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La Rédaction

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Zénith de Paris : Après Wally et Pape Diouf, Sidy Diop se lance

Le chanteur Sidy Diop et le promoteur de la Maison des gardes du corps (MGC) ont signé un contrat d’exclusivité. Face à la presse, les deux collaborateurs ont informé que ce projet culturel s’élève à hauteur de 50 millions de francs CFA va durer 2 ans.  Et, durant cette période, renseignent-ils, l’interprète de «Diabira » va faire des prestations musicales à l’intérieur du pays mais également à l’étranger.   

La soirée de lancement dudit projet est prévue le 7 décembre 2018 au Théâtre Daniel Sorano de Dakar, elle sera aussi à l’honneur de l’homme d’affaire Cheikh Amar. 

Dans la même lancée, le chanteur de Guédiawaye, le promoteur et son collaborateur Matar de la structure de production "Subatel" envisagent également une soirée au Zenith de Paris, après celle de Pape Diouf. 

Selly Wane, 11 ans, la plus jeune écrivaine du Sénégal

A 8 ans, Selly Wane avait déjà l’inspiration poétique qui préfigure une grande carrière d’écrivaine. Son attachement à l’écriture et à la lecture fait d’elle la plus jeune écrivaine du Sénégal. Elle est la deuxième en Afrique derrière la Sud-Africaine Michelle Nkamankeng qui  a, elle, démarré à l’âge de 7 ans son livre « Attendre les vagues », armée de son seul stylo vert et violet. 

C’est connu, aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années…  En tout cas, 11 ans, avec une assurance aussi désarmante que son sourire, Selly à la dentition encore parsemée, elle finit son premier recueil de poème « Le Monde à travers les yeux de la vérité », qu’elle publie en 2017. Et c’est du haut de son innocence que l’auteure réinvente son monde d’enfance. Ici, tout y passe : amour filial, fascination pour la nature, méditation sur la foi religieuse, souvenirs du grand père Ciré Ly, “Docteur qui avait un bon cœur, ne vivait que pour le Coran” témoigne-t-elle.

Actuellement en quatrième secondaire à l’école « Mamadou et Bineta », Selly raconte comment elle est devenue écrivaine, sans muse particulière. « J’ai commencé à écrire à 8 ans. J’étais tout le temps seule dans ma chambre, occupée à contempler et à décrire la nature. Et dans mon recueil, tant de sujets sont traités. C’est parce que tout m’inspire », confesse l’auteure sur un ton enjoué.

La maman n’en croyait pas ses yeux

La maman, agréablement surprise par le talent de sa fille, n’en croyait pas ses yeux : « j’étais trop dubitative parce que ses poèmes étaient devenus un peu soutenus en un moment donné. Alors, je pensais qu’elle copiait sur l’internet. Et comme je n’y croyais pas, je lui ai donné un thème particulier dont je me souviens plus. Et pour plus d’assurance, elle l’a rédigé devant moi sur mon lit. Et c’est là que j’ai eu la certitude que c’est elle qui écrivait ses poèmes. Et là, je suis très fière d’elle », avoue-t-elle avant de se désoler : « elle très solitaire, elle écrit tout ce qu’elle veut dire ; c’est  une personne renfermée ».

Bon sang ne saurait mentir : elle est la petite-fille de Cheikh Hamidou Kane

Aujourd’hui, sur le versant de l’âge, l’auteur de L’Aventure Ambiguë qu’il est, se trouve  également être l’arrière-grand-père de cette jeune pousse si prometteuse. Selly lui rappelle ses grands débuts, il y a 80 ans, quand il déclamait quelques rimes en pulaar. « Cet art et le talent précoce de Selly, renforcent en moi une vieille conviction qui veut que la littérature en sa noble expression, reste une école magnifique pour préparer l’enfant à grandir dans les valeurs d’une humanité partagée où elle apprendra certes à lier le bois au bois », a-t-il témoigné lors de la cérémonie de dédicace du recueil de poèmes de Selly, à l’Harmattan en avril 2017. Faut-il préciser qu’il en est également l’auguste préfacier ? Comparaison n’étant pas raison, il poursuit « A son âge, à peine sorti du “Foyer Ardent”, je commençais à me délecter de ce que les grandes personnes avaient écrit en français, mais je ne prendrais la plume pour écrire comme elle dans cette langue utilisée par Verlaine comme par Senghor, que bien plus tard”.

 

« Quand on ne sait pas ce qui nous fait sourire, on se lasserait de ce qui nous ferait rêver »

C’est en ces termes, que l’auteure du « Monde à travers les yeux de la vérité », à la coiffure particulière qu’est son afro, au teint noir et au visage borné de lunettes, donne rendez-vous aux rats de la bibliothèque : « Je suis en train d’écrire un autre livre dédié aux talibés », confie-t-elle.

Pourquoi tout ça ? « Par mon recueil de poèmes, je voudrais pousser les gens de mon âge et même d’autres à s’adonner à la lecture », avoue-t-elle à travers son sourire en balançant sans cesse de ses petites mains.

Fana Cissé (PressAfrik)

Belgique: la restitution du patrimoine africain en débat

Que faire des objets pillés durant l’époque coloniale et consacrés œuvres d’art dans les musées d’Europe ? La question ne se pose pas qu’en France, où un rapport doit être rendu en novembre par l’essayiste sénégalais Felwine Sarr et l’historienne de l’art Bénédicte Savoy au président Macron. En Belgique, le débat précède la réouverture en décembre du Musée royal d’Afrique centrale, et porte aussi bien sur des objets, des archives que des restes humains.

 

Dans une lettre ouverte publiée le 25 septembre, 36 personnalités des mondes artistique, universitaire et associatif, en majorité Afro-descendantes, ont dénoncé une « Belgique à la traîne sur la restitution des trésors coloniaux » par rapport à la France, l’Allemagne et le Canada.

Le gouvernement a-t-il une position sur la question ? Au détour d’une dépêche de l’agence Belga, l’actuel ministre de la Coopération, Alexander De Croo, se dit prêt à en discuter avec les autorités et les directeurs de musées, mais aussi les experts des pays concernés. Un premier jalon a d’ailleurs été posé avec le « renvoi » au Rwanda des archives de la période coloniale, annoncé fin septembre. Une enveloppe de 400 000 euros a été prévue par le ministère de la Coopération, pour un projet de numérisation des archives royales et de celles du Musée royal d’Afrique centrale ayant trait à cette ancienne colonie belge. Il débutera en 2019 avec la visite d’une délégation d’archivistes rwandais qui définiront leurs priorités.

Un sujet qui monte

Dans une autre tribune, parue le 17 octobre, une trentaine de scientifiques, dont certains travaillent au Musée royal d’Afrique centrale, ont demandé un dialogue transparent qui « doit l’emporter sur le paternalisme ». Ils se refusent à des manœuvres qui consisteraient à noyer le poisson : « Il faut que l’on admette que la restitution concerne principalement la restitution physique d’objets de musée. La numérisation, les prêts et les expositions itinérantes sont également importants, mais ne doivent pas détourner l’attention du cœur du débat. »

Autre première en Belgique : un débat « participatif » intitulé « Restitution des biens culturels africains : question morale ou juridique ? » s’est tenu le 16 octobre au Parlement francophone bruxellois, sous la double houlette des présidentes de cette assemblée et de l’association Belgian Afro-Descendants Muntu Comittee (BAMKO-CRAN).

Ce débat, abrité par les 72 élus francophones sur les 89 que compte le Parlement de la région Bruxelles-Capitale, devrait être suivi d’effet : la constitution d’un groupe d’experts est prévue, de même qu’une résolution, destinée à être partagée avec les autres Parlements du pays. Il s’agira de proposer des amendements à la loi, pour aller vers des restitutions concrètes.

Campagne de restitution volontaire

En attendant que ce processus fasse son chemin, BAMKO-CRAN invite les particuliers à rendre les objets africains en leur possession, même s’il s’agit de vieux tams-tams ou de lances rapportées par leurs oncles du Congo. Cette campagne de restitution volontaire, qui va « permettre aux familles de donner l’exemple aux musées », verra les objets transiter de BAMKO-CRAN vers le Forum international des souverains et leaders traditionnels africains, chargé de retrouver les villages, familles et lignées d’où viennent les objets   et quand c’est impossible, de les rendre à des musées africains.

Les discussions en Belgique portent sur trois sujets bien différents, mais entremêlés : archives coloniales, restes humains et objets. Michel Bouffioux, journaliste de Paris-Match Belgique, a révélé en mai dernier la présence de 300 crânes, ossements et fœtus conservés dans le formol, provenant principalement du Congo, à l’Institut royal des sciences naturelles de Belgique. Le journaliste dénonce les crimes commis par le militaire belge Émile Storms, tels que la décapitation du chef Lusinga, en 1884, dont le crâne rapporté en Belgique comme trophée n’a pas été rendu au Congo. Les questions juridiques autour de ces dépouilles restent d’ailleurs posées.

114 pièces rendues au Zaïre de Mobutu

Sur la question des œuvres, le Musée royal d’Afrique centrale de Tervuren se veut « ouvert » au débat. Il explique dans un petit vade-mecum en ligne sur les « mythes et tabous » qui lui sont liés : « La présence de collections africaines à Tervuren mène inévitablement à la question du retour d’objets aux pays d’origine. (…) L’État belge, propriétaire légal des collections de l’AfricaMuseum, a transféré des objets, notamment entre 1976 et 1982. Lors de cette période, 114 pièces ethnographiques ont quitté le Musée royal de l’Afrique centrale pour l’Institut des musées nationaux du Zaïre à Kinshasa. Environ 600 objets ont également été transférés au Musée national du Rwanda à Butare. » En outre, Tervuren a remis en 2010 à ses trois anciennes colonies africaines, Congo, Rwanda et Burundi, la version digitale des films coloniaux les concernant.

L’essentiel du fonds colossal du Musée, où figurent entre autres 180 000 objets ethnographiques et 8 000 instruments de musique, n’en reste pas moins à Bruxelles. « Tout se passe en Belgique comme s’il fallait tout faire pour éviter de perdre la face par rapport à la question coloniale, analyse Mireille-Tsheusi Robert, la présidente de BAMKO-CRAN. Contester le Musée royal de Tervuren, l’histoire coloniale de la Belgique ou son influence actuelle sur le Congo, c’est toucher à des motifs de fierté nationale et à la vitrine internationale du pays. »

« Tout ça ne nous rendra pas le Congo »

En témoigne, par exemple, l’expression « Tout ça ne nous rendra pas le Congo », courante et utilisée à tout propos, au point d’avoir donné son titre à une émission de télévision traitant de faits de société généraux sur la RTBF. Elle évoque un fantasme de restitution d’une grandeur passée à l’exact opposé de ce que revendiquent les Afro-descendants à propos des biens culturels. Ce travers de la « vantardise coloniale » est d’ailleurs pointé par de nombreux experts, parmi lesquels l’historien belge David Van Reybrouck, auteur de Congo, une histoire (Actes Sud, 2012).

« De ce point de vue, le Musée royal d’Afrique centrale est mal utilisé », poursuit Mireille-Tsheusi Robert. La secrétaire d’État à l’Égalité des chances Zuhal Demir y envoie par exemple des jeunes qui ont chanté en août « Couper des mains, le Congo est à nous » lors du festival  Pukkelpop, où ils s’en sont pris à deux jeunes filles noires. L’objectif : « qu’ils prennent conscience des faits horribles commis durant la colonisation », selon la secrétaire d’État. « Et ce, alors que le musée n’est pas décolonisé ! », s’exclame la présidente de BAMKO-CRAN.

Le débat sur la restitution s’inscrit comme en France dans un contexte plus général de « décolonisation » des anciennes métropoles coloniales, et de dénonciation des expressions les plus flagrantes du racisme qui en est issu.

Avec la Rfi

Réflexion dans l’autonome québécois : l’Afrique, la France, la Francophonie à Erevan, le Rwanda !

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Et si nous goûtions le pays de Kagamé et son expérience réussie de développement global ! Pourquoi ne pas croire qu’un pays anglophone, hier membre de la famille francophone, peut donner une nouvelle vie à l’Organisation Internationale de la Francophonie ? Celle-ci n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle n’a pas surtout besoin de renaître. Elle a besoin d’être réinventée. Le Rwanda est devenu une référence en Afrique et dans le monde. Un pays qui comptait si peu et connu pour sa mémoire souffrante, est aujourd’hui respecté et loué sur la scène internationale pour ses réussites. On peut tout dire de Kagamé, sauf qu’il a réussi à faire d’un pays tragique, un pays solide, uni et retrouvé. Son patriotisme le sépare de nombre de chefs d’Etat africains. On raconte ses faits d’armes. On sait,par exemple, comment il a refusé à une grande firme automobile mondiale de s’installer chez lui, le temps d’envoyer à l’étranger, en formation, de jeunes Rwandais qui, devenus ingénieurs et hauts techniciens qualifiés, sont revenus au pays. Alors seulement, il a dit oui, vous pouvez maintenant venir vous installer chez nous, mais à la condition que certains secteurs de votre firme installée chez nous, soient confiés à des Rwandais qui en ont acquis la compétence. Ce n’est pas autrement que certain pays, comme la Chine,  ont agi avec des multinationales comparées à « Auchan » ou « Leclerc », en France, en leur imposant des conditionnalités: vous vous installez, mais à 50-50. Les décideurs chinois savaient que leur marché était fort convoité pour leur milliard de consommateur. A part égale 50-50, au bout de quelques années, les chinois avaient installé à côté des firmes étrangères, leur propre supermarché national et le tour était joué ! Après la Chine, deux seuls autres gros marchés mondiaux sont inscrits dans le futur pour les investisseurs et pour les multinationales: l’Afrique et l’Inde. L’Afrique ne peut plus continuer à subir la loi des marchés occidentaux et américains. Aux lendemains de la colonisation, le marché mondial était désorganisé, trafiqué, et l’Europe en a profité royalement, pendant des siècles. Aujourd’hui, le jour s’est levé et le monde est mieux structuré, mieux régi. On peut se défendre et être défendu. Alors, que l’Afrique se réveille donc et qu’elle gère de très près ses ressources en négociant plus patriotiquement avec les pays développés et les firmes internationales et capitalistes. La Chine nous a montré le chemin. Le Rwanda n’a pas tardé à comprendre et à agir pour d’abord protéger ses intérêts. C’est cela le mérite de Paul Kagamé. En définitive, si extraordinaire que cela puisse paraître, nos pays ont besoin d’autorité, d’ordre, de discipline, pour un certain temps, au moins. Kagamé n’est pas un tendre. Son pays est dans le rouge dans le domaine des droits de l’homme. Il est même dans la dictature. Mais certains se demandent si nous n’avons pas besoin de cette « dictature », sorte d’autorité disciplinaire, pour que nos pays s’alignent dans la rigueur de la gestion, la discipline des populations, le travail, le respect du bien public.

 

Quand j’observe mon pays au quotidien, citoyen dans la rue, je ne puis espérer son développement sans une autorité forte. Des compatriotes sont allés jusqu’à proposer des brigades en civil qui, mêlées aux populations et automobilistes, veilleraient sur la discipline, le respect, la bonne conduite. Faire et agir de sorte que la société soit la vigile d’elle-même. Que chaque citoyen égaré sache qu’il est regardé d’un œil moral. Ce n’est pas enfreindre la liberté d’autrui. Ce qui se passe au Sénégal dépasse tout entendement. Le développement, ce n’est pointle moi-moi, partout et toujours. L’éducation du citoyen compte. Un pays n’est pas une poubelle. Un trottoir n’est pas une boutique. Un rond-point n’est pas un marché. Une auto n’est pas un jouet. Un feu rouge n’est pas une entrée de bar. Le respect des règles d’une posture citoyenne, c’est comme à l’entrée d’une église, d’une mosquée. On s’y prépare. On rassemble sa foi avant d’en franchir la porte. Oui, la liberté n’est pas une loi individuelle imposée aux autres. Oui, la démocratie occidentale n’est pas imposable en tout chez nous.Quelqu’un me disait que la chancelière allemande Angela Merkel était à son 5ème mandat et que personne ne ruait dans les brancards ! A chacun sa pratique de la démocratie ! Certes, mais il faut savoir raison garder ! Ce qu’il nous faut retenir en Afrique, c’est que les droits de l’homme commencent d’abord par le droit au développement, c’est à dire manger, se soigner, se loger, se vêtir, bénéficier de l’éducation, travailler. Ce que l’Occident nous a légué comme héritage politique et institutionnel, doit être repensé, adapté à nos réalités sociales et économiques. Ce qui compte, c’est de penser en Afrique au plus grand nombre qui ne mange pas à sa faim, ne travaille pas, ne va pas à l’école, n’a pas d’eau courante ni d’énergie pour s’éclairer, pas même de latrines. Ce qui compte, ce sont des hôpitaux pour  soigner les plus démunis qui meurent aux portes des urgences faute d’un ticket d’entrée, faute de quoi aller acheter l’ordonnance prescrite avec du coton, des seringues. Même le minimum sanitaire manque. Ce qui compte, c’est de construire des écoles et que l’école publique donne sa chance à tous et d’abord aux fils des paysans et des pauvres. C’est l’État, et personne d’autre, d’abord, qui a cette charge ! Je me rappelle la grande peine du Président Senghor, quand retiré du pouvoir, il apprit que son successeur avait fait fermé les internats. Lui qui avait tant fait pour les fils des paysans qui se retrouvaient seuls dans les grandes villes, en était meurtri !

 

Par ailleurs, lisez bien dix fois ce qui suit, retenez-le, rappelez-vous en chaque matin. Écoutez ce qu’un brillant fils de l’Afrique, Ben Marc Diendéré, nous écrit:« La promesse de la nouvelle ère digitale n’aura pas lieu si les pays africains ne satisfont pas à la première condition de l’ économie numérique qui est de reprendre le contrôle des fréquences de spectre du continent […] Elle devient impérative et doit être sans appel. Les réseaux de télécommunications sont à comparer à l’introduction du chemin de fer dans la révolution industrielle au début du siècle dernier. On parle ici de la souveraineté des infrastructures de télécommunication (satellite, fibre optique, etc.).L’expérience accélérée du contrôle des infrastructures de télécommunications et de la manne qu’elles représentent pour des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Brésil, le Venezuela, l’Inde et la Chine, n’est plus à démontrer. Ces infrastructures sont sources de revenus pour les États, d’accroissement de la compétitivité entre les entreprises et d’innovation pour les populations. Que ce soit dans la livraison des services aux citoyens ou le développement des entreprises, les infrastructures robustes et de plus en plus performantes sont la promesse d’un changement réel de paradigmes pour les citoyens et les entreprises au cœur de la création et la gestion de richesses. À qui appartiennent les réseaux de télécommunications africains, qu’ils soient satellites ou par câblodistribution ? La question mérite d’être posée en ces temps de livraison de services mobiles et numériques douteux, d’infrastructures à rabais aux citoyens et entreprises du continent […] Le continent a perdu la souveraineté de sa surface. Là aussi, une ébauche de carte nous laisserait sans voix. Et que dire des airs, c’est-à-dire tout ce qui est de l’ordre de l’aéronautique et de l’aviation commerciale? Un véritable désastre de transport. Il est plus difficile à un Africain de l’Ouest de se rendre à l’est du continent que de se rendre en Chine. Situation anormale s’il en est une.Ce que l’ère numérique implique, c’est la bataille du spectre et avec elle, les infrastructures de dernières générations. Cette richesse invisible, tracée sans consultation des Africains, dans des codes immatériels, a aujourd’hui une valeur incommensurable. Celui qui contrôle son spectre, contrôlera son développement en éducation, en culture, en santé, en environnement et dans le domaine de la sécurité de ses citoyens. Reprendre le contrôle des fréquences de spectre a rapporté aux gouvernements américains, aux Européens, aux Asiatiques et aux Latino-américains des centaines de milliards de dollars. Des sommes pharaoniques qui ont servi à accroître la compétitivité et l’innovation des entreprises.Tous ces Mégahertz et leurs bandes de fréquence qui couvrent le ciel africain, ont besoin de retrouver leurs propriétaires: les Africains. Le spectre c’est comme le pétrole et l’or, ressources qui font courir le monde. L’anarchie actuelle de la propriété, des redevances collectées ou non liées aux droits de licences, que ce soit dans le domaine de la mobilité ou dans l’omniprésence des radios et télévisions internationales sur le continent, combinée aux actions isolées des pays, laissent le terrain aux cupides et ouvrent la voie à un piège d’aliénation qui gardera les pays africains dans la spirale de dépendance financière, culturelle et donc d’une domination économique qui sera encore plus forte dans l’ère numérique. Que l’Union africaine demande à chacun des pays de faire un état des lieux de son spectre et de le présenter à ses citoyens et à l’Union dans des délais immédiats. Que des enchères individuelles ou collectives se tiennent rapidement dans les pays, mais avec la particularité que des entreprises locales en consortiums ou en partenariats en soient les fiduciaires responsables et imputables. Les règles de propriétés étrangères en matière de télécommunications qui prévalent dans les pays occidentaux, doivent l’être aussi en Afrique. »

Dans une autre posture toute combinée à nos spectres, notre Président de la République, devrait faire étudier très vite comment créer un Fonds national dénommé « Fonds-Générations » directement géré par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan et qui bénéficierait d’un pourcentage conséquent, entre 2 à 3% des revenus tirés du pétrole et du gaz. Ce Fonds serait une sorte de trésor de guerre pour les générations futures. Le proverbe le dit: « C’est quand on est jeune que l’on va ramasser le bois pour se chauffer quand le grand âge arrive ». C’est à l’État d’anticiper et de protéger sa jeunesse pour aujourd’hui et demain, dans un monde improbable et incertain. Nos hommes politiques doivent avoir cette vision de l’avenir. D’autres fonds de soutien pourraient être crées autour des gigantesques revenus générés par les grands groupes étrangers de télécommunications et de téléphonie mobile installés dans nos pays. Un Fond dit « Fond Grand-père », connu dans certains pays d’Amérique, devrait pouvoir être mis en place et définir ses cibles à soutenir et à protéger. Trop d’argent est gagné sans que l’on pense mettre en place des sortes de greniers, des « titres fonciers pour l’avenir » tirés des revenus des investisseurs et de nos partenariats au développement qui construisent autoroutes, routes et rails avec des clauses sur 30 à 40 ans.

 

           Dans un autre domaine comme celui de l’agriculture, l’expérience québécoise est révélatrice d’une extraordinaire créativité et d’une solide vision. « Le modèle de la « Coop fédérée » est à étudier, révèle toujours Monsieur Ben Marc Diendéré, Vice-président de l’Organisation canadienne-québécoise d'agriculteurs fondée en 1922 et qui regroupe 100 000 membres et génère aujourd'hui 9 milliards de chiffre d'affaires.Il précise: « L’agriculture au Canada est structurée par région. Elle est au cœur de la vie des populations et en adéquation avec la politique agricole commune de proximité. Celle-ci permet une mutualisation tout en maintenant et en renforçant les capacités d’exploitation. C'est une économie de partage basée sur une économie sociale équitable. L’Afrique, avec ses atouts naturels, est à même de transposer ce modèle qui permettra de nourrir chacun de ses habitants à sa faim. ».

 

Mon séjour au Québec au nom de la poésie, m’a ouvert l’esprit sur d’autres sujets de partage dont l’Afrique a besoin d’entendre et ses leaders politiques, avec.

 

         Pour conclure et revenir au sommet des 84 États membres de la Francophonie -on comptera plus tard le nombre de  présents- qui se tient à Erevan, en Arménie, en ce jeudi 12 octobre 2018, la ministre des Affaires Étrangères du Rwanda anglophone et du charismatique Paul Kagamé, vont aisément vers une victoire, pour remplacer la Haïtienne, la Très Honorable ancienne Gouverneure du Canada devenue Secrétaire Générale de la Francophonie par une élection fort heurtée, il y a 4 ans, face à l’écrivain Henri Lopès du Congo. Nous apprenons qu’en francophonie, « la population totale compte 900 millions de personnes, dont 284 millions de francophones ». Louise Mushikiwabo -il faudra apprendre désormais à prononcer ce  nom chantonnant- occupera probablement le prochain fauteuil de notre maison qui a en partage la langue française. Seule la Francophonie pouvait nous offrir un tel scénario presque surréaliste: élire une anglophone à sa tête ! On ne trouvera pas meilleure concession en diplomatie, meilleur esprit de dépassement ! Les lois de la politique sont impénétrables et le Président français Emmanuel Macron qui a soutenu très tôt cette candidature, nous cache un secret ! Le Canada et le Québec quant à eux, par des communiqués maladroits et tardifs, ont déclaré ne plus soutenir leur candidate Michaëlle Jean, à quelques jours du Sommet. Glaciale, fébrile et inélégante démarche diplomatique !Là aussi, se cache une manœuvre «secrète» ! 

 

Retenons l’essentiel, c’est à dire l’avenir de cette organisation dont on a du mal à mesurer la vraie visibilité et qui manque cruellement de moyens financiers pour remplir ses missions. «Jeune Afrique» nous apprend, avec le sourire, que «la somme due par le Rwanda à l’OIF à la date du 06 avril 2018 s’élevait à 110.088 euros, -soit près de 71 millions 557 mille 200 FCFA-. Ce montant correspondait à des versements non effectués au titre de la contribution statutaire du pays en 2014, 2015, 2017 et 2018. L’ensemble des sommes dues (arriérés et contribution de l’année 2018) a été réglé au mois de mai, au moment de l’officialisation de la candidature de Louise Mushikiwabo ».Jeune Afrique ajoute du piquant: « Le président Paul Kagamé ne parle pas le français, même s’il le lit et le comprend […] Quant à Louise Mushikiwabo, elle est aussi à l’aise en français qu’en anglais […] La langue du travail, du management, est désormais sans discussion l’anglais. Maintenant quand les Rwandais veulent se dire les choses, ils le font en kinyarwanda ». Voilà la photo finale du pays qui arrive à la tête de la Francophonie. Mais n’est-ce pas vrai aussi que quand les Sénégalais veulent se dire les choses, ils le font en wolof ? Mais Macky Sall parle quand même le français et le parle  au pays de Senghor ! Mais rendons justice au Rwanda: C’est  Jeune Afrique qui nous révèle ceci:  C’est la France, le 23 février 2018 à Bruxelles qui propose au président de la Commission de l’Union Africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Informée, cette dernière parle de « surprise et de plaisir ». Le président Kagamé se donne le temps de la réflexion et tarde même trop à donner une réponse claire. Emmanuel Macron en parle au roi du Maroc le 10 avril à Paris. Le 29 avril à Brazzaville, à la fin d’un long tête-à-tête avec Paul Kagamé, un proche du souverain marocain confie ceci: » C’est nous qui avons convaincu les Rwandais d’accepter l’offre française. » Le 28 juin,  au 31ème sommet de l’UA à Nouakchott, Louise Mushikiwabo reçoit le soutien officiel du comité des candidatures.

 

 En un mot, c’est la France qui aura installé « sa » candidate à l’OIF. Peut-être qu’elle laissera aux autres y installer un Administrateur général, c’est à dire celui ou celle qui aura le poste le plus stratégique en main, dans l’ombre: la gestion et la trésorerie de l’organisation. Si la France y désigne encore « son homme », ce serait de trop, car « elle est minoritaire dans la Francophonie » comme le soulignait audacieusement Alain Decaux !

 

Nous ne pouvons pas douter, malgré tout et au-delà de tout, que la nouvelle patronne de l’Organisation Internationale de la Francophonie, apportera de l’autorité, de la créativité et donnera sa part à l’Afrique, car c’est l’Afrique, en nombre, qui, finalement, nourrit cette langue française presque en haillons en France, en dehors de ses poètes, écrivains, artistes, créateurs ! Le Québec lève des soleils chaque matin avec des mots qui illuminent la langue française. Le Président français devrait commencer par le commencement: faire revivre les alliances françaises de par le monde face à cette forte demande du français.

 

Si le Rwanda fait de la Francophonie ce que le Rwanda est devenu à force de travail, d’exigence, d’excellence, de solidarité et de vigilance pour la mémoire, alors la Francophonie prospérera et rayonnera comme il y a longtemps, très longtemps quand un illustre fils du Québec la gouvernait: Jean-Louis ROY.

 

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

 

 Montréal (Québec), le 8 octobre 2018

Réflexion dans l’autonome québécois : l’Afrique, la France, la Francophonie à Erevan, le Rwanda !

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Et si nous goûtions le pays de Kagamé et son expérience réussie de développement global ! Pourquoi ne pas croire qu’un pays anglophone, hier membre de la famille francophone, peut donner une nouvelle vie à l’Organisation Internationale de la Francophonie ? Celle-ci n’est pas ce qu’elle devrait être. Elle n’a pas surtout besoin de renaître. Elle a besoin d’être réinventée. Le Rwanda est devenu une référence en Afrique et dans le monde. Un pays qui comptait si peu et connu pour sa mémoire souffrante, est aujourd’hui respecté et loué sur la scène internationale pour ses réussites. On peut tout dire de Kagamé, sauf qu’il a réussi à faire d’un pays tragique, un pays solide, uni et retrouvé. Son patriotisme le sépare de nombre de chefs d’Etat africains. On raconte ses faits d’armes. On sait,par exemple, comment il a refusé à une grande firme automobile mondiale de s’installer chez lui, le temps d’envoyer à l’étranger, en formation, de jeunes Rwandais qui, devenus ingénieurs et hauts techniciens qualifiés, sont revenus au pays. Alors seulement, il a dit oui, vous pouvez maintenant venir vous installer chez nous, mais à la condition que certains secteurs de votre firme installée chez nous, soient confiés à des Rwandais qui en ont acquis la compétence. Ce n’est pas autrement que certain pays, comme la Chine,  ont agi avec des multinationales comparées à « Auchan » ou « Leclerc », en France, en leur imposant des conditionnalités: vous vous installez, mais à 50-50. Les décideurs chinois savaient que leur marché était fort convoité pour leur milliard de consommateur. A part égale 50-50, au bout de quelques années, les chinois avaient installé à côté des firmes étrangères, leur propre supermarché national et le tour était joué ! Après la Chine, deux seuls autres gros marchés mondiaux sont inscrits dans le futur pour les investisseurs et pour les multinationales: l’Afrique et l’Inde. L’Afrique ne peut plus continuer à subir la loi des marchés occidentaux et américains. Aux lendemains de la colonisation, le marché mondial était désorganisé, trafiqué, et l’Europe en a profité royalement, pendant des siècles. Aujourd’hui, le jour s’est levé et le monde est mieux structuré, mieux régi. On peut se défendre et être défendu. Alors, que l’Afrique se réveille donc et qu’elle gère de très près ses ressources en négociant plus patriotiquement avec les pays développés et les firmes internationales et capitalistes. La Chine nous a montré le chemin. Le Rwanda n’a pas tardé à comprendre et à agir pour d’abord protéger ses intérêts. C’est cela le mérite de Paul Kagamé. En définitive, si extraordinaire que cela puisse paraître, nos pays ont besoin d’autorité, d’ordre, de discipline, pour un certain temps, au moins. Kagamé n’est pas un tendre. Son pays est dans le rouge dans le domaine des droits de l’homme. Il est même dans la dictature. Mais certains se demandent si nous n’avons pas besoin de cette « dictature », sorte d’autorité disciplinaire, pour que nos pays s’alignent dans la rigueur de la gestion, la discipline des populations, le travail, le respect du bien public.

 

Quand j’observe mon pays au quotidien, citoyen dans la rue, je ne puis espérer son développement sans une autorité forte. Des compatriotes sont allés jusqu’à proposer des brigades en civil qui, mêlées aux populations et automobilistes, veilleraient sur la discipline, le respect, la bonne conduite. Faire et agir de sorte que la société soit la vigile d’elle-même. Que chaque citoyen égaré sache qu’il est regardé d’un œil moral. Ce n’est pas enfreindre la liberté d’autrui. Ce qui se passe au Sénégal dépasse tout entendement. Le développement, ce n’est pointle moi-moi, partout et toujours. L’éducation du citoyen compte. Un pays n’est pas une poubelle. Un trottoir n’est pas une boutique. Un rond-point n’est pas un marché. Une auto n’est pas un jouet. Un feu rouge n’est pas une entrée de bar. Le respect des règles d’une posture citoyenne, c’est comme à l’entrée d’une église, d’une mosquée. On s’y prépare. On rassemble sa foi avant d’en franchir la porte. Oui, la liberté n’est pas une loi individuelle imposée aux autres. Oui, la démocratie occidentale n’est pas imposable en tout chez nous.Quelqu’un me disait que la chancelière allemande Angela Merkel était à son 5ème mandat et que personne ne ruait dans les brancards ! A chacun sa pratique de la démocratie ! Certes, mais il faut savoir raison garder ! Ce qu’il nous faut retenir en Afrique, c’est que les droits de l’homme commencent d’abord par le droit au développement, c’est à dire manger, se soigner, se loger, se vêtir, bénéficier de l’éducation, travailler. Ce que l’Occident nous a légué comme héritage politique et institutionnel, doit être repensé, adapté à nos réalités sociales et économiques. Ce qui compte, c’est de penser en Afrique au plus grand nombre qui ne mange pas à sa faim, ne travaille pas, ne va pas à l’école, n’a pas d’eau courante ni d’énergie pour s’éclairer, pas même de latrines. Ce qui compte, ce sont des hôpitaux pour  soigner les plus démunis qui meurent aux portes des urgences faute d’un ticket d’entrée, faute de quoi aller acheter l’ordonnance prescrite avec du coton, des seringues. Même le minimum sanitaire manque. Ce qui compte, c’est de construire des écoles et que l’école publique donne sa chance à tous et d’abord aux fils des paysans et des pauvres. C’est l’État, et personne d’autre, d’abord, qui a cette charge ! Je me rappelle la grande peine du Président Senghor, quand retiré du pouvoir, il apprit que son successeur avait fait fermé les internats. Lui qui avait tant fait pour les fils des paysans qui se retrouvaient seuls dans les grandes villes, en était meurtri !

 

Par ailleurs, lisez bien dix fois ce qui suit, retenez-le, rappelez-vous en chaque matin. Écoutez ce qu’un brillant fils de l’Afrique, Ben Marc Diendéré, nous écrit:« La promesse de la nouvelle ère digitale n’aura pas lieu si les pays africains ne satisfont pas à la première condition de l’ économie numérique qui est de reprendre le contrôle des fréquences de spectre du continent […] Elle devient impérative et doit être sans appel. Les réseaux de télécommunications sont à comparer à l’introduction du chemin de fer dans la révolution industrielle au début du siècle dernier. On parle ici de la souveraineté des infrastructures de télécommunication (satellite, fibre optique, etc.).L’expérience accélérée du contrôle des infrastructures de télécommunications et de la manne qu’elles représentent pour des pays comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie, le Canada, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la France, le Brésil, le Venezuela, l’Inde et la Chine, n’est plus à démontrer. Ces infrastructures sont sources de revenus pour les États, d’accroissement de la compétitivité entre les entreprises et d’innovation pour les populations. Que ce soit dans la livraison des services aux citoyens ou le développement des entreprises, les infrastructures robustes et de plus en plus performantes sont la promesse d’un changement réel de paradigmes pour les citoyens et les entreprises au cœur de la création et la gestion de richesses. À qui appartiennent les réseaux de télécommunications africains, qu’ils soient satellites ou par câblodistribution ? La question mérite d’être posée en ces temps de livraison de services mobiles et numériques douteux, d’infrastructures à rabais aux citoyens et entreprises du continent […] Le continent a perdu la souveraineté de sa surface. Là aussi, une ébauche de carte nous laisserait sans voix. Et que dire des airs, c’est-à-dire tout ce qui est de l’ordre de l’aéronautique et de l’aviation commerciale? Un véritable désastre de transport. Il est plus difficile à un Africain de l’Ouest de se rendre à l’est du continent que de se rendre en Chine. Situation anormale s’il en est une.Ce que l’ère numérique implique, c’est la bataille du spectre et avec elle, les infrastructures de dernières générations. Cette richesse invisible, tracée sans consultation des Africains, dans des codes immatériels, a aujourd’hui une valeur incommensurable. Celui qui contrôle son spectre, contrôlera son développement en éducation, en culture, en santé, en environnement et dans le domaine de la sécurité de ses citoyens. Reprendre le contrôle des fréquences de spectre a rapporté aux gouvernements américains, aux Européens, aux Asiatiques et aux Latino-américains des centaines de milliards de dollars. Des sommes pharaoniques qui ont servi à accroître la compétitivité et l’innovation des entreprises.Tous ces Mégahertz et leurs bandes de fréquence qui couvrent le ciel africain, ont besoin de retrouver leurs propriétaires: les Africains. Le spectre c’est comme le pétrole et l’or, ressources qui font courir le monde. L’anarchie actuelle de la propriété, des redevances collectées ou non liées aux droits de licences, que ce soit dans le domaine de la mobilité ou dans l’omniprésence des radios et télévisions internationales sur le continent, combinée aux actions isolées des pays, laissent le terrain aux cupides et ouvrent la voie à un piège d’aliénation qui gardera les pays africains dans la spirale de dépendance financière, culturelle et donc d’une domination économique qui sera encore plus forte dans l’ère numérique. Que l’Union africaine demande à chacun des pays de faire un état des lieux de son spectre et de le présenter à ses citoyens et à l’Union dans des délais immédiats. Que des enchères individuelles ou collectives se tiennent rapidement dans les pays, mais avec la particularité que des entreprises locales en consortiums ou en partenariats en soient les fiduciaires responsables et imputables. Les règles de propriétés étrangères en matière de télécommunications qui prévalent dans les pays occidentaux, doivent l’être aussi en Afrique. »

Dans une autre posture toute combinée à nos spectres, notre Président de la République, devrait faire étudier très vite comment créer un Fonds national dénommé « Fonds-Générations » directement géré par le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan et qui bénéficierait d’un pourcentage conséquent, entre 2 à 3% des revenus tirés du pétrole et du gaz. Ce Fonds serait une sorte de trésor de guerre pour les générations futures. Le proverbe le dit: « C’est quand on est jeune que l’on va ramasser le bois pour se chauffer quand le grand âge arrive ». C’est à l’État d’anticiper et de protéger sa jeunesse pour aujourd’hui et demain, dans un monde improbable et incertain. Nos hommes politiques doivent avoir cette vision de l’avenir. D’autres fonds de soutien pourraient être crées autour des gigantesques revenus générés par les grands groupes étrangers de télécommunications et de téléphonie mobile installés dans nos pays. Un Fond dit « Fond Grand-père », connu dans certains pays d’Amérique, devrait pouvoir être mis en place et définir ses cibles à soutenir et à protéger. Trop d’argent est gagné sans que l’on pense mettre en place des sortes de greniers, des « titres fonciers pour l’avenir » tirés des revenus des investisseurs et de nos partenariats au développement qui construisent autoroutes, routes et rails avec des clauses sur 30 à 40 ans.

 

           Dans un autre domaine comme celui de l’agriculture, l’expérience québécoise est révélatrice d’une extraordinaire créativité et d’une solide vision. « Le modèle de la « Coop fédérée » est à étudier, révèle toujours Monsieur Ben Marc Diendéré, Vice-président de l’Organisation canadienne-québécoise d'agriculteurs fondée en 1922 et qui regroupe 100 000 membres et génère aujourd'hui 9 milliards de chiffre d'affaires.Il précise: « L’agriculture au Canada est structurée par région. Elle est au cœur de la vie des populations et en adéquation avec la politique agricole commune de proximité. Celle-ci permet une mutualisation tout en maintenant et en renforçant les capacités d’exploitation. C'est une économie de partage basée sur une économie sociale équitable. L’Afrique, avec ses atouts naturels, est à même de transposer ce modèle qui permettra de nourrir chacun de ses habitants à sa faim. ».

 

Mon séjour au Québec au nom de la poésie, m’a ouvert l’esprit sur d’autres sujets de partage dont l’Afrique a besoin d’entendre et ses leaders politiques, avec.

 

         Pour conclure et revenir au sommet des 84 États membres de la Francophonie -on comptera plus tard le nombre de  présents- qui se tient à Erevan, en Arménie, en ce jeudi 12 octobre 2018, la ministre des Affaires Étrangères du Rwanda anglophone et du charismatique Paul Kagamé, vont aisément vers une victoire, pour remplacer la Haïtienne, la Très Honorable ancienne Gouverneure du Canada devenue Secrétaire Générale de la Francophonie par une élection fort heurtée, il y a 4 ans, face à l’écrivain Henri Lopès du Congo. Nous apprenons qu’en francophonie, « la population totale compte 900 millions de personnes, dont 284 millions de francophones ». Louise Mushikiwabo -il faudra apprendre désormais à prononcer ce  nom chantonnant- occupera probablement le prochain fauteuil de notre maison qui a en partage la langue française. Seule la Francophonie pouvait nous offrir un tel scénario presque surréaliste: élire une anglophone à sa tête ! On ne trouvera pas meilleure concession en diplomatie, meilleur esprit de dépassement ! Les lois de la politique sont impénétrables et le Président français Emmanuel Macron qui a soutenu très tôt cette candidature, nous cache un secret ! Le Canada et le Québec quant à eux, par des communiqués maladroits et tardifs, ont déclaré ne plus soutenir leur candidate Michaëlle Jean, à quelques jours du Sommet. Glaciale, fébrile et inélégante démarche diplomatique !Là aussi, se cache une manœuvre «secrète» ! 

 

Retenons l’essentiel, c’est à dire l’avenir de cette organisation dont on a du mal à mesurer la vraie visibilité et qui manque cruellement de moyens financiers pour remplir ses missions. «Jeune Afrique» nous apprend, avec le sourire, que «la somme due par le Rwanda à l’OIF à la date du 06 avril 2018 s’élevait à 110.088 euros, -soit près de 71 millions 557 mille 200 FCFA-. Ce montant correspondait à des versements non effectués au titre de la contribution statutaire du pays en 2014, 2015, 2017 et 2018. L’ensemble des sommes dues (arriérés et contribution de l’année 2018) a été réglé au mois de mai, au moment de l’officialisation de la candidature de Louise Mushikiwabo ».Jeune Afrique ajoute du piquant: « Le président Paul Kagamé ne parle pas le français, même s’il le lit et le comprend […] Quant à Louise Mushikiwabo, elle est aussi à l’aise en français qu’en anglais […] La langue du travail, du management, est désormais sans discussion l’anglais. Maintenant quand les Rwandais veulent se dire les choses, ils le font en kinyarwanda ». Voilà la photo finale du pays qui arrive à la tête de la Francophonie. Mais n’est-ce pas vrai aussi que quand les Sénégalais veulent se dire les choses, ils le font en wolof ? Mais Macky Sall parle quand même le français et le parle  au pays de Senghor ! Mais rendons justice au Rwanda: C’est  Jeune Afrique qui nous révèle ceci:  C’est la France, le 23 février 2018 à Bruxelles qui propose au président de la Commission de l’Union Africaine, le Tchadien Moussa Faki Mahamat, la candidature de la Rwandaise Louise Mushikiwabo. Informée, cette dernière parle de « surprise et de plaisir ». Le président Kagamé se donne le temps de la réflexion et tarde même trop à donner une réponse claire. Emmanuel Macron en parle au roi du Maroc le 10 avril à Paris. Le 29 avril à Brazzaville, à la fin d’un long tête-à-tête avec Paul Kagamé, un proche du souverain marocain confie ceci: » C’est nous qui avons convaincu les Rwandais d’accepter l’offre française. » Le 28 juin,  au 31ème sommet de l’UA à Nouakchott, Louise Mushikiwabo reçoit le soutien officiel du comité des candidatures.

 

 En un mot, c’est la France qui aura installé « sa » candidate à l’OIF. Peut-être qu’elle laissera aux autres y installer un Administrateur général, c’est à dire celui ou celle qui aura le poste le plus stratégique en main, dans l’ombre: la gestion et la trésorerie de l’organisation. Si la France y désigne encore « son homme », ce serait de trop, car « elle est minoritaire dans la Francophonie » comme le soulignait audacieusement Alain Decaux !

 

Nous ne pouvons pas douter, malgré tout et au-delà de tout, que la nouvelle patronne de l’Organisation Internationale de la Francophonie, apportera de l’autorité, de la créativité et donnera sa part à l’Afrique, car c’est l’Afrique, en nombre, qui, finalement, nourrit cette langue française presque en haillons en France, en dehors de ses poètes, écrivains, artistes, créateurs ! Le Québec lève des soleils chaque matin avec des mots qui illuminent la langue française. Le Président français devrait commencer par le commencement: faire revivre les alliances françaises de par le monde face à cette forte demande du français.

 

Si le Rwanda fait de la Francophonie ce que le Rwanda est devenu à force de travail, d’exigence, d’excellence, de solidarité et de vigilance pour la mémoire, alors la Francophonie prospérera et rayonnera comme il y a longtemps, très longtemps quand un illustre fils du Québec la gouvernait: Jean-Louis ROY.

 

Par Amadou Lamine Sall

Poète

Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

 

 Montréal (Québec), le 8 octobre 2018

Livre : A l’orée du trépas de Khalil Diop

Dans cette fiction titrée À L’ORÉE DU TRÉPAS, parue aux éditions l’harmattan, Khalil Diallo comme un agent spécial, un infiltré, relate de l’intérieur ce que l’on ne fait que deviner, et surtout se pose avec nous les questions qui intéressent à savoir : Quelles questions se posent un terroriste juste avant de passer à l’acte? Qu’est-ce qui le motive ?

L’auteur a signé pour son premier roman, un roman d’amour, d’exil, de larmes, de peines, mais aussi un roman de lutte contre l’obscurantisme religieux.  

Son premier tour de force est qu’il sort des sentiers battus, pour nous montrer toute la complexité que peut revêtir, une existence, mais aussi un monde. Celui d’Ismaïla. Un jeune garçon né dans un village de la région de Kaolack - Ngane plus précisément. À la mort de sa mère, alors qu’il avait à peine onze ans, il sort du voile de l’enfance: « Perché sur ses onze hivernages, pour lui, ce jour, rien ne servait de réfléchir, rien ne servait de pleurer, tout ce qu’il devait faire c’était endurer… Pourtant, il aurait aimé s’immoler dans un enfer de détresse et de sanglots pour ressusciter avenue des endeuillés, rue des âmes perdues, à l’endroit le plus huppé des limbes : l’angle des cœurs brisés ». Sur le coup du deuil, de l’affliction, il fait montre d'irrévérence et est renié par son père et laissé à lui-même. Sans but précis, ni repères, il rejoignit Dakar où après de longues années, il devint un jeune homme accompli. A l’annonce de la mort imminente de son père, il retourne à son village natal.

 

Bouleversé par ce retour au pays natal, le deuil et tous les sentiments affiliés, Ismaila, d’abord reclus dans une forteresse de solitude que seul le deuil sait bâtir, sombre dans le désespoir. Aidé de ses amis, dont Oumar, artiste engagé, orateur hors pair, il sort, rencontre de nouvelles personnes dont la belle Amina : « Son charme à elle résidait dans sa simplicité… elle était de ces beautés que l’effacement sublimait. Belle du Seigneur, sa beauté n’avait d’égal que sa douceur». C’est le début d’une belle histoire d’amour : « Fragments d’éternité articulés, à la merci du temps, cet illustre marionnettiste sans émotions, ils s’étaient témoigné une profonde affection … Cette nuit,  c’est aux côtés de cet homme si doux qu’elle voulait demeurer. Elle aurait souhaité figer le temps… » et même le ciel et l’univers concourraient à cet amour « À peine avaient-ils quitté la voiture qu’ils pouvaient observer au-dessus de leur tête le ciel qui présentait une palette de couleurs voluptueuse comme s’il s’était doté d’un kaléidoscope des plus beaux couchers de soleil connus». Tout allait dans leur sens jusqu’au jour où leur relation fut brutalement stoppée par l’armée des ténèbres, ce jour où, parce qu’ils lui ont pris ce qu’il avait de plus précieux, Ismaila décida de se venger contre ceux qu’il essayait de comprendre jusqu’ici en témoigne sa réflexion au lendemain d’un attentat : « La haine, la rage plutôt que la religion, ce sont bien ces sentiments-là qui animent les auteurs de ces actes d’extrême violence, d’après les pensées ensommeillées d’Ismaïla… Ces individus, noirs, blancs, récemment convertis, athées et endoctrinés, n’ont en commun qu’un ensemble de funestes choses : la même rage, la même colère accumulée et silencieusement contenue pendant des années à souffrir l’humiliation et la peur de jours sans lendemains. Alors pour eux, pensa Ismaïla, la religion n’est qu’un prétexte ... La radicalisation a lieu, car le discours extrémiste fait sens chez ces jeunes. L’embrigadement, pensait Ismaïla, était très simple… Les groupes agissent auprès de jeunes à l’identité fragile.. Ils agissent aussi auprès de personnes naufragées de la vie à qui il ne reste plus rien. Pour tous ces jeunes à la dérive, l’engagement est le seul moyen d’émerger, de se rendre utiles à la communauté, à une cause plus large, dans un besoin de donner du sens à leur vie ».

Après cela, tout va très vite, d’actions en actions on en arrive à la chute finale, véritable apothéose lyrique : « Ils flottaient ensemble, tous les deux réunis, ni la vie ni la mort n’ont pu les séparer, et à présent, leur amour est toujours aussi vivant, car il est plus fort que l’obscurantisme, que la haine et les religions. Ainsi… il avait trouvé la force de déclencher d’un coup sec et résolu le fatidique détonateur de sa ceinture qui résonnait comme le plus beau chant du cygne et plongeait à tout jamais le soleil de son existence dans la nuit de toutes les horreurs pour recoller les éclats de son cœur. »

 

Le premier roman de Khalil DIALLO, est doté d’un grand souffle poétique, c’est un beau roman d’amour, l’auteur construit son intrigue avec une langue savoureuse, et ce livre ne laisse pas indemne tant par les thèmes traités, que la mort qui est un personnage omniprésent. Il est bouleversant.

 

Par Yaya BARRO

Mode : Papino exporte ces créations

  • Publié dans Mode

Pape Songué  Diouf, de son nom d’artiste, Papino ou Papino Création est un styliste, créateur de mode, fécond et entreprenant. Ses créations circulent à travers les podiums, ses diverses et riches collections présentées au cours des grands événements au Sénégal, en Afrique et en Europe. Ainsi, après avoir présenté ses modèles en Belgique en mai 2018, à Lomé, capitale togolaise au Festival de mode en septembre 2018, Papino s’apprête à participer comme à l’accoutumée à  la Fierra (Foire internationale de la mode) du 2 au 10 décembre 2018. Ensuite, il se rendra à Luxembourg, le 22 décembre 2018, pour faire découvrir ses toutes nouvelles créations. Et le 26 janvier 2019, le créateur sénégalais de mode, Papino sera sans nul doute l’attraction du Black Fashion Week à Amsterdam en Hollande et représentera l’Afrique en présence de 50 stylistes en provenance d’Europe.

 Surnommé «L’habilleur des stars», Papino crée pour les artistes, les sportifs, les personnalités politiques, les hommes d’affaires, les acteurs culturels, de la société civile. Papino habille les Lions du Sénégal, Me Augustin Senghor, les artistes Oumar Pène, Pape et Cheikh, Fallou Dieng, Carlou D, Salam Diallo, Sanex, l’animateur-vedette de Tfm,  Pape Cheikh Diallo, le reporter sportif Modou Mbaye entre autres.

Couturier talentueux, Papino vogue entre les tenues modernes et traditionnelles. Il tutoie le lin, le bazin, le jean et domine, le sablage, les fils, le damina et autres pour proposer de riches collections masculines et féminines.  Les costumes des plateaux de télévision, des clips dont « bassoul » de Pape Diouf, des spectacles de Sen Petit gallé portent la signature de Papino Création.

Baobabafrique

 

 

 

Un pavillon malgache à la Biennale de Venise

C'est un événement historique pour l'art contemporain de Madagascar. Pour la première fois de l'histoire, la Grande Île va participer à la Biennale de Venise, la plus importante manifestation d'Art contemporain au monde. Comme 120 autres pays, Madagascar aura donc, pour cette 58e édition, un pavillon à elle au coeur de la Cité des Doges. Après l'exposition des arts malgaches au Quai Branly jusqu'au 1er janvier 2019, cette nouvelle aventure est le signe du dynamisme de l'Île à s'inscrire dans les grands courants artistiques mondiaux. Jeudi, le ministère de la Culture et le commissaire de l'exposition ont présenté l'artiste en charge de représenter Madagascar du 11 mai au 24 novembre prochain.

Il se définit comme un « fabricant de formes ». Comme un « conquérant des émotions universelles ». A 41 ans, Joël Andrianomearisoa jouit d'une renommée internationale. Plasticien à la base, l'artiste pluridisciplinaire expose et propose des performances de Washington à Paris, de Madrid à Berlin. Pour la Biennale de Venise, l'artiste disposera d'un espace de 250m² et 8m de hauteur sous plafond dans le célèbre arsenal vénitien.

L'oeuvre est en cours de conception, mais Joël Andrianomearisoa nous dévoile quelques pistes de réflexion : « Moi je vais essayer à 2 000 % d'y apporter une âme malgache. Donc il y aura un foisonnement de matériaux. Il y aura des suspensions. Il y aura du son. C'est quelque chose sur lequel j'aimerais beaucoup, beaucoup travailler. La littérature sera présente. Elle sera écrite. Mais elle sera sonore, à un moment, aussi. Moi je suis toujours un peu contre cette idée de comprendre l'art. Je pense qu'il faut juste s'émouvoir de temps en temps. Et c'est ce que je recherche quand je parle de la matérialité de l'émotion. C'est ce que je recherche aussi quand je parle d'âme. Ce que je vais tenter de faire pour la Biennale et pour la première participation de Madagascar, c'est de placer cette idée de l'âme malgache dans le monde contemporain d'aujourd'hui. »

Après l'exposition du Quai Branly à Paris, le projet de Venise est un autre engagement fort pour que Madagascar rayonne culturellement, selon Eléonore Johasy, ministre de la Culture : « Tout laisse croire que maintenant, l'art malgache commence à être reconnu. Nos artistes ont fait un travail extraordinaire depuis de nombreuses années en toute discrétion d'abord. Maintenant, ils commencent à être sur les différentes places où les meilleurs des arts contemporains et anciens s'expriment. »

Tous les deux ans, la Biennale de Venise draine quelque 1,5 million de visiteurs. Une formidable occasion de démontrer à l'international toute la modernité artistique de Madagascar. Parallèlement à la conception de l'oeuvre commence désormais le long travail de recherche de financements privés.

Avec rfi

Suède: le Nobel «alternatif» de littérature à la Guadeloupéenne Maryse Condé

La Nouvelle académie a décerné vendredi 12 octobre son premier prix littéraire à l’auteure française et guadeloupéenne Maryse Condé. Un prix important, doté de 100 000 euros, destiné à combler le vide laissé par le Nobel de littérature, qui n’a pas été attribué cette année.

« La lauréate est… Maryse Condé, de Guadeloupe. » L’annonce a été faite vendredi 12 octobre à Stockholm : Maryse Condé, écrivaine française d’origine guadeloupéenne, est la lauréate du premier prix littéraire de la Nouvelle Académie. Elle est auteure d’une vingtaine de romans, dont une bonne part consacrée à l’Afrique et aux Caraïbes.

Un honneur qui a une histoire particulière. Comme le prix Nobel de littérature n’a pas pu être décerné cette année pour cause de scandale sexuel autour de l’ancestrale Académie suédoise, un petit groupe d’intellectuels et de journalistes a décidé de créer son propre prix. Pour Alexandra Pascalidou, qui a lancé cette idée, il s’agit d’abord de se positionner aux antipodes de cette vieille académie, minée selon elle par les privilèges et les conflits d’intérêts.

« Quand le prix Nobel a été annulé, on s’est dit qu’il était temps de faire quelque chose de nouveau. Quelque chose de plus inclusif, de plus démocratique, a-t-elle dit pendant la cérémonie. Nous avons invité des centaines de libraires suédois à participer. Puis nous avons invité le monde, car ceci est un prix international. Et presque 33 000 lecteurs ont voté. »

Le prix de la nouvelle Académie n’est pas le prix Nobel, mais sa récipiendaire, comme les lauréats Nobel, devra se rendre en décembre à Stockholm pour le recevoir.

Avec Rfi

Sommet de la Francophonie : Emmanuel Macron rend hommage à Youssou Ndour et Senghor

Le président français  a rendu hommage à Léopold Sédar Senghor et Youssou Ndour lors du XVIIe sommet de la Francophonie. Selon Emmanuel Macron, ces deux personnalités sénégalais ont participé à l’émancipation de la langue française.

Devant un parterre de chefs d’Etat dont le président Macky Sall, Macron a cité Léopold Sédar Senghor Charles Aznavour et Youssou Ndour  parmi ceux qui se sont émancipés pour être accueillis dans la grande famille de la langue française.

« On a connu Léopold Sédar Senghor comme le premier président de la République après les indépendances. Cet homme de Lettres et agrégé de Grammaire savait manier la langue française qui est aujourd’hui la priorité de tous. Il y a aussi Youssou Ndour la star planétaire et l’une des personnalités les plus influentes du monde de la Francophonie« , a déclaré Macron en hommage à ces deux personnalités.

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