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Abdoulaye Fodé Ndione : « L’édition a besoin d’innovation »

Le livre et l’édition sont indissociables. Et le développement de l’un fait forcement la force de l’autre.  Au Sénégal, l’édition a commencé à s’affirmer depuis les années 1970. Cependant, malgré le bon avant du secteur, l’éditeur Abdoulaye Fodé Ndione, directeur des Editions Abis, pense  qu’il y a lieu de travailler  pour innover et  moderniser le milieu de l’édition.   

Le Sénégal fait partie des pays pionniers en Afrique dans le domaine de l’édition, comment se porte actuellement la filière ?
En faisant la genèse de l’édition au Sénégal, qui a commencé avec la création des Nouvelles éditions africaines du Sénégal (Neas) dans les années 70, on constate qu’elle a fait un bond en avant. Nous assistons à la création de beaucoup d’entreprises d’édition qui se professionnalisent, à travers des programmes nationaux et internationaux. Aujourd’hui,  il y a un avancement dans la qualité de la production au sein de chaque maison d’édition. Les acteurs essayent  de se mettre aux normes de l’extérieur. Les auditeurs ont également la possibilité d’aller dans différents salons du monde pour voir ce qui se fait à travers ces pays. L’Association des éditeurs du Sénégal veillent à la qualité et à la bonne marche de l’édition. Toutefois, je pense que la l’édition a besoin d’innovation, de programmes, de projections et de modernisation.

Les éditeurs sénégalais sont conscients qu’il faut vraiment  aller de l’avant. L’édition se porte bien dans notre pays avec l’aide du ministère de la Culture à travers  le Fonds d’aide à l’édition. Certes ce fonds ne supporte pas tout mais il peut aider à la réalisation de certains travaux. Le travail essentiel doit être défini par les professionnels. Aujourd’hui, le grand problème de l’édition constitue la diffusion du livre. Il faudra continuer à former le personnel dans les maisons d’édition. Il n’y a pas de professionnels sénégalais dans le domaine de la diffusion. Si nous avions au moins trois ou quatre spécialistes peut être que la filière du livre aura quelque de chose merveilleux.

L’hégémonie du numérique dans notre société  est, aujourd’hui,  une réalité, comment la filière de l’édition pourrait-elle profiter de la magie des nouvelles technologies ?
Je pense que cela peut aider dans la diffusion. Le livre papier est obligé forcement d’aller avec le numérique.  Par rapport, à la diffusion, il  doit être en ligne afin que les gens puissent le découvrir. L’instantanéité de l’Internet fait quand le livre est diffusé,  il est rapidement visible en Chine. Il y a donc cette complémentarité. Cependant, je suis de ceux qui pensent que le numérique ne tue pas le livre en papier. Il s’agit de deux choses différentes que les gens confondent souvent. La finalité de l’éditeur numérique, c’est le livre numérique.

Comment les éditeurs et les professionnels de la chaine du livre peuvent-ils survivre quand l’engouement pour la lecture diminue ?
Il y va de la responsabilité  du gouvernement parce que les éditeurs ne peuvent pas pousser les gens à lire. Il faut une grosse politique de la lecture au niveau des écoles. Dans les programmes scolaires, il faudra faire revenir la lecture en masse au niveau des matières. Aussi, je pense qu’il serait bon d’organiser des séances de lecture pour pousser les jeunes à aller dans les bibliothèques. Au Sénégal, nous avons quelque rares bibliothèques publiques. Donc, il faudra créer une culture de bibliothèques afin que les gens puissent les fréquenter… L’autre problème c’est que livre est un peu cher par rapport au coût de fabrication. Les intrants sont vendus chers de telle sorte que cela impacte sur le prix du livre. Il y a des efforts à faire pour faire baisser le prix du livre afin de faciliter son accès.

Propos recueillis par Ibrahima BA et Alassane A. MBAYE ( Le Soleil)

 

 

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