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Musique : Diazaka à Sorano le samedi 3 mars 2018

  • Publié dans Musique

En prélude à son concert-anniversaire prévu le samedi 3 mars 2018 au Théâtre Sorano, le chanteur Mame Goor Diazaka rencontre la presse le jeudi 15 février 2018 au Caesar en face du Café de Rome. Une occasion pour le natif  de Rufisque de revenir sur son actualité musicale. Il s’agit de la sortie de son album de quatre titres, de sa tournée pour promouvoir la Destination Sénégal et du gala à Sorano. Engagé à sa manière Mame Goor a décidé de soutenir l’activité touristique au Sénégal. Pour ce faire et en relation avec le Ministère en charge du Tourisme et l’agence de promotion touristique, Diazaka, lance un nouveau concept la Musique au Service de la Destination Sénégal. 

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Film : Philippe Godeau et Omar Sy pour « Yao » au Sénégal

  • Publié dans Cinéma

Le réalisateur Philippe Godeau a choisi comme décor le Sénégal pour tourner son dernier film « Yao » qui débute en février  2018 à Diofior dans les îles du Saloum. À l’affiche, le célèbre fils du pays Omar Sy, comédien le plus populaire auprès des Français, sera en territoire connu pour ce road movie.

Coproduit par Philippe Godeau (société Pan-Européenne) et Omar Sy (société Koroko), Yao est l’histoire d’un retour au pays. Omar Sy joue le rôle de celui qui accompagne le nouvel arrivant dans sa redécouverte de ses racines. Un road movie qui sera à n’en pas douter un film drôle et émouvant et vous plonge dans la beauté naturelle du Saloum, Dakar et Saint-Louis. La chanteuse malienne, Fatoumata Diawara fait aussi partie du casting.

Une nouvelle production pour Omar Sy, cet acteur de talent qui fait partie des personnalités préférées des Français. On se rappelle encore le César du meilleur acteur en 2013 avec le film Intouchables. Ou encore de sa conquête d’Hollywood avec le rôle de Bishop dans X-Men Days of Future Past (2014) puis celui de Barry dans Jurassic World (2015).

 

Côté français, il a joué dans Samba, un sans-papiers au grand cœur dans le film d’Eric Toledano et Olivier Nakache. Omar cuisine aux côté de Bradley Cooper dans A vif ! et se glisse dans la peau de Chocolat, premier artiste noir de la scène française au début du XXe siècle.

Philippe Godeau, réalisateur, scénariste et producteur va signer ainsi sa troisième réalisation après « 11.6 » et « Le dernier pour la route ».

D’autres productions étrangères sont prévues en tournage au Sénégal pour l’année 2018. Espérons que cet élan pour le pays de Sembène Ousmane, donne un coup de starter au cinéma sénégalais.

BaobabAfrique (source Images Francophones)

 

Etude Britannique sur le Peuplement de la Terre : Cheikh Anta Diop conforté

  • Publié dans afrique

Etude Britannique Sur Le Peuplement De La Terre : La thèse de Cheikh Anta Diop confortée

Il a fallu que ça arrive le jour de l’anniversaire de sa disparition. Des chercheurs de deux universités britanniques de renom ont conclu hier que le ''Cheddar man'' avait la peau noire.

‘‘Cheddar man’’, le premier homme moderne de Grande-Bretagne était noir. Ce n’est pas une théorie de militants ‘‘afrocentristes’’, mais les conclusions d’une étude scientifique britannique. Un cadeau bien à propos pour Cheikh Anta Diop. Alors que les 32 ans de la disparition du ‘‘Pharaon noir’’ étaient célébrés hier par tout le Sénégal, les résultats de cette étude du Musée d’histoire naturelle de Grande Bretagne ont ‘‘réchauffé’’ sa thèse sur l’origine noire de l’humanité. L’ADN d’un squelette âgé de dix mille ans, trouvé dans une caverne anglaise, suggère que l’ancêtre britannique le plus connu ‘‘avait la peau noire et les yeux bleus, ont déclaré des chercheurs’’ hier, cités par l’agence Associated Press.

Ces chercheurs, ainsi que ceux de la University College de Londres (UCL), ont analysé le génome de ‘‘l’homme de Cheddar’’, découvert dans les Gorges de Cheddar au sud-ouest de l’Angleterre en 1903. Certes les conclusions sont moins catégoriques, moins empreintes d’un militantisme noir, mais rejoignent les critères de scientificité qui avaient présidé à l’énoncé de cette théorie par Cheikh Anta Diop alors invité par une université américaine. ‘‘Si on s’en tient sans préjugés, aux données rigoureusement scientifiques, nous sommes bien obligés d’affirmer en toute sérénité que c’est l’adaptation du ‘‘Grimaldien’’ (homme noir dans le jargon préhistorique) à ce climat froid qui a donné naissance finalement au type qu’on appelle conventionnellement leucoderme ou l’homme blanc.

Le Blanc est sorti du Noir à la suite d’un processus d’adaptation à un climat froid. Et cela, tous les spécialistes le savent dans leur for intérieur même s’ils ne le disent pas avec autant d’honnêteté’’, lançait alors le directeur du laboratoire de radiocarbone de l’Université de Dakar dans une vidéo, non référencée, postée sur youtube le 16 décembre 2012.

L’équipe britannique avec à sa tête l’expert en ADN, Ian Barnes, a percé le crâne du squelette pour extraire l’Adn de la poudre osseuse. Les analyses indiquent qu’il avait des yeux bleus, des cheveux noirs frisés et une pigmentation de la peau ‘‘sombre à noir’’. Les chercheurs ont affirmé que les preuves suggèrent que la teinte pâle des Européens s’est développée ultérieurement plutôt qu’on ne l’avait pensé initialement. ‘‘L’Homme de Cheddar bouleverse les attentes sur quels genres de traits génétiques vont ensemble’’, a déclaré le chercheur postdoctoral au musée, Tom Booth, qui a travaillé sur le projet. Un séisme scientifique similaire à celui provoqué par Cheikh Anta Diop sur tout ce que la communauté scientifique tenait pour acquis.

‘‘Tous des immigrés’’

 Le chercheur sénégalais avait même expliqué les modalités  de peuplement de la terre par les différents hominidés issus du ‘‘Grimaldien’’. Pour lui, homo erectus, homme de Neandertal et homo sapiens ‘‘sont sortis de l’Afrique. Les uns sont passés par l’isthme de Suez pour aller vers le sud-est asiatique, et les autres sont passées par le détroit de Gibraltar pour aller à travers l’Espagne, dans le Midi de la France, et à partir de là, ont irradié jusqu’au Lac Baïkal, en Extrême-Orient’’, avait défendu l’auteur de ‘‘Nations, nègres et Cultures’’. D’après l’homonyme de l’université dakaroise, l’Homme de Grimaldi ‘‘va vivre en Europe de -40 mille ans à -20 mille ans et c’est pendant cette période d’adaptation à un climat extrêmement froid qui est très différent du climat actuel, car c’est pendant la dernière glaciation que la terre a connue qui a duré 100 mille ans, qui va donner naissance par mutation et adaptation à l’Homme de Cro-Magnon’’.

Selon les conclusions de l’étude des scientifiques britanniques, il semble que les yeux pâles soient entrés en Europe bien avant la peau pâle ou les cheveux blonds, qui ne sont survenus qu’après la découverte de l’agriculture. Ils pensent que les anciens hommes, vivant dans les régions Nord, ont pu développer une peau blanche car elle absorbe plus de rayons solaires dont elle a besoin pour produire de la vitamine D. L’homme de Cheddar partage un profil génétique avec beaucoup d’individus de l’ère mésolithique découverts en Espagne, Hongrie et Luxembourg dont les ADN ont déjà été analysés.

Le groupe aurait migré en Europe en provenance du Moyen-Orient après la dernière ère glaciaire il y a environ 12 mille ans. L’Homme de Cheddar est le squelette complet le plus âgé découvert en Grande Bretagne. Des individus y ont vécu des milliers d’années avant lui mais ont été anéantis par les différentes périodes de glaciation. Il aurait fait partie d’une population minime de chasseurs-collectionneurs. Les scientifiques, qui ont étudié son squelette des décennies, disent qu’il avait  apparemment une alimentation saine mais n’excédait pas 20 ans d’âge probablement à cause de la violence. Pour terminer sur une note plus actuelle et plus politique, l’un des modélistes qui a réalisé le prototype du Cheddar man, Alfons Kennis, de lancer : ‘‘Les gens vont être surpris, peut-être que les immigrés se sentiront un peu plus impliqués dans l'Histoire, et peut-être que cela éliminera l'idée que l’on doit avoir une certaine apparence pour venir de quelque part. Nous sommes tous des immigrés.’’

 

Auteur: Ousmane Laye DIOP - EnquetePlus

 

L’écrivaine Amina Seck au Goethe-Institut

Dans le cadre du Café littéraire « Au cœur de la littérature », l’écrivaine Amina Seck a rencontré le public pour échanger sur son livre « Mauvaise pente », le mercredi 31 janvier 2018 au Goethe-Institut situé au Point E à Dakar. Des échanges intéressants avec l’auteur et les férus de la lecture. Passionnants, ces échanges sont axés sur les conditions humaines et les difficultés de vie auxquelles sont confrontées les femmes et la résilience, le sursaut moral et psychologique pour sortir la tête de l’eau.

   « Mauvaise pente » édité par Diaspora Académie est le premier roman d’Amina Seck. Elle raconte l’histoire d’Alimatou Ly qui se dévoile à travers son journal intime ré-ouvert à l’occasion de ses 46 ans. L’auteur nous parle d’amour, de plaisirs, mais aussi de l’histoire d’une vie faite d’hypocrisie, de rejet, de déception; mais surtout de la honte de trahir et d’être trahie à son tour par ses proches. Dans ce récit à la fois palpitant et sentimental, la femme est omniprésente dans sa double posture sociale et psychologique.
 
Amina Seck a vu le jour á Dakar. Elle est diplômée en Marketing et communication. Passionnée de lecture et de culture depuis son jeune âge, elle signe son premier roman avec « Mauvaise pente ». Dans ce récit á la fois palpitant et sentimental, la femme est omniprésente dans sa double posture sociale et psychologique.

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Hamidou Dia dans le grand sommeil

                                                                        Amadou Lamine  Sall

                                  Poète  Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Le moment le plus difficile, c’est quand tout est fini, qu’il faut repartir, quitter le cimetière, suivre la foule, et te laisser seul, couché, solitaire et la nuit qui va tomber dans un lieu où personne ne souhaite rester. En te laissant là, je me suis souvenu des vers du poète Federico Garcia Lorca: Mais voici qu’il dort sans fin / Voici que la mousse et l’herbe/ Avec des doigts infaillibles/ Ouvrent la fleur de son crâne.

 

Un bel et superbe esprit a été contraint au sommeil. Hamidou, comme tu était brillant, comme tu étais généreux et conciliant ! Le président de la République, dans son hommage devant ta dépouille silencieuse mais bruissante, dans cette cour venteuse de l’hôpital Principal en ce dimanche 4 février de cette année 2018 qui commence et qui nous fait pleurer déjà, a dit quelque chose qu’il aurait pu ne pas dire de cette manière, mais il l’a dit et bien dit et c’est important: que tu étais un homme quine connaissait pas ce qu’était la méchanceté. Qu’un homme d’État choisisse ce mot »méchanceté » dont il témoigne qu’il  t’était inconnu, ne doit pas être pris pour la simple parure d’un discours funèbre. Oui, notre pays a besoin d’extraire ce mot de son cœur pour construire, apaiser et croire au destin de chacun.

 

 Combien de fois tu es allé au combat au cabinet présidentiel pour t’enquérir d’un dossier qui tardait à ressortir ? Tu suivais avec beaucoup de générosité les requêtes difficiles que tu arrivais toujours à introduire, après t’être bien informé pour mieux leur trouver une issue heureuse. Tu donnais aux courriers adressés au président de la République toute l’attention requise, même si un Président ne pouvait pas donner suite à tout et que tout ne devait pas non plus lui être soumis. Tu savais aussi couvrir ton Président quand tu jugeais irrecevable une requête, sans que celui qui en attendait une réponse ne soit ni déçu ni frustré, quand on connaît l’orgueil et le jugement hâtif de nos compatriotes. Tu étais un fin diplomate, un homme qui recherchait toujours la mesure et le bien dans le respect de l’autre. Notre espace culturel, littéraire et artistique, tu le savais, était fragile, susceptible, démuni, intolérant et prompt à la sentence, chacun ne servant souvent que ses intérêts. Tu savais tout contenir, tout réguler, installer l’espoir et insuffler l’excellence. Tu manqueras beaucoup au Président Sall qui t’aimait et appréciait ton esprit serein, pétillant, engagé, convaincant, apaisant. Tu donnais du relief à son cabinet culturel par ton nom, ton parcours, la solidité de ta formation, ta vaste culture, ton humanisme si doux. Oui, le Président a raison de dire que tu ne connaissais pas la méchanceté. Ceux qui savent ne peuvent pas être méchants !

  Pourquoi Saldé n’a pas bercé ton repos, Saldé-mayo Tébégout, que tu aimais tant et dont tu parlais tant, et qui comme tu l’a écrit: « ne cesse de m’habiter sans désemparer » ?  Je ne sais.

         J’ai lu que tu avais écrit ceci: « La mort est le souvenir poussiéreux de la vie ». Et si la vie était plutôt la défaite même de la mort, quand on laisse derrière soi des œuvres et des actes d’une invincible matérialité ? Tu as dit et écrit aussi que « le cœur des vivants est le plus sûr tombeau des morts ». Mais les vivants finissent toujours par mourir ! Mais aussi, sans savoir comment elle fait, la vie reprend toujours le dessus sur la mort. Là est la mansuétude du Divin !

 

  Pourquoi les audiences fatales et le livre de la mort n’ont jamais de fin et laissent sans cesse des chaises vides et des pages blanches numérotées mais qui se remplissent toujours ? Je suis rentré à la maison la tête basse, les pieds lourds, bien triste et bien seul ce dimanche 4 février, quand après t’avoir confié à Dieu et prié Mohamed de dîner avec toi pour ta première nuit dans l’au-delà et dans l’au-dessous. Toute la nuit, pour revisiter tes écrits, ta pensée, je me suis réfugié dans ton livre: Écriture et liberté/ Entretiens et Fragments littéraires, préfacé par ton oncle, le tranquille et reposant Cheikh Hamidou Kane. Je l’ai beaucoup regardé alors que tu étais couché devant nous, enveloppé dans un beau pagne ensoleillé. Son visage et son cœur ne faisaient qu’un. Sa peine était sans nom. En préfaçant ton livre ici cité, en parlant de ton talent immense, il a écrit que « Ce sortilège est l’œuvre d’un magicien sans pareil, mon neveu Hamidou Dia ». Quelle fierté, quelle tendresse du noble Diallobé quand il nous dit encore: « Qui peut se vanter d’avoir mieux que moi?».

 

         Hamidou, il n’est pas possible de clore ce bref hommage d’un poète qui, depuis le Canada-Québec au temps où tu y rayonnais et que je t’y retrouvais, puis Paris à Présence Africaine, enfin Dakar beaucoup plu tard, de ne pas offrir ici au monde, des trésors sortis de ta plume, pour magnifier devant ton peuple, devant l’Afrique, la puissance de ta pensée, de ton engagement. Tu dois être lu. C’est ma prière dans un temps du monde où les poètes, les écrivains, ne sont plus lus. Tu réponds à tellement de questions de notre temps et du temps de notre peuple, que ces quelques extraits de toi, doivent être connus et médités. On parlait de toi comme d’un « intellectuel dérangeant ». Tu as affirmé que « l’universitaire n’est pas forcément un intellectuel ». Quelle humilité, quel courage!

Le grand poète et écrivain haïtien René Depestre voyait en ta génération « des sherpas qui nous guident sur les pentes himalayennes de la vie mondiale actuelle ». Mais, dit-il, il y a « l’incomplétude de la condition humaine et les hommes d’espoir gardent un sens tragique de la vie ». Ma nuit du dimanche 4 février a été en ta compagnie, en compagnie de tes écrits et mes pensées ne quittaient pas ta tombe fraîche en bordure de l’allée.

 

           Voici mis en relief, pour toujours te garder en mémoire, tes engagements, tes doutes, tes inquiétudes, tes certitudes, tes choix, tes espérances, bref ton génie: la poésie française est dans un état de délabrement et d’essoufflement. Aujourd’hui, les grands noms de la poésie africaine sont infiniment plus significatifs que les poètes français dont on ne peut pas citer un qui soit connu de nos jours. /Dans la poésie on ne peut pas tricher. Le roman permet de tricher. /Mettre sa gloire littéraire, sa santé, sa liberté, pour défendre une cause. C’est cela l’acte fondateur de ce que l’on appelle intellectuel. Il est plus commode d’être dans la posture de l’opinion  que dans celle de la pensée. /  L’intellectuel n’est pas celui qui est instruit et est à distinguer de l’universitaire. D’ailleurs, souvent les universitaires ne sont pas de bons intellectuels même s’ils en ont produit d’excellents. / L’intellectuel a une fonction critique (il arrive qu’il se trompe). La condition pour l’être, c’est d’être libre dans sa pensée, dans son écriture, mais également dans son comportement. / La civilisation occidentale est aujourd’hui saturée et n’est pas porteuse d’alternative crédible. / Une civilisation de l’universel repose sur les apports de chacun. Nous, Africains, avons quelque chose à apporter à la civilisation de l’universel. / L’Europe avait le choix entre Descartes et Pascal. Elle a choisi Descartes dans une logique de maîtrise de la nature qui a conduit à un formidable développement technique. Ce choix cartésien a conduit à une perte de spiritualité. Si l’Europe avait choisi Pascal, elle serait dans une autre direction. /Une civilisation commence à mourir quand l’homme ne peut plus rencontrer l’homme. / Si nous voulons faire de l’Afrique une nouvelle Europe, alors, comme le dit Fanon, il vaut mieux confier nos destinées aux Européens. /

 

Dans un échange avec Babacar Touré, tu écris le 13 octobre 2004:Nous sommes en passe de devenir la 1ère puissance mondiale de la parole. Nous avons érigé, puisque c’est toujours la faute à l’autre, l’irresponsabilité, le renoncement intellectuel et l’affaissement éthiques en vertus. / Les Sénégalais constituent le principal problème du Sénégal… puisqu’il est difficile de demander à l’excellence de se manifester quand sa voix est noyée dans la clameur; quand elle est tenue en laisse par une médiocrité gluante, reptilienne, prédatrice, lépreuse, intellectuellement trépanée, bruyante, hautaine, dangereusement habile «à habiller son inaptitude radicale d’aphorismes falsifiés et frelatés». Pourtant, il y a des hommes et des femmes de valeur et de vertu dans ce pays: j’en connais qui sont de purs joyaux et dont j’espère qua la voix croîtra quand la clameur décroîtra. Les Sénégalais sont joueurs, toujours en représentation: «ils jouent à» être patriotes, pieux, honnêtes, penseurs, politiques, travailleurs, intelligents, etc, en florentins impénitents.Ils sont plus attentifs à leurs petits calculs, leurs vastes haines, leurs grandes jalousies, leurs petites mesquineries, leurs grandes manœuvres,leurs petites combines.

 

Tu poursuis: Personne n’est dupe, mais tout le monde fait semblant. L’important, et nous y sommes passés maîtres, est de contrôler notre image publique, spécialistes que nous sommes du grand écart, au risque de la déchirure musculaire, entre le propos public mensonger et les maladroites vérités de la rue. Ce jeu spéculaire gangrène le pays pis que la pire des plaies d’Égypte. Non, nous ne sommes pas si beaux que ça, si solidaires que ça, si travailleurs que ça, si fraternels que ça, si patriotes que ça; mêmes les libres- penseurs ont de singuliers oublis. Il y a par exemple beaucoup de prieurs dans notre pays: il y en a combien d’authentiquement pieux ? / Notre société est une société violente, d’une violence sourde, diffuse et fielleusement intolérante. Fourbe et dissimulatrice. Il s’agit de faire volte-face; de nous faire face. Sans fioriture, ni manœuvre dilatoire. De nous dire la vérité. Cela nous grandirait, cela aurait de l’allure. Nous avons besoin de nous arc-bouter sur des valeurs revisitées, ancrées dans notre histoire. Nous avons besoin de fraternelles utopies et de grands métarécits: nous ne pouvons pas entrer dans la postmodernité en faisant l’économie de la modernité. Notre peuple est un peuple dramatique, au sens hugolien du terme. Son élite est à son image. Entre forclusion, sécularité et extraversion. Pour sauver le Sénégal, faut-il en venir à privatiser l’État, extrader l’élite et abolir le peuple ? Il faut, ici, être clair: je n’en veux pas à ce peuple mien.Je suis seulement atterré par son refus -dans lequel les responsabilités de l’élite sont grandes- de se faire peuple en intégrant une citoyenneté active et responsable dont l’alternance avait semblé donner quelques lueurs. Ces élites -dont il faut assurément instruire sans complaisance le procès- sont-elles à notre image ou sommes-nous à leur image ? Du haut jusqu’au bas de l’échelle sociale, tout le monde clignote à droite et tourne à gauche, comme nos chauffeurs de taxi et nos cars rapides sans marche arrière ! La société sénégalaise est malade de ne plus savoir d’où elle vient ni où elle va.

 

            A Babacar Touré tu dis: Tu me demandes de te dire ce qui frappe à la porte des générations après nous. Qu’est-ce qui va leur échoir ? Qu’est-ce que nous leur transmettrons ? Je pressens que ces générations courent de graves dangers s’il n’est pas mis fin à cette sulfureuse engeance, si nous ne nous empressons pas « de mettre nos âmes en lieu sûr ».

           Dors Hamidou, dors en douceur. De ton héritage nous ferons des graines pour les générations futures.  Puissent ton épouse, tes enfants avoir la force de vivre ton absence. Mission ici accomplie si cher ami, si cher frère.

 

                                                Amadou Lamine Sall

                                                                                   Poète

                                                 Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

            

 

 

Arts visuels : Quatorze créateurs au Centre des arts de l’École internationale de Genève

  • Publié dans afrique

Ils ont tous un lien fort avec la culture occidentale et les deux pieds solidement ancrés dans les traditions esthétiques de leurs pays d’Afrique. Qu’ils viennent du Sénégal ou du Congo, de Tanzanie ou du Togo, du Cameroun, du Rwanda, d’Afrique du Sud, du Soudan ou du Burkina Faso, les quatorze artistes, douze hommes et deux femmes, qui se voient exposés au Centre des arts de l’École internationale illustrent une thématique chère au curateur de la manifestation, Momar Seck: «Ces créateurs vivent en Suisse principalement, en France pour quelques-uns, depuis des années. Leur travail est clairement marqué par la culture helvétique ou occidentale au sens large. Il est intéressant de confronter leurs œuvres avec celles d’artistes restés en Afrique qui subissent eux aussi ces influences, mais différemment.»

Objets du quotidien détournés

Les invités de Momar Seck - artiste d’origine sénégalaise installé depuis 24 ans à Genève où il enseigne la pratique artistique, primé par l’Unesco en 2014 - ont investi les trois étages du Centre des arts. Parmi les dénominateurs communs, relevons le détournement à des fins esthétiques des objets du quotidien: tissus colorés retravaillés sur la toile (Momar Seck); morceaux de jute incrustés dans la composition (le Tanzanien Lutengano Mwakisopile); tentures plastifiées (la Sud-Africaine Evelyn Wilhelm); plaques de zinc (le Camérounais O’Maurice Mboa); barres de métal sculptées à la main par le doyen de l’exposition, le Sénégalais Guibril André Diop, installé dans le foyer. Ou encore toboggan récupéré par Momar Seck sur une place de jeu, peint en doré, renversé et percé de fers à béton portant des barques de ferraille, les unes rouillées, les autres étincelantes. L’œuvre évoque les périls encourus par les migrants en quête d’un Eldorado occidental. À côté, sur une longue feuille, la liste exhaustive des pays du monde. «Je commence toujours mon travail en Afrique, le premier jet créatif doit impérativement survenir là-bas, commente l’artiste et enseignant. Ensuite je ramène tout en Suisse et je peaufine les oeuvres ici.»

«Il y a très peu de visibilité à Genève pour les artistes africains»

Les toiles de Koffi Darrah (Togo) portent indubitablement la marque de Basquiat, alors que celles d’Ahmet Ouatarra (Burkina Faso) sont habitées par les figures de Bacon, et celles d’Ali Shahto (Soudan) par les corridas de Picasso. Au rez, le superbe et rigoureux travail d’Abdoulaye Ndoye joue avec l’écriture arabe; le Sénégalais couvre de pattes de mouche fantaisistes des papiers trempés dans le henné et cloqués de gouttes d’eau comme autant de versets du Coran.

«Il y a très peu de visibilité à Genève pour les artistes africains, constate Momar Seck. C’est dû au marché de l’art. Les galeristes se concentrent sur un ou deux créateurs qui ont une belle notoriété, tous les autres restent dans l’ombre. Il est presque impossible par exemple de voir ici le travail des Soudanais.» Négligence réparée jusqu’au 18 février.

Tribune de Genève

«Notre Afrique, Là-bas et Ici» , Centre des arts, École internationale de Genève, 62, route de Chêne, jusqu’au 18 février, lu-ve de 08h à 18 h 30, sa-di sur rendez-vous au 076 596 05 13, www.centredesarts.ch

 

Nimzat Hallar : haut lieu de recueillement et de partage

En route vers Nimazat Hallar. Fidèles, amis, parents, familles, disciples de Cheikhna Cheikh Saad Bouh entre autres, se dirigent vers Nimzat Hallar, situé à 24 kilomètres de Saint-Louis et 8 kilomètres de la Mauritanie sur la route de Diama. Les pèlerins sont en mouvement depuis quelques jours vers ce lieu de recueillement, de ressourcement spirituel, d’échanges sur la trajectoire du saint Cheikhna, sur l’islam, boussole de l’humanité. Ces pèlerins seront l’hôte du maître des lieux, Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara et prennent part à la ziarra religieuse annuelle de Nimzat Hallar prévue le samedi 10 février 2018.

Mythique village fondé en 1939 par Chérif Adramé Haïdara et rendu officiel en 1959, Nimzat Hallar est prêt à accueillir ces milliers de fidèles. Les poèmes et panégyriques sur le prophète Mohamed (Psl) psalmodiés, les envolées matinales du jeune disciple Beu retentissent déjà à Hallar, la quiétude, pour souhaiter la bienvenue aux musulmans et amis d’autres religions.

A l’initiative du Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara, fils de Cheikh Hadramé, fils de Cheikh Atkhana, fils de Cheikhna Cheikh Saad Bouh,  la ziarra dont la première édition remonte à 2007, est organisée par l’Association religieuse  Sadikhina Wa Sadikhate à la gloire de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1848-1917).

A cette occasion de haute spiritualité, les disciples vulgarisent davantage les préceptes de l’islam, les enseignements du Prophète Mohamed (Psl) et promeuvent les recommandations divines de Cheikhna Cheikh Saad Bouh.

 Il s’agit également diffuser les écrits, trajectoires inédites et haut faits de Cheikhna Cheikh Saad Bouh pour œuvrer à l’avènement véritable d’un monde de paix, de tolérance, de coexistence harmonieuse entre les créatures de Dieu. « Celui qui prend les armes s’éloigne de la vertu » lança le Cheikh au monde pour la sérénité de l’univers.

En plus de la ferveur religieuse et la conférence au relent spirituel, le film-documentaire sur le Cheikh sera diffusé et les livres «  le Cheikh des deux rives », fruits des activités commémorant le Centenaire de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1917-2017) décidé en 2007 à Nimzat Hallar même, seront disponibles dans ce village fondé par le petit fils de Cheikhna Cheikh Saad Bouh. 

 Dès ce vendredi saint du 9 février 2018, les professionnels du corps médical de toutes spécialités consultent gracieusement, à Nimmzat Hallar, les populations issues des 39 villages de l’arrondissement de Ndiaye dans le département de Dagana, région de Saint-Louis. Ainsi, depuis 2007, ces consultations médicales ponctuées de distribution de médicaments ont fait disparaître certaines maladies dans la zone de Diama où niche Nimzat Hallar.

Alassane CISSE (Baobabafrique)

 

 

 

Livre : Yoro Ba rime pour l’Afrique

L’auteur Yoro Ba et Baobab Edition vous convient à la cérémonie de dédicace de l’ouvrage « Afrique où la rime partagée » le samedi 3 février 2018 à 16 heures à Keur Birago, siège de l’association des écrivains du Sénégal au Point E à Dakar. La cérémonie sera présidée par Monsieur Abdou Latif Coulibaly, Ministre de la Culture du Sénégal.

Le programme de la sortie du livre sera agrémenté par un spectacle poétique de la troupe Kaddu Yaraax et des musiciens de l’Orchestre National du Sénégal.

Ingénieur-chimiste, par ailleurs bloggeur et producteur d’articles, Yoro Bâ tutoie la poésie et aussi d’autres genres littéraires.  L’heure de l’alchimie des rimes ayant sonné, le chimiste a délaissé béchers et autres cornues alambiquées pour taquiner la muse. Yoro nous propose « Afrique où la rime partagée », un recueil de poèmes à la thématique riche et variée et qui ne peut guère laisser personne indifférent. La philosophie, l’amour, le pouvoir, la vie et la mort, la condition humaine, l’esthétique, le mythe rythment l’œuvre poétique majeure.

D’une plume acérée, ciselée ou tendre, selon les circonstances, les textes du recueil peignent une sorte de vision et de beauté surnaturelles, qui mêlent ressenti cru et rêves poétiques, trou noir et vague à l’âme, touche de provocation et dérision à travers des vers décapants.

Ces écrits coulent libres au gré des flots de l’inspiration qui titille les synapses sans aucune volonté d’harmonisation, mais simplement guidée par une pulsion irrésistible de partage universel.

Ce recueil, au travers duquel l’auteur invite à un voyage de ressourcement aux valeurs africaines, nourrit l’espoir d’une Afrique digne qui partage la rime de l’espoir. Le recours à la prose ou aux vers libres permet à tout un chacun de trouver de quoi combler ses envies et rencontrer son bonheur dans le style, en plus du plaisir à décortiquer le sens profond du poème.

La presse nationale et internationale est cordialement invitée à couvrir cet événement littéraire prévu le samedi 3 février 2018 à 16 heures à Keur Birago, siège des écrivains du Sénégal.

BaobabAfrique

 

 

Le Ministre sénégalais de la culture rend hommage à Hugh Masekela

Monsieur Abdou Latif Coulibaly, Ministre sénégalais de la Culture a rendu hommage à Hugh Masekela décédé le mardi 23 janvier 2018 à l’âge de 78 ans.

« C’est avec une tristesse  profonde et  incommensurable que nous avons appris ladisparition de HughMasekela, figure monumentale du Jazz.

Seigneur des instruments à vent et, particulièrement, légende de la trompette,  Masekela est l’auteur de plusieurs compositions qui ont ébloui, transporté et exalté des générations de femmes et d’hommes, toutes cultures confondues.Il avait fait de sa  musique un moment de liberté et un instrument de libération.

Le Sénégal qui a abrité en juillet dernier les cérémonies marquant la commémoration du 30ème anniversaire de « l’Appel de Dakar »,évènement fondateur de la « Nation arc-en-ciel », s’incline avec émotion devant la mémoire de l’auteur de BringHim Back Home qui a été  l'hymne unissant tout le continent africain dans un même mouvement pour la libération de Nelson Mandela et le démantèlement de l’apartheid.

En cette douloureuse circonstance, j’exprime, au nom de Monsieur le Président de la République, du chef du gouvernement  et en celui de toute la communauté artistique, nos vives condoléances à la famille éplorée et à tout le peuple Sud-africain ».

 

Monsieur Abdoul Latif Coulibaly

Ministre de la Culture du Sénégal

 

 

Association sénégalaise des éditeurs du Sénégal (ASE)

L'Association sénégalaise des éditeurs  du Sénégal (ASE) organise un atelier résidentiel du 18 au 20 janvier 2018 à Saly Princess à Mbour, région de Thiès autour du thème:"la stratégie de promotion des œuvres au Sénégal". La rencontre des éditeurs s'inscrit dans le cadre du programme de renforcement de capacités professionnelles piloté par le bureau de l'Ase avec l'appui du gouvernement du Canada.

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