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Photographie: Mame Diarra expose à l’Institut français de Dakar

L’espace Pavillon de l’Institut français de Dakar accueille les œuvres photographiques de Mame Diarra Niang. Le vernissage de l’exposition intitulé «Sahel gris» est prévu le mardi 1er octobre à 19 heures. Et l’expo se prolonge jusqu’au samedi 26 octobre prochain.

«La photographie de Mame-Diarra Niang relève autant d’une interrogation sur sa technique, comme capture de la lumière, que d’un hommage à l’Afrique, comme continent solaire. Renversant les clichés et déjouant les attentes, la photographe use de son outil à contre-emploi, cherchant moins à reproduire l’intensité chromatique des paysages dakarois qu’à moduler la perception de son éclat, et à montrer le Sénégal sous un nouveau jour» note-t-on dans le texte de présentation.

L’artiste propose dans sa série Sahel Gris une circulation sur des frontières se représentant en axes courant vers un ailleurs comme sur des lignes de fuites. Elle pose dans cette situation une ambiance entre chien et loup, un entre-deux qui offre une idée forte du mouvement par l’errance qui s’opposerait à une colonisation urbaine en chantier sur l’ancienne piste de l’aéroport de Dakar, aménagée en nouvelle « cité dortoir ». Ce paysage en érection renvoie à un dialogue entre horizontalité et verticalité et à une destinée commune tant par la géométrie des immeubles en constructions que par l’absence de l’homme.

Dans ses photographies, Mame-Diarra Niang interroge avec constance la plasticité de ces paysages anonymes. Elle perçoit l’étendue en construction, en ruine ou à l’abandon comme une installation plastique et contemporaine qui impose un effort contemplatif. L’état transitoire entre la permanence de la terre et son occupation fait de plus en plus référence, dans l’architecture en blocs de bétons installés sur un « no man’s land », aux banlieues occidentales érigées comme un étalement humain, résultat d’un débordement de la ville au-delà de ses murs et témoignant de nouveaux modes de vie.

La solidité du fer, la vie inhérente à l’eau et la rouille, savante réaction chimique entre les deux, jonchent ce Sahel gris qui fait place à une idée de « vies entassées ». Il n’est alors plus question de « vies à coté » traditionnellement connues à Dakar. L’expansion est de plus en plus présente dans la ligne d’horizon, tel le point de basculement entre une vision radicale de l’avenir et du vivre ensemble. Il y a donc deux choix qui se font face dans les clichés de Sahel Gris autant par le rapport au sol qu’au territoire : fouler le sable et circuler, ou le bâtir en brique et se fixer.

Sahel gris est une nature morte qui donne à voir en une sensation neuve la sédentarisation, la possession et la quotidienneté que fabrique la société sénégalaise. Ci-gît dans Sahel Gris, la notion de bonheur d’un Dakar anxieux de se perdre dans l’étendue abstraite du temps et l’occupation concrète de l’espace. » M-D. N.



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