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Décès de Thiémokho Coulibaly. Au-delà des mots, le sens de l'image

Du  «Soleil» du milieu des années  80 au «Sud» des heures de braise, un reporter photographe  aura, de son audace et de son talent, marqué la photographie de presse. On l’appelait   «Thié», diminutif de Thiémokho  et non « Che » pour ceux qui pourraient penser à Che Guevara qui  avait tenté, après Cuba,  de libérer  toute l’Amérique latine,  et était habité par un autre combat.

Il voulait  déserter le champ du décor pour investir celui du  sens en aidant à mieux  lire  l’information. Il l’a réussi en offrant  pendant   près de trente ans aux lecteurs de «Sud hebdo», « Sud au quotidien» et «Sud quotidien» des images qui permettent, au-delà  des mots, de restituer des tranches de vie, des séquences de l’histoire, de la fin du vingtième siècle aux premières années du troisième millénaire.  Il lui a fallu courage, ténacité, professionnalisme,  esprit d’initiative et  habileté. Que n’a-t-il enduré pour réussir  à capter, avec son appareil photo, des images qui,  à elles seules, suffisent pour  faire vivre des évènements aux lecteurs ?

Militant  du Parti démocratique sénégalais (Pds) aux convictions  très fortes, il n’a jamais, dans son travail de reporter photographe, privilégié sa formation politique. Aucune couverture biaisée ou ratée. Avant 2000, comme après la gouvernance libérale, il a su observer la distance critique, se comporter en professionnel.
 
C’est certainement  ce qui lui a valu le respect des hommes politiques, des leaders syndicaux  de tout bord.
Avec son rappel à Dieu, «Sud Communication» perd, un professionnel loyal,  reconnu par ses pairs et respecté, un homme disponible et généreux, un régulateur du groupe, fidèle en amitié. Qu’Allah dans sa Miséricorde infinie l’accueille en son paradis et  donne à sa famille, à ses confrères de «Sud communication» et à ses nombreux amis, assez de force pour surmonter l’épreuve de sa disparition.

 

Abdoulaye Ndiaga SYLLA

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