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Mendicité forcée des enfants : les artistes au chevet des talibés

Contribuer à l’éradication de la mendicité forcée des enfants talibé, tel est le combat porté par les artistes et les acteurs de la société civile. A cet effet un atelier, du 30 au 31 mai 2018 à Dakar, a été initié dans ce sens par la Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme Raddho en partenariat avec Anti Slavery International et Tostan avec l’accompagnement de Baobab Production. Ainsi, pour la coordonnatrice des droits de l’enfant à la RADDHO, Mame Couna Thioye, l’objectif de cet atelier de partage consiste à impliquer les artistes de diverses disciplines (musique, graffiti, arts plastiques, théâtre, poésie, slam, chant…).  Cependant, ils invitent les autorités sénégalaises à mettre fin à cette pratique en demandant  l’application effective de la loi qui interdit toutes les formes de maltraitance à l’encontre des enfants.

Nombreux sont les artistes qui se sont investis pour la cause noble de leur pays. Un exemple que Madame Couna Thioye souhaite que ceux du Sénégal fassent le même pour sensibiliser la population compte tenu du projet de réformes portant sur les écoles coraniques.

« Nous mettons l’accent sur la recherche des solutions durables à la lancinante question de la problématique de la mendicité. Certes, l’Etat n’est pas resté les bras croisés, car il a initié un certain nombre de mesures notamment les projets de modernisation des daaras,  qui sont en cours, mais également le projet de retraits des enfants de la rue. Et nous pensons que tous les acteurs de la société doivent être impliqués dans ce processus pour une approche de droits humains et non pas un système d’assistance, qui ne peut être provisoire.  Et nous, nous avons identifié parmi ces groupes d’acteurs, les artistes pour porter le combat à travers leurs créations.  Car, les acteurs culturels, porteurs de voix jouent un rôle déterminant dans notre société», préconise la coordonnatrice des droits de l’enfant de la RADDHO.

 Madame Thioye de souligner qu’on ne peut pas prévoir le développement ni l’émergence d’un pays en laissant en rade ses enfants. Pour elle, la véritable  richesse qui mérite l’investissement, c’est l’enfant. « Donc, nous invitons les autorités sénégalaises  à l’application effective de la loi portant sur l’interdiction de toutes formes de maltraitance des enfants».

Portant la communication des autres artistes venus assister à l’atelier de partage, l’artiste comédien Samba Mballo estime que : « Quand on est dans une société et que les artistes se taisent, c’est la catastrophe. Il suffit juste que les artistes ouvrent la bouche pour qu’on puisse éviter la catastrophe. Et dans le cas échéant nous n’allons plus se soustraire à ce fléau qui est la mendicité des enfants. Par contre, nous allons être impliqués  jusqu’au bout dans ce qu’il faut et mettre en place des projets artistiques à l’assaut de la mendicité », fera-t-il savoir.

Fana CISSE (Baobabafrique)

 

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