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Violences conjugales : Sandia Fofana se confie

Le Collectif des Sœurs de Cœur a organisé, le mercredi 11 avril 2018, à l’école notre Dame du Cap Vert de Pikine, une cérémonie de dédicace du livre « Vivre, Rien que ça ! » de Sandia Fofana.

Dans ce livre de 159 pages, l’auteure ivoirienne, devenue « esclave » de son mari en France s’arme de son courage et témoigne avec sincérité son parcours parsemé de violences et d’humiliations. « J’ai écrit ce livre pour partager mon vécu, ma souffrance causée par un mari violent qui me battait à chaque fois qu’il en avait envie, et cela même à 7 mois de grossesse. Mais, aussi pour donner un signal fort aux femmes victimes de violences conjugales, pour leur dire de briser le silence, car il est temps de stopper ce fléau qui a longtemps perduré dans nos sociétés africaines. Et, il est important de souligner qu’il y’a pas d’avenir pour des enfants qui vivent dans un foyer où les coups sont des armes».

Une occasion pour Sandia Fofana de sensibiliser toutes les femmes victimes de violences conjugales en traitant comme thème principal, les violences faites aux femmes dont ses dernières vivent en silence dans leur foyer. « Redonner espoir et courage à toutes celles qui vivent un enfer auprès d’un mari violent, tel est mon combat.  J’ ai été victime, une victime  de la méchanceté humaine trop longtemps silencieuse. Il m’a fallu plus de vingt ans pour mettre un nom sur ma douleur. Car, j’en avais honte, je me sentais sale, je me sentais trahie », témoigne-t-elle.

Poursuivant : « retrouver ma dignité, ma liberté et mon admiration,  beaucoup de femmes n’osent pas dire non à leurs souffrances et là je me suis «  mise à nue »  dans cet ouvrage pour leur dire qu’il ne faut pas rester dans le silence ».

Cette cérémonie de dédicace, un moment opportun pour Madame Awa Gaye Sow, actrice communautaire de revenir sur les violences faites aux femmes sous toutes ses formes, et particulièrement conjugales. Pour ainsi dire à ses femmes, il faut que ça cesse ! «Les femmes souffrent et la violence n’est pas que physique, elle est morale, psychologique et verbale. Ici au Sénégal, il y’a des milliers de « Sandia Fofana » qui subissent la souffrance en toute silence. car elles n’osent pas dénoncer. Les hommes qui battent les femmes n’ont ni religion, ni éthique, encore moins de foi », assène-t-elle en présence des autorités de la Ville de Pikine, des associations de jeunes ainsi que des acteurs culturels.

Ibrahima Bodian, venu représenter le maire de Pikine Nord Amadou Diarra, s’est dit indigné de ces actes barbares avant de louer la bravoure de Sandia Fofana.

Fana Cissé (Baobabafrique.com)

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