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Musique : Entretien avec Brahim El Mazned, directeur de Visa For Music

Il est le patron du célèbre marché des musiques d’Afrique et du Moyen-Orient intitulé Visa For Music. Lancé il y a quatre ans de cela, Visa For Music a pris une ampleur considérable au fil des éditions. Brahim El Mazned qui a porté le projet, a accepté de se confier à l’envoyé spécial de votre préféré portail d’informations culturelles www.baobabafrique.com à Rabat, ville où s’est déroulé Visa For Music du 22 au 25 novembre 2017 

A l’issue de cette quatrième édition de Visa For Music quel est votre sentiment et surtout selon vous Brahim El Mazned, quels auront été les grands moments?

C’est vrai que c’est une édition assez incroyable.Une édition où les artistes étaient au rendez-vous, les concerts étaient de très grande qualité ; on a aussi noté autre chose, la qualité des conférences, des rencontres professionnelles, les ateliers également  auxquels ont participé beaucoup de jeunes professionnels de la culture de toute l’Afrique. Il y avait beaucoup de belles découvertes, des professionnels venus du monde entier, précisément de 85 pays dont une trentaine de pays africains. Je pense qu’on peut se réjouir de cette édition qui était assez riche et intense.

Ainsi, comment-on arrive à préparer un tel événement qui, aujourd’hui, reste une grosse machine dans le domaine de la musique en Afrique ?

J’ai une petite équipe de cinq jeunes et quelques volontaires qui  travaillent sur le projet tout au long de l’année. Ça demande beaucoup d’investissement humain, beaucoup d’engagement,  beaucoup de persévérance parce qu’on n’a pas beaucoup de moyens. Mais, malgré tout cela, ce projet aujourd’hui fait partie de l’agenda des grands rendez-vous internationaux. Je remercie vraiment les partenaires et mon équipe qui est très engagée dans ce projet.

Maintenant vous devez scruter l’avenir, parce qu’on est à quatre éditions donc c’est la majorité qui s’annonce. Est-ce que vous y avez déjà pensé ?

On y pense sérieusement chaque jour depuis la création. C’est pour cela qu’on est à la recherche des partenaires et des mécènes qui  peuvent vraiment placer ce rendez-vous comme un rendez-vous international confirmé pour la profession de la filière musicale en Afrique. Nous avons d’autres projets que nous allons implémenter très prochainement.

Un marché comme Visa For Music, est assez complexe parce qu’il regroupe pratiquement deux continents. Disons un continent, et une grande région du Moyen-Orient. Comment arrivez-vous donc à faire la jonction entre les musiques d’Afrique et les musiques du Moyen-Orient pour dynamiser Visa For Music ?

Le Maroc a cette double identité, il fait partie de cette zone Afrique du Nord et Moyen-Orient. Mais,  ses racines sont en Afrique. Il est tout naturel qu’il y ait les deux régions, l’Afrique et le Moyen-Orient. Il n’y avait pas que celles là d’ailleurs, parce que nous avons des artistes qui sont venus de l’Inde, de Corée du Nord, des Etats-Unis d’Amérique et d’Europe. Nous n’avons pas voulu depuis le départ, en faire un marché régional où  il n’y a que l’Afrique, c’est pour cela qu’on a ouvert. Cela nous permet  aussi de mélanger les communautés ici à Rabat au Maroc, le temps d’un festival.

Il y a un défi local. Après deux éditions déjà que nous avons vécues,le public marocain adhère fortement. Est-ce que vous pensez que l’adhésion de ce public est seulement due à la programmation des artistes marocains ?On a vu le succès particulier des artistes marocains  au cours de cette édition de Visa For Music…

Je pense que le public marocain est assez général et que toutes les sonorités musicales ne sont pas que marocaines. Effectivement, quand il s’agit d’un  Marocain, il ya toujours de ses fans qui l’accompagnent là où il est. Mais, la réaction avec les artistes n’est ni camerounaise, ni zimbabwéenne  ou européenne. La réaction est aussi généreuse et çà, c’est un travail qui se fait dans la durée. Nous, on à un public de Visa For  Music qui les berce à cette période de l’année pour être des nôtres.

Le Haut patronage du Roi du Maroc doit certainement vous galvaniser ?

Evidemment, Sa Majesté, le Roi est très passionné par les arts et la culture, pas uniquement du Maroc mais du continent. Il est très sensible à ce qui se fait en terme de créations, en arts visuels comme en arts vivants dans l’ensemble du continent africain et on ne peut que s’en réjouir.

La plupart des journalistes africains notamment de divers réseaux professionnels se posent la question de savoir comment Brahim a réussi à mettre en place un tel projet ?  Ils voudraient comprendre par exemple combien peut coûter un tel événement ?

C’est un projet engagé, un projet qui demande beaucoup de moyens. Pour le moment, j’avoue que ces moyens-là, on ne les a pas encore. Mais, la force de ce projet, ce n’est pas nous qui la faisons. Ce sont des acteurs culturels qui  en ont fait un rendez-vous. C’est à eux que revient la réussite de ce projet.

Vous suivez les groupes après leurs programmations et leur déploiement ailleurs ?Avez du feedback après leur passage à Visa For Music ?

On a du feedback. Dès fois, on a de belles surprises. Nous suivons ces artistes-là par les réseaux où ils sont. Pas uniquement des Marocains, mais aussi des subsahariens, et à chaque fois, on a des centaines de dates qui sont confirmées pour les artistes. Il y a beaucoup de projets. Il y a des collaborations Sud -Sud entre les artistes d’Afrique du Nord et ceux de l’Afrique subsaharienne. Tout comme il y a des tournées qui ont lieu un peu partout en Afrique et à travers le monde. On continue à les suivre comme on peut, parce que cela demande aussi beaucoup de travail. On se réjouit que pour chaque artiste, il y ait eu des retours, des retombées intéressantes.

Qu’est-ce que Brahim El Mazned promet pour la prochaine édition de Visas for music ?

Honnêtement mon objectif, c’est d’installer vraiment ce rendez-vous au mois de novembre à Rabat, Rabat ville lumière, capitale du royaume ; comme un rendez-vous de la communauté africaine de la filière musique. Aujourd’hui, je pense que,  la plupart des professionnels en Afrique connaissent ce rendez-vous et je pense que nous pouvons aller plus loin avec ce projet, si les moyens suivent, s’il arrive à confirmer sa place comme un rendez-vous majeur de la filière musicale à travers le monde. 

Entretien réalisé par Jean François CHANNON

Envoyé spécial à Rabat

 

 

 

 

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