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Abdou Latif Coulibaly : «Maba Diakhou Ba était un rempart contre l’aliénation culturelle»

Aujourd’hui s’est ouvert à Dakar le symposium consacré à la vie et à l’œuvre de l’Almamy du Rip, Tafsir Maba Diakhou Ba. Le ministre de la Culture Abdoul Latif Coulibaly, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, s’est saisi de cette occasion pour rappeler l’envergure de cet homme de Dieu qui a passé sa vie à défendre l’intégrité territoriale contre le Colon blanc, mais aussi, à propager l’Islam jusqu’à y laisser la vie en 1867 à Somb (région de Fatick). A l’en croire, son rôle joué pour la cohésion sociale et l’estime de soi, fait incontestablement de l’Almamy Toucouleur, «un rempart contre l’aliénation culturelle».


«De 1809 à 1867, nous étions dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet d’occupation coloniale française au Sénégal et anglaise en Gambie, mais également dans un contexte de propagation de l’Islam dans le Soudan occidental. Ces éléments de contexte suffisent à appréhender les aspects multidimensionnels d’un homme de Dieu, décidé à faire face à tout projet de nature à remettre en cause ses convictions religieuses, mais également la souveraineté de son terroir», a déclaré Abdou Latif Coulibaly qui présidait ce matin, le symposium consacré aux cent cinquantenaires de la mort de l’Almamy Tafsir Maba Diakhou Ba. 

Rappelant les prouesses de cet érudit de l’Islam qui a réussi à battre Emile Pinet-Laprade, le 30 novembre 1865, dans la vallée de Pathé Badiane dans le département de Nioro du Rip, avec «une stratégie encore enseignée dans les écoles militaires de notre pays», il a soutenu que Maba Diakhou Ba mérite d'être cité parmi les plus grands défenseurs de l’intégrité territoriale. 

Et, en plus de son attachement à cette intégrité, l’Almamy du Rip a aussi fait de la propagation de l’Islam, son principal objectif . Ce qui incite le ministre de la Culture à affirmer que «Maba Diakhou apparaissait, non seulement comme le propagateur de l’Islam et de la Tidjaniya en Sénégambie, dans son djihad, mais également comme le résistant culturel et le résistant armé face  à la pénétration coloniale, comme un artisan de l’intégration régionale, puis de celle de la famille religieuse. Ainsi le rôle géopolitique de l’Almamy Maba Diakhou Ba au Sénégal au 19e siècle n’est plus à démontrer». 

Et d’ajouter : «Un homme d’une telle dimension morale, religieuse et intellectuelle mérite d’être connu et valorisé plus qu’il ne l’a été jusqu’à présent. Il mérite d’être donné en exemple à la jeune génération aujourd’hui plus que jamais. Maba fut le rassembleur des figures et des familles musulmanes pour avoir rassemblé dans le Rip, plusieurs dizaines de familles religieuses pour les préserver des représailles du pouvoir «Ceddo» (Ndlr : animiste), et du Colon». 

L’ancien Directeur de publication de l’hebdomadaire «La Gazette» de poursuivre : «Connaissant le rôle joué par les familles religieuses dans la stabilité sociale et la propagation d’un Islam tolérant au Sénégal ainsi  qu’une solennité culturelle internationale, Maba Diakhou peut être considéré comme un rempart contre l’aliénation culturelle». 

La détermination de Tafsir Maba Diakhou Ba à défendre les valeurs intrinsèques du Sénégal et de la religion musulmane mérite, selon l’ancien ministre de la Bonne Gouvernance, qu’il soit pris comme modèle pour les jeunes générations présentes et futures.

 

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