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Poésie : Assilah de tous les Benaïssa

Des rêves de palmiers accomplisse

mirent dans  l’horizon bleu la mer bleue le ciel bleu

Assilah s’offre comme une déesse de feu un corps d’encens

et Benaïssa veille depuis l’aube

il veille d’avant le chant des muezzins

d’avant les chameaux ivres d’oasis

Assilah la bleue est née de ses paupières défiant tous les sommeils

née  de ses désirs de pyramides de ses mains de ceinture fraternelle

née de ses paroles enceintes de métissage

de son front d’arc-en-ciel diadème de toutes les tendresses

de ses prières d’une Afrique unie déshabillée de toutes tragédies

Benaïssa veille de ses vœux une méditerranée où les orangers

fleurissent en manguiers les pommiers en jujubiers le thé en citronnelle

 

          Assilah de tous les cœurs de tous les chants de tous les sangs

Assilah de toutes les mers de tous les fruits de tous les miels

de tous les âges d’ailes d’oiseaux fraternels

soit donc bénie

bénie par le Prince des prophètes Mohamed le Reposant

bénie par tous les temples aux prières effluves de camomille

bénie par tous les forgeurs de rêves les poètes constellés d’or et de rubis

les flutistes du paradis quand Dieu joue de l’orgue

les tisserands d’horizons de safran et de mouettes argentées

bénie sois-tu Assilah la diamantine la solaire l’étoilée

béni est le Maroc royaume d’ambre et d’étrennes

peuple de papyrus et d’olives de mille soleils

béni votre Roi votre langue votre peuple votre chemin des hibiscus

bénies vos femmes vos mamans diadèmes qui éclairent la nuit comme le jour

         Ohé Assilah de drap bleu et de flammes de lilas azur

 

       Merci pour Senghor

merci pour le sel merci pour le mil

merci pour le Congo Ohé Ohé

merci pour Tchicaya le joaillier des mots

Tchicaya le messager de tous les vents

Tchicaya le manguier le dattier le jujubier l’oranger le pommier

 

         Merci Assilah pour le pain de juin  les olives de juillet

merci aux jurés veillant sur la mèche de la lampe de Tchicaya

merci pour la couronne d’or 2018 le Nobel d’Assilah

merci pour la gorge d’or de Mario Lucio Sousa le rossignol du Capo-Verde

merci à Mario Melo le Brésil de la samba de toutes les peaux

merci à Mehdi Akhrif le poète fleuri d’Assilah

merci à Vanessa Rodrigues  la Portugaise prodigue

Mamadou Ba d’âme douce et visiteur de tous les sites de l’esprit

Raphaël Ndiaye de tous les saints, cœur de Sérère accompli

merci au prince élu de mon pays

Macky Sall venu par les airs et les alizés partager le

parfum de la fête le sacre du poète peul le serment scellé de l’Afrique 

merci à Abdou Latif Coulibaly chaussant ses

souliers et ne comptant pas ses pas jusqu’à Assilah

au frère au ministre au préposé de l’arrosoir des jardins de la Culture

 

        Voici que la moisson est arrivée avant la pluie

Assilah est d’une fertilité promise avant les nuages et les orages

et Benaïssa est une semence sans eau

un arbre qui n’a point besoin  de saison pour donner ses fruits

 

       Puisse le jardin de Tchicaya aux portes d’Assilah

garder la mémoire de Benaïssa

fleurir et faire fleurir pour toujours la POÉSIE

cette porte du cœur que l’on ne peut fermer

ces yeux que l’on ne peut clore

ce soleil que l’on ne peut coucher

ce sang bleu-or de toutes les veines de toutes les races

ce chant qui accompagne toutes les saisons de l’amour

 

Assilah est désormais parée comme une mariée du printemps

Benaïssa est désormais chanté devant chaque aube du futur

Tchicaya est  désormais loué pour l’éternité poète de l’éternel

 

                                                                 

                                                            Amadou Lamine Sall

                                                  Lauréat du Prix Tchicaya Utam’si de poésie

                                                            2 juillet 2018

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