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Le cinéma marocain se pare de nouveaux habits

(APS) – Après une décennie marquée par un bond de sa production nationale de films, le Maroc vient de franchir une nouvelle étape dans la structuration de son industrie cinématographique, avec la création de deux nouvelles commissions, l'une chargée de soutenir les festivals, l'autre ayant pour tâche la rénovation et la numérisation des salles.

Ces deux nouvelles entités, créées le 15 janvier dernier, viennent s'ajouter à la Commission du fonds d'aide, montée en 1980. Le secrétariat des trois structures est assuré par le Centre cinématographique marocain (CCM), a appris l'envoyé spécial de l'APS à la 14ème édition du Festival national du film (Tanger, 1-9 février).

La Commission de soutien aux festivals est présidée par l'expert en audiovisuel Hassan Smili et compte cinq représentants du milieu des arts et de la culture. Le CCM et trois ministères (Economie et Finances, Culture, Communication) y ont chacun un représentant. Elle aura deux sessions par an, en mars et en juillet.

La rénovation et la numérisation des salles sont confiées à une commission dirigée par l'architecte Rachid Al Andaloussi. Composée également de neuf membres, elle se réunit une fois par an, au mois de juin. 

Lors de sa présentation du bilan cinématographique de l'année 2012, le Directeur général du CCM, Nour-Eddine Saïl, a annoncé samedi, face aux professionnels et à la presse, que pour l'année 2013, dix salles bénéficieront d'une aide pour la numérisation et auront pour cela un million de dirhams chacune.

"L'exploitation des salles est à prendre en compte. Notre politique sera globale lorsqu'on aura parfaitement intégré ce secteur, pour passer de 64 salles à un nombre de 200 voire 300", a-t-il affirmé.

Au sujet des festivals -52 ont été organisés en 2012-, il a dit qu'une nouvelle loi permettra de veiller à la bonne gestion des fonds qui leur sont alloués par l'Etat. 

"Nous avons beaucoup de festivals. L'Etat garantit la subvention et demande le professionnalisme dans l'organisation, la gestion des finances et le choix des films", a-t-il indiqué, estimant que cela conduira à une "rationalisation" de ces manifestations et à une "évolution qualitative". 

Le responsable du CCM a assuré que pour le budget des avances sur recettes accordées aux porteurs de projets, la comptabilité "va être stricte", précisant à ce propos : "Le contrôle va être sévère de la part du CCM et du ministère de l'Economie et des Finances. L'utilisation de tout ce que l'Etat donne doit être justifiée, claire et visible au niveau de l'écran. Désormais, ce sera la base de notre collaboration". 

S'agissant de la production de films, Nour-Eddine Saïl a relevé que "le rythme (de 20 films) a été respecté" en 2012. Il a toutefois souligné qu'il y a "le problème de la quantité et de la qualité". "Le passage du scénario à la réalisation n'est pas si facile. Le film peut être en deçà du scénario", a-t-il reconnu en écho aux critiques sur le faible niveau des œuvres en compétition au Festival national du film (FNF). 

Le nombre de longs-métrages est passé de 6 en 2004 à une moyenne de 22 depuis quatre ans. 20 longs-métrages réalisés en 2012 ont été présentés en compétition à la 14ème édition du FNF. 

"On s'attendait à avoir 29 films, mais le budget n'ayant été adopté qu'en cours d'année, certaines productions ont été arrêtées", a expliqué M. Saïl, précisant qu'à partir de 2014, une commission devrait être chargée de sélectionner "15 films ou plus" à proposer en compétition.

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