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Contribution : Notre promesse d’humanité par le Professeur Souleymane Bachir Diagne, Columbia University

 

A l’occasion de l’exposition du peintre Abdoulaye Diallo à la Bibliothèque universitaire de Dakar du 3 mai au 2 juin 2018, le Pr Souleymane Bachir Diagne annonce ses idées.

Lorsqu’il s’est agi de créer un journal pour porter l’exigence de justice sociale, Jean Jaurès l’a baptisé “L’Humanité”. Le nom avait le sens d’une double promesse. D’abord celle de la réconciliation et de l’unité mettant fin à la fragmentation et à la division qui ont pour cause, tout particulièrement, les inégalités entre les humains et entre les nations. Ensuite celle de l’exercice continu de la responsabilité, qui n’appartient qu’à l’humain, de conserver et intensifier dans la durée, la vie : la sienne et celle de tous les êtres qui avec lui habitent la terre.

Demander « quelle humanité pour demain ? » est s’interroger sur l’avenir de la promesse quand des forces d’inhumanité sont à l’œuvre pour la faire oublier. Ainsi les ethno-nationalismes et les tribalismes érigent-ils des murs pour tenir  à distance, de l’autre côté, dans les ténèbres extérieures, le réfugié, le migrant, celui qui n’a pas ma couleur, qui ne parle pas ma langue, qui n’est pas de la même religion que moi… Ainsi une âpreté au gain débridée et brutale saccage-t-elle la nature en quoi elle ne voit que ressources à exploiter, oublieuse de la tâche d’humaniser la terre en même temps que soi.

L’art est rappel de la promesse qui fait l’humanité de l’humain. Il dit qu’entre les peintures rupestres et les œuvres les plus futuristes c’est la même sève qui court, la même force de vivre qui se fait œuvre. C’est le mouvement où nous entraîne, sur un air de jazz, la joie créatrice d’Abdoulaye Diallo.

Professeur Souleymane Bachir Diagne

Columbia University

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