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Un universitaire relève "l’amalgame littéraire" dans "bàmmeelu kocc barma" de boubacar boris diop

Bàmmeelu Kocc Barma", le dernier ouvrage en wolof du journaliste-écrivain Boubacar Boris Diop, bascule dans "l’amalgame littéraire", a relevé, jeudi, le docteur Serigne Sèye, enseignant au département de lettres modernes de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar. 
 
Il s’exprimait à l’ouverture du premier séminaire du Laboratoire de littérature africaine, organisé à la faculté de Lettres de l’UCAD et axé autour du dernier ouvrage de l’écrivain publié en septembre 2017. 
 
Analysant l’esthétique et la politique dans l’œuvre de Boris Diop, il souligne la mise en scène dans le récit de cet amalgame littéraire aussi bien à travers les personnages du roman que le temps et l’espace. 
 
"Il y a une mise en scène des personnages qui existent réellement et d’autres nées de l’imagination de Boubacar Boris Diop", commente Dr Sèye en faisant allusion par exemple à "Sidya Léon Diop" cité dans le roman qui est le fils de la reine Ndatté Yalla, figure historique sénégalaise. 
 
"Le roman est centré sur la réhabilitation des personnages inconnus, c’est un récit de la mémoire", souligne-t-il. L’allusion aux personnages, poursuit Serigne Sèye, spécialiste de la littérature africaine, est "illustrée par la convocation d’évènements qui se sont déroulés et ceux inventés". 
 
Il relève le "naufrage du bateau le Joola" évoqué dans le récit qui a réellement eu lieu (dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002) et le renflouement du bateau, une imagination de l’auteur.
 
Cette épisode de notre passé, souligne l’auteur Boubacar Boris Diop, "est le cœur de ce que j’avais à dire", mais regrette-t-il, "il semble ne pas laisser une marque indélébile dans notre conscience". 
 
Le temps et l’espace ressortissent aussi cet amalgame littéraire avec le passé et le futur souvent rappelés dans l’ouvrage. 
 
Selon Sèye, "l’évocation de Kabrousse (un village au Sud du Sénégal) n’est pas un hasard, il fait allusion à Aline Sitoé Diatta, cela fait penser à son deuxième roman +Les tambours de la mémoire+ (1990), l’auteur rappelle souvent les martyrs de la mémoire dans ses livres". 
 
Ce que confirme Boubacar Boris Diop qui l’a écrit en toute conscience, car, dit-il, "je suis un passionné de l’histoire". 
 
Au-delà de Kabrousse, l’auteur parle de "Tilaabéri", une région située au Sud-Ouest de la République du Niger, une manière "de transcender l’espace national pour aller ensuite vers un lien africain". 
 
L’enseignant au département des lettres modernes à l’UCAD estime que ce roman de Boubacar Boris Diop est "le plus moderne" de tous ses œuvres. 
 
"C’est un roman qui marche avec son époque, avec les instruments de son temps (allusion aux NTIC utilisées par les personnages), les médias envahissent le récit, car c’est une réflexion sur le métier de journaliste, les personnages sont des observateurs de la politique sénégalaise", souligne le spécialiste de la littérature africaine. 
 
Il ajoute que ce roman est aussi une "critique des mœurs politiques et montre la complexité de l’humain". 
 
L’écrivain Boubacar Boris Diop, qui est sur la scène littéraire sénégalaise depuis 40 ans avec son premier roman "Le temps de Tamango", publié en 1981, a depuis quelques années un rapport avec les langues nationales. 
 
Son premier roman en wolof "Doomi Golo" (2003), date de 15 ans, "il approfondit cette démarche avec +Bàmmeelu Kocc Barma+", souligne le professeur Ibrahima Wane, un spécialiste de la littérature orale.
 
Aps

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