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Hamidou Dia dans le grand sommeil

                                                                        Amadou Lamine  Sall

                                  Poète  Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Le moment le plus difficile, c’est quand tout est fini, qu’il faut repartir, quitter le cimetière, suivre la foule, et te laisser seul, couché, solitaire et la nuit qui va tomber dans un lieu où personne ne souhaite rester. En te laissant là, je me suis souvenu des vers du poète Federico Garcia Lorca: Mais voici qu’il dort sans fin / Voici que la mousse et l’herbe/ Avec des doigts infaillibles/ Ouvrent la fleur de son crâne.

 

Un bel et superbe esprit a été contraint au sommeil. Hamidou, comme tu était brillant, comme tu étais généreux et conciliant ! Le président de la République, dans son hommage devant ta dépouille silencieuse mais bruissante, dans cette cour venteuse de l’hôpital Principal en ce dimanche 4 février de cette année 2018 qui commence et qui nous fait pleurer déjà, a dit quelque chose qu’il aurait pu ne pas dire de cette manière, mais il l’a dit et bien dit et c’est important: que tu étais un homme quine connaissait pas ce qu’était la méchanceté. Qu’un homme d’État choisisse ce mot »méchanceté » dont il témoigne qu’il  t’était inconnu, ne doit pas être pris pour la simple parure d’un discours funèbre. Oui, notre pays a besoin d’extraire ce mot de son cœur pour construire, apaiser et croire au destin de chacun.

 

 Combien de fois tu es allé au combat au cabinet présidentiel pour t’enquérir d’un dossier qui tardait à ressortir ? Tu suivais avec beaucoup de générosité les requêtes difficiles que tu arrivais toujours à introduire, après t’être bien informé pour mieux leur trouver une issue heureuse. Tu donnais aux courriers adressés au président de la République toute l’attention requise, même si un Président ne pouvait pas donner suite à tout et que tout ne devait pas non plus lui être soumis. Tu savais aussi couvrir ton Président quand tu jugeais irrecevable une requête, sans que celui qui en attendait une réponse ne soit ni déçu ni frustré, quand on connaît l’orgueil et le jugement hâtif de nos compatriotes. Tu étais un fin diplomate, un homme qui recherchait toujours la mesure et le bien dans le respect de l’autre. Notre espace culturel, littéraire et artistique, tu le savais, était fragile, susceptible, démuni, intolérant et prompt à la sentence, chacun ne servant souvent que ses intérêts. Tu savais tout contenir, tout réguler, installer l’espoir et insuffler l’excellence. Tu manqueras beaucoup au Président Sall qui t’aimait et appréciait ton esprit serein, pétillant, engagé, convaincant, apaisant. Tu donnais du relief à son cabinet culturel par ton nom, ton parcours, la solidité de ta formation, ta vaste culture, ton humanisme si doux. Oui, le Président a raison de dire que tu ne connaissais pas la méchanceté. Ceux qui savent ne peuvent pas être méchants !

  Pourquoi Saldé n’a pas bercé ton repos, Saldé-mayo Tébégout, que tu aimais tant et dont tu parlais tant, et qui comme tu l’a écrit: « ne cesse de m’habiter sans désemparer » ?  Je ne sais.

         J’ai lu que tu avais écrit ceci: « La mort est le souvenir poussiéreux de la vie ». Et si la vie était plutôt la défaite même de la mort, quand on laisse derrière soi des œuvres et des actes d’une invincible matérialité ? Tu as dit et écrit aussi que « le cœur des vivants est le plus sûr tombeau des morts ». Mais les vivants finissent toujours par mourir ! Mais aussi, sans savoir comment elle fait, la vie reprend toujours le dessus sur la mort. Là est la mansuétude du Divin !

 

  Pourquoi les audiences fatales et le livre de la mort n’ont jamais de fin et laissent sans cesse des chaises vides et des pages blanches numérotées mais qui se remplissent toujours ? Je suis rentré à la maison la tête basse, les pieds lourds, bien triste et bien seul ce dimanche 4 février, quand après t’avoir confié à Dieu et prié Mohamed de dîner avec toi pour ta première nuit dans l’au-delà et dans l’au-dessous. Toute la nuit, pour revisiter tes écrits, ta pensée, je me suis réfugié dans ton livre: Écriture et liberté/ Entretiens et Fragments littéraires, préfacé par ton oncle, le tranquille et reposant Cheikh Hamidou Kane. Je l’ai beaucoup regardé alors que tu étais couché devant nous, enveloppé dans un beau pagne ensoleillé. Son visage et son cœur ne faisaient qu’un. Sa peine était sans nom. En préfaçant ton livre ici cité, en parlant de ton talent immense, il a écrit que « Ce sortilège est l’œuvre d’un magicien sans pareil, mon neveu Hamidou Dia ». Quelle fierté, quelle tendresse du noble Diallobé quand il nous dit encore: « Qui peut se vanter d’avoir mieux que moi?».

 

         Hamidou, il n’est pas possible de clore ce bref hommage d’un poète qui, depuis le Canada-Québec au temps où tu y rayonnais et que je t’y retrouvais, puis Paris à Présence Africaine, enfin Dakar beaucoup plu tard, de ne pas offrir ici au monde, des trésors sortis de ta plume, pour magnifier devant ton peuple, devant l’Afrique, la puissance de ta pensée, de ton engagement. Tu dois être lu. C’est ma prière dans un temps du monde où les poètes, les écrivains, ne sont plus lus. Tu réponds à tellement de questions de notre temps et du temps de notre peuple, que ces quelques extraits de toi, doivent être connus et médités. On parlait de toi comme d’un « intellectuel dérangeant ». Tu as affirmé que « l’universitaire n’est pas forcément un intellectuel ». Quelle humilité, quel courage!

Le grand poète et écrivain haïtien René Depestre voyait en ta génération « des sherpas qui nous guident sur les pentes himalayennes de la vie mondiale actuelle ». Mais, dit-il, il y a « l’incomplétude de la condition humaine et les hommes d’espoir gardent un sens tragique de la vie ». Ma nuit du dimanche 4 février a été en ta compagnie, en compagnie de tes écrits et mes pensées ne quittaient pas ta tombe fraîche en bordure de l’allée.

 

           Voici mis en relief, pour toujours te garder en mémoire, tes engagements, tes doutes, tes inquiétudes, tes certitudes, tes choix, tes espérances, bref ton génie: la poésie française est dans un état de délabrement et d’essoufflement. Aujourd’hui, les grands noms de la poésie africaine sont infiniment plus significatifs que les poètes français dont on ne peut pas citer un qui soit connu de nos jours. /Dans la poésie on ne peut pas tricher. Le roman permet de tricher. /Mettre sa gloire littéraire, sa santé, sa liberté, pour défendre une cause. C’est cela l’acte fondateur de ce que l’on appelle intellectuel. Il est plus commode d’être dans la posture de l’opinion  que dans celle de la pensée. /  L’intellectuel n’est pas celui qui est instruit et est à distinguer de l’universitaire. D’ailleurs, souvent les universitaires ne sont pas de bons intellectuels même s’ils en ont produit d’excellents. / L’intellectuel a une fonction critique (il arrive qu’il se trompe). La condition pour l’être, c’est d’être libre dans sa pensée, dans son écriture, mais également dans son comportement. / La civilisation occidentale est aujourd’hui saturée et n’est pas porteuse d’alternative crédible. / Une civilisation de l’universel repose sur les apports de chacun. Nous, Africains, avons quelque chose à apporter à la civilisation de l’universel. / L’Europe avait le choix entre Descartes et Pascal. Elle a choisi Descartes dans une logique de maîtrise de la nature qui a conduit à un formidable développement technique. Ce choix cartésien a conduit à une perte de spiritualité. Si l’Europe avait choisi Pascal, elle serait dans une autre direction. /Une civilisation commence à mourir quand l’homme ne peut plus rencontrer l’homme. / Si nous voulons faire de l’Afrique une nouvelle Europe, alors, comme le dit Fanon, il vaut mieux confier nos destinées aux Européens. /

 

Dans un échange avec Babacar Touré, tu écris le 13 octobre 2004:Nous sommes en passe de devenir la 1ère puissance mondiale de la parole. Nous avons érigé, puisque c’est toujours la faute à l’autre, l’irresponsabilité, le renoncement intellectuel et l’affaissement éthiques en vertus. / Les Sénégalais constituent le principal problème du Sénégal… puisqu’il est difficile de demander à l’excellence de se manifester quand sa voix est noyée dans la clameur; quand elle est tenue en laisse par une médiocrité gluante, reptilienne, prédatrice, lépreuse, intellectuellement trépanée, bruyante, hautaine, dangereusement habile «à habiller son inaptitude radicale d’aphorismes falsifiés et frelatés». Pourtant, il y a des hommes et des femmes de valeur et de vertu dans ce pays: j’en connais qui sont de purs joyaux et dont j’espère qua la voix croîtra quand la clameur décroîtra. Les Sénégalais sont joueurs, toujours en représentation: «ils jouent à» être patriotes, pieux, honnêtes, penseurs, politiques, travailleurs, intelligents, etc, en florentins impénitents.Ils sont plus attentifs à leurs petits calculs, leurs vastes haines, leurs grandes jalousies, leurs petites mesquineries, leurs grandes manœuvres,leurs petites combines.

 

Tu poursuis: Personne n’est dupe, mais tout le monde fait semblant. L’important, et nous y sommes passés maîtres, est de contrôler notre image publique, spécialistes que nous sommes du grand écart, au risque de la déchirure musculaire, entre le propos public mensonger et les maladroites vérités de la rue. Ce jeu spéculaire gangrène le pays pis que la pire des plaies d’Égypte. Non, nous ne sommes pas si beaux que ça, si solidaires que ça, si travailleurs que ça, si fraternels que ça, si patriotes que ça; mêmes les libres- penseurs ont de singuliers oublis. Il y a par exemple beaucoup de prieurs dans notre pays: il y en a combien d’authentiquement pieux ? / Notre société est une société violente, d’une violence sourde, diffuse et fielleusement intolérante. Fourbe et dissimulatrice. Il s’agit de faire volte-face; de nous faire face. Sans fioriture, ni manœuvre dilatoire. De nous dire la vérité. Cela nous grandirait, cela aurait de l’allure. Nous avons besoin de nous arc-bouter sur des valeurs revisitées, ancrées dans notre histoire. Nous avons besoin de fraternelles utopies et de grands métarécits: nous ne pouvons pas entrer dans la postmodernité en faisant l’économie de la modernité. Notre peuple est un peuple dramatique, au sens hugolien du terme. Son élite est à son image. Entre forclusion, sécularité et extraversion. Pour sauver le Sénégal, faut-il en venir à privatiser l’État, extrader l’élite et abolir le peuple ? Il faut, ici, être clair: je n’en veux pas à ce peuple mien.Je suis seulement atterré par son refus -dans lequel les responsabilités de l’élite sont grandes- de se faire peuple en intégrant une citoyenneté active et responsable dont l’alternance avait semblé donner quelques lueurs. Ces élites -dont il faut assurément instruire sans complaisance le procès- sont-elles à notre image ou sommes-nous à leur image ? Du haut jusqu’au bas de l’échelle sociale, tout le monde clignote à droite et tourne à gauche, comme nos chauffeurs de taxi et nos cars rapides sans marche arrière ! La société sénégalaise est malade de ne plus savoir d’où elle vient ni où elle va.

 

            A Babacar Touré tu dis: Tu me demandes de te dire ce qui frappe à la porte des générations après nous. Qu’est-ce qui va leur échoir ? Qu’est-ce que nous leur transmettrons ? Je pressens que ces générations courent de graves dangers s’il n’est pas mis fin à cette sulfureuse engeance, si nous ne nous empressons pas « de mettre nos âmes en lieu sûr ».

           Dors Hamidou, dors en douceur. De ton héritage nous ferons des graines pour les générations futures.  Puissent ton épouse, tes enfants avoir la force de vivre ton absence. Mission ici accomplie si cher ami, si cher frère.

 

                                                Amadou Lamine Sall

                                                                                   Poète

                                                 Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

            

 

 

Arts visuels : Quatorze créateurs au Centre des arts de l’École internationale de Genève

  • Publié dans afrique

Ils ont tous un lien fort avec la culture occidentale et les deux pieds solidement ancrés dans les traditions esthétiques de leurs pays d’Afrique. Qu’ils viennent du Sénégal ou du Congo, de Tanzanie ou du Togo, du Cameroun, du Rwanda, d’Afrique du Sud, du Soudan ou du Burkina Faso, les quatorze artistes, douze hommes et deux femmes, qui se voient exposés au Centre des arts de l’École internationale illustrent une thématique chère au curateur de la manifestation, Momar Seck: «Ces créateurs vivent en Suisse principalement, en France pour quelques-uns, depuis des années. Leur travail est clairement marqué par la culture helvétique ou occidentale au sens large. Il est intéressant de confronter leurs œuvres avec celles d’artistes restés en Afrique qui subissent eux aussi ces influences, mais différemment.»

Objets du quotidien détournés

Les invités de Momar Seck - artiste d’origine sénégalaise installé depuis 24 ans à Genève où il enseigne la pratique artistique, primé par l’Unesco en 2014 - ont investi les trois étages du Centre des arts. Parmi les dénominateurs communs, relevons le détournement à des fins esthétiques des objets du quotidien: tissus colorés retravaillés sur la toile (Momar Seck); morceaux de jute incrustés dans la composition (le Tanzanien Lutengano Mwakisopile); tentures plastifiées (la Sud-Africaine Evelyn Wilhelm); plaques de zinc (le Camérounais O’Maurice Mboa); barres de métal sculptées à la main par le doyen de l’exposition, le Sénégalais Guibril André Diop, installé dans le foyer. Ou encore toboggan récupéré par Momar Seck sur une place de jeu, peint en doré, renversé et percé de fers à béton portant des barques de ferraille, les unes rouillées, les autres étincelantes. L’œuvre évoque les périls encourus par les migrants en quête d’un Eldorado occidental. À côté, sur une longue feuille, la liste exhaustive des pays du monde. «Je commence toujours mon travail en Afrique, le premier jet créatif doit impérativement survenir là-bas, commente l’artiste et enseignant. Ensuite je ramène tout en Suisse et je peaufine les oeuvres ici.»

«Il y a très peu de visibilité à Genève pour les artistes africains»

Les toiles de Koffi Darrah (Togo) portent indubitablement la marque de Basquiat, alors que celles d’Ahmet Ouatarra (Burkina Faso) sont habitées par les figures de Bacon, et celles d’Ali Shahto (Soudan) par les corridas de Picasso. Au rez, le superbe et rigoureux travail d’Abdoulaye Ndoye joue avec l’écriture arabe; le Sénégalais couvre de pattes de mouche fantaisistes des papiers trempés dans le henné et cloqués de gouttes d’eau comme autant de versets du Coran.

«Il y a très peu de visibilité à Genève pour les artistes africains, constate Momar Seck. C’est dû au marché de l’art. Les galeristes se concentrent sur un ou deux créateurs qui ont une belle notoriété, tous les autres restent dans l’ombre. Il est presque impossible par exemple de voir ici le travail des Soudanais.» Négligence réparée jusqu’au 18 février.

Tribune de Genève

«Notre Afrique, Là-bas et Ici» , Centre des arts, École internationale de Genève, 62, route de Chêne, jusqu’au 18 février, lu-ve de 08h à 18 h 30, sa-di sur rendez-vous au 076 596 05 13, www.centredesarts.ch

 

Nimzat Hallar : haut lieu de recueillement et de partage

En route vers Nimazat Hallar. Fidèles, amis, parents, familles, disciples de Cheikhna Cheikh Saad Bouh entre autres, se dirigent vers Nimzat Hallar, situé à 24 kilomètres de Saint-Louis et 8 kilomètres de la Mauritanie sur la route de Diama. Les pèlerins sont en mouvement depuis quelques jours vers ce lieu de recueillement, de ressourcement spirituel, d’échanges sur la trajectoire du saint Cheikhna, sur l’islam, boussole de l’humanité. Ces pèlerins seront l’hôte du maître des lieux, Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara et prennent part à la ziarra religieuse annuelle de Nimzat Hallar prévue le samedi 10 février 2018.

Mythique village fondé en 1939 par Chérif Adramé Haïdara et rendu officiel en 1959, Nimzat Hallar est prêt à accueillir ces milliers de fidèles. Les poèmes et panégyriques sur le prophète Mohamed (Psl) psalmodiés, les envolées matinales du jeune disciple Beu retentissent déjà à Hallar, la quiétude, pour souhaiter la bienvenue aux musulmans et amis d’autres religions.

A l’initiative du Chérif Mouhamdoul Mamoune Haïdara, fils de Cheikh Hadramé, fils de Cheikh Atkhana, fils de Cheikhna Cheikh Saad Bouh,  la ziarra dont la première édition remonte à 2007, est organisée par l’Association religieuse  Sadikhina Wa Sadikhate à la gloire de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1848-1917).

A cette occasion de haute spiritualité, les disciples vulgarisent davantage les préceptes de l’islam, les enseignements du Prophète Mohamed (Psl) et promeuvent les recommandations divines de Cheikhna Cheikh Saad Bouh.

 Il s’agit également diffuser les écrits, trajectoires inédites et haut faits de Cheikhna Cheikh Saad Bouh pour œuvrer à l’avènement véritable d’un monde de paix, de tolérance, de coexistence harmonieuse entre les créatures de Dieu. « Celui qui prend les armes s’éloigne de la vertu » lança le Cheikh au monde pour la sérénité de l’univers.

En plus de la ferveur religieuse et la conférence au relent spirituel, le film-documentaire sur le Cheikh sera diffusé et les livres «  le Cheikh des deux rives », fruits des activités commémorant le Centenaire de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1917-2017) décidé en 2007 à Nimzat Hallar même, seront disponibles dans ce village fondé par le petit fils de Cheikhna Cheikh Saad Bouh. 

 Dès ce vendredi saint du 9 février 2018, les professionnels du corps médical de toutes spécialités consultent gracieusement, à Nimmzat Hallar, les populations issues des 39 villages de l’arrondissement de Ndiaye dans le département de Dagana, région de Saint-Louis. Ainsi, depuis 2007, ces consultations médicales ponctuées de distribution de médicaments ont fait disparaître certaines maladies dans la zone de Diama où niche Nimzat Hallar.

Alassane CISSE (Baobabafrique)

 

 

 

Livre : Yoro Ba rime pour l’Afrique

L’auteur Yoro Ba et Baobab Edition vous convient à la cérémonie de dédicace de l’ouvrage « Afrique où la rime partagée » le samedi 3 février 2018 à 16 heures à Keur Birago, siège de l’association des écrivains du Sénégal au Point E à Dakar. La cérémonie sera présidée par Monsieur Abdou Latif Coulibaly, Ministre de la Culture du Sénégal.

Le programme de la sortie du livre sera agrémenté par un spectacle poétique de la troupe Kaddu Yaraax et des musiciens de l’Orchestre National du Sénégal.

Ingénieur-chimiste, par ailleurs bloggeur et producteur d’articles, Yoro Bâ tutoie la poésie et aussi d’autres genres littéraires.  L’heure de l’alchimie des rimes ayant sonné, le chimiste a délaissé béchers et autres cornues alambiquées pour taquiner la muse. Yoro nous propose « Afrique où la rime partagée », un recueil de poèmes à la thématique riche et variée et qui ne peut guère laisser personne indifférent. La philosophie, l’amour, le pouvoir, la vie et la mort, la condition humaine, l’esthétique, le mythe rythment l’œuvre poétique majeure.

D’une plume acérée, ciselée ou tendre, selon les circonstances, les textes du recueil peignent une sorte de vision et de beauté surnaturelles, qui mêlent ressenti cru et rêves poétiques, trou noir et vague à l’âme, touche de provocation et dérision à travers des vers décapants.

Ces écrits coulent libres au gré des flots de l’inspiration qui titille les synapses sans aucune volonté d’harmonisation, mais simplement guidée par une pulsion irrésistible de partage universel.

Ce recueil, au travers duquel l’auteur invite à un voyage de ressourcement aux valeurs africaines, nourrit l’espoir d’une Afrique digne qui partage la rime de l’espoir. Le recours à la prose ou aux vers libres permet à tout un chacun de trouver de quoi combler ses envies et rencontrer son bonheur dans le style, en plus du plaisir à décortiquer le sens profond du poème.

La presse nationale et internationale est cordialement invitée à couvrir cet événement littéraire prévu le samedi 3 février 2018 à 16 heures à Keur Birago, siège des écrivains du Sénégal.

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Le Ministre sénégalais de la culture rend hommage à Hugh Masekela

Monsieur Abdou Latif Coulibaly, Ministre sénégalais de la Culture a rendu hommage à Hugh Masekela décédé le mardi 23 janvier 2018 à l’âge de 78 ans.

« C’est avec une tristesse  profonde et  incommensurable que nous avons appris ladisparition de HughMasekela, figure monumentale du Jazz.

Seigneur des instruments à vent et, particulièrement, légende de la trompette,  Masekela est l’auteur de plusieurs compositions qui ont ébloui, transporté et exalté des générations de femmes et d’hommes, toutes cultures confondues.Il avait fait de sa  musique un moment de liberté et un instrument de libération.

Le Sénégal qui a abrité en juillet dernier les cérémonies marquant la commémoration du 30ème anniversaire de « l’Appel de Dakar »,évènement fondateur de la « Nation arc-en-ciel », s’incline avec émotion devant la mémoire de l’auteur de BringHim Back Home qui a été  l'hymne unissant tout le continent africain dans un même mouvement pour la libération de Nelson Mandela et le démantèlement de l’apartheid.

En cette douloureuse circonstance, j’exprime, au nom de Monsieur le Président de la République, du chef du gouvernement  et en celui de toute la communauté artistique, nos vives condoléances à la famille éplorée et à tout le peuple Sud-africain ».

 

Monsieur Abdoul Latif Coulibaly

Ministre de la Culture du Sénégal

 

 

Association sénégalaise des éditeurs du Sénégal (ASE)

L'Association sénégalaise des éditeurs  du Sénégal (ASE) organise un atelier résidentiel du 18 au 20 janvier 2018 à Saly Princess à Mbour, région de Thiès autour du thème:"la stratégie de promotion des œuvres au Sénégal". La rencontre des éditeurs s'inscrit dans le cadre du programme de renforcement de capacités professionnelles piloté par le bureau de l'Ase avec l'appui du gouvernement du Canada.

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Forum de Dakar : Quelle banque africaine pour demain ?

Dakar abrite, du 8 au 9 février 2018, le Forum du Club des dirigeants de Banques et Etablissement de crédit d’Afrique. « Enjeux et défis pour la banque africaine de demain : entre innovation et financement » est le thème de la rencontre de Dakar qui va réunir une cinquantaine de pays africains et d’ailleurs et sera présidée par le Ministre de l’Economie, des Finances et du Plan du Sénégal.

M. Thierno SY, Directeur général de la Banque Nationale de Développement Economique, BNDE, par ailleurs, Vice-Président du Club des dirigeants de banques et établissements de crédits d’Afrique se confiait à Ecodafrik, au terme de la 28ème édition du Forum des dirigeants de banque tenu en 2017 à l’île Maurice :  « Le développement d’une bonne synergie entre les banques de l’Afrique francophone, est une nécessité » avant d’ajouter :  « Cet échange, va au-delà de l’Afrique et concerne aussi les partenaires dans les autres continents, comme l’Europe et l’Asie. Notre objectif, c’est de favoriser à travers la langue française, une coopération Win-Win». M.SY de poursuivre : « En termes de perspectives, nous allons renforcer cette coopération entre banques africaines, tout en assurant le développement dans le partenariat de grands groupes français notamment la BPI France et la Banque du Vietnam ». A Ecodafrik, il dira : « Le forum de Dakar qui se tiendra en février 2018, sera une occasion de réfléchir sur l’avenir de la banque africaine, face aux grandes mutations. Nous pensons que les banques et établissements de crédits des banques d’Afrique francophones, ont leur rôle à jouer dans le financement de nos économies».

Sur le développement du mobile money en Afrique, M Thierno Sy donne son point de vue sur Ecodafrik: « Le Mobile Money a surpris le secteur bancaire qui a laissé du champ aux opérateurs de télécom pour s’introduire dans les activités dédiées initialement aux banques. Ce statut d’émetteur de monnaie électronique, leur est octroyé par la banque centrale, pour leur permettre d’entrer dans une légalité institutionnelle. Ces opérateurs télécom, font de la banque avec comme avantage, leur plateforme technique propriétaire qui leur permet d’être autonomes. Les banques doivent réagir, soit en développant des partenariats avec les sociétés télécom ou en anticipant sur les plateformes Web. Le Club des dirigeants a déjà mis en place un laboratoire d’idées dans lequel il a déjà engagé une réflexion pour préparer l’avènement du Web Banking qui va révolutionner les transactions financières de demain ».

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Quand le scientifique Macky Sall Illumine le ciel de la culture

Par Alioune Badara Bèye

 

Assurément le 19 décembre 2017 aura marqué d’un sceau indélébile l’histoire de la vie culturelle au Sénégal, mieux tout simplement l’histoire contemporaine de notre pays. 

Tant, il est vrai de constater que l’actualité est la rencontre de l’homme et de l’évènement, il n’en demeure pas de souligner avec aisance la pertinence de la relance du Grand prix du président de la République pour les Arts et les Lettres. 

Aussi, c’est le mérite du Président Macky Sall, un scientifique avéré d’avoir relevé le défi de la relance dans un contexte assez difficile. 

Ainsi, il mérite toute la gratitude de l’Association des Ecrivains du Sénégal qui a vu trois de ses membres nominés : Rahmatou Seck Samb, le Colonel Moumar Guèye et Mamadou Samb. 

Mieux, le mérite du Président Sall est d’avoir cru obstinément à la valeur culturelle et à la promotion créatrice de notre pays profondément enfoncé dans les racines de la terre première. 

Mais, l’histoire a aussi démontré que le siècle de lumière en France a été marqué par la qualité des œuvres des scientifiques. Ces auteurs majuscules étaient des médecins, des avocats, des ingénieurs, des paramilitaires, etc.

 

Comme quoi, le scientifique Macky Sall a beaucoup apporté à la culture au Sénégal par des actes concrets loin de toute considération politique et partisane.

 

Il faut s’en féliciter et reconnaître cette volonté politique de renforcer les conditions de la création artistique et littéraire de notre pays dans toute sa diversité est beaucoup plus une constante qu’une révolution de la part du Premier Protecteur des Arts et des Lettres.

 

Pour l’histoire, le Fonds d’aide à l’édition était de 50 millions à ses débuts au temps du Président Abdou Diouf. A l’occasion de la rencontre du PEN International en 2007, à Dakar et pour la première fois en Afrique sous la Présidence de Maître Wade, il a été porté à 500 millions. Le Premier Ministre d’alors Monsieur Macky Sall marqua l’évènement en proposant sa touche  personnelle  avec une augmentation de 100 millions. Ce qui porta le Fonds à 600 millions.

 

Aussi, on comprend aisément la passion que le scientifique Président ait voulu donner aux nouveaux prix avec un accent particulier.

 

Le Fonds d’Aide a aussi connu une baisse dramatique, jusqu'à atteindre 240 millions. Les nouvelles mesures du président Sall nous réconfortent et nous rassurent, car désormais, il est de 570 millions avec une possibilité de l’amener à 1 milliard, par souci d’harmonisation et d’équité.

 

Le montant du Grand Prix du Président de la République est parti de 02 millions de Francs Cfa pour atteindre aujourd’hui 20 millions. Cela nous le devons à la générosité du Président scientifique Macky Sall. Nous le félicitons et le remercions pour cette grandeur de vue et cette générosité spontanée.

 

D’autres mesures viennent d’être annoncées à l’occasion de cette cérémonie grandiose : l’ouverture prochaine du Musée des Civilisations Noires, l’augmentation du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle : FOPICA, la réhabilitation du Théâtre National Daniel Sorano, sans oublier les équipements et la réalisation des foyers religieux et coutumiers, son appui constant à l’organisation de la Journée Internationale de l’Ecrivain Africain est aussi une marque d’attention à l’adresse des veilleurs de crépuscule et guetteurs d’aurore que sont les écrivains.

 

Nous savons aussi que l’accès au livre scolaire par les maisons d’édition locales est une des préoccupations du premier Protecteur des Arts et des Lettres (la formule est de feu Mamadou Traoré Diop) à qui il faut rendre un hommage mérité. De même l’introduction d’une autre formule aussi envoutante qu’efficace : la Culture est le ciment de la nation sénégalaise.

 

Tout ceci explique l’ampleur de la culture dans la conscience du peuple du Sénégal qui est un peuple essentiellement épique.

 

Le Président de la République, dans son discours, a aussi fait un appel pour une prochaine rentrée solennelle des Arts et des Lettres (une autre idée de Mamadou Traoré Diop), jadis Secrétaire perpétuel de l’AES.

 

Au sortir de cette grande fête des Lettres et des Arts, nos félicitations vont vers le Premier Ministre Mahammed Boun Abdallah Dionne pour son appui constant aux actions culturelles et aux associations.

 

A l’actuel Ministre de la Culture du Sénégal, le journaliste, écrivain, Abdou Latif Coulibay qui a su avec aisance lier son nom à son magistère, avec une organisation parfaite de la cérémonie de remise des Grands Prix pour les Arts et les Lettres, relever le défi de l’organisation et de la promotion qualitative.

 

Nos félicitations vont aussi au Secrétaire Général du Ministère de la Culture, M. Birane Niang qui a su diriger avec brio le Comité d’organisation. Féliciter les membres du jury des Arts avec son président le talentueux Jean Pierre leurs, mais aussi celui des Lettres dirigé par le profond professeur Alioune Badara Diané. Saluer la performance des Lauréats, notamment le rossignol de la chanson sénégalaise Baaba Maal, le cinéaste Ousmane Wiliam Mbaye, mais aussi féliciter chaleureusement la performance littéraire féminine incarnée par Rahmatou Seck Samb pour son œuvre gigantesque faite de beauté, d’angoisse, d’émotion et de peintures corrosives. Incontestablement une grande œuvre vient de voir le jour, sans oublier André Marie Diagne pour sa nouvelle innovante.

 

Saluer et féliciter tous les nominés des Arts et des Lettres, ils étaient tous à la hauteur. Choisir est toujours difficile, mais leurs œuvres sont aussi à suivre dans le temps, car l’avenir leur appartient. Elles sont destinées aussi à perforer les cimes de l’oubli pour appartenir à l’éternité.

 

Saluer aussi les maîtres d’œuvre de cette organisation grandiose. Ils ont aussi pour nom Ibrahima LO, le Directeur du Livre et de la lecture qui a marqué de son empreinte les nouvelles publications de la littérature sénégalaise, mais aussi le Directeur des Arts, Abdoulaye Koundoul pour son abnégation.

 

Désormais le Grand Prix a atteint une dimension jusque là inégalée à la dimension du génie sénégalais, mais aussi à la volonté politique du Premier protecteur des Arts et des Lettres, le Président scientifique qui a prouvé que l’ingénieur peut bien booster la création littéraire en l’entourant de tous ses atours aussi resplendissants que le diamant sur le sable de la mer.

 

Merci, Monsieur le Président pour avoir illuminé le ciel culturel du Sénégal des élans féconds.

 

Par Alioune Badara Bèye

Président de l’Association des écrivains du Sénégal

 

 

Portrait de Serigne Cheikh Sidi Moukhtar Mbacké rappelé à Dieu

Serigne Cheikh Sidi Moukhtar Mbacké,Khalife général des mouride est rappelé à DIEU ce mardi 9 janvier 2018 à Touba. Il tire sa révérence à l’âge de 94 ans.

Serigne Cheikh Sidi Moukhtar Mbacké a joué un rôle très important pour l’Islam, notamment dans l’unification des confréries au Sénégal. 
A son arrivée à la tête du khalifat le 30 juin 2010, il a saisi l’occasion de la fête de l’Aid el fitr de la même année pour demander aux fidèles mourides de ne plus poser d’actes pouvant diviser mourides et tidianes qui sont une famille indivisible. Un vœu valant également pour les autres confréries. 
Ce qui lui a permis dans son khalifat de ne pas assister à des prières de Tabaski ou de Korité dans la division. 
Serigne Cheikh Sidi Moukhtar a également réussi à réorganiser la famille de serigne Touba et a lancé plusieurs chantiers dont la mosquée Masalikul jinan à Dakar, l’extension des minarets de la grande mosquée de Touba, en plus d’autres résidences secondaires à standing 5 étoiles pour les hôtes de marque de la ville sainte. 
Serigne Cheikh Sidi Moukhtar Mbacké, plus connu sous le nom de Serigne Cheikh Maty Lèye est né en 1924 à Mbacké Kadior. 
Il a subi une formation complète sur le mysticisme ; ce qui lui a permis de mener beaucoup d’activités, tel que l’élevage, l’agriculture, l’éducation spirituelle sur la méthode et l’enseignement de Cheikh Ahmadou Bamba. 
Serigne Cheikh Sidi Moukhtar Mbacké est le 7 ème fils de Serigne Bara, 7ème khalife de Bamba et il a fait exactement 7 ans et 7 mois dans le khalifat. 
 Inhumé hier à Touba, Serigne Cheikh Sidi Moukhtar est succédé par Serigne Mountakha Bassirou Mbacké, un homme multi dimensionnel considéré jusque-là comme le commandant en chef des troupes de Serigne Touba.

Exposition à Genève : Notre Afrique, « Là-bas » et « Ici »

Le Centre des arts de l’Ecole internationale de Genève accueille à partir du 23 janvier 2018 une grande exposition d’art intitulée « Notre Afrique, « Là-bas » et « Ici »: Our Africa, « There » and « Here ».

 L’expo réunit des artistes africains contemporains.

Cette exposition de l’art africain contemporain est appelée à constituer un carrefour de l’expression culturelle africaine, un moment privilégié de confrontation et d’épanouissement des expressions les plus actuelles de la diversité créative africaine.

C’est une occasion merveilleuse de pouvoir s’ouvrir et s’enrichir, grâce aux contacts et au regard de ces créateurs et des professionnels venus d’Afrique et de la diaspora africaine. 

Nous mettrons la communauté face à de multiples interrogations sur l’art africain qui s’ordonnent ainsi autour du sens du devenir de la création, de son originalité, de ses emprunts et de l’appropriation face à un monde globalisé et face à une évolution très poussée des arts plastiques dans le monde. Il ne s’agit pas de comparer l’art africain en général, à ces autres expressions artistiques venues d’ailleurs dans le monde, mais de concevoir la spécificité d’un art dans son développement local et de sa diaspora, sa capacité à résister aux effets délétères de la mondialisation, sans pourtant rechigner aux confrontations à d’autres visions de l’expression artistique d’où qu’elles viennent.

         Ces artistes plasticiens perçoivent mêmement des liens entre l’homme et la nature, entre l’homme, l’esprit et les matériaux et tissent une pratique africaine contemporaine dont ils aiment à se réclamer. C’est la concrétisation d’une pensée selon laquelle il existe bel et bien une relation entre le visible et l’invisible, une alliance entre la beauté des matériaux et la magie des rythmes qui assurent l’équilibre des œuvres. Ils attestent naturellement l’idée d’exister pleinement dans cette vie au service de leurs arts, et ce, non sans emprunts.

L’éloignement de la terre d’origine n’est pas sans incidence sur la complexion psychologique, intellectuelle et artistique. Aussi j’aime à faire mien cet aphorisme du poète et écrivain portugais, Miguel Torga, qui définissait à ce propos le chez soi « comme le lieu d’où je pars » : une manière de vivre une sorte de stratégie de compensation d’un désir et de comblement d’un vide creusé par l’exil. Le travail plastique de l’exil semble dès lors déterminer en l’artiste un certain type d’organisation et de fonctionnement personnel qui semblent revêtir un caractère relatif et transitoire.

Ici intervient la notion fondamentale du recul, facteur significatif et incontournable dans le travail de création. Il est plus judicieusement nécessaire de faire un pas de côté, d’avoir une légère démarcation de ses réalités sociales, en devenir parfois un spectateur pour en tirer des éléments qui soutiennent sa propre création. En un mot ne pas avoir le front collé sur la vitrine des réalités sociales, pour pouvoir les étudier de front. Le recul n’est nullement incompatible avec l’enracinement dans la culture spécifique d’origine, c’est-à-dire dans son terroir. Le recul constitue également un facteur important pour le spectateur qui reçoit la création. Comme le dit très justement   l’écrivain Nancy Huston : « une des forces de l’art est sa capacité d’ébranler nos certitudes virulentes et rassurantes, de faire vaciller nos identités et identification faciles, d’ajouter des nuances à nos analyses en noir et blanc, de nous permettre de voir le monde (y compris nous-mêmes) à partir d’autres point de vue. »[1] Et Miguel Torga de renchérir, « l’universel, c’est le local, moins les murs ». Certes, le travail agrège fondamentalement les notions de base culturelle, mais réagit aussi à la culture fraichement adoptée à la faveur de l’exil. Les influences européennes, et suisses en particulier, se trouvent avérées.

         Ils sont des exemples édifiants de l’authenticité et du dialogue synthétique, mais surtout du dépassement de leur civilisation et celle venue d’ailleurs ou de l’étranger.

Ils exercent leur art dans un climat et une situation postcoloniaux et ainsi se confrontent à l’ambigüité assumée d’un art d’origine face à un art importé. Ils ont tout simplement posé la passerelle entre l’Afrique et l’Occident. Ces plasticiens ont refusé la construction de murs qui les enfermeraient dans des ghettos culturels pour ainsi construire des ponts afin de cheminer librement entre ici et là, entre là-bas et ailleurs. L’autre aspect qui relie fortement ces artistes est le questionnement sur la matière, le signe, la couleur, les matériauxqui organisent leur pratique artistique. Ainsi ce partage distribué de pratiques et de convictions artistiques qui aboutit tout naturellement à un art contemporain africain.  Ils nous confrontent à l’évidence des richesses et de la vitalité inhérentes à notre pratique artistique et à sa contemporanéité. Et si les initiatives individuelles se multiplient sur le devant de la scène artistique, elles ne s’en réclament pas moins d’un substrat de réflexions communément partagées sans pour autant constituer une école. Christiane Falgayrette –Leveau, lors de l’exposition de l’art sénégalais au Musée Dapper dit à propos de ces réflexions : « Elles questionnent sans relâche l’environnement, la société et ses transformations. Les regards se posent à proximité, sur le monde urbain, Dakar et sur le quotidien proche de celui de bien d’autres pays africains ayant partagé les mêmes difficultés et les mêmes attentes. »[2]

Ce que ces artistes ont en partage est le fait de plonger le spectateur dans les réalités culturelles qui évoquent des souvenirs et des traces de vie. Et au-delà de cette apparence et d’une réflexion sur le réel, « l’œuvre pose un débat sur la création contemporaine, aux antipodes du culte identitaire inconfortablement cultivé ici et là. L’espace, le temps, l’interdisciplinarité, la pluridisciplinarité, l’objet, le public, l’inédit du geste des auteurs tout y est évoqué »[3]

    Momar SECK

                                                                                          Commissaire et curateur   

Contact

Tél : 0765960513

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[1] Nancy Huston, écrivain américain, article : Eclairer nos lanternes, dans le journal, le Monde- dossier et documents- N°410 juillet-aout 2011. Page 2

[2]Le Sénégal Contemporain- Christiane Falgayrettes-Leveau  et Sylvain Sankalé. Livre édité sous la direction de Christiane Falgayrettes-Leveau à l’occasion de l’exposition Le Sénégal contemporain, conçue dans le cadre de l’Année Senghor et de la « Francophonie !le festival francophone de en France » au Musée Dapper- Editions Dapper 2006.Page 15

[3] Sidy SECK dans le magazine Afrik art numéro 2 publié en décembre 2005. Page 24 

 

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