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Tribune ouverte à Guigui, artiste chanteuse

«J’aime bien mettre en évidence mon corps»

 

Décidée à déployer sa carrière à l’international, Guigui est ravie que le single de son premier clip, «Li ci mbeuguel», soit diffusé sur Trace Tv ou encore Mtv. Des projets plein la tête, elle ose s’habiller très sexy, sortir sentir des sentiers battus ; au risque de choquer certains et d’être accusée de flirter avec la franc-maçonnerie. Entretien.

 

Qui est Guigui ?

Je m’appelle  Ramatoulaye Clémentine Sarr. Je suis artiste chanteuse, auteure, compositrice. J’ai réellement commencé à chanter il y a juste quelques mois. En fait, je suis agente marketing de formation, mais la musique a toujours été une passion que j’ai voulu dévoiler au grand  public. J’ai eu l’occasion de le faire cette année ci, en 2013 ; plus précisément le 8 mars dernier, date à laquelle j’ai sorti mon single intitulé «Li ci Mbeuguel» que beaucoup de monde a apprécié. Depuis lors, je ne cesse de faire des émissions, des interviews, des prestations un peu partout à travers le Sénégal et dans la sous-région.

 

Tu as décidé d’innover en conceptualisant une musique dénommée pop mbalax. Peux-tu nous en dire plus à propos de ce style musical-là ?

Ce style je l’ai adopté pour apporter de l’innovation au niveau de la musique sénégalaise. C’est un peu pour me différencier, car à mon avis, en ce qui concerne la musique au Sénégal, on voit toujours les mêmes choses, les mêmes sonorités, les mêmes habillements, les mêmes coiffures je peux dire. Et je pense qu’il est temps qu’on essaie d’innover, de créer autre chose. Ce n’est pas pour rien que l’on voit des artistes africains qui évoluent à l’international. C’est notamment le cas des artistes venant du Nigeria. Je me suis dit pourquoi pas au Sénégal ? Il s’agit de tenter, d’essayer, de faire preuve d’originalité et de faire des choses à la perfection. De faire des choses pour se différencier de ce que l’on fait tous les jours, pour pouvoir décrocher un grand label international qui pourra vulgariser la musique sénégalaise, à travers le monde. Je prépare un album, mais étant donné que c’est le monde du business, on a adopté une stratégie qui consiste à produire plusieurs singles dans un premier temps. Nous allons faire 3 à quatre singles, avant d’évoluer vers l’album. Un album prend du temps, parce qu’il faut vraiment bien faire les choses, trouver de bons musiciens qui peuvent composer un genre musical en adéquation avec mon inspiration. Le pop mbalax c’est quelque chose de difficile.

 

Qu’est ce qui constitue la difficulté selon toi ?

La composition du pop mbalax est difficile. Le mbalax est trop rythmique ; alors que le pop, c’est à la fois R’N'B et soft, et à la fois blues et jazz ; c’est la raison  pour laquelle il faut trouver un bon arrangeur qui s’inscrit dans cette dynamique là. Et au Sénégal, c’est difficile de trouver des arrangeurs qui ont cette perception de la musique, et qui peuvent composer la musique pop-mbalax que je sens personnellement. Je suis un peu surprise, parce que le public sénégalais a énormément aimé «Li Ci Mbeuguel». Il le danse comme le mbalax. Ici, on danse aussi bien sur des accents pop, rap ou R'N’B ; donc si tu mixes le mbalax avec le pop, ça constitue une innovation. Et ça m’a vraiment fait plaisir de constater que le public a une perception positive par rapport à ma musique. Leur soutien, leur amour de ce que je fais, m’encourage à aller de l’avant et à perfectionner ma musique.

 

Ta première chanson est une chanson d’amour. Quels sont les autres thématiques que tu pourrais aborder à l’avenir ?

Prochainement on va parler de tout. C’est moi qui écris mes chansons. Je parle de choses qui émanent de la vie, qui parlent de la vie quotidienne des gens, qui émanent aussi de la vie de Guigui, parce que quand je vous parle de moi, je vous parle de vous en quelque sorte. En ce qui concerne «Li Ci Mbeuguel», on me demande si j’ai vécu l’expérience décrite dans la chanson, et je dis non. Les gens me disent que c’est comme s’il s’agissait d’une histoire de la vie courante. Il y a même des hommes qui me disent que leurs femmes ne s’occupent pas bien d’eux, et c’est la raison pour laquelle ils vont voir ailleurs, et que c’est bien de conscientiser les femmes pour qu’elles prennent bien soin de leur mari. Bien vrai que c’est une chanson qui parle d’amour, c’est aussi une chanson qui éveille les gens.

 

Tu arbores souvent des tenues très sexy. Pourquoi un tel choix ?

Qui connaît     Guigui, sait que j’ai toujours été comme ça depuis toute petite. De la maternelle jusqu’à l’université. Je m’habille sexy, j’aime bien mettre en évidence mon corps, mais comme on dit, «l’habit ne fait pas le moine». Je peux même me mettre nue, excusez moi du terme, mais j’ai quand même de la personnalité, j’ai un caractère et je sais me faire respecter. Quand je dis à quelqu’un, je ne veux pas telle ou telle chose, la personne ne va pas insister, je ne vais pas le faire. Comme je le disais, l’habit ne fait pas le moine. Je suis une femme, je suis une jeune fille, je n’ai pas un certain âge, donc je fais ce que les jeunes filles font. Peut-être que si j’atteignais l’âge de 30 ans, 40 ans, 50 ans, je changerai de comportement, parce que c’est ignoble de voir des mamans de 40 ans, de 35 ans, de 50 ans s’habiller sexy. J’aime bien les personnes responsables. Quand tu es jeune, tu t’habilles jeune. Si à un certain âge il faut s’habiller comme une dame, il faut tout de même que jeunesse se fasse comme on dit...

Tes coiffures sont aussi assez innovantes…

C’est dans cette même logique là. Pour innover et proposer autre chose que ce que le public a l’habitude de voir au Sénégal. Je n’aime pas faire des coiffures vulgaires, mais je suis dans une dynamique créative. Dans le clip de «Li Ci Mbeuguel», j’ai fait une coiffure avec des strass. Hier (vendredi, ndlr) durant la fête de la korité, j’ai vu des jeunes filles se coiffer avec des strass et franchement ça m’a fait plaisir de les voir. Si c’était une coiffure vulgaire, les filles ne l’auraient pas  copiée. Les strass parlent. Je me suis coiffé avec pour dire qu’il faut qu’on vive tant qu’on peut. Parce qu’il y a un adage qui dit qu’il faut prier comme si on allait mourir demain, mais il faut vivre comme si on n’allait jamais mourir.  Donc les strass parlent de la beauté, de la vie, de la lumière. Que Dieu nous préserve de l’ombre.

 

Certains disent que c’est un symbole maçonnique. Qu’est ce que cela t’inspire ?

J’avoue que c’est un collègue qui m’a téléphoné pour me parler de ces rumeurs. Il m’a appelée et m’a dit : «Guigui, on te traite de franc-maçon sur les sites internet». J’ai été surprise. Je n’ai rien à voir avec les francs -maçons et je pense que si j’en faisais partie, je ne serais pas à ce niveau aujourd’hui. Les francs- maçons en général sont des gens puissants, des gens riches. Ce n’est pas cohérent. Peut être que ma coiffure et surtout les couleurs de la vidéo, les ont poussés à véhiculer de telles rumeurs. D’ailleurs, j’en profite pour remercier mon réalisateur, Lionel. C’est lui qui a vulgarisé mon travail. C’est lui qui a fait de «Li Ci Mbeugel» un clip extraordinaire qu’on a diffusé sur les chaînes internationales comme Trace Tv, Mtv. J’étais vraiment fière que mon premier single rencontre autant de succès. J’en profite pour le remercier de passage, mais je tiens à préciser que je suis chrétienne, et que je ne sais même pas ce qu’est la franc-maçonnerie. D’ailleurs, je n’y crois même pas. J’entends dire que les francs -maçons sont des gens riches, puissants… mais moi je ne crois même pas en la franc-maçonnerie. J’ai voulu créer un style à moi, le vulgariser, mais ça n’a rien à voir avec la franc-maçonnerie.

 

Quelles activités mènes-tu au-delà de la musique ?

En ce moment, je suis en master 2, en communication commerciale et politique. Je suis agente marketing en même temps, dans une institution financière de la place. J’ai choisi ce métier, parce que j’ai toujours voulu évoluer dans le social. Et comme notre entreprise travaille dans le social, on essaie d’aider les gens qui n’ont pas la capacité d’accéder aux grandes banques, aux grandes institutions financières. On les aide à s’organiser, on les finance pour qu’elles puissent démarrer leurs activités.  Dans la micro finance, on n’attend pas que la personne travaille, qu’elle ait beaucoup d’argent pour lui demander de venir épargner son argent en nous le confiant. Par exemple, moi en tant qu’agente commerciale et marketing, je vois une dame qui a des enfants, qui ne travaille pas, qui peine à nourrir ses enfants, je viens, je discute avec elle et j’envisage avec elle des possibilités de financement, pour qu’elle puisse démarrer une activité qui lui permette de subvenir à ses besoins. On discute en tant qu’agente marketing et en tant que conseillère clientèle, mais aussi en tant que fille qui conseille une maman dans la difficulté. Après, j’essaie de la mettre en contact avec un agent de crédit, qui va lui accorder un crédit, afin de lui permettre de démarrer ses activités. J’avoue que j’en suis fière, parce que j’ai aidé pas mal de jeunes à démarrer leurs activités. Donc je ne m’imagine pas faire autre chose que le marketing et la communication en général.

 

Comment fais-tu pour mener de front le marketing et la carrière d’artiste ?

J’ai toujours été éduquée comme çà. J’ai toujours été forte, j’ai toujours été indépendante. Mes parents m’ont inculquée cette culture de toujours travailler, et je rends grâce à Dieu. Tant que tu veux, tu peux le faire et Dieu t’aidera à le faire. Ça ne me gêne nullement. Il y a des heures pour le travail que je respecte. Mon patron ne m’a jamais fait de reproches à ce propos. Même si je joue la veille, le matin je suis la première à être au bureau, et je rends grâce à Dieu pour cela.

 

Qu’en est-il de ta vie sentimentale ?

Guigui est seule dans son coin. Elle travaille tranquillement. Je ne veux pas dire que je suis célibataire, parce que c’est trop. C’est comme si personne ne voulait de moi. Là, je suis concentrée sur mon boulot et sur ma carrière pour le moment. Tout ce qui est relation, je préfère mettre ça en stand-by et travailler. Les hommes sont mauvais, je ne leur fait plus trop confiance. A la limite, j’ai peur d’eux. Peut-être que si quelqu’un de bien se présente, je pourrais envisager de faire ma vie avec lui ; mais je ne suis pas impatiente. J’y vais molo molo.

 

Peux-tu nous en dire plus sur ta prochaine production ?

Honnêtement c’est un projet vraiment balèze ; quelque chose qu’on n’a pas envie de voir au Sénégal. Je ne sais pas s’ils vont l’accueillir comme mon premier single, qui a eu énormément de critiques positives comme négatives. Les gens n’ont pas l’habitude de voir une mbalax woman s’habiller en rockeuse, avec des chorégraphes internationaux qui dansent le «thiakhagoune» autrement. Je compte multiplier cela par un million. On va voir Guigui, la véritable Guigui. Auparavant, le public a vu une chanteuse qui essayait de relier glamour et fashion victime, mais au prochain single, on va voir la vraie Guigui. C’est un projet vraiment osé, et on est en train d’en discuter avec mon réalisateur, mon staff, pour voir si le public sénégalais est prêt à recevoir ce produit. Moi je vise l’international, et je ne veux pas que ma musique se limite au Sénégal. Guigui veut décrocher des grands labels comme Beyonce, Lady Gaga, Nicky Minaj, et il faut qu’on montre à ces labels que nous pouvons accéder à ce statut là. Pour le moment, il y a pas mal de contacts ; mais on verra lequel choisir. Je remercie tous mes fans, surtout les sénégalais de l’extérieur. Je suis vraiment surprise. On m’envoie des messages de partout, j’ai atteint 5000 amis sur facebook en peu de temps, il y a même des demandes en stand by et je compte ouvrir une autre page pour rester en contact avec tout ce public.

 

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