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La Rédaction

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Eric Cantona : « Ce que j’ai vécu du Sénégal »

De passage au Sénégal pour le tournage d’un documentaire, l’ancien attaquant français souligne l’importance du football de rue pour développer la créativité des joueurs.

 

Il restera toujours le « King », la star des Red Devils de Manchester United. A 51 ans, Eric Cantona, l’homme qui a fait chanter la Marseillaise aux Anglais, a fait un passage à Dakar pour les besoins d’un documentaire tourné dans trois pays, Finlande, Pérou et Sénégal, tous qualifiés pour le prochain Mondial de football, qui se disputera du 14 juin au 15 juillet en Russie. Avec son franc-parler, l’ancien attaquant (45 sélections en équipe de France) livre sa vision de la planète foot et déclare sa flamme au continent africain, auquel il prédit un avenir radieux.

Quel est le but de votre visite au Sénégal ?

Je tourne dans un documentaire qui sera diffusé sur Eurosport. En me baladant dans les rues, je rencontre les habitants pour comprendre ce que représente le foot, comment il se développe, quelle place il occupe dans la société. Nous sommes allés en Islande et on doit ensuite aller au Pérou.

Cinq pays africains [Sénégal, Nigeria, Egypte, Tunisie et Maroc] vont participer à la prochaine Coupe du monde. Ont-ils leurs chances ?

Si vous retrouvez des interviews que j’ai données il y a une vingtaine d’années, j’explique qu’une équipe africaine gagnera dans un avenir proche la Coupe du monde. Aujourd’hui, les meilleures atteignent le niveau des quarts de finale, mais je persiste à dire qu’une équipe africaine gagnera bientôt la Coupe du monde.

Que vous inspire le foot africain ?

Je suis fasciné ! Je trouve ça tellement beau de voir des enfants et des adultes jouer au foot comme au Sénégal, c’est incroyable ! En France, on ne voit plus de matchs dans les rues. Quand j’étais gamin, on avait cinq entraînements par semaine, on jouait partout, à l’école, à la maison, dans la rue, dans les aires de jeu. Il y a des gamins qui continuent, mais de moins en moins dehors, parce qu’il n’y a plus d’espaces de jeu. Je trouve ça dommage parce que le football de rue, jouer sans contraintes, en toute liberté, est très important. Il développe la créativité et c’est pour ça qu’une équipe africaine va gagner bientôt la Coupe du monde.

Les équipes africaines ont-elles le niveau ?

J’ai visité plusieurs académies ici et j’ai vu une vraie formation, très structurée, avec des jeunes qui arrivent à l’âge de 12 et 13 ans et qui ont passé des années à jouer dans la rue. Pour élever le niveau, il faut du football libre et des entraînements structurés, et c’est exactement ce que j’ai vu ici. Le Sporting Club de Lisbonne travaille comme ça. Jusqu’à un certain âge, on laisse s’exprimer la personnalité du joueur. Le club a sorti des pépites comme Ronaldo, Nani, Figo… Ils sont capables d’évoluer dans un collectif, mais peuvent faire la différence individuellement. Le football africain correspond exactement à ça.

Depuis la fin de votre carrière, en 1997, vous vous êtes reconverti comme acteur. A quand un long-métrage en Afrique ?

Je reviens de Chine, où j’ai passé deux ou trois mois pour un projet cinématographique avec une équipe de jeunes footballeurs. J’adorerais tourner en Afrique. J’ai des projets et cela fait quelques années que j’y travaille. Il s’agirait plus d’une série que d’un film.

Que retiendrez-vous de votre voyage au Sénégal ?

J’aime voir les gens dehors, se parler, s’amuser. Il y a de l’humour et on sent que les habitants sont vivants… J’adore les voyages, rencontrer les gens, les personnages. Au Sénégal, j’ai discuté avec Youssou Ndour et le grand guide religieux Serigne Modou Kara Mbacké. Il s’agit d’expériences magnifiques, de rencontres très émouvantes.

 

Vous avez également croisé El Hadji Diouf, le « bad boy » du foot sénégalais. Que vous êtes-vous raconté ?

Nous sommes de deux générations différentes. C’est dommage qu’on n’ait pas pu jouer en même temps. Ce serait magnifique de pouvoir faire un match l’un contre l’autre ou alors ensemble. C’est un grand joueur, une grande personnalité. J’adore les forts tempéraments.

Avez-vous croisé Sarr Boubacar, dont vous avez toujours été fan ?

Quand j’allais au stade Vélodrome avec mon père et mon frère, Sarr était l’idole de tous les Marseillais [le Sénégalais a joué à l’OM de 1975 à 1979 puis de 1983 à 1985]. Après j’ai eu la chance de jouer avec lui, il était en fin de carrière et moi en début. C’était à Martigues [de 1985 à 1986], en deuxième division, et je sortais du centre de formation d’Auxerre. Oui, j’ai eu cette chance incroyable de jouer avec mon idole ! Ici au Sénégal, j’ai pu l’avoir au téléphone mais on n’a malheureusement pas pu se voir. Sarr a marqué le football français, car c’est une personnalité intelligente, généreuse et sympathique, à l’image de son jeu sur le terrain.

A Manchester, le numéro 7 des Red Devils semble toujours difficile à porter depuis votre départ…

Ç’a toujours été un numéro particulier. En Angleterre, le numéro 7 est un peu le numéro 10 au Brésil, en Argentine ou en Afrique. Il y a eu Ronaldo, qui jouait un peu partout, George Best, à l’époque, qui jouait sur le côté aussi, Bryan Robson, qui était milieu relayeur avec un fort caractère de battant. Je pense que le numéro 7 est le numéro qu’on donne à un joueur particulier de l’équipe, mais pas forcément à un poste défini. J’étais évidemment très fier de le porter à Manchester United.

Que pensez-vous du Manchester United de José Mourinho ?

J’aime beaucoup cet entraîneur, qui a prouvé qu’il était capable de gagner de grandes compétitions et des titres depuis plus de dix ans. Mourinho continuera de gagner des matchs, car c’est un stratège. Son style est plutôt défensif, mais il le fait merveilleusement bien.

 

Comment voyez-vous l’équipe de France aujourd’hui ?

C’est très difficile de dire que je vois cette équipe aller loin dans le Mondial. Toutes les équipes qui sont à la Coupe du monde, sont de grandes équipes, chacune a sa chance. Dans le football, il doit y avoir des surprises, mais il n’y a plus de petites équipes. Si au départ il y a un favori et qu’il ne joue pas à 100 % de ses moyens, il n’a aucune chance. La France a ses chances, comme l’Allemagne, le Sénégal et tant d’autres équipes.

Le Monde

Pré-colloque international des Layènes : l’éducation, la paix et la sécurité au menu.

Le Cercle de Réflexion des cadres et intellectuels de la communauté layène regroupant des cadres de divers horizons organise, le samedi 7 Avril 2018 à  09 h 30, au King Fahd Palace Hôtel à Dakar, un pré colloque sur le thème : « L’Education, gage de la promotion de la paix et de la sécurité dans le monde.  Le Modèle prôné par le Mahdi Seydina Limamou Lahi (Psl) ».

Cette importante manifestation placée sous la présidence du Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Macky Sall, verra la participation de près de trois cents invités de marque et de différentes sommités nationales et internationales pour partager leurs expériences sur les questions relatives à l’éducation, la paix et la sécurité. A cet effet, cet événement s’inscrit dans le cadre du lancement des activités en marge de la commémoration du 138ème anniversaire de l’Appel de Seydina Limamou Lahi (PSL).

Baobabafrique.com

Lions d’Afrique : après l’Inde, cap vers l’Europe

  • Publié dans Danse

Après des prestations remarquables en Inde du ballet « Les Lions d’Afrique » du 16 au 18 mars 2018, les artistes sénégalais ont été plébiscités au pays de Mahatma Ghandi. Sous la direction artistique du chorégraphe Laye Ananas, ces ambassadeurs de la culture sénégalaise ont séduit le grand public indien par leurs spectacles.

Des producteurs et promoteurs culturels ont assisté aux différents spectacles. Ils ont apprécié la qualité esthétique et artistique des prestations. Résultat : des tournées européennes sont prévues avec la proposition des promoteurs. « Nos spectacles ont été appréciés par les Indiens et nous demandent de revenir pour d’autres manifestations artistiques. Ensuite, des producteurs européens nous ont proposé des tournées en Norvège, Suède, Danemark, Hollande, Espagne, Womex, etc ».

Pour rappel, Mumbai, ville indienne, a accueilli avec enthousiasme au mois de mars 2018, le groupe artistique « Les Lions d’Afrique » sous la direction du chorégraphe Laye Ananas. Avec le groupe Taal India, les artistes sénégalais se sont produits sur des scènes prestigieuses en présence des personnalités indiennes et du public et des écoliers. Les rythmes et mélodies ont fusé devant des centaines de spectateurs qui manifestent leur joie.
"C'est la première fois que des percussionnistes sénégalais jouent avec des percussionnistes indiens. Jusqu'à présent, ils se fondent bien», explique Mahesh Babu, l'organisateur du concert. Pour sa part, Laye Ananas, Directeur artistique des Lions d’Afrique, fait remarquer :"Nos instruments sont différents, mais nous avons réussi à bien nous entendre: c'est le début de grandes choses à venir ».

Baobabafrique.com



Mémorial de Gorée : « Ils ont essayé de nous enterrer, mais nous sommes des graines »

Le Centre d’Information des Nations-Unies a accueilli, le mardi 27 mars 2018, en partenariat avec le Mémorial de Gorée, une foule de visiteurs dont l’Université de Dakar ainsi que des amis venus des Caraïbes dont la prise de parole a été lumineuse et décisive. Le film sur le parcours du projet de Mémorial de Gorée a été projeté. Le Président Macky Sall s’exprime dans ce film et dit bien haut qu’il s’est habillé d’une volonté politique forte pour réaliser le Mémorial. Nous n’en doutons pas au regard de ce que nous l’avons vu déjà poser comme acte fondamental majeur. Nous n’en doutons pas pour avoir été là, en Guadeloupe, quand le Président François Hollande a invité le Président du Sénégal à prendre part à l’inauguration du Mémorial Acte, dans les Caraïbes, à Pointe à Pitre. Depuis Senghor, un Président sénégalais n’avait refoulé le sol de nos sœurs et frères des Caraïbes.

Ceci dit, Dieu ne s’est pas enfui, mais nous ne pouvons plus l’attendre pour nous sauver du mépris et de la bave. Lui est Amour et Miséricorde ! Ce qui s’est passé avec la tragédie de l’esclavage, il y a des siècles et ce qui se manifeste encore sous nos yeux aujourd’hui sous d’autres formes, n’est pas beau, n’est pas juste et ne s’arrêtera pas avec les Nations-Unies et les faux sanglots de l’Occident. Une nouvelle animalité est née, nourrie par un obscurantisme tenace.  Aucun homme, quel que soit la couleur de sa peau, n’est voué par sa naissance aux luttes d’une vie que d’autres ont décidé de pourrir. Qui disait que le peuple noir n’a jamais connu de répit pour avoir le temps de penser à son développement ? C’est par nous-mêmes, Africains et Noirs de toutes les couleurs, que tout s’arrêtera, quand nous cesserons d’être des peuples inanimés et certains de nos États de la quincaillerie. Incontestablement, l’Afrique se réveille. Nous ne devons pas, cependant, nous tromper de combat. Comme le disait Césaire, refusons de nous diluer dans l’universel mais ne nous figeons pas non plus dans des identités closes. Le message de Senghor reste d’actualité: s’enraciner mais s’ouvrir. C’est le prix à payer pour un monde plus solidaire, plus intelligent, plus interdépendant, plus tolérant, plus métis pour une Afrique non isolée mais participant au rythme du monde et faisant le monde.

Avec ce qui s’est passé en Lybie et ce qui se passe encore sous nos fenêtres dans nombre de pays arabes, nous ne sommes plus dans la tragédie mais dans quelque chose de plus cruel, de plus intolérable, de plus bouleversant, venu non des bourreaux -les bourreaux ont toujours un visage- mais de quelque chose de plus putride, de plus reptile que les bourreaux eux-mêmes. La tragédie de l’esclavage sous toutes ses formes et dans ce qui la dépasse, ce n’est point ceux qui vendent et minorent nos frères et nos sœurs. La tragédie, c’est nous qui regardons et qui ne font qu’accuser, sans agir. Le Président Macky Sall a levé très fort la voix et la lève de plus en plus fort avec nos enfants assassinés un peu partout dans le monde. Sa voix ne doit pas baisser et elle ne baissera pas. Mais, elle doit être armée.

La tragédie, ce sont nos États africains. La tragédie c’est nous-mêmes d’abord, notre rapport avec nous-mêmes, avec nos peuples, avec nos jeunesses. Le mal, c’est d’abord nous. Nous avons tellement mal, que nous fuyons nos propres miroirs. Nous allons chercher des traits de bien-être dans le miroir des autres qu’eux-mêmes ont fui, car ils savent qu’ils ne sont plus beaux. Nous, nous avons oublié notre beauté parce que nous avons mal, parce que nous avons honte de voir ce que nous sommes devenus depuis nos indépendances. Le monde n’est plus le reflet de ceux qui le commandent injustement, mais de ceux qui regardent faire. Refusons d’être des détaillants qui achètent chez les mêmes grossistes.

Nous nous mentons. Nous mentons à nous-mêmes. L’Afrique appelle au sursaut national depuis de très longues décennies et les années passent et nous rient au nez. Le monde se fait, s’accomplit. On promet-ou nous nous promettons- de nous atteler aux wagons du développement, le bien être social. Et les trains passent et nous restons sur les quais, parce que nous attendons des valises qui ne sont pas arrivées et qui n’arriveront pas. Nous nous jouons du temps, de la discipline, de l’organisation, de l’éducation, de la formation, de la prospective. Tout ce qui devrait nous pousser à l’excellence nous fuit, parce que nous fuyons le travail et mettons dans notre lit la paresse, l’indiscipline, la médisance, la corruption, la médiocrité, le copinage, la facilité. Il est temps que la foi des peuples et la vision des créateurs guident la conviction des élites politiques en Afrique! La faillite a trop duré !

Nous sommes nos propres esclaves. Nous forgeons tous les jours nos propres chaînes. Il est temps de se regarder en face au lieu de tirer sur les autres. Voilà pourquoi le temps des infrastructures est arrivé. Voilà pourquoi ériger le Mémorial de Gorée est important. Voilà pourquoi célébrer la mémoire, tout court, est important. Au-delà du devoir de mémoire, cause incontournable, et du devoir du Sénégal d’ériger un monument du souvenir et du pardon en phase avec la caution de la communauté internationale depuis des décennies, il y a le fait que le projet du Mémorial occupe une  position centrale en raison de son impact. Le complexe du Mémorial de Gorée est un objectif prioritaire de politique nationale et nous pousse à accéder au marché international des biens et des services de par ses contenus et les flux internationaux de ses visiteurs. Il s’y ajoute qu’il célèbre la mémoire, le recueillement, nous garde éveillés, forme et arme notre jeunesse.

"Un milliard de personnes naîtront en Afrique dans les trente prochaines années et 900 millions quitteront la campagne pour la ville. En 2050, une personne sur quatre dans le monde sera africaine et 50% d’entre elles auront moins de 25 ans ». C’est un bouleversement qui aura des effets considérables sur l’économie, y compris l’économie liée à la culture et dont le Mémorial est un symbole vivant et puissamment représentatif. C’est d’un patrimoine culturel mondial que le Sénégal s’apprête à abriter. C’est une œuvre qui séduira l’imaginaire de tous les peuples et sera incluse dans les réseaux de distribution dominants dans l’espace culturel mondial.

Nous avons rendez-vous avec l’avenir et le Président Macky Sall nous y pousse en soutenant avec une volonté politique décisive ce projet de mémoire. Il fait de même pour le musée des civilisations noires. Il est difficile de ne pas le remercier de l’acte politique qu’il a posé. Il ne doit pas être difficile, non plus, de pouvoir remercier un Chef d’État quand il avance et surtout quand il avance sur un projet culturel emblématique qui date depuis Jésus et  défendu par toute la communauté internationale avec des Résolutions de l’Onu, de l’Unesco, de l’Union Africaine, de l’Isesco. Depuis d’interminables et douloureuses décennies, nous attendons. L’heure a sonné et le Président Sall a demandé à tenir l’horloge, sans contrainte. Nous ne faisons que rendre hommage à un acte politique à un moment où cet acte aurait pu ne pas être évident, au regard des urgences du développement qui s’imposent et dépassent même parfois un Chef d’État, tant il y a à faire. Que son actuel ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly, soit également remercié pour sa veille et son engagement participatif au débat culturel, intellectuel et scientifique national, comme il y a peu, sa solide et courageuse contribution au questionnement crucial à la fois sur les enjeux modernes et identitaires ainsi que les nouveaux habits de l’ambitieux et épineux Musée des civilisations noires. Nos ministres écrivent si peu ! Peut-être que pour vivre moins dangereusement, il faut vivre sans écrire. Mais, ceux qui écrivent, écrivent, sinon ils manquent d’air, ils étouffent. Ils se meurent.

Dans un pays qui se veut émergent, il faut des infrastructures locomotives marquantes portées et soutenues à la fois par les pouvoirs publics, le secteur privé de l’économie, les créateurs, les diffuseurs, les promoteurs. Le Mémorial de Gorée est porteur de cette envergure et de cette ambition. Notre pays, le Sénégal, abritera un grand patrimoine culturel voulu, désiré, visible et qui figurera le moment venu parmi les premières destinations touristiques du monde. Le visage du Sénégal en sera changé. Le Mémorial de Gorée enrichira l’offre et la demande culturelle du Sénégal. Ce projet est en soi-même une exigence, un rendez-vous culturel international, c'est-à-dire une destination de visite artistique et mémorielle que toute la diaspora noire dans le monde et au-delà d’elle, attend. Il sera inscrit dans tous les agendas. Ce sera l’émergence d’un nouveau pôle sur la carte culturelle du monde qui, à court terme, contribuera au produit intérieur brut en capturant des parts de marché financier culturel global.

Sans volonté politique affirmée, rien ne s’accomplit quand il s’agit de bâtir des pyramides. Il faut savoir donner leur part aux pyramides. Ce sont elles seules qui résistent et qui témoignent pour l’histoire. Les hommes passent et les grands arbres qu’ils ont plantés, restent. Leur ombrage rappellera toujours à ceux qui viennent s’y abriter le nom du planteur.

La construction du complexe du Mémorial de Gorée est bien sûr liée à la sauvegarde de l'île de Gorée, symbole d'une mémoire commune qui tient en éveil la douloureuse histoire de la traite négrière. Gorée est devenue fragile dans un environnement rendu de plus en plus difficile par le réchauffement climatique et une redoutable érosion qui s'accélère d'année en année. Le complexe du Mémorial de Gorée, dans ses missions et ses objectifs, sera, en premier, un lieu de recueillement et de souvenir mais, aussi un centre de communication, d'activités artistiques et esthétiques, d'éveil scientifique et technologique. Il sera un lieu de socialisation avec le sentiment d'appartenance à une communauté noire forte, soudée, solidaire et ouverte sur le monde. Le Mémorial de Gorée ne sera pas seulement un monument commémoratif, mais un puissant instrument de promotion et de renaissance culturelle de l'Afrique. Il sera un laboratoire de la coopération internationale pour la cause des droits de l'homme. Il s'agira de resserrer les liens entre les Noirs d'Afrique et ceux de leurs frères de la diaspora, renforçant ainsi l'identité culturelle des peuples noirs. Le Mémorial de Gorée développera la recherche et la réflexion entre toutes les communautés internationales et combattra les préjugés de race et de culture. Le Mémorial de Gorée a une spécificité fondamentale: en effet, en même temps qu'il constitue un puissant projet culturel, économique et social, il porte la dimension d'une nouvelle génération de patrimoine architectural, marquant une profonde restructuration tenant en compte la cohérence du tissu urbain de notre capitale, Dakar.

Ce projet est un projet total, moderne, innovant, porteur de croissance et de développement. Outre le nouvel embarcadère de Gorée qui sera érigé au bas du Mémorial sur la corniche ouest de Dakar, le Président Sall en recevant l’architecte du Mémorial en séance d’écoute et de travail, a souhaité que du complexe du Mémorial sur la corniche, une chaloupe desserve l’île des Madeleines que peu de Sénégalais visitent. C’est d’une nouvelle page qu’il s’agit dans l’offre et la restructuration du tissu urbain dakarois. Par ailleurs, un parking géant jouxtera le Mémorial et soulagera les automobilistes, en attendant de voir le Plateau, un jour, devenir un espace piéton. Outre le musée de l’esclavage qui recevra de manière tournante des collections du monde entier, une esplanade ouverte sur la mer, pouvant contenir près de 1500 personnes, sera livrée au public. Le complexe du Mémorial offrira, par ailleurs, dans ses contenus, une bibliothèque, des salles de spectacles polyvalents, des galeries marchandes de l’art traditionnel sénégalais et sahélo-sahélien, des aires de jeux, de promenade, de restauration et de repos face à l’océan. Les familles pourront venir s’y détendre. Un planétarium accueillera les visiteurs qui, à l’intérieur, grâce à des outils technologiques de haute définition, y referont le voyage tragique des esclaves, dans une bouleversante émotion qui n’épargnera personne. Un an après son inauguration, le complexe du Mémorial dont le mât culmine à plus de 150 mètres avec une plateforme aérienne à 75 mètres d’altitude du sol, desservie par deux ascenseurs panoramiques, enregistrera près de 800 mille visiteurs venus de tous les continents. Gorée ne recevrait actuellement que100 mille visiteurs par an, ce qui est fort peu. Pour le Mémorial, son chiffre d’affaires est estimé entre deux à trois milliards par an. L’île de Gorée en sera la principale bénéficiaire pour sa sauvegarde et le développement de ses habitants. Un pont piéton et voiture enjambera l’Avenue Martin Luther King pour permettre la fluidité des visites et assurer le lien sécuritaire et populaire du Mémorial avec les populations venues de la médina et de tout Dakar, dans un espace fluide, conçu et pensé hors de tout embouteillage.

Le Mémorial de Gorée ne nous invite pas à nous arrêter à un monument funéraire. Ce serait trahir la mémoire de nos millions de sœurs et frères déportés et morts. Il nous faut un juste équilibre entre le deuil, le pardon, la résistance et les promesses de l’avenir. Nous n’appelons pas à une réparation. La vraie réparation c’est de refaire l’histoire, prendre acte et clamer haut que ce qui s’est passé n’est pas juste, n’est pas beau et doit s’arrêter là, à tout jamais. Notre âme comme celle de nos morts désirent la paix, le respect et non la vengeance. Avec la barbarie de l’esclavage, le temps a tout dit à la postérité. Alors, préparons ensemble l’avenir sans que plus personne ne fasse la queue derrière l’autre, par pauvreté et servilité. « Ils ont essayé de nous enterrer. Ils ne savaient que nous étions des graines ».

Puissions-nous être les otages des rêves de nos peuples et de l’humanité dans ce que cette dernière laisse de plus beau à la postérité.L’esclavage n’est pas l’avenir de l’homme. De tout homme. L’être humain ne vient jamais au monde les mains vides. Ne ruinons pas la santé éthique de notre civilisation et n’abîmons pas l’espérance tapie en chacun de nous. Etre vivant, dit-on, c’est aider l’autre à vivre. Alors, comment expliquer cette fascination de certains hommes pour rendre d’autres hommes inaptes à vivre ? La réalisation du Mémorial de Gorée en porte et le message et la guérison.

 

 Amadou Lamine SALL

Commissaire Général à la réalisation du Mémorial de Gorée.

Mutuelle de santé : 100 millions pour les acteurs culturels

Le Ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly a remis, ce jeudi 29 mars 2018 au Grand Théâtre national de Dakar, un chèque d’un montant de 100.000.000 francs Cfa à la mutuelle nationale de santé des acteurs culturels du Sénégal.  Cet appui considérable du président Macky Sall relève de la volonté du gouvernement d’assurer la protection sociale et médicale de l’ensemble des acteurs culturels.  

Dans son allocution, le ministre de la culture note que ce projet se résume en deux : « le premier a été franchi avec la mise en place de la mutuelle de santé des acteurs culturels, et que le deuxième consiste à affilier les artistes à la caisse de sécurité sociale», dit-il.

Babacar Diouf, président du Conseil d’administration de la mutuelle de santé des acteurs culturels loue la grande générosité de son Excellence Macky Sall. « Nous remercions le Président de la République à travers son ministre pour ce beau projet rendu possible et saluons l’attention toute particulière qu’il a portée à cette mutuelle depuis sa création ».

Il poursuit : « Grace à ce don, nous allons prendre en charge une grande forte  demande de cotisation annuelle de milliers acteurs pour l’année 2018. Désormais nous avons un mutuel autonome avec une envergure nationale et surtout à vocation  sociale. Ainsi,  pour garantir l’efficacité, le service offert et préserver la pérennité de la mutuelle qui s’avèrent d’une utilité capitale. Le système de gestion et le suivi de la mutuelle fonctionnent sur une plateforme qui va permettre la saisie des données de n’importe quel support connecté à l’internet». Ainsi, le Ministre de la Culture exhorte les acteurs culturels à adhérer massivement à la plateforme et à cotiser régulièrement.

Pour sa part, l’artiste comédien Lamine Ndiaye estime que cette journée est d’une importance capitale pour tous les acteurs culturels. « Ce soutien vient à son heure, même si nous sommes restés sobres et pacifiques avec intelligence parce que nous pensons toujours que la culture, c’est ce qui fait l’humain », fait-il remarquer.

Fana CISSE (Baobabafrique.com)

Arts visuels :korka Ndiaye primée à Monaco

Le jury du concours international « Open des artistes de Monaco » a primé, ce mardi 27 mars 2018 à Monaco, la Sénégalaise Korka Ndiaye » pour son œuvre d’art titrée  « le rêve des frontières ».

Plus de 80 œuvres d’art ont été sélectionnées à ce 8èmeconcours international initié par la Galerie L’Entrepôt de Monaco de Daniel Boerien partenariat avec Monaco Télecom et la Compagnie monégasque de Banque CMD. Des artistes de la France, du Monaco, de la Russie, d’Italie, d’Autriche, du Canada, du Sénégal (représentant l’Afrique), des Philippines ont rivalisé de créativitéautour du thème « Frontières: la limite comme épaisseur»au cours de cette compétition artistique internationale. Le jury a donc porté son choix sur l’œuvre picturale de Korka Ndiaye grâce àson originalité, sa dimension esthétique et sa portée du message d’invite à une nouvelle humanité. Avec ce Prix du jury, la Galerie L’Entrepôt organisera une grande exposition individuelle de Korka en 2019 dans la principauté monégasque.

La lauréate de l’édition 2018 du prestigieux concours artistique monégasque à vocation internationale, Korka Ndiaye, est artiste peintre, styliste, créatrice de bijoux, de perles et accessoiresde mode. Créatrice pluridisciplinaire de talent, Korkaest née dans une famille d’artistes à Thiès. D’un père cheminot et animateur de radio et d’une mère couturière, Korka, assistante de direction, a finalement opté pour sa passion: les arts. Dans ses créations artistiques et de mode, Korka, la citoyenne du monde s’inspire des cultures africaines d’abord ensuite s’ouvre aux fécondantes influences européennes, indiennes. Elle lance son label designkorka avec ses collections variées et ses créations artistiques vendues au Sénégal, à Venise, Monaco, Paris sur la Côte d’Azur, en Amérique entre autres pays.

Contact-presse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Théâtre : Pikine célèbre ses comédiens le lundi 2 avril 2018

Sous l’égide de la Commune de Pikine Nord, de Pikine Est et de la Ville de Pikine, Rabat Production organise la grande représentation théâtrale pour célébrer les artistes-comédiens de la troupe NourouSassoum », lauréats au Festival national des arts et culture FESNAC du Ministère de la Culture. 

A cette occasion, la troupe théâtrale NourouSamsou de Pikine présente la pièce de théâtre « Point du désert »  le mardi 2 avril 2018 à 16 heures au Théâtre de Verdure Fodé Doussouba de Pikine-Nord.

Représentante de la région de Dakar au Festival national des arts et culture FESNAC à Kolda et Louga, Lauréate du FESNAC de Kolda, la troupe Nourou Samsou, nous plonge avec la pièce « Point de désert », la difficile situation des émigrés en plein désert en partance vers l’Europe. Les artistes-comédiens nous décrivent, l’état piteux, la souffrance, la désolation de ces clandestins errants. Dans cette désespérance, les émigrés découvrent du coup leur culture, s’y réfugient et expriment à travers leur culture leur espoir. La diversité culturelle dans le désert. C’est en ce moment qu’ils se rendent compte qu’ils peuvent vivre de leur art chez eux et trouver le bonheur dans cette expression artistique. Le chemin inverse est pris. C’est le retour au bercail. Avec fierté et enthousiasme.

Baobabafrique.com

Grande Conférence au Cicad : La pensée de Cheikh Ahmadou Bamba au menu

L'Académie diplomatique africaine ADA organise la Grande Conférence à Dakar, le 31 Mars 2018, au Centre International de Conférences Abdou Diouf (CICAD), sur « la pensée de Cheikh Ahmadou Bamba comme fondement d'un discours religieux de Paix, de Fraternité et de développement cohérent, au service de la Communauté mouride, des musulmans du Sénégal et du Monde entier ».

La leçon inaugurale sera introduite par Serigne Bassirou Abdou Khadre MBACKE, porte-parole du Khalife Général des Mourides.

Baobabafrique.com

Complexe cinématographique Ousmane Sembène : Inauguration le 31 mars 2018

Le groupe Saleh a répondu positivement à la volonté des autorités sénégalaises en mettant en place un complexe cinématographique à Dakar qui porte le nom du père fondateur du cinéma africain, Ousmane Sembène rappelé à Dieu il y a 10 ans. L’ouverture officielle est prévue le 31mars 2018. Les trois salles qui comptent un total de 500 places, répondent aux normes de sécurité requises et disposent de toutes les commodités nécessaires avec des équipements ultra modernes, sont chacune baptisées au nom d'un des pionniers du cinéma africain, sans compter une salle 5D qui porte le nom de Soukeyna Saleh, la fille du promoteur Youssef Saleh, décédée à la fleur de l’âge.

 Baobabafrique.com

Décès de Lamine Mbengue : message du Ministre de la Culture

C’est avec une profonde tristesse que j’ai appris le décès de notre compatriote Lamine Mbengue, à la fois  figure éminente de la créativité artistique  nationale et analyste lucide et pertinent de la situation et des enjeux de notre production audiovisuelle.

Comédien ou acteur, Lamine Mbengue a toujours été crédité de prestations que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier d’époustouflantes, dans les pièces ou téléfilms où, grâce à son envergure, il a toujours tenu les rôles les plus déterminants.

Cette capacité à incarner l’excellence a fait de lui un militant convaincu de la production de séries télévisées, reflétant nos réalités culturelles et mettant en lumière le génie  et le talent de nos acteurs.

En cela, il nous laisse en viatique  un message dont nous mesurons la profondeur et la  portée.

 En cette douloureuse circonstance, j’exprime, au nom de Son Excellence Monsieur le Président de la République, du chef du gouvernement  et en celui de toute la communauté artistique, mes vives condoléances à la famille éplorée et prie pour le repos éternel de l’âme du défunt.

 Abdou Latif COULIBALY

Ministre de la Culture

 

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