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Mamadou Konté, l’inspirateur de la fête de la musique

Si l’on se fie au témoignage de quelqu’un comme Mamadou Diagne, qui raconte comment il a rencontré l’initiateur du festival Africa Fête à l’âge de 16 ans, c’est à Mamadou Konté, décédé le 20 juin 2007, que l’ancien ministre français de la Culture, Jacques Lang, aurait emprunté l’idée de faire de la date du 21 juin la Fête de la Musique. 

De l’hommage qui lui a donc été rendu, le mercredi  21 juin à l’occasion de la célébration de la fête de la musique au Grand Théâtre National, l’on retiendra aussi cette pique du producteur Robert Lahoud, «le dernier à avoir parlé» à Mamadou Konté. Malade, «sur son lit d’hôpital», l’homme trouvait encore le moyen de s’en faire pour la Fête de la Musique, se demandant si le ministre de la Culture viendrait. Robert Lahoud va plus loin, lorsqu’il fait remarquer que l’actuel ministre de la Culture et de la Communication, Mbagnick Ndiaye, n’est pas présent, laissant entendre qu’il a sans doute des choses plus importantes à faire. Il faut dire que Mbagnick est représenté à cette cérémonie par le secrétaire général du ministère, Birane Niang, qui fera remarquer que cela signifiait tout simplement que le ministre était «présent».

 

Mais passons…Car l’homme, décédé il y a dix ans, n’était pas dans la polémique dit-on : c’était un «rassembleur». Ce mercredi 21 juin 2017, au Grand Théâtre, c’est debout côte à côte que les frères Mayitoukou, Luc et Saintrick, lui ont rendu hommage…Hommage à un «faiseur d’artistes », qui mériterait que l’une de nos «rues», de nos «salles», sinon l’un de nos «monuments», porte son nom. Mamadou Konté, que Luc Mayitoukou cite en exemple, n’a jamais cherché qu’à «servir». Peut-être parce que, comme dirait Mamadou Diagne, c’est à lui qu’il doit ses leçons d’ «humilité», de «générosité», la notion de «don de soi».

 

Né au Mali, Mamadou Konté se retrouve dans la peau d’un «ouvrier immigré en France», alors qu’il n’a que 15 ans. Syndicaliste très proche des mouvements ouvriers, il s’engage ensuite pour la musique et la culture, lui qui a appris à lire et à écrire en français grâce au cinéma.

 

Aujourd’hui, à la tête du Festival Africa Fête, il y a sa présidente, Rokhaya Daba Sarr, qui a convié le public du Grand Théâtre National à tourner les pages d’un album photos virtuel, où Mamadou Konté, «précurseur engagé» et «découvreur de talents», pour parler comme Birane Niang, repose à côté de Joe Ouakam. Pour rappel, l’édition 2017 du Festival Festival Africa Fête aura lieu du 30 juin au 8 juillet prochain à Marseille.

Mariama DJIGO

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