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Littérature « Wolofal » mouride : Un moyen de répandre la connaissance et la foi

Dans le cadre du programme de l’exposition « L’esthétique mouride : un modèle de savoir être, de savoir-faire et de savoir devenir », le comité d’organisation a organisé, samedi 15 juillet 2017, un colloque sur la littérature « wolofal » en exemple aux œuvres de Cheikh Moussa Kâ et Serigne Mbaye Diakhaté. La cérémonie s’est tenue au Grand Théâtre national de Dakar.

Lors de la conférence inaugurale sur le thème « Introduction à la littérature wolofal mouride », préparée par Dr Samba Buri Mboup, enseignant-chercheur, l’occasion a été saisie par les organisateurs pour revenir, en partie, sur l’œuvre gigantesque du fondateur du Mouridisme. Dr Mboup se dit séduit par ce travail impérissable de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké. Pour mieux introduire son sujet, l’enseignant-chercheur, auteur d’une thèse de Doctorat en 1978 à la Sorbonne, a soutenu que l’écriture « wolofal » est une démocratisation de l’accès à la connaissance. Mieux, ce système est assimilable à une dialectique du besoin telle que définie par Aimé Césaire.

« Nous avons constaté une spécialisation des poèmes panégyriques de Serigne Touba obéissant à une préoccupation pure », note-t-il. A l’en croire, les civilisations ne peuvent vivre en vase clos ; d’où la nécessité de s’ouvrir aux autres cultures du monde.

Dr Samba Buri Mboup, par ailleurs, ancien ambassadeur du Sénégal en Afrique du Sud, a indiqué que le « wolofal » est une méthode graphique, un outil puissant qui prend en compte l’esthétique, mais aussi la propagation de l’Islam noir.

Le panéliste compare Serigne Mbaye Diakhaté, Cheikh Moussa Kâ, Cheikh Samba Diarra Mbaye… à la Pléiade française. « Chacun d’eux est une école ayant formé des disciples. Serigne Touba les a protégés contre certains qui jugeaient impertinents les textes «wolofal» », déclare M. Mboup. Il a aussi abordé le rôle de Cheikh Ibrahima Fall, connu pour son engagement à l’égard de Serigne Touba ; ce qui a donné une popularité à son œuvre devenue l’identité mouride. L’enseignant-chercheur reconnaît l’intellectualisation de la communauté mouride qui leur imprime une manière de parler, de s’habiller et d’être. « Cheikh Ahmadou Bamba a prêché par l’exemple à des fins de transformation de soi », a-t-il dit, non sans louer l’éthique et l’esthétique mouride.

Prenant la parole, Pr Mamoussé Diagne a affirmé la manière dont Serigne Touba fonda le Mouridisme. Pour lui, l’œuvre littéraire « Jazâ’u shakûr » est l’épine dorsale du Mouridisme. « Quand Ablaye Niang déclame « Moukhadimatoul Amdah », les fidèles tombent en transe ; c’est parce qu’il y a une chose mystique dans ces écrits. Cela dépasse le savoir (et l’entendement) », a dit l’agrégé en Philosophie.

De son côté, Dr Diao Faye, maître de conférences, a traité le sous-thème « Jasaawu Sàkooru Géej gi et Jasaawu Sàkooru Jéeriji » de Cheikh Moussa Kâ. Il a d’abord loué les vertus de l’exil. Ce voyage forcé est, pour lui, une source d’inspiration ; « il permet de s’exprimer, de raconter les malheurs subis. Adam et Eve ont été exilés. Cela est valable pour les prophètes Moussa, Jacob (As); Mouhamed (Psl) s’est fait exilé à Médine », a-t-il laissé entendre.

M. Faye, rappelant une trajectoire de l’histoire des érudits de l’Afrique noire, a indiqué que Demba Alarba, le guerrier Samory Touré et Cheikh Amala de Mauritanie ont été exilés et morts à leur lieu d’exil. Alors que Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, même isolé dans la forêt dense de la Guinée équatoriale, du Gabon, a eu la chance de retourner sain et sauf.

Le président du Comité scientifique de l’Appel des Layène, Djibril Diop Laye, note que Borom Touba a fait une révolution culturelle. « Comme l’a écrit Serigne Touba, les premiers hommes ne sont pas toujours agrées par Dieu au détriment des derniers », a-t-il rappelé. Le colloque sur le thème « Introduction à la littérature «wolofal» mouride », animé par d’éminents spécialistes de la question, a vu la participation d’universitaires et d’hommes de culture.

 

Serigne Mansour Sy Cissé

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