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Des éditeurs sénégalais listent les avantages du numérique

Des éditeurs sénégalais ont souligné mercredi à Dakar les nouvelles possibilités offertes par le numérique, en termes de réduction des coûts par exemple et de solutions aux problèmes de stockage, Internet demeurant ’’un choix avantageux’’ qui ne doit cependant pas être imposé, selon certains.

 

"L’édition numérique est une bonne opportunité pour l’Afrique qui manque de moyens, car les coûts des ressources humaines et les problèmes de stockage sont ainsi résolus", a soutenu Hulo Guillabert, directrice de "Diasporas noires éditions".

 

Internet, sous ce rapport, "est un support incontournable", soutient Mme Guillabert, une des pionnières dans l’édition du numérique au Sénégal.

 

Elle introduisait une conférence publique, dans le cadre d’un atelier de renforcement de capacités organisé par l’Association sénégalaise des éditeurs (ASE) au profit de ses membres, sur le thème "Edition imprimée et édition numérique : développement et enjeux"

 

"C’est la réalité, il faut faire avec. On a un accès universel aux personnes, aux lieux et aux savoirs, il est à la portée de chacun", fait valoir la directrice de "Diasporas noires éditions".

 

Le numérique reste toutefois "dépendant de l’électricité", a relevé Hulo Guillabert, ajoutant : "Le problème du paiement par Internet se pose, il y a une certaine méfiance dans le paiement en ligne, mais cela est en phase d’être résolu par les transferts d’argent existants".

 

S’y ajoute que selon Mme Guillabert, "beaucoup préfèrent le livre papier, on n’a pas beaucoup de lecteurs".

 

Pour Abdoulaye Fodé Dione des éditions "Abis", Internet "s’impose aux professionnels du livre (qui peuvent) prendre ce qu’ils veulent’’ sur le web, "c’est un libre choix".

 

"Le monde avance et on est obligé de faire avec", renchérit le directeur des éditions L’Harmattan Sénégal, Abdoulaye Diallo, selon qui le numérique "est loin d’être une imitation aveugle, c’est un choix avantageux".

 

M. Diallo, illustrant ses propos, estime qu’en comparaison, il lui fallait "12 voire 13 millions de francs CFA pour les frais de transport et de douane pour le tirage d’un ouvrage et huit semaines d’attente par bateau ou quatre semaines si c’est par avion pour recevoir l’ouvrage". 

 

Seulement, "il ne faut pas que l’on nous impose cette tendance", rétorque Seydou Nourou Ndiaye des éditions "Papyrus Afrique", ce qui ne veut pas dire "récuser le livre numérique", fait observer cet éditeur.

 

"L’analphabétisme est là, c’est une contradiction fondamentale ! Il faut à l’Afrique des milliers de livres, pourquoi l’impression à la demande ? On écrit dans une autre langue, et les langues africaines ?", poursuit le directeur de "Papyrus Afrique" en s’interrogeant. 

 

Il reste que face au développement des nouvelles technologies et à l’ampleur de leur développement actuel, "il était nécessaire de discuter de l’édition numérique", selon la présidente de l’Association sénégalaise des éditeurs, Aminata Sy, par ailleurs directrice des Nouvelles éditions africaines du Sénégal (NEAS). 

 Aps

 

 

 

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