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Livre et film du Colloque du Centenaire de Cheikhna Cheikh Saad Bouh

Le Centre ouest africain de Recherches WARC à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar abrite, le samedi 23 décembre 2017 à 15 h 30, la cérémonie officielle de lancement du livre et du film documentaire «  Le Cheikh des deux rives ». La cérémonie se déroule sous la présidence effective du Chérif Mouhamdoul Mamoune HAIDARA, fondateur de l’Association Sadikhina Wa Sadikhate, initiateur du Colloque international sur Cheikhna Cheikh Saad Bouh et du Professeur Ibrahima THIOUB, Recteur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Président du comité scientifique dudit Colloque en présence de plusieurs personnalités universitaires, de disciples du Cheikh, des acteurs de la société civile.

« Le Cheikh des deux rives » est une publication des actes du colloque international sur le thème « Questionner l’actualité du message de Cheikhna Cheikh SaadBouh » tenu du 23 au 24 mars 2017 à l’UCAD 2.

Cette importante activité de lancement s’inscrit dans le programme de la célébration du Centenaire du rappel à Dieu de Cheikhna Cheikh SaadBouh (1917-2017).

Pour rappel,  Nimzat-Hallar, foyer spirituel, a accueilli du 3 au 4 février 2007, un événement religieux à la gloire de Cheikhna Cheikh Saad Bouh, sous l’égide du Chérif MouhamdoulMamouneHaïdara, petit fils de Cheikhna Cheikh Saad Bouh. C’est au cours de ce grand rassemblement religieux que le guide spirituel Chérif MouhamdoulMamouneHaïdara décida avec les disciples du Cheikh de célébrer pour 2017, le Centenaire du rappel à Dieu de Cheikhna Cheikh Saad Bouh (1848-1917). L’objectif primordial consiste à vulgariser les œuvres et enseignements de Cheikhna Cheikh Saad Bouh pour l’humanité.

Dans cette optique,  Chérif MouhamdoulMamouneHaïdara suggère au Professeur Ibrahima Thioub l’organisation du Colloque international. Ce dernier de proposer le thème : « Questionner l’actualité du message de Cheikhna Cheikh Saad Bouh ». Ets’en suivit la conférence de lancement du colloque qui s’est tenue le vendredi 23 décembre 2016 au Centre ouest africain de recherches (WARC) en présence d’éminents chercheurs, de personnalités universitaires et des disciples du Cheikh. Ainsi, l’association religieuse Sadikhina Wa Sadikhate et le Département d’Histoire de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar mutualisent leurs efforts pour organiser le colloque international du 23 au 24 mars 2017 à l’UCAD 2. Ce banquet du savoir et d’échanges sur la vie et l’œuvre de Cheikhna Cheikh Saad Bouh a connu un franc succès. Des chercheurs, historiens et universitaires de renommée en provenance du Sénégal, de la Mauritanie, de la Gambie, du Maroc, du Mali, du Soudan, de la France, des Etats-Unis d’Amérique ont planché, pendant deux jours, sur la riche production spirituelle, intellectuelle du Cheikh et sa trajectoire historique. Et une importante exposition sur les écrits du Cheikh et aussi sur les figures emblématiques de la Khadrya, a rythmé la rencontre internationale de Dakar. A l’issue du colloque, un ouvrage de haute facture et un film-documentaires sont disponibles pour marquer le Centenaire du Cheikh et promouvoir ses écrits et enseignements.

Alassane CISSE

Prix du livre engagé : Auteurs, à vos plumes

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La CENE Littéraire est une association fondée en mai 2015 dont le but est de promouvoir la littérature engagée des Afriques continentale et diasporique. Elle est basée en Suisse.

Elle porte à la connaissance du public qu’elle a modifié ses statuts en ce sens :

1. Le prix littéraire «  Prix du livre engagé » s’appellera désormais « PRIX LES AFRIQUES ».

Pour rappel, ce prix littérairedistingue un(e) écrivain(e) noir(e), auteur(e) d’une fiction mettant en exergue une cause humaine, sociétale, idéologique, politique, culturelle, économique ou historique en lien avec le Monde Noir.

2. La dotation de ce prix littéraire passe de CHF 3’000.- à CHF 6'000.-.

3. Le nombre des membres du Jury passe de 5 à 6. Les personnalités suivantes nous font l’honneur d’en faire partie (par ordre alphabétique):

- Monsieur Théo ANANISSOH

Romancier, essayiste

- Madame Ken BUGUL

Romancière

- Monsieur  Boubacar Boris DIOP

Romancier, essayiste

- Monsieur Ambroise KOM (Président du Jury)

Essayiste et professeur de littératures africaines, africaines-américaines et caraïbes dans plusieurs universités (président du Jury).

- Monsieur Koulsy LAMKO

Romancier, essayiste

- Hortense SIME

Le Docteur Hortense Sime est passionnée de littérature

Pour l’édition 2018, les cinq romans choisis par le Comité de lecture seront soumis au Jury susmentionné. Ils seront issus de la liste présélectionnée suivante:

  • Le miraculé de Saint-Pierre, Gaston Paul Effa (Editions Gallimard) - Cameroun
  • L'enfant n'est pas mort, Nimrod (Editions Bruno Doucey) - Tchad
  • No home, YaaGyasi (Editions Calmann Levy) - Ghana / USA
  • Chaîne, SaïdouBokoum (Editions Le Nouvel Attila) - Guinée
  • • En compagnie des hommes, Véronique Tadjo (Editions Don Quichotte) - Côte d'Ivoire
  • • Les enfants du Brésil, Kangni Alem (Editions Graines de Pensées et FratMat Editions) - Togo
    • Ô dieux, Philippe Pango (Les classiques ivoiriens) - Côte d'Ivoire
    • Le temps des cruautés, G. Victor (Editions Philippe Rey) - Haïti
    • Silence du choeur, MbougarSarr (Editions Présence Africaine) - Sénégal
    • • La maison au bout des voyages, Yvonne AdhiamboOwuor (Editions Actes Sud) - Kenya
      • Pour toi, je porterai le voile, Marie-Julie Nguétsé (Editions L'Ebène) - Cameroun
      • Oui Camarade! Manuel Rui (Editions Le Belvèdere) - Angola
      • By the river of Babylon, Kei Miller (Editions Zulma) – Jamaïque
      • Sans capote ni kalachnikov, Blaise Ndala (Editions Mémoire d'Encrier) - RDC / Canada

 

Flore Agnès NDA ZOA

Fondatrice de La CENE Littéraire

 

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La CENE Littéraire

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www.lacenetitteraire.com

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Abdou Latif Coulibaly : «Maba Diakhou Ba était un rempart contre l’aliénation culturelle»

Aujourd’hui s’est ouvert à Dakar le symposium consacré à la vie et à l’œuvre de l’Almamy du Rip, Tafsir Maba Diakhou Ba. Le ministre de la Culture Abdoul Latif Coulibaly, qui a présidé la cérémonie d’ouverture, s’est saisi de cette occasion pour rappeler l’envergure de cet homme de Dieu qui a passé sa vie à défendre l’intégrité territoriale contre le Colon blanc, mais aussi, à propager l’Islam jusqu’à y laisser la vie en 1867 à Somb (région de Fatick). A l’en croire, son rôle joué pour la cohésion sociale et l’estime de soi, fait incontestablement de l’Almamy Toucouleur, «un rempart contre l’aliénation culturelle».


«De 1809 à 1867, nous étions dans un contexte marqué par la mise en œuvre du projet d’occupation coloniale française au Sénégal et anglaise en Gambie, mais également dans un contexte de propagation de l’Islam dans le Soudan occidental. Ces éléments de contexte suffisent à appréhender les aspects multidimensionnels d’un homme de Dieu, décidé à faire face à tout projet de nature à remettre en cause ses convictions religieuses, mais également la souveraineté de son terroir», a déclaré Abdou Latif Coulibaly qui présidait ce matin, le symposium consacré aux cent cinquantenaires de la mort de l’Almamy Tafsir Maba Diakhou Ba. 

Rappelant les prouesses de cet érudit de l’Islam qui a réussi à battre Emile Pinet-Laprade, le 30 novembre 1865, dans la vallée de Pathé Badiane dans le département de Nioro du Rip, avec «une stratégie encore enseignée dans les écoles militaires de notre pays», il a soutenu que Maba Diakhou Ba mérite d'être cité parmi les plus grands défenseurs de l’intégrité territoriale. 

Et, en plus de son attachement à cette intégrité, l’Almamy du Rip a aussi fait de la propagation de l’Islam, son principal objectif . Ce qui incite le ministre de la Culture à affirmer que «Maba Diakhou apparaissait, non seulement comme le propagateur de l’Islam et de la Tidjaniya en Sénégambie, dans son djihad, mais également comme le résistant culturel et le résistant armé face  à la pénétration coloniale, comme un artisan de l’intégration régionale, puis de celle de la famille religieuse. Ainsi le rôle géopolitique de l’Almamy Maba Diakhou Ba au Sénégal au 19e siècle n’est plus à démontrer». 

Et d’ajouter : «Un homme d’une telle dimension morale, religieuse et intellectuelle mérite d’être connu et valorisé plus qu’il ne l’a été jusqu’à présent. Il mérite d’être donné en exemple à la jeune génération aujourd’hui plus que jamais. Maba fut le rassembleur des figures et des familles musulmanes pour avoir rassemblé dans le Rip, plusieurs dizaines de familles religieuses pour les préserver des représailles du pouvoir «Ceddo» (Ndlr : animiste), et du Colon». 

L’ancien Directeur de publication de l’hebdomadaire «La Gazette» de poursuivre : «Connaissant le rôle joué par les familles religieuses dans la stabilité sociale et la propagation d’un Islam tolérant au Sénégal ainsi  qu’une solennité culturelle internationale, Maba Diakhou peut être considéré comme un rempart contre l’aliénation culturelle». 

La détermination de Tafsir Maba Diakhou Ba à défendre les valeurs intrinsèques du Sénégal et de la religion musulmane mérite, selon l’ancien ministre de la Bonne Gouvernance, qu’il soit pris comme modèle pour les jeunes générations présentes et futures.

 

Arts vivants : Masa 2018 se prépare

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Le Directeur général du  Marché des Arts du Spectacle Africain MASA Yacouba Konaté anime la conférence de presse de la 10e édition du MASA,

 au Secrétariat du Groupe des Etats ACP à Bruxelles le mardi 16 janvier 2018 à 10h30.

Le thème de la dixième édition « Quels modèles économiques pour les arts de la scène ». Le MASA aura lieu du 10 au 17 mars 2018 à Abidjan.

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La 10e édition du MASA - Marché des Arts du Spectacle Africain - se tiendra à Abidjan en Côte d’Ivoire  


Le thème de cette édition « Quels modèles économiques pour les arts de la scène ? » soulèvera la question du financement durable de la culture en Afrique.

Biennale Dak’Art:Mine d’Or et Rails d’Argile

                                                                                                            Par  Amadou Lamine Sall

                                                                                                                       Poète

                                                                                        Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Il faut toujours commencer par le commencement: l’État du Sénégal !

 Une fois n’est pas coutume, cet État doit être loué et remercié. Il faut apprendre à ne jamais oublier ceux qui vous ont aidé à grandir. On dit souvent « l’État n’a pas tout fait ». Si, ici, il a tout fait, car de 1990 à sa création et à la tenue de la 1ère édition de la Biennale internationale des Lettres et des Arts, à la prochaine édition attendue en mai 2018, vingt huit années se seront écoulées et l’État assume le budget du Dak’Art. Ce n’est pas peu. Moche, belle, pauvre ou riche, la Biennale a tenu, parce que l’État est là, toujours présent. Elle est née d’une volonté politique partie d’un rêve de poète et d’intellectuels et de l’affirmation d’un homme dont le nom doit être retenu: Moustapha KA, alors ministre de la Culture du Président Abdou Diouf. Les archives sont là pour l’attester. Une correspondance adressée au président de la République pour instituer cette rencontre internationale des lettres et des arts, dans son appellation première, aura un écho favorable par une réponse signée par un certain Jean Colin, puissant ministre d’État de son époque, pour nous dire que le feu vert nous était donné pour tenir la première édition. L’année 1990 accueillera les lettres, 1992 les arts, avant que la Biennale ne passe, contre notre volonté, comme 1er Secrétaire Général -cela aussi fait partie de l’histoire- en une Biennale de « l’art africain contemporain » magistralement conduite par notre successeur, le solide Rémy Sagna. Ce dernier accomplira un travail qui mérite, avec le recul, d’être salué par l’histoire. Pas un seul Secrétaire Général de la Biennale ne doit être omis dans nos félicitations. Les ministres de la Culture également, même si certains nous laissent des souvenirs bien douloureux, à vite oublier. Le Dak’Art est un tout. C’est l’œuvre d’une formidable famille depuis sa naissance. Ce qui fait sa marque, c’est qu’elle est loin d’appartenir toujours à la famille de l’art. Cela ne lui a pas toujours valu le respect dû à la fonction. Jean Loup Pivin, critique d'art, auteur d’essais sur les expressions contemporaines africaines, également fondateur de la célèbre Revue Noire en 1991, écrit ceci après le Dak’Art 2016: « Dommage en tous points de vue, cette obstination à transformer des fonctionnaires en organisateurs professionnels réactifs. » Tant pis ! La Banque mondiale n’a-t-elle pas été dirigée par un médecin: Jim Yong Kim ? Celui-ci confie: « La mission de la Banque mondiale est beaucoup trop complexe pour être dirigée par une seule discipline.» La Biennale également, sans doute. Pour l’histoire, nous avions convaincu le très chic et couru « Beaux Arts Magazine » de Paris, dont le directeur de publication était Jean-Noël Beyler, de publier sous forme de numéro spécial, le catalogue de la Biennale des arts 1992, pour plus de rayonnement international, pour une première sur le continent africain.

 

          Le temps passe et Dak’Art ne lasse personne. Même en décomposition très avancée, elle trouvera preneurs. Sa permanence, la foi des acteurs qui l’animent, la forte demande artistique africaine, l’encrage de la place de Dakar comme foyer ardent des arts depuis Senghor, le rôle discret mais combien décisif du village des arts de Dakar et de ses inspirés artistes résidents -posez la question au roi du Maroc Mohammed VI-, la résonnance des galeristes dakarois, l’engagement admirable des critiques d’art nationaux producteurs d’articles de référence, la résistance poignante et le travail colossal des journalistes culturels laissés à eux-mêmes, avec le nom du brave et inépuisable Alassane Cissé à retenir. Autant de dynamiques plurielles qui nourrissent la pérennité du Dak’Art et la gardent sous les lumières malgré sa fragilité. Il nous faut avoir la grandeur de citer les noms de ceux qui ont donné leur vie à la Culture, dans un département ministériel mouvant, souvent poignant et surréaliste, mais toujours attachant et solidaire. Mes pensées vont à des personnes qui se reconnaitront ici et qui ont laissé de belles pages d’histoire, comme Moustapha Tambadou.

C’est dans le sillage de ce même sommaire hommage, que nous invitons, en marge, le ministre Abdou Latif Coulibaly que nous aimons et apprécions -ceci dit sans détour- à ériger une stèle quelque part dans Dakar, dont la maquette aura la validation esthétique des artistes, stèle qui porterait les noms de tous les artistes sénégalais, au sens large, «des pionniers aux plus jeunes générations», dont le nom et la vie ont nourri notre pays, pour une mémoire et une patrie reconnaissantes. Certains sont morts dans l’anonymat, l’oubli, alors que d’autres ont connu la notoriété et les honneurs. Le merveilleux livre du professeur Omar Guèye consacré au comédien « Sanokho, le métier du rire », comme celui décisif et révélateur du défunt Amadou Guèye Ngom consacré à « La musique sénégalaise de 1950 à nos jours », nous offrent nombre de noms et de références à inscrire sur ladite stèle. Tous les ministres étrangers en charge de la Culture en visite au Sénégal, iraient y déposer une gerbe de fleurs, à défaut d’une gerbe de prières, accompagnés par leur homologues sénégalais présents et à venir. Nos artistes disparus et vivants le méritent. Pour une fois, une stèle ne portera pas les seuls morts!

 

 Revenant au Dak’Art, bien sûr qu’il est temps que l’État du Sénégal dont nous ne cesserons jamais de louer l’action, accepte enfin, depuis des décennies, de franchir le pas et de donner à la Biennale un statut noble et décisif qui sied à ses missions, dû t-il garder avec elle un cordon ombilical protecteur. Cela pourrait être sous la forme d’une « Fondation internationale d’utilité publique » dénommée, entre autre, « Fondation Art Mécénat International ».Les États, on le sait, sont un peu comme les continents. En effet, les continents se déplacent plus lentement que les hommes. Avec l’État, tout semble être lent, figé, interminable. Combien d’études ont été financées sur le renouveau du statut de la Biennale et d’argent dépensé, pour aboutir à des rapports laissés aux rats dans les tiroirs des ministres, des propositions constructives jamais exploitées qui donneraient au Dak’art un modèle d’existence et de fonctionnement adapté à notre temps? En un mot, il ne s’agit de rien d’autre que de créer un outil performant et gagnant, un réservoir précieux de ressources humaines qualifiées, toutes aptes à conduire Dak’Art et à lui offrir l’opportunité d’aller capturer des financements internationaux hors de portée d’un État, pour mieux assurer l’avenir toujours chancelant mais incroyablement debout d’une Biennale unique en Afrique, d’une densité artistique étonnante! Jean Loup Pivin revient pour écrire encore ceci: « …la survie de la Biennale ne viendra que dans son externalisation à une structure tiers sénégalaise avec un droit de regard sur la probité de sa gestion, soit  avec un État qui continue mais arrête de faire croire qu’il sait faire. » Il ajoute: « …le Sénégal ne capitalise pas ce formidable engouement, mais au contraire le détruit. Sa gestion étatique remet en question sa crédibilité et interdit tout autre forme de financement… ». Ce qui n’est pas totalement juste, à notre avis. Pivin, bavard comme il convient de l’être dans le combat, assène encore ces mots: « Qu’un pays, le Sénégal, s’investisse dans la propagation de sa vitalité reste à célébrer. Mais qu’il en finisse avec le bricolage organisationnel ». Ce qui est totalement vrai. Enfin, Pivin fait sa propre évaluation de l’édition Dak’art 2016, allant du choix des commissaires, aux productions et expositions, au colloque international « invraisemblable de désorganisation et sans traducteurs », aux « torpeurs du Village des arts, un village atone, des artistes assoupis qui vous accueillent comme des marchands maladroits d’une galerie de misère », « le non retour des œuvres quand elles arrivaient à être dédouanées et exposées », « un programme inaccessible », bref: « Il semblait qu’il n’y avait pas de pilote dans l’avion ». Ceci dit, à l’administration de la Biennale de répondre en commençant par publier l’évaluation du Dakar 2016 devant les critiques d’art et journalistes culturels sénégalais et étrangers, pour mieux avancer ensemble en mai 2018 et corriger les impairs.

 

Nombre d’acteurs affirment que le Dak’Art pourrait s’autofinancer si on lui accordait l’autonomie adéquate et laisser enfin l’État sénégalais souffler. Le Président Sall a dû revoir à la hausse le budget du Dak’Art, ce qui est une marque de considération à saluer. Ce n’est pas l’argent qui manque chez les bailleurs. Il fait florès. Ceux qui savent le trouver, vous le diront. La Biennale est « vendable ». Elle est crédible, créatrice d’emplois, de visibilité et elle rayonne. Le Président de la République nous invite avec presque les larmes aux yeux à nous passer de la dette en gérant mieux ce que nous possédons nous-mêmes, chez nous et entre nous pays d’Afrique. Si une volonté politique d’autonomiser la Biennale en adoptant « la bonne et juste formule » était trouvée, nous aurions aidé l’État à mieux cheminer. Ce qui a fait jusqu’ici défaut, c’est l’engagement concret de ministres en charge de la Culture qui n’ont jamais pris solidement en main le dossier de la Biennale et le porter sur le bureau de Monsieur le président de la République. Encore que ce dossier de réforme peut être traité sans que l’on soit obligé d’aller déranger le Président qui a tant à faire. Parions que Abdou Latif Coulibaly s’y essayera. Rien ne lui en coûte. Et puis, il a du bagou, une prise de parole loin de la langue de bois et sans cette frousse incomprise et surprenante découverte chez certains ministres qui fuient le Président comme la peste, quand il s’agit d’aller défendre un dossier. Parions quele nouveau patron de la Culture, avec un courage réel d’intellectuel avisé et d’artiste assumé -on est artiste dans la manière d’être et de recevoir le monde-tranchera et convaincra qui de droit pour sortir le Dak’Art d’un très long chemin d’épines et le mettre enfin sur les rails d’une exigence de modernité et « d’émergence » véritable. L’Ambassadeur de Tombouctou nous confiait que la vérité était que nous appartenions à des États mis d’abord entre les mains de Présidents, ensuite du peuple, car le peuple en élisant souverainement son guide, lui avait conféré constitutionnellement tous les pouvoirs de décision pour décider, trancher, gouverner. Voilà pourquoi, finalement, les Présidents tranchent sur tout, décident de tout. C’est un choix libre de gouvernance, bon ou mauvais. Je ne veux pas croire, toutefois, pour notre part, que le Président Sall exige que l’on remonte à lui pour décider de tout, trancher sur tout, sauf sur les « lignes imprenables ». Ce sont des ministres-et nous le disons avec respect, car ne pas respecter un ministre, c’est manquer de respect à celui qui l’a choisi-qui ne prennent ni ne mesurent leur responsabilité républicaine. Quand on décide de faire du bien, d’avancer, d’innover, de grandir son pays, de le servir, de servir son développement, de l’offrir en exemple aux autres, en quoi le président de la République pourrait-il s’opposer? Il faut plutôt l’aider à avancer en avançant soi-même et non en restant inanimé. Si je me trompe, je ne demande pas à être pardonné. Le dossier de la Biennale devrait pouvoir être enfin tranché.

 

Des observateurs avertis regrettent que certains ministres de la Culture, plus préoccupés que d’autres de ne pas trop s’éloigner des prairies budgétaires de leur département, ont cru bon, de par le passé, de garder enfermée sous leur tutelle la Biennale et de tenir la laisse bien courte. Ce ne sera plus le cas avec le nouveau ministre de la Culture qui, convaincu que le bon schéma est de donner au Dak’Art une large autonomie d’action, ira jusqu’au bout. Par ailleurs, que penser de ceux qui proposent de surseoir à la fonction de président du Dak’Art, pour dégrossir, après le double mandat de l’actuel bien désigné président de la Biennale, comme homme d’Affaires et comme collectionneur, en espérant que sa présidence aura beaucoup apporté à la précédente édition 2016 dont l’évaluation tarde encore, en perspective de la prochaine édition de 2018. Les évaluations sont incontournables. Elles reflètent le sérieux et la rigueur d’un management! Le Comité dit d’orientation devrait ainsi pouvoir être légitimement dirigé par le Secrétaire général avec à ses côtés les membres dudit comité, le Directeur artistique et ses commissaires. Le poste de président de la Biennale, dit-on, à tort ou à raison, serait redondant. Il arriverait même que le président et le Secrétaire Général se marchent sur les pieds. D’ailleurs, à la vérité, ni l’un ni l’autre n’occupe des fonctions bien définies. Quelqu’un l’a déjà écrit, c’est un arrêté ministériel tiède, pour le dire ainsi, sans définition des missions de la fonction, qui nomme aux deux postes. Pour le reste, « à l’africaine », on prend fonction, on s’installe dans ses meubles avec ses « eaux », ses « cornes » et ses « talismans », on s’arrange, on se ménage, on se respecte, on se fait poliment de la place et Dieu est Sauf ! Pour le« Comité d’orientation »il est utile, sinon nécessaire, quand, d’abord, il sert l’échange, la cohérence d’ensemble, la critique, les choix et surtout l’innovation artistique. Quand, ensuite, ce comité est composé d’une diversité d’acteurs dûment reconnus, surtout sévèrement sélectionnés et au nombre réduit, pas péniblement pléthorique comme c’est le cas, note-t-on. Ainsi, tous viennent enrichir le Secrétaire général et le Directeur artistique, par un travail de conseils avisés. Pour ce job, le Secrétaire général y suffirait, pense-t-on, avec son Directeur artistique, deux têtes de locomotive et non trois avec le président! Bien sûr, pour notre part, et il faut le dire clairement ici, dans un pays si prompt au fouet, l’honorable président actuel de la Biennale auquel nous rendons au passage un bien respectueux hommage, et que l’on a entendu dire lui-même qu’il avait été presque « contraint d’occuper ce poste », ne pourrait pas être  nommément soupçonné d’une quelconque incompétence. Le débat est ailleurs, dans l’efficacité de l’organigramme. Il y a longtemps qu’il a fait ses preuves. Son honneur est sauf ! Il s’agirait plutôt, selon des opinions avisées, de supprimer un poste redondant et encombrant, c’est selon. Nous pensons d’ailleurs, pour notre part, quece cher président, si un jour la Biennale était managée par une Fondation internationale, qu’il pourrait être désigné comme président du Conseil d’Administration. Il en a le profil, le doigté, le savoir-faire et le flair financier, la sagesse. Il s’est déjà immergé durant deux mandats dans les problématiques infernales du Dak’Art, ce qui va rajouter à son expérience.

 

               La nomination, en 1990, par le ministre de la Culture Moustapha Ka de l’écrivain Cheikh Hamidou Kane à nos côtés, comme président de la Biennale internationale des lettres et des arts, répondait à une opportunité et un devoir d’honorer un grand écrivain et de lier son nom prestigieux à une première édition consacrée aux lettres où Wolé Soyinka, Ahmadou Kourouma, Henri Lopès, Léopold Sédar Senghor étaient présents ainsi que Maurice Druon, le Secrétaire perpétuel de l’Académie française. C’était un temps de l’histoire du Sénégal. Ce temps est passé mais en nous laissant un héritage infini. Le Dak’Art doit amorcer de nouveaux tournants! A rebours, nos pensées affectueuses et reconnaissantes vont ici à tous ces présidents des éditions passées: Sylvain Sankalé, Mme Marie José Crespin, feu Victor Emmanuel Cabrita, Gérard Sénac, Mme Thérèse Diatta, Baïdy Agne.

 

Pour arriver à Simon Njami deux fois Directeur artistique de Dak’Art, disons qu’on l’aime ou qu’on ne l’aime pas, mais il a par rapport à de précédents Directeurs artistiques de la Biennale, l’éclat, l’insolence oratoire et créatrice de nous secouer. Il est écrivain, commissaire d’exposition, essayiste et critique d’art. Il est « polysémique » ! C’est cela la marque apportée par ce personnage énigmatique, subtilement génial et distant. Simon Njami est presque une œuvre artistique à lui tout seul. Ce n’est pas la huitième merveille du monde, mais il sait travailler et il contrarie ! Il ne veut rien céder sur « son territoire ».C’est un Issa Samb en moins abstrait, moins cérébral, moins théâtral, un Jo Ouakam à la camerounaise, hélas longtemps égaré en France. Le Dak’Art ramène ses enfants en terre africaine! Ce personnage-là mérite notre respect, même quand il dérange par l’esprit et l’audace. Notre monde en manque. Nos arts et lettres en ont besoin comme hier dans les années 70-80, un certain artiste insaisissable et sanguin: Mbaye Diop dont Ousmane Sow Huchard saluait  « la précocité du brouillement artistique qui le rongeait », Ibrahima Sall, Nabil Haïdar, Mariama Ba, hier, pour une littérature « culbutée », recoiffée, réoxygénée comme nous le rejoue un certain Pape Samba Kane.N’est-ce-pas d’ailleurs avec Simon Njami que Dak’Art a innové avec des thématiques osées, nouvelles, décisives ? Il est venu réveiller les éternels retardataires et poussiéreux critiques classiques de l’art africain qui se suffisent du peu, ont peur du renouveau, incapables surtout de le secréter. En art, cela fait du bien de venir avec l’insulte et le coup de pied dans la fourmilière. C’était cela la posture féconde et révoltée que l’éclectique et dérangeant artiste sénégalais El Hadji Sys avait eu face aux peintres de la fameuse école de Dakar, sortie de la non moins géniale vision de Senghor. L’art doit se refuser à l’art pour renaître, évoluer, étonner, émerveiller. C’est dans l’insouciance et l’extravagance que l’art se tisse. C’est un don de saisissement et de provocation. C’est un court-circuit électrique, une foudre. On pourrait ainsi citer dans l’histoire de l’art et ses surprises légendaires, Marcel Duchamp qui avait «envoyé une pissotière à un jury américain en déclenchant une révolution esthétique.» On pense aussi dans le contexte de l’après-guerre à cette émergence d’un art américain, une sorte « d’expressionisme abstrait » avec des peintres comme Jakson Pollock et Barnett Newman dont nous sommes allés voir, il y a quelques mois, les œuvres exposées à la Fondation Vuitton, à Paris. Des peintres rupestres à nos jours, l’art a évolué et certains refusent de suivre. Le Dak’Art est devenu un boulevard de feux verts. On ne s’arrête pas. Qui s’arrête meurt. On veut des « accidents esthétiques» spectaculaires ! C’est cela l’exigence et l’éclat de l’art contemporain et cela va vite et cela est beau, créatif et prometteur! Nous sommes entrain de créer ensemble une nouvelle histoire de l’art africain avec le Dak’Art en compagnie d’un téméraire Directeur artistique. Singulier, poliment irréventieux, libre, créateur, explorateur d’espaces nouveaux, Simon Djami a apporté une nouvelle touche au Dak’Art par son imaginaire flamboyant, ne laissant jamais les mots des poètes loin des inspirations des artistes, comme « L’heure rouge », thème directeur emprunté au poète Aimé Césaire et qui portera le Dak’Art 2018 après « La cité dans le ciel bleu » de Senghor, pour le Dak’Art 2016. Quand ce sacré nègre de Simon Djami venu nous faire du bien cédera sa place, en finissant de nous « emmerder », de nous bousculer, en nous mettant face à ce que pourrait être notre propre pauvreté imaginaire artistique –mais nous n’avons pas  souvent manqué de retailler aux ciseaux sa manie d’en rajouter dans la provocation, le délire caustique- nous aurions bien fait, dans la relève, avancent des esprits libres, de choisir en 2020 ou plus tard, comme directeurs artistiques associés pour le Dak’Art, deux artistes: notre haletant, inspiré et rebelle compatriote El Hadji SY etc et autre Viyé Diba « créateur intense, râleur et jamais content » comme les mauvaises langues le décrivent. Tous deux sont inventifs, exigeants, détonants. Deux grands « déménageurs » qui n’ont pas toujours raison, mais deux hommes du refus, deux artistes incontournables, deux redoutables théoriciens de l’art en même temps, audacieux metteurs en scène et praticiens cérébraux d’espaces. Nous devrons également faire appel demain à des directeurs artistiques asiatiques, américains et sud-américains, afin d’ouvrir un regard toujours neuf sur le Dak’Art en l’inventant sous le saisissement d’autres cultures qui l’enrichiront en dialoguant avec l’Afrique « prodigieuse ». Le Dak’Art doit toujours être « dérangeant », en résonnance avec le temps du monde. Eh bien Monsieur le ministre Abdou Latif Coulibaly, n’êtes vous pas arrivé, par le destin,  à « l’heure rouge », « l’instant décisif » ? Aux armes alors, pour libérer le Dak’Art, le rhabiller, le bouleverser ! Le temps des modernes, c’est le temps de la libre et folle esthétique. L’art a besoin d’infini, de « coups d’État », de génocides plastiques  et de ruines habitables! Au diable l’académisme des critiques d’art ! L’imposture artistique est même devenue un nouveau  courant révolutionnaire qui nous comble par l’audace et la nouveauté des œuvres plastiques qui nous arrivent et nous perturbent, par le surgissement de supports jusqu’ici inconnus qui renversent notre vision tranquille de l’art. Il s’agit de célébrer une nouvelle avant-garde à la fois artistique et critique. Aux critiques d’art de s’adapter aux nouveaux rites en quittant les musées académiques! Aux galeristes de donner leur place aux « « voyous », aux « violeurs », aux « marginaux » d’un art qui très vite a atteint ses limites de création et d’imitation. Les embouteillages des copistes sont devenus insoutenables. Nous sommes fatigués des « photocopies ». Nous voulons de nouveaux fous. Il nous faut de nouveaux « asiles » pour l’art africain contemporain. L’avenir est dans de nouvelles autoroutes artistiques et plastiques, sans tracés et sans péage !Pour rester dans l’art et le réinventer, il faut être en dehors de ce qui se fait !N’oublions pas surtout la part fondamentale que doit prendre l’enseignement de l’éducation artistique dans nos écoles, juste pour faire naître des vocations. Elle devrait être une discipline obligatoire !

 

              Se faire un nom aujourd’hui dans l’univers distingué et fermé de l’art contemporain, serait, dit-on, un défi presque impossible sans la complicité à la fois des incontournables et des très douteux directeurs artistiques et commissaires internationaux qui se nourrissent et prospèrent dans les biennales et expositions mondiales, conseillent des musées de référence, fréquentent des critiques d’art reconnus et accrédités. Une faune bien particulière, bien organisée, bien introduite, et dont, hélas, on ne peut se passer souvent dans l’espace artistique international! Un artiste qui se vend aujourd’hui, dit-on avec le sourire, est celui qui se  « fabrique » à Paris, Londres Tokyo, New-York, Shangaï et maintenant Dubaï, sans avoir besoin d’être « un bon » artiste. Un « bon artiste » qui n’est pas validé par les puissants réseaux des faiseurs et fabricants d’artistes» aurait peu de chance, dit-on, d’être reconnu comme il se doit. La filière de la  bonne ou de la fausse validation existe et celle qui gagne le plus est surtout la dernière. On la connaît. Secrétaire Général et initiateur de la 1ère Biennale internationale des arts et lettres de Dakar dans les années 90, nous avons personnellement sillonné le monde, vu de nos yeux vu et entendu tout ce qui pouvait advenir d’un artiste dont on voulait ou souhaitait le succès et la reconnaissance mondiale. C’est moins évident pour un mauvais écrivain dont on voudrait vendre la production, même si certains arrivent à passer entre les mailles mais que le temps rattrape toujours. En art, le temps ne rattrape jamais les mauvais artistes déjà consacrés. Il les renforce. L’art plastique moderne dit contemporain a les mailles larges. Cet art est plus tolérant, plus ouvert, plus rusé, moins saisissable, moins clos, moins dogmatique, plus trompeur, plus maquillé, plus libre, plus sexy donc plus exposé à nombre de sensibilités hybrides, d’accords, de rejets. C’est un art moins exigeant, moins dirigé, moins codé, moins fermé, laissé à la merci d’un public divers, imprécis, pluriel, libre, imprévisible, dominant. C’est du « Aimez-moi les uns les autres, ou passez votre chemin, quelqu’un m’aimera, quoiqu’il advienne ». Qui disait qu’il est des œuvres d’art que notre regard valide et désigne comme œuvre d’art, alors qu’elles ne le sont point ? Pour dire que l’on trouve toujours preneur, laid, moche ou beau !

 

               Sur un autre registre, la vérité est qu’un artiste n’a pas besoin de savoir lire ou de visiter la bibliothèque de l’art du monde pour bien peindre, créer, se faire un nom. Nous  ne le croyons pas. On peut être analphabète et créer, en artiste-peintre, une nouvelle esthétique. On peut se passer de « l’alphabet » en peinture et proposer son propre alphabet et l’imposer au monde ! Senghor ne serait pas d’accord avec moi, car il tenait à l’école, à l’académisme, à l’apprentissage minimum du dessein. Le temps des manuels et des bibliothèques de l’art, le temps de l’école ne sont plus imposables aux artistes. Laissons ces époques et ces pratiques aux maîtres des amphithéâtres. La liberté est souvent la meilleure clef pour accéder au génie, à l’universel. Le temps des modernes, c’est le temps de la libre esthétique. Il est des œuvres qui sont de véritables mensonges artistiques et elles gagnent, elles éblouissent. Au diable les critiques d’art académique! L’imposture artistique est même devenue un nouveau courant révolutionnaire qui nous comble par l’audace et la nouveauté des œuvres qui nous arrivent et le surgissement de nouveaux supports qui perturbent notre vision tranquille de l’art ! Il s’agit de célébrer une nouvelle avant-garde à la fois créatrice, grand pinceau et grande gueule. Aux critiques d’art de s’adapter aux nouveaux rites en quittant leur salle de classe, leurs cahiers, leurs livres, les galeries et les musées académiques! Voilà un nouveau marqueur de l’art moderne auquel il faut faire face. Vivement que Dak’Art continue à enfanter des enfants de l’oxygène! C’est un désir d’interrogation, de renouvellement artistique et une force de briser les chaînes qui tenteraient d’emprisonner administrativement le Dak’Art, dont nous avons besoin! Le « Off » mérite notre attention. Il recèle les vrais trésors de demain.

 

La Biennale a fait du Sénégal la capitale artistique et culturelle de l’Afrique et ajoutons, sans hésiter, du monde. « Ce que la politique et la diplomatie n’ont pas su faire », Dak’Art le fait. C’est incontestable. Il suffit juste de constater. Ils viennent de partout, ils sont tous là les passionnés de l’art contemporain, jusqu’aux réguliers et fidèles pilleurs et voleurs de patrimoine aux yeux bleus. Le concours de l’exposition internationale du Dak’Art étant souvent boycotté, dit-on, par orgueil ou vanité, par ceux reconnus comme étant les grands plasticiens de notre pays, nous avait conduit, comme d’autres, à proposer l’ouverture d’un « Grand Pavillon » exclusivement réservé à la peinture sénégalaise, afin de faire moins de mécontents. Notre avis était que le Dak’Art ne pouvait pas tout de même se tenir sans rendre visible et valoriser, à l’occasion, notre propre production artistique qui a fait le tour du monde. Il fallait corriger ce manquement et donner à nos artistes qui le méritent, qui travaillent et qui refusent le sur-place et la mort, la vitrine qui est la leur dans leur propre pays. L’actuelle Secrétaire Générale Marième Ba a inscrit ce pavillon du Sénégal pour l’édition 2018 à venir et c’est une belle innovation qu’elle apporte elle-même, par son écoute et son ouverture.

 

             Vivement, par ailleurs, la mise en fonction du musée d’art contemporain. Celui-ci devrait d’ailleurs contenir un pavillon spécial permanent ouvert sur les œuvres du patrimoine plastique sénégalais. Le président de la République a affecté le lieu: l’ancien palais de justice. Bravo et merci Monsieur le Président, mais faites encore plus avec votre décisif ministre de la Culture: avoir un musée, c’est bien, s’y installer est encore mieux. Puisse le budget 2017-2018 être rattrapé pour une inscription financière apte à l’inaugurer avant la fin 2018. Dommage que nous ne puissions pas laisser l’État tranquille et aller chercher nous-mêmes de quoi installer ce musée d’art contemporain autour d’une mobilisation nationale et internationale jamais tentée par la communauté culturelle et artistique sénégalaise et sa diaspora! Le ministre Abdou Latif Coulibaly aurait été homme à relever ce défi. Bien sûr, nombre d’acteurs culturels avaient préféré que la gare de Dakar soit retenue comme le musée d’art contemporain sénégalais. Comme patrimoine architectural précieux, elle en a le corps, la beauté et la centralité. Un autre plus grand rêve national est venu nous vaincre en ayant sûrement raison: le TER! Nous le traduisons comme le TOUT EN RÊVE  ou TOUT EN RÉALITÉ! Son emprise et son impact seront révolutionnaires. La réhabilitation de la gare de Dakar comme un inestimable patrimoine à conserver et à protéger a bien commencé par le truchement de l’Apix que nous félicitons au passage, après l’avoir montré du doigt, sans fusil, dans la panique, quand nous nous sommes réveillés un matin devant des installations inquiétantes sur son parvis. Quand on sait ce dont est capable le pouvoir de l’anarchie et de l’indiscipline dans notre pays, nous avions cru bon de sonner les cloches. Au passage, nos respects à son Directeur Général qui en avait pris quelques rides, à tort, et dont les collaborateurs fort sympathiques ont corrigé l’impair avec compétence et doigté.

 

    Soyons ambitieux. Redonnons à l’Afrique sa place dans l’histoire de l’art. Elle a plus donné qu’elle n’a reçu. Il reste aux autres de lui rendre un jour, enfin, ce qu’on lui a pris sans honte, depuis tant de siècles. Le Président Macron vient de rendre les armes -cela l’honore- en promettant de restituer à l’Afrique ce que la France lui a « emprunté » comme patrimoine, sans permission, pour en dire moins dans notre rage et notre très longue colère contre cet occupant tenacement fiché dans un orgueil désuet et pourri qui lui fait fuir son mea culpa devant les errements commis comme « civilisateur ». L’homme Blanc, aveugle conquérant d’hier, ne sait pas qu’en demandant pardon, en s’agenouillant même devant ses victimes, ceux-là ne pourraient pas l’empêcher de repartir avec ses genoux, en grandissant son geste. Finies pour nous les lamentations et les pleurs. Nous regardons vers l’avenir. Nous travaillons pour l’amour et la solidarité entre les peuples et les nations. Nos artistes, sans injure, décolonisent en silence notre art et ses espaces de représentations. Nous sommes assez puissants et « divins » pour reconstituer et proposer au monde un art nouveau et des musées vivants. Nos artistes le prouvent. Les musées modernes du monde, les palais royaux et comme nombre d’institutions internationales célèbrent l’art sénégalais, l’art africain tout court. Le Dak’Art n’est plus seulement une Biennale, un pays. Le Dak’Art est ce qu’un continent peut apporter à d’autres continents dans l’émerveillement et le métissage artistique mondial. Si nos artistes ne dialoguent pas avec les autres créations esthétiques du monde, ils mourront. Tant mieux alors si la Biennale dialogue désormais sans perdre l’esprit de son temps, aux confins des métissages, avec de meilleurs Picasso, de meilleurs Manet, des Gauguin plus fous encore, de meilleurs Manessier, de meilleurs Vinci. Je repensais aux deux tableaux de Picasso revendus il y a peu, à 27 millions d’euros, soit 17 milliards 721 millions de FCFA et au Vinci récemment découvert et vendu à plus de 450 millions de dollars, soit près de 250 milliards de FCFA. Comment devant le vertige de tels chiffres, ne pas replacer l’art dans sa dignité et les artistes dans leurs droits au respect, au confort, à la reconnaissance! C’est si injuste cette dignité des mendiants dont on habille nos artistes en Afrique ! Un marché de l’art africain crédible et puissamment pensé et encadré par un partenariat syndiqué des plus puissantes institutions financières et bancaires africaines avec leurs homologues du Nord, pourrait faire rêver les héritiers de Pape Ibra Tall, Ibou Diouf, Bocar Diongue, Iba Ndiaye, Souley Keïta, Ndary Lo, l’éthiopien Zérihun Yetmgeta, le Zimbabwéen Tapfuma Gutsa, le Nigérian Muaina Oyélami, l’algérien Malek Salah, et tous les autres grands artistes de notre continent. Le Dak’Art doit avoir cette ambition et ne pas s’arrêter à rien d’autre qu’à des expositions in et off, des colloques, des remises de distinctions et des prix si faiblement dotés et vite oubliés! C’est d’ailleurs ici l’occasion de rechercher et de trouver toutes les œuvres primées depuis la Biennale des arts de 1992 à nos jours, pour les exposer dans notre prochain musée d’art contemporain avec un espace dénommé entre autre: « Regard sur les trésors nominés du Dak’Art ». Nous sommes déjà largement servi dans ce travail par un inconnu et remarquable garçon, désintéressé et émargeant au Secrétariat Général de la Biennale, du nom d’Abdou Diouf Ndiaye, qui vient d’accomplir et d’achever un travail de recherche et d’archivage admirable sur la totalité des œuvres primées par la Biennale et ce, sur sa propre initiative. Et dire qu’il s’échine comme un diable, le pauvre, à trouver quelques misérables francs pour publier ce travail considérable et unique! Puisse Madame la Secrétaire Générale -première femme nommée à cette fonction- prendre ce travail en main et le porter à son achèvement !

 

           Nous saluons de nouveau l’État du Sénégal qui a permis cette Biennale. Nous nous honorons de la voir vivre dans ce grand petit pays qu’est le Sénégal. Le Dak’Art reste notre seule vitrine internationale et notre plus solide rapport au monde de l’art moderne. Quelque chose de plus grand que nous veille et souffle sur les braises chaque deux ans, afin que la Biennale s’enflamme et enflamme tous les espaces et lieux artistiques internationaux. Il n’existe pas d’autre explication pour tenter de comprendre comment le Dak’Art a pu continuer à exister à nos jours ! C’est ici, à Dakar, que la terre se donne rendez-vous pour voir, admirer, juger de la créativité de l’art africain moderne contemporain. Les suites et les retombées sont immenses et dépassent notre attente, sans que nous essayions d’en consigner les statistiques, ce qui a toujours fait notre faiblesse non usurpée. Comment diable, dans notre maladive manque de rigueur et de vision, arrivons-nous d’ailleurs, avec deux sous, une organisation boiteuse et plâtrée, à toujours étonner le monde, à rassembler, à créer le beau?

 

Puisse l’Afrique, par le Dak’Art, continuer à demeurer ce « lieu de passage et d’affirmation, d’incarnation et de transcription de la primauté de l’esprit ». Bonne chance au grand combattant, au ministre Abdou Latif Coulibaly ! Bienvenue dans l’enfer climatisé à la Secrétaire Générale Marième Ba pour son premier baptême de couleurs, de lignes, de formes, en mai 2018, devant tant de visiteurs venus de tous les horizons vivre le Dak’Art! Elle gagnera son pari notre si chère sœur !

       Quoiqu’il arrive, ce sera encore une belle fête, même avec une claudicante organisation C’est notre secret! Toutefois, la réussite existe toujours. Il suffit d’en payer le prix !

 

 

 

Par  Amadou Lamine Sall

                                                                                                                       Poète

                                                                                        Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

 

Formation: les journalistes culturels à l'école

Vingt-cinq journalistes culturels représentant neuf pays d’Afrique de l’Ouest ont entamé une formation de six jours sur "la critique face aux enjeux culturels", a constaté l’APS, ce lundi 11 décembre 2017, à Dakar.
 
L’atelier de formation organisé par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) a démarré en présence du ministre sénégalais de la Culture, Abdou Latif Coulibaly.
 
"Il est essentiel que tous les acteurs qui ont pour mission de parler de la culture, de l’étudier et de rendre compte de ses diverses expressions (…) puissent être suffisamment outillés pour que les publics ciblés deviennent des publics avertis…" a dit M. Coulibaly pour montrer l’importance de l’atelier.
 
"Les journalistes ont un grand rôle à jouer", a-t-il ajouté, affirmant qu’ils doivent, lorsqu’ils choisissent de se spécialiser en culture, "se positionner comme des critiques conscients et objectifs".


Cette posture leur permettra d’"appréhender tous les enjeux actuels de la culture, qui est devenue un secteur encore plus complexe en raison des mutations induites par le développement du numérique", a souligné Abdou Latif Coulibaly.

Le ministre sénégalais de la Culture, journaliste de formation, estime que "le travail du journaliste culturel comporte une exigence qu’il faut assumer en toute indépendance, mais aussi en toute responsabilité". Pour ce faire, a-t-il ajouté, le journaliste culturel doit "se prémunir contre la critique facile et non fondée sur des arguments scientifiques". 
 
Selon Toussaint Tiendrébéogo, un fonctionnaire de l’OIF, l’atelier de formation destiné aux journalistes culturels de neuf pays d’Afrique de l’Ouest "s’inscrit dans le cadre de la mission de promotion de la diversité culturelle et linguistique", une mission chère à l’Organisation internationale de la Francophonie.
 
"Vous êtes des acteurs incontournables pour contribuer à l’amélioration du niveau de compréhension des enjeux culturels auprès des décideurs publics et des populations, mais aussi pour faire reconnaître la contribution des arts et de la culture dans la transformation des sociétés et le développement de vos pays", a-t-il dit, s’adressant aux journalistes bénéficiaires de la formation.
 
La formation est dispensée à ces derniers par leur consœur Gaëlle Borgia, une spécialiste des pratiques multimédia et des "contenus enrichis". 
 
L’atelier de formation sera rythmé par des séances de lecture critique de films et des échanges avec des cinéastes et des artistes visuels.
 

Les journalistes qui participent sont du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Sénégal et du Togo

Serigne Afia Bousso, L’imam de la Grande Mosquee de Touba en visite à Yene et Toubab Dialaw

Erudit de l’islam, illustre homme de Dieu, disciple de Cheikh Ahmadou Bamba Mbacké, Serigne Afia Bousso, imam ratib de la grande mosquée de Touba sera le distingué hôte de toute une communauté dans sa diversité.

Serigne Afia se rend, le dimanche 17 décembre 2017 à Yene et à Toubab Dialaw, pour une rencontre avec les talibés mourides, les fidèles religieux, une visite d’amitié et aussi de travail dans le cadre du projet de l’Institut islamique international Khadimou Rassoul. Ce sera également un moment de prières, de communion familiale et de ferveur religieuse ponctué de bénédictions et d’enseignements aux fidèles et aux citoyens du monde. Ce dimanche 17 décembre sera une date historique pour la localité de Yene qui accueille, de 10 heures à 13 heures, l’imam de la grande mosquée de Touba. Pendant la visite, Serigne Afia bénira l’espace prévu pour le projet de l’Institut islamique international Khadimou Rassoul à Yene et se rend à Toubab Dialaw  chez son talibé, parent et ami, le poète-écrivain, Daouda Fall, fondateur de Global Vision Cultural Center. A cette occasion, l’imam de la mosquée s’entretiendra avec les talibés, les autorités locales et le public.  Déjà, depuis quelques jours, le comité d’organisation est à pied d’œuvre pour un accueil exceptionnel à la dimension de ce grand serviteur de l’islam, propagateur des enseignements de Serigne Touba.

Alassane CISSE (www.baobabafrique.com)

Fildak 2017 : Remise de livres aux bibliothèques universitaires

Le Secrétaire général du ministère de la Culture, Birane Niang, a remis, dimanche 26 novembre 2017, des livres à six bibliothèques universitaires, dix centres de lecture et d’animation culturelle (CLAC) et des clubs de lecture d’art et de philosophie (CLAP) érigés dans les municipalités du Sénégal, a constaté l’APS.

Cette cérémonie a été organisée dans le cadre de la journée dédiée au ministère de la Culture, à l’occasion de la 16e Foire internationale du livre et du matériel didactique FILDAK.

Les livres ont été remis aux bibliothèques universitaires de Dakar, Saint-Louis, Thiès, Bambey, Ziguinchor et à l’université catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), ainsi qu’aux bibliothèques municipales de  Ouakam, Yoff, Ngathie Naoudé (Kaffrine), au lycée de Ouakam et à l’association des amis de Sada Kane.

Selon le Secrétaire général du ministère de la Culture, ‘’cette remise symbolique’’ est le fruit d’une coopération entre la librairie Payot, en Suisse, l’Association des Sénégalais émigrés dans ce pays et la Direction du livre et de la lecture. ‘’Elle marque une étape importante dans la coopération de la solidarité francophone’’, a-t-il souligné.

S’adressant aux bénéficiaires, il a dit : ‘’Le livre que vous allez recevoir est le fruit d’un partenariat du projet +Partagerlire+ dont la premier récolte offre soixante mille livres cette année’’. Il a annoncé que deux cent cinquante mille autres “seront reçus en 2019’’.

‘’Ce geste symbolique n’a pas la prétention de résoudre durablement vos besoins, mais va renflouer vos rayons par des ouvrages de références et contribuer en offrant à vos usagers la possibilité de s’ouvrir à d’autres imaginaires’’, a dit Birane Niang aux bénéficiaires.

Pour lui, ‘’c’est là l’intérêt du projet qui s’inscrit dans le donner et le recevoir si cher au président-poète Léopold Sédar Senghor’’.

Pour le maire de Ngathie Naoudé, Yaye Fatou Diagne Mboup, dont la commune œuvre à l’amélioration du cadre éducatif dans la localité avec le CLAC, ‘’cette dotation va permettre aux enfants d’avoir les mêmes chances que ceux des villes’’.

Le représentant des bibliothèques universitaires, Malamine Diouf, a remercié ‘’vivement’’ le ministère de la Culture pour les efforts fournis pour appuyer de manière inclusive tous les acteurs du livre.

‘’Depuis quelques années, il n’y a pas plus beau cadeau à offrir à un bibliothécaire qu’un livre. Je crois que cela devrait être ainsi pour tous les acteurs de la culture, (…) le livre est le produit culturel le plus beau que l’humanité ait jusqu’ici’’, a-t-il souligné.

 

Religion : Guet Ardo célèbre la naissance du Prophète

Sous l’égide d’El Hadji Mouhamadou Aissata Ba Khalife Général de Guet Ardo et de son porte parole Cheikh Aldiouma Ba, le comité d’organisation coordonné par l’association Misbahoul Houda convie les fidèles au Gamou annuel de Guet Ardo (Département de Louga) prévu ce jeudi 30 novembre 2017. Au programme : des séances de récitation du coran, de zikrs, des tables rondes, une exposition sur la vie et l’œuvre d’El Hadji Cheikh Aldiouma Ba à l’esplanade de la grande mosquée, la cérémonie officielle et la soirée religieuse jusqu’à l’aube.

Un bref rappel sur le Gamou de Guet-Ardo

C’est vers les années 1900 qu’El Cheikh Aldiouma Ba célébra pour la première fois la naissance du Prophète (Psl) dans son village de Guet-Ardo. Plus connu sous le nom de Maoloud, l’évènement regroupait à l’époque les talibés et fidèles compagnons du vénéré Cheikh. Pour lui, il s’agissait de se regrouper dans la grande cour de la mosquée. Pour leur déplacement, les fidèles utilisaient tous les moyens disponibles. Tout le monde contribuait ; du mouton au bœuf en passant par des seaux de lait sans oublier les couscous préparés à l’avance. Pour le Cheikh, le Gamou devait être un moment de solidarité entre musulmans. Des témoins de l’histoire rapportent que la première édition fût une réussite totale car ayant dépassé de loin les attentes de son initiateur. Pour parvenir à cette bonne organisation, Cheikh Aldiouma Ba avait mis en œuvre son dispositif d’actions composé de ses quatre fils que sont El Hadji Cheikh Mouhamadou Fadel Ba, El Hadji Cheikh Sidy Ousmane Ba, El Hadji Cheikh Talibouya Ba, Cheikh Sadibou Ba respectivement premier, deuxième et troisième Khalife. C’est vrai qu’El Cheikh Aldiouma ne participait pas directement à la soirée religieuse, mais il n’en demeure pas moins qu’il arrosait de ses prières cette foule immense. De même, ces soirées de ferveurs étaient ponctuées de riches panels. Ainsi, durant toute sa vie, il a veillé à la tenue de cet évènement à chaque fois à Guet Ardo.

A sa disparition (le 30 Septembre 1946), El Cheikh Mouhamadou Fadel Ba en relation avec ses frères et autres talibés perpétua l’œuvre entamée par son père. De ce premier Khalife au dernier (EL Mouhamadou Aissata Ba) tous ont marqué de façon indélébile le Gamou à Guet Ardo. Une rupture importante a cependant été notée avec l’avènement de l’Association Misbahoul Houda (lumière du Droit Chemin).

Cela a coïncidé avec le califat d’El Ahmadou Aissata Ba (2000- 2004), un visionnaire et ami de la jeunesse. En effet, pour lui jeunesse rime avec vivacité. Notre Calife a responsabilisé pour la première fois ce mouvement pour tout ce qui était relatif à l’organisation du Maoloud de 2003.

Cette Marque de Confiance de sa part, était pour eux un défit qu’il fallait relever. Pour arriver à un résultat quasi parfait, l’accent a été mis sur la remobilisation, l’utilisation de moyens modernes ainsi qu’une vaste campagne de communication reposant sur plusieurs caravanes, communiqués et des banderoles sans oublier les dossiers de presse mis à la disposition des journalistes présents sur les lieux. La réussite de cet évènement s’est manifestée le lendemain même par la diffusion des images du Maoloud à la télévision nationale.

Le Maoloud est devenu aujourd’hui le rendez-vous phare de Guet-Ardo car regroupant talibés et sympathisants sans oublier les autres familles religieuses du pays qui dépêchent leurs émissaires.

L’activité économique y connaît un essor remarquable. Du marchand ambulant au grossiste tout le monde effectue le déplacement. Son ampleur justifie aujourd’hui l’insertion de Guet-Ardo dans le calendrier religieux de l’exécutif régional. Il faut retenir que le Gamou de Guet Ardo fait désormais l’objet d’un comité régional de Développement (CRD) tenu chaque année dans les locaux de la Gouvernance de Louga sous la conduite du Maire de la Commune.

Source M. Fadel KA

 

 

 

3ème Festival du film de famille: le Sénégal et le Cameroun primés

La troisième édition du Festival international du Film de Famille (FIFFA) s’est tenue du 16 au 18 novembre 2017 à la Maison de la Culture Douta Seck de Dakar (MCDS).

 A l’initiative de Baobab Production, le 3ème Festival international du Film de Famille (FIFFA) s’est doté d’un programme rythmé par des projections de films liés au mariage, à la famille, au genre, à l’enfance, en provenance du Sénégal, du Mali, du Burkina Faso, du Cameroun, du Gabon, du Maroc, de la France, de la Belgique et de l’Ukraine.

Sur une quinzaine de films projetés, le jury a porté son choix sur  quatre films.

Présidé par l’expert culturel Yannick Ogandaga du Gabon, le jury  était composé de professionnels du cinéma du Sénégal, du Mali et de l’Allemagne. 

Ainsi, après délibération, le Cola d'or  du meilleur film est décerné au film « Maintenant …virtuellement familial » du réalisateur sénégalais Mamadou Ndiaye, de la Radio Télévision Sénégalaise RTS.

 

Le Cola d'argent est attribué au film "Fidélité.com » du Camerounais Alex Mboua tandis que le Cola de bronze est allé au film "Djigen" de la Sénégalaise Arame Sall. 

 

Le jury a décerné une mention spéciale au film « A travers les barrières » du réalisateur sénégalais Ndiaga Fall.

La table ronde sur « l’éducation familiale en question » a été animée par la sociologue Madame Fatou Sarr Sow, Directrice du Laboratoire genre de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’imam Moustapha Sarr, Madame Yacine Diagne, Présidente du Forum des Femmes.

Au cours de l’édition 2017, des ateliers de renforcement de capacités professionnelles des jeunes acteurs du cinéma ont été animés par des professionnels du 7ème art. A cela s’ajoute la grande exposition d’œuvres d’art liées à la famille, réalisée par les artistes, Adama Boye, Thiané Fall, Baye Mbalo Kébé, Limalé Diop, Fat Kiné Diakhaté, Oumou Kalssoume Seck et Sérimasen.

La clôture a été marquée par la forte présence des enfants et des jeunes autour des projections de films d’animation et des courts métrages de fiction.

Faut-il le rappeler, la famille est la matrice de toute société; le terreau où la vie se forme, se développe ainsi que les relations humaines.

La famille est aussi un lieu fortifié par des valeurs: le sens du devoir, de la responsabilité, l’amour du travail et le désir de vivre ensemble.

Ces valeurs doivent être promues. D’où le Festival international du Film de Famille (FIFFA). La quatrième édition du Fiffa est prévue du 6 au 8 décembre 2018.

 

Alassane CISSE

 

 

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