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Monument de la Renaissance ou renaissance d’un monument ?

Par Jean Michel Seck

 

‘’Ouakam est ma chambre secrète…’’ : ainsi parlait le très sage Mame El Hadj Malick Sy qui a effectué une longue retraite spirituelle dans cet espace chargé de vibrations  – les Almadies/Mamelles-  et que l’on dit empli de lumière divine…

 

Le Monument de la Renaissance africaine a été construit sur la deuxième colline ‘’volcanique et conique’’ ; la première colline abrite, quant à elle, depuis 1864, l’un des phares les plus puissants d’Afrique, le phare des Mamelles (la portée du Phare est de 53 km…)

 

Les travaux liés à la construction du Monument de la Renaissance africaine ont commencé en 2002, soit dix ans après ceux de la Mosquée de la Divinité (1992), construite dans la célèbre baie de Ouakam , selon la vision reçue en 1973 (maquette de la mosquée) par Mohamed Gorgui Seyni Guèye  dit ‘’Sàng Bi’ (sa retraite spirituelle a duré quatorze années…)

 

Un phare posé sur une colline (le point culminant de la presqu’île du Cap Vert), le Phare des Mamelles (1864), une Mosquée posée au niveau de la mer, dans la baie de Ouakam, la Mosquée de la Divinité (1997), un Monument posé sur la deuxième colline ‘’volcanique et conique’’ des Mamelles, le Monument de la Renaissance africaine (2010) : quelle relation ‘’secrète’’ unit ces trois symboles du littoral ?

 

La relation secrète ne peut être découverte qu’après la visite, ‘’initiée’’ et non guidée, du Monument de la Renaissance africaine : le cimetière de Ouakam, vu en contrebas  du Monument de la Renaissance africaine, est la ‘’clé’’ perdue et retrouvée de la relation spirituelle et secrète qui unit ces trois ouvrages de l’Homme : le Phare des Mamelles, la Mosquée de la Divinité et le Monument de la Renaissance africaine.

 

Le cimetière de Ouakam, ‘’l’élément quatrième’’, village traditionnel de la presqu’île du Cap Vert, où reposent des fils célèbres du Sénégal, a été ‘’implanté’’ sur un site qui est loin d’être  neutre  au plan spirituel : les ‘’Maîtres’’ spirituels parleront un jour, et  leurs paroles voyageront au-delà de la ‘’confluence des trois continents’’  et illumineront la terre entière…

 

La position ‘’Finistérielle’’ de la Pointe des Almadies, sera rendue claire un jour ou l’autre aux habitants heureux de cette presqu’île qui fut jadis une île (la jonction a été réalisée entre l’île et le continent à une époque géologique reculée)

 

Le Monument de la Renaissance africaine  a été ‘’pensé’’  et ‘’vu’’ par un ‘’Maître’’  fortement orienté vers le spirituel, voire le grand mystère, les choses cachées : il a ‘’posé son acte’’ et il a quitté sa terre natale …

 

Le temps est venu – il est venu très récemment pour moi – de ‘’relire’’  cette architecture monumentale, le Monument de la Renaissance africaine, et de la ‘’relier’’ à la lumière du feu qui nous éclaire depuis l’âge des cavernes (l’homme à la différence de l’animal éclaire ses abris la nuit), le feu  du volcan des Mamelles, zone tellurique par excellence et qui deviendra tôt ou tard féérique…

 

Le Monument de la Renaissance africaine est ‘’haut’’ de  52 mètres : pas un centimètre de plus ou de moins, et il s’agit-là, très certainement, d’un choix secret, que certains hommes et certaines femmes pourront élucider un jour…

 

Toute renaissance est fruit de la mort : il faut d’abord mourir ‘’une fois’’ avant que de renaître, et le ‘’grand dialogue’’ qui nous est offert entre la mort  - incarné par le cimetière de Ouakam- et la vie, symbolisé par le Monument de la Renaissance africaine, restera un dialogue éternel et universel…

 

La vie et la mort dialoguent depuis toujours dans l’Univers en expansion …

 

Le choix du site de construction du Monument de la Renaissance africaine n’est pas le fruit du hasard : la colline est fille ‘’géologique’’ de la montagne, laquelle montagne est un symbole fort de la science sacrée, le ‘’lieu de la vérité’’ (Satya-Loka) relié à la caverne (la grotte) autre symbole fort de la science sacrée.

 

La montagne, la colline – les points hauts et culminants- la caverne (voir le fameux mythe de la caverne de Platon), la grotte,  sont véritablement des centres spirituels et donc forcément des ‘’axes spirituels’’ lorsqu’ils ‘’sont alignés’’…

 

Yoff, Ngor, la Pointe des Almadies, les Mamelles, la Pointe de Fann, le Cap Manuel : nous sommes, je le crois, à la suite de nos précurseurs inspirés, en présence d’un ‘’champ spirituel magnétique’’, d’un ‘’axe spirituel’’ à découvrir ou à redécouvrir…

 

Je n’ai pas évoqué, à dessein, l’esthétique du Monument de la Renaissance africaine car pour des raisons liées à mon histoire personnelle, mon modèle dans ce domaine, restera  longtemps encore ‘’le Sanctuaire des Martyrs’’ à Alger, où brûle en permanence une flamme qui projette sa lumière vive, celle qui manque précisément au sommet du Monument de la Renaissance africaine…

 

Rappelons-le : le feu et l’eau ne sont ‘’inconciliables’’ que pour les hommes…

 

Dessinons à nouveau, ensemble, le nouvel ‘’espace spirituel’’ découvert ‘’par hasard’’ un jour de pluie (un jour de plus ?) sur la ville de Dakar : le Phare des Mamelles, le cimetière de Ouakam, la Mosquée de la Divinité et le Monument de la Renaissance africaine : 3+ 1…

 

‘’Le chiffre  1 a produit le chiffre 2, le chiffre 2 a produit le chiffre 3, et le chiffre 3 a produit tous les autres chiffres…’’

 

Je laisserai à  d’autres amis et aux grands spécialistes de ces questions parfois ardues, les ‘’Maîtres Spirituels’’,le soin de décrire plus amplement ‘’l’Axe ‘’spirituel’’ qui part de la Pointe des Almadies (Grotte spirituelle de Seydina Limamou Laye située à l’extrême ouest), qui passe par la Pointe de Fann (Musée Dynamique) , continue vers la Porte du Millénaire et arrive au Cap Manuel où vivaient, au Néolithique, les ‘’Manuéliens’’ qui se nourrissaient de coquillages et enterraient leurs morts sur l’île de Gorée…

 

Dernier fil architectural (le fil d’Ariane ?), ‘’derniers fils’’ de l’architecture : deux grands architectes sénégalais dont la réputation a dépassé nos frontières,  deux fils de la verte Casamance, ont noué sur cet ‘’Axe spirituel’’ un dialogue infini et ‘’presque muet’’ : Pierre Goudiaby Atepa (Monument de la Renaissance africaine, Porte du troisième Millénaire) et Cheikh Ngom (Mosquée de la Divinité,  Mausolée Seydou Nourou Tall)

 

La place attribuée à l’architecture, dans la hiérarchie des arts, par le grand philosophe allemand Arthur Schopenhauer (il est mort le 21 septembre 1860 à Francfort),  mériterait d’être rediscutée par les philosophes…

 

La place attribuée par nos ‘’cœurs rouges’’ sénégalais au Monument de la Renaissance africaine, à la lumière de la nouvelle ‘’lecture spirituelle’’, proposée dans ce texte sans prétention aucune, mériterait d’être rediscutée par tous nos guides spirituels et temporels…

 

Tous les volcans du monde ne sont pas éteints et les chaînes volcaniques vivent toujours…

 

‘’Volcan éteint offert aux rires des autres…’’  écrivait David Léon Mandessi Diop qui attend ,de ce lieu volcanique, tellurique, un ‘’souvenir ému’’, une ‘’trace magnétique’’ de son passage entre les nuages de ce jour-là…

 

Shekinah…

 

Jean Michel SECK

 

BP 231

 

Dakar

 

 

 

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