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Mustaf & Exampler: Des «melting-potes»

                                                                                                                               Amis et artistes, Mustaf & Exampler, respectivement lead vocal et producteur-compositeur préparent actuellement un album international sur fond de melting pot. Duo entre un Baye-Fall et un musicien danois  féru de café Touba.

Par Mohamed NDJIM

Danois originaire de Copenhague, Troels Kampmann Kjar, dit Exampler, est au Sénégal dans le cadre d’échanges interculturels. Sa collaboration avec Mustaf, du groupe Baat Sen Fune s’est nouée «spontanément» à Dakar en 2010, à l’occasion du festival de hip hop dénommé Festa 2H. Exampler, qui se présente comme un «compositeur, producteur et beatmaker et pianiste», était venu prendre part à ce festival en compagnie de son groupe. Il a été séduit par le dynamisme des dépositaires de la musique urbaine au Sénégal. «L’aventure a démarré en 2010. Nous étions  venus  au Sénégal pour jouer et pour participer à des workshops dans le cadre du Festa 2H. J’ai vu tellement d’artistes talentueux que j’ai pensé à produire une compilation avec eux. Cette compilation, intitulée from DktoDk (du Danemark à Dakar) a enregistré la participation de Matador, Mustaf, Staaz et d’artistes venus respectivement de la Mauritanie et de la Guinée-Bissau. Mustaf a une expression musicale très originale et ensemble nous allons repousser les frontières de la créativité» explique Troels Kampmann Kjar. Son pote vocaliste  enregistre avec lui son premier album solo dont la sortie est prévue au cours de l’année à venir. Sur fond de melting-pot. «Ils disent que j’ai du talent mais j’estime que c’est un apprentissage, c’est pour cela qu’on a mixé nos expériences pour obtenir un métissage musical. J’ai fait deux fois le Danemark et d’autres pays européens et on m’apprécie là-bas. Je me donne à fond dans ce que je fais, j’aimerai que le monde entier découvre cette musique. On a commencé à enregistrer l’album au Danemark, maintenant c’est à son tour de venir ici au Sénégal et on a presque fini, il y a comme invités Matador et Didier Awadi et mon frère, on espère que çà va sortir dans quelques mois d’ici 2013. Ce sera un album international et on a discuté avec un ami : Benni Harson qui dirige le label ‘’Nomadic Wax’’ basé actuellement au Usa.  Il pourrait distribuer l’album au niveau de iTunes et se charger de la promotion en Europe» explique Mustaf qui est aussi bien rappeur que chanteur.

Mystique musique

 

 Il se rappelle que lors d’une tournée en Mauritanie, Sefyu, rappeur Franco-Sénégalais était sous le charme de sa musique. «Il croyait que je suis un comédien car c’est moi qui animait l’hôtel où nous étions, mais lorsque je suis monté sur scène il a quitté les coulisses pour savoir qui chantait. Et il était ravi de constater que c’était moi» révèle l’artiste qui était ambassadeur pour le bien-être de l’enfant africain. Et qui a tourné des films de sensibilisation avec Plan, international et le forum international  pour la Paix en Afrique (Fipa). Sans compter son apparition aux cotés de Didier Awadi, Matador, Keyti, Thiat de Keur Gui ou encore Jojo de Yatfu dans le film documentaire «Democracy in Dakar». Son producteur, Exampler, adepte de café Touba, a un background hétéroclite. «Nous ne savons pas réellement comment définir le style musical que nous mettons en place à travers cet album. Mais pour l’essentiel nous essayons de faire converger nos racines. J’ai fait des beats hip hop pendant des années. Mais mes sources d’inspiration sont multiples. Pour réussir, un musicien doit créer sa propre expression artistique. Mes parents ont été musiciens, et leur influence m’a amené à mettre des sonorités jazzy et électroniques dans mes compositions» confie Troels Kampmann Kjar que nous avions convié à La Tribune. A ses cotés, Mustaf dit développer des thématiques essentiellement positives dans son prochain album. «J’aime tout ce qui est positif. Je suis du ghetto, je viens de Pikine; et je développe surtout le social living. Il y a un morceau  intitulé «Avertissement» destiné à nos dirigeants. En outre les gens me disent souvent «Baye Fall tu es trop mystique». Mais cela est surement dû à l’héritage familial. Mes grand-pères Cheikh Samba Diarra Mbaye et Cheikh Mor Thioune ont été faits Cheikh par Cheikh Ahmadou Bamba. On me dit tu es trop mystique mais c’est une base pour moi. Il s’agit de ne pas trop s’immerger dans le monde matériel» assure Mustaf. Comme pour lui faire écho, son compère Exampler précise que dans leur démarche il est tout aussi important de faire des bons workshops en ce sens que, pour eux, l’aspect échange culturel est aussi important que l’aspect strictement musical de la collaboration.

          Djim Mohamed

 

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