destruction des bases de la reproduction de la vie sur la planète.

Cette critique fondamentale s'accompagne tout au long de sa vie d'une analyse sans concession des rapports de domination entre le centre, les pays capitalistes développés, et la périphérie, le Tiers-monde. En lui rendant hommage, le président sénégalais Macky Sall écrit ; « Il avait consacré toute sa vie au combat pour la dignité de l’Afrique, à la cause des peuples et aux plus démunis. Avec la disparition du Pr Samir Amin, la pensée économique contemporaine perd une de ses illustres figures. Mes condoléances émues au nom de toute la Nation ».  

Dans un communiqué parvenu à la rédaction de baobabafrique.com, le Forum social sénégalais sous la plume de Demba Moussa Dembélé et Mamadou Mignane Diouf, note : « c’est une perte immense pour l’Afrique et le monde. Penseur éminent, auteur prolifique et intellectuel engagé toute sa vie pour l’émancipation des peuples et des pays du Sud de l’exploitation capitaliste et de la domination impérialiste.». Le Forum social sénégalais de poursuivre en témoignant: « Durant plus de 60 ans, il a mis son immense savoir et son prestige au service des luttes des peuples pour la liberté, la démocratie et le progrès social. Il a été le compagnon du Forum social sénégalais depuis sa naissance et a participé à plusieurs de ses éditions ».

Agrégé en Sciences économiques, formé à Paris dans les années cinquante, il publie en 1973, Le développement inégal, ouvrage majeur qui le propulse dans le champ antimondialiste qui deviendra deux décennies plus tard,  l'altermondialisme.

Grand défenseur des jeunes nations africaines, ce précurseur a toujours concilié son travail universitaire avec un engagement militant. Conseillé du gouvernement malien de 1960 à 1963, il fonde à Dakar, l'Institut africain de développement économique et de planification.

Il participe aussi à la création, d'Enda-Tiers Monde, l'une des premières ONG africaines. Pour lui, il faut redéfinir l'ordre mondial basé sur le capitalisme financier et supprimer ses institutions comme l'OMC, le FMi et la Banque mondiale. Une pensée dense et radicale qui a inspiré plusieurs générations d'économistes africains.

 

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Rwanda: historique d’un génocide…et « Francophonie »


Mes lectures m’ont conduit à ce 1 er partage et à quelques libres réflexions. D’autres suivront
avant les récoltes de nos paysans à qui nous souhaitons un bel hivernage et des greniers pleins
de promesses.
Lisons d’abord les extraits qui suivent. Ils sont révélateurs d’une Afrique qui se
construit et se déconstruit avec, toujours pas loin, l’œil des Grands Blancs, comme aimait à
les appeler Senghor. Et pourtant, les temps changent !
« Derrière les tragédies africaines auxquelles François Mitterrand fut confronté à la fin de
son second mandat: le Rwanda. Il était extrêmement furieux qu’on lui prêtât une
responsabilité dans le génocide des Tutsi qu’il avait, au contraire, voulu éviter.
Comme le Zaïre et le Burundi, le Rwanda ne faisait pas partie de l’Empire français.
Après l’Allemagne et la Belgique –qui avaient administré le pays jusqu’à la fin des années
1950 avec les minorité tutsi, propriétaires de troupeaux-, c’étaient les Hutu, agriculteurs
sédentaires, qui exerçaient le pouvoir depuis l’indépendance.
Le président rwandais Habyarimana –un Hutu-, au pouvoir depuis 1973, se tourna vers
la France, seule des ex-puissances coloniales à maintenir une aide destinée à l’Afrique. Il
semblait un homme de bonne volonté, hostile aux extrémistes hutu et tutsi. Quand François
Mitterrand arriva au pouvoir, Habyarimana y était encore, colosse débonnaire et brutal, qui
me sembla toujours soucieux d’éviter les problèmes avec ses voisins du Burundi, de
l’Ouganda et du Zaïre. A la fin des années 1980, nombre se Tutsi fuirent en Ouganda, d’où ils
cherchèrent à « reconquérir » le Rwanda. En octobre 1990, le Front patriotique du Rwanda
qui les regroupait, sous la direction de Paul Kagamé -Tutsi, membre de la famille royale du
Rwanda, réfugié depuis son enfance en Ouganda-, tenta de reprendre lepays en franchissant la
frontière ougandaise. Les exactions commencèrent. François Mitterrand voyait là avant tout
une lutte d’influence entre francophonie et anglophonie et entre la France et les Etats-Unis.
Les Tutsi lui paraissaient avoir choisi, majoritairement, le camp américain, m’expliqua-t-il un
jour: « Il y a des massacreurs chez les Hutu comme chez les Tutsi, et en plus, Kagamé est
l’homme des Américains. Les Tutsi veulent, par les Grands Lacs, détruire notre influence en
Afrique centrale.» Il expédia un détachement pour protéger et évacuer les ressortissants
français. Puis il maintint ces troupes sur place et poussa à un accord entre les belligérants. Le
3à janvier 1991, il écrivit au président rwandais Habyarimana: « Le conflit ne peut trouver de
solution durable que par un règlement négocié eu une concertation générale dans un esprit de
dialogue et d’ouverture.» Le conflit parut en passe de s’arranger: cessez-le-feu, nouvelle
Constitution, neuf partis politiques en lice et, en avril 1992, un gouvernement de transition.
Mais les extrémistes des deux camps ne désarmèrent pas; en février 1993, le Front patriotique
du Rwanda lança une nouvelle offensive, à parti de l’Ouganda; le Conseil de sécurité des
Nations Unis déploya quatre-vingts observateurs « à la frontière entre l’Ouganda et le
Rwanda pour vérifier qu’aucune assistance militaire (n’était) apportée aux factions en lutte.»
Les troupes françaises étaient toujours présentes au Rwanda. Le 21 août 1993, grâce à
l’assistance de la France -qui venait de passer en cohabitation-, des accords de paix furent
signés à Arusha, en Tanzanie, entre le Front patriotique du Rwanda et les Forces armées
rwandaises. Ils organisaient le partage entre les deux camps et préparaient le retour à Kigali

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d’une partie des exilés tutsi. Le Président du Front patriotique du Rwanda, Paul Kagamé,
adressa à François Mitterrand « ses remerciements les plus sincères pour le rôle joué par la
France ».
Mais la situation demeura tendue entre les communautés. Les Tutsi du Rwanda étaient
considérés comme des collaborateurs par le Front patriotique et comme des traîtres par le
gouvernement rwandais.Des armes continuèrent à circuler en vue de renforcer les deux
factions. Les civils s’armaient pour se protéger. Le 27 septembre, François Mitterrand, très
inquiet de la tension entre ces communautés, écrivit au nouveau président américain Bill
Clinton: « Si la communauté internationale ne réagit pas rapidement, les efforts de paix
risquent d’être compromis. » Le 5 octobre, le Conseil de sécurité créa une mission des
Nations unies pour l’assistance au Rwanda, composée de deux mille cinq cent cinquante
Casques bleus appartenant à vingt-trois pays différents, ce qui permit à la France,
conformément aux accords d’Arusha, de retirer ses propres troupes du Rwanda.
Le 6 avril 1994, l’avion transportant le président Habyarimana explosa à l’atterrissage
à Kigali. La responsabilité de cet attentat n’set pas encore clairement établie: des Tutsi
voulant se venger ? Des Hutu souhaitant un prétexte pour déclencher le massacre ? Le
lendemain, commença un véritable massacre des Tutsi, en présence d’une mission des
Nations unies réduite à l’impuissance. Pour inciter les paysans hutu à massacrer leurs voisins
tutsi, les autorités leur promettaient les terres de leurs victimes. ? Près d’un million de Tutsi
périr ainsi entre avril et juillet 1994. Des Hutu furent également massacrés un peu plus tard,
en représailles, quand Paul Kagamé prit le pouvoir au Rwanda. La communauté
internationale resta comme paralysée pendant deux mois. François Mitterrand et le
gouvernement Balladur tentèrentd’obtenir des Nations unies qu’elles s’interposent. Après
trois mois de discussions vaines, l’opération Turquoise, décidée en juin 1994 avec l’aval du
Conseil de Sécurité de l’ONU et mise en œuvre en août avec la participation de cinq mille
militaires français et cinq cents militaires africains, créa une « zone humanitaire sûre » à
partir du Zaïre. Cela permit de sauver quelques milliers de vies. Mais le mal était fait: le
génocide avait eu lieu; son ombre ternissait injustement le gouvernement d’Édouard Balladur
et la fin du second mandat de François Mitterrand, qui enrageait qu’on lui fît porter la
moindre responsabilité dans cette tragédie.
Au même moment, une pièce similaire se jouait sur un autre théâtre: celui de
l’Europe divisée. Car la désagrégation des dictatures en Afrique faisait écho à celle qui
commençait en Europe de l’Est puis dans les Balkans. Elle allait réaliser, beaucoup plus vite
que prévu, les prévisions de François Mitterrand: l’Allemagne allait être réunifiée, la
Yougoslavie se démembrer et l’Union soviétique disparaître de la scène de l’Histoire ».
Voilà donc ce que Jacques Attali nous raconte, dans son ouvrage: « C’ÉTAIT
FRANÇOIS MITTERRAND », publié aux éditions Fayard, en octobre 2005.
Voilà le Rwanda et l’histoire « courageusement »racontée de son génocide.
La question demeure sur les sempiternelles responsabilités engagées ou non de la
France. Vous tirerez votre propre réponse de ce que vous avez, ici, lu.
Le Rwanda, malgré ce drame sans nom, mais avec des visages, s’est relevé et se
construit pas à pas, avec succès, exigence, mais surtoutautorité -l’autorité peut ne pas être
synonyme de dictature. Mais méditons toujours cet échange: « Il n y a rien.» - « Tu n’as pas
regardé assez longtemps », lui répondit-il-.
Paul Kagamé, sec et charismatique, aura pour le moment brisé l’obstacle de la
division. Son mérite est immense. Il y réussira encore plus en ne quittant pas des yeux le

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rétroviseur et en ayant toujours le courage d’être juste et équitable. Mieux encore: le courage
d’être pauvre. Sinon, la paix, la stabilité, le progrès, rebrousseront chemin. L’histoire, avec.Il
n’existe pas de plus beau lever de soleil, qu’un peuple amoureux de son Président ! Mais à ce
dernier de toujours se souvenir du proverbe qui dit:« Même assoiffé d’amour, on n’embrasse
pas le porc-épic ».Savoir également que l’on ne reste pas en tant que chair. On reste en tant
qu’esprit.La probité, le travail, sont l’avenir d’un Chef d’État !
Quant à la candidate du Rwanda pour le poste de Secrétaire Général de la Francophonie,
pourrait-elle ramener, de nouveau, un jour, ce pays « lustré » et aujourd’hui tant chanté,dans
le giron de l’espace francophone, déserté avec audace et fracas ?L’Union Africaine aurait béni
Louise MUSHIKIWABO, en n’oubliant pas les « trahisons internes » à venir, et le Président
Emmanuel Macron, avant tous, et certainement pas en faisant la sieste, a très tôt salué et
apporté son soutien au Rwanda.Les chemins de la politique sont impénétrables !
La bonne formule serait de voir un jour -qui ne viendra sans doute jamais- le
Sommet des Chefs d’État de la Francophonie qui élisent en conclave le Secrétaire Général en
s’étripant souvent, innover enfin, en sortant de la politique et du copinage, pour désigner par
un appel à candidatures libres, avec un haut jury et un cahier des charges élevées, un patron
de l’Organisation Internationale de la Francophonie -OIF-, pour mener à bien ses missions,
d’abord et ensuite au service des peuples, avant celui des politiques, que l’on sait
incontournable. Ils feront longtemps encore « la pluie et le mauvais temps ». C’est changer
qui est difficile ! Le confort ne fait pas suer !L’OIF doit changer de « peau » ! Elle a fait son
temps avec les si chétifs impôts des peuples du Sud. Et pas même un visa ! Quant aux
contributions du Nord de moins en moins riches, elles « tournent de l’œil », comme on dit.
Ni suffisantes ni pérennes ! Bref, l’enthousiasme s’est enfui ! Sauve qui peut, ou presque !
A bientôt pour le « Partage 2 » de nos lectures d’hivernage.

Par Amadou Lamine Sall
Poète

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Musique : Chérifou et Job Sa Brain lancent l’album « Melo Kan »

  • Publié dans Musique

L’album « Melo kan » est l’aboutissement de la synchronisation de deux styles de musique différents sur l’enracinement culturel mais également  sur une ouverture vers le reste du monde dans un contexte d’échanges culturels. Une occasion pour Chérifou et Job Sa Brain, de convier la presse, le samedi 4 août 2018 au Centre culturel Blaise Senghor. 

Pour les auteurs de cet album, il s’agit de montrer qu’il est possible de se positionner sur l’échiquier de la culture urbaine à partir des sonorités africaines. « Il est donc essentiel de s’adapter à son évolution en répondant aux exigences des nouvelles normes de l’environnement technologique », ajoutent-ils.

L’objectif de cet album est d’accrocher davantage un public vers un nouveau style de musique, sans trahir le sens de l’engagement par la plume. Ceci est traduit par la diversité des thèmes qui vise toutes les générations et touche plusieurs domaines sensibles de la vie sociale. Elle comporte une identité musicale africaine qui correspond aux nouveaux styles de musique en cours comme l’afro-trap. Les thèmes sont liés à l’amour, au social, à la politique.

Ce projet est réalisé sous la direction artistique du Label de production Rock Team Music avec la complicité de  jeunes réalisateurs talentueux tels que Mister Keichch chargé de la production audio et ZIZ’ART qui réalise les vidéos.

Fana CISSE (Baobabafrique)

 

 

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