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Mode : Papino exporte ces créations

  • Publié dans Mode

Pape Songué  Diouf, de son nom d’artiste, Papino ou Papino Création est un styliste, créateur de mode, fécond et entreprenant. Ses créations circulent à travers les podiums, ses diverses et riches collections présentées au cours des grands événements au Sénégal, en Afrique et en Europe. Ainsi, après avoir présenté ses modèles en Belgique en mai 2018, à Lomé, capitale togolaise au Festival de mode en septembre 2018, Papino s’apprête à participer comme à l’accoutumée à  la Fierra (Foire internationale de la mode) du 2 au 10 décembre 2018. Ensuite, il se rendra à Luxembourg, le 22 décembre 2018, pour faire découvrir ses toutes nouvelles créations. Et le 26 janvier 2019, le créateur sénégalais de mode, Papino sera sans nul doute l’attraction du Black Fashion Week à Amsterdam en Hollande et représentera l’Afrique en présence de 50 stylistes en provenance d’Europe.

 Surnommé «L’habilleur des stars», Papino crée pour les artistes, les sportifs, les personnalités politiques, les hommes d’affaires, les acteurs culturels, de la société civile. Papino habille les Lions du Sénégal, Me Augustin Senghor, les artistes Oumar Pène, Pape et Cheikh, Fallou Dieng, Carlou D, Salam Diallo, Sanex, l’animateur-vedette de Tfm,  Pape Cheikh Diallo, le reporter sportif Modou Mbaye entre autres.

Couturier talentueux, Papino vogue entre les tenues modernes et traditionnelles. Il tutoie le lin, le bazin, le jean et domine, le sablage, les fils, le damina et autres pour proposer de riches collections masculines et féminines.  Les costumes des plateaux de télévision, des clips dont « bassoul » de Pape Diouf, des spectacles de Sen Petit gallé portent la signature de Papino Création.

Baobabafrique

 

 

 

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Un pavillon malgache à la Biennale de Venise

C'est un événement historique pour l'art contemporain de Madagascar. Pour la première fois de l'histoire, la Grande Île va participer à la Biennale de Venise, la plus importante manifestation d'Art contemporain au monde. Comme 120 autres pays, Madagascar aura donc, pour cette 58e édition, un pavillon à elle au coeur de la Cité des Doges. Après l'exposition des arts malgaches au Quai Branly jusqu'au 1er janvier 2019, cette nouvelle aventure est le signe du dynamisme de l'Île à s'inscrire dans les grands courants artistiques mondiaux. Jeudi, le ministère de la Culture et le commissaire de l'exposition ont présenté l'artiste en charge de représenter Madagascar du 11 mai au 24 novembre prochain.

Il se définit comme un « fabricant de formes ». Comme un « conquérant des émotions universelles ». A 41 ans, Joël Andrianomearisoa jouit d'une renommée internationale. Plasticien à la base, l'artiste pluridisciplinaire expose et propose des performances de Washington à Paris, de Madrid à Berlin. Pour la Biennale de Venise, l'artiste disposera d'un espace de 250m² et 8m de hauteur sous plafond dans le célèbre arsenal vénitien.

L'oeuvre est en cours de conception, mais Joël Andrianomearisoa nous dévoile quelques pistes de réflexion : « Moi je vais essayer à 2 000 % d'y apporter une âme malgache. Donc il y aura un foisonnement de matériaux. Il y aura des suspensions. Il y aura du son. C'est quelque chose sur lequel j'aimerais beaucoup, beaucoup travailler. La littérature sera présente. Elle sera écrite. Mais elle sera sonore, à un moment, aussi. Moi je suis toujours un peu contre cette idée de comprendre l'art. Je pense qu'il faut juste s'émouvoir de temps en temps. Et c'est ce que je recherche quand je parle de la matérialité de l'émotion. C'est ce que je recherche aussi quand je parle d'âme. Ce que je vais tenter de faire pour la Biennale et pour la première participation de Madagascar, c'est de placer cette idée de l'âme malgache dans le monde contemporain d'aujourd'hui. »

Après l'exposition du Quai Branly à Paris, le projet de Venise est un autre engagement fort pour que Madagascar rayonne culturellement, selon Eléonore Johasy, ministre de la Culture : « Tout laisse croire que maintenant, l'art malgache commence à être reconnu. Nos artistes ont fait un travail extraordinaire depuis de nombreuses années en toute discrétion d'abord. Maintenant, ils commencent à être sur les différentes places où les meilleurs des arts contemporains et anciens s'expriment. »

Tous les deux ans, la Biennale de Venise draine quelque 1,5 million de visiteurs. Une formidable occasion de démontrer à l'international toute la modernité artistique de Madagascar. Parallèlement à la conception de l'oeuvre commence désormais le long travail de recherche de financements privés.

Avec rfi

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Suède: le Nobel «alternatif» de littérature à la Guadeloupéenne Maryse Condé

La Nouvelle académie a décerné vendredi 12 octobre son premier prix littéraire à l’auteure française et guadeloupéenne Maryse Condé. Un prix important, doté de 100 000 euros, destiné à combler le vide laissé par le Nobel de littérature, qui n’a pas été attribué cette année.

« La lauréate est… Maryse Condé, de Guadeloupe. » L’annonce a été faite vendredi 12 octobre à Stockholm : Maryse Condé, écrivaine française d’origine guadeloupéenne, est la lauréate du premier prix littéraire de la Nouvelle Académie. Elle est auteure d’une vingtaine de romans, dont une bonne part consacrée à l’Afrique et aux Caraïbes.

Un honneur qui a une histoire particulière. Comme le prix Nobel de littérature n’a pas pu être décerné cette année pour cause de scandale sexuel autour de l’ancestrale Académie suédoise, un petit groupe d’intellectuels et de journalistes a décidé de créer son propre prix. Pour Alexandra Pascalidou, qui a lancé cette idée, il s’agit d’abord de se positionner aux antipodes de cette vieille académie, minée selon elle par les privilèges et les conflits d’intérêts.

« Quand le prix Nobel a été annulé, on s’est dit qu’il était temps de faire quelque chose de nouveau. Quelque chose de plus inclusif, de plus démocratique, a-t-elle dit pendant la cérémonie. Nous avons invité des centaines de libraires suédois à participer. Puis nous avons invité le monde, car ceci est un prix international. Et presque 33 000 lecteurs ont voté. »

Le prix de la nouvelle Académie n’est pas le prix Nobel, mais sa récipiendaire, comme les lauréats Nobel, devra se rendre en décembre à Stockholm pour le recevoir.

Avec Rfi

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Le chanteur Rachid Taha enterré en Algérie sur la terre de ses ancêtres

Youyous, larmes et incantations ont accompagné la levée du corps du chanteur algérien Rachid Taha, figure du rock français des années 1980 et voix du raï et du chaâbi, inhumé vendredi à Sig dans l'ouest algérien.

Porté par six pompiers, sa dépouille couverte du drapeau algérien a été mise en terre au cimetière Sidi Benziane, en début d’après-midi après la prière du vendredi, sous quelques nuages.

Une foule d’anonymes comme de personnalités est venue rendre hommage au chanteur, décédé à 59 ans en France des suites d’une crise cardiaque dans la nuit de mardi à mercredi.

« Je pleure sans larmes tant le choc est grand », a confié à l’AFP sa mère, Aïcha.

À 77 ans, la vieille dame observe le défilé incessant des personnes venues présenter leurs condoléances dans la villa familiale qu’elle occupe avec son mari, Ali, en banlieue de Sig.

Une grande tente a été érigée devant son domicile pour accueillir les visiteurs. « C’est brutal, on ne s’y attendait pas », répètent-ils inlassablement, et parfois, un sanglot transperce le silence.

Parmi eux, Djilali Taha, un des cousins de Rachid Taha. À 62 ans, Djilali a perdu il y a une semaine son fils de 27 ans. Rachid l’avait alors appelé, se souvient-il, pour pester contre cette vie où « les vieux enterrent les jeunes ».

« Aujourd’hui, je l’enterre après avoir enterré mon fils et c’est moi qui console son père », dit Djilali qui peine à cacher son émotion.

Non loin de lui, Ali Chérif, le père de Rachid Taha, répète à qui veut entendre sa « fierté » pour ce fils « exemplaire » pour ne pas céder au chagrin.

Une tasse de café

Khaira, la soeur de Rachid Taha, attendait avec impatience le 22 septembre pour assister au concert de son grand frère à Lyon, où elle vit.

« Il m’avait appelé et promis un billet puis je reçois un appel m’annonçant sa mort », raconte-t-elle. « C’est trop dur, on n’arrive pas à s’exprimer tant le choc est immense. »

 
La veuve du chanteur, Véronique, souligne que cet enterrement est à l’image du chanteur : modeste et convivial.

« Ici, la façon d’accueillir la mort est très humble. Même en pareilles circonstances, on retrouve la générosité et la chaleur familiale », remarque-t-elle.

Un jour, Rachid Taha lui avait expliqué que les morts, chez lui, étaient recouverts de terre, et non de marbre comme en France. Elle lui avait demandé comment les gens reconnaissaient les tombes : il avait répondu qu’avant, les gens posaient une tasse de café ou un accessoire quelconque pour les identifier.

Même si elle sait qu’aujourd’hui les tombes sont identifiables – le nom du défunt figure sur des stèles -, Véronique a amené de France une tasse pour la déposer sur la tombe de son mari.

Avec Jeuneafrique

 

 
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Copie privée : la commission nationale outillée

Le ministre de la Culture Abdou Latif Coulibaly a présidé, lundi 10 septembre 2018, l’ouverture de l’atelier de formation des membres de la commission nationale de la copie privée. Le séminaire vise à renforcer les capacités de maitrise des questions relatives à la rémunération pour copie privée qui continue de poser un problème au Sénégal.

 

Malgré l’existence de la loi n 2008-09 du 25 janvier 2008, la rémunération pour copie privée  assise sur les supports vierges et les appareils d’enregistrement n’est toujours pas effective au Sénégal. Pour apporter des solutions et permettre aux artistes de vivre de leur art, un séminaire de formation à l’intention des membres de la commission copie privée a été ouvert hier, lundi 12 septembre. Il vise à familiariser ces membres aux textes législatifs et réglementaires relatifs au droit d’auteur et aux droits voisins et plus particulièrement aux dispositions relatives à la rémunération pour copie privée ». « Cela va pousser cette commission composée de toutes les parties prenantes à démarrer ses activités pour pouvoir déterminer les barèmes et la liste des appareils assujettis à payer les redevances pour copie privée », a fait savoir la présidente du Conseil d’administration de la Société sénégalaise du droit d’auteur et des droits voisins (Sodav), Ngoné Ndour.
 
En effet, la copie privée est une manière de rémunérer des créateurs artistiques qui n’étaient pas bien pris en compte auparavant. « La copie privée a aussi une fonction qui consiste à faire en sorte que tous les gens qui utilisent à titre privée des œuvres collectives, paient. C’est-à-dire qu’au moment où vous achetez le Cd, le téléphone portable, vous payez une redevance d’emblée à la Sodav et ces paiements permettront à la société de rémunérer tous les artistes et interprètes dont les œuvres ont été utilisées à titre privée», a indiqué le ministre de la Culture, Abdou Latif Coulibaly. Il ajoutera que « cette rémunération est répartie entre les auteurs, les artistes-interprètes et producteurs par les sociétés de gestion collective à raison d’un tiers pour chaque catégorie après déduction d’un pourcentage de 15% affecté à des actions d’aide à la création et à la diffusion du spectacle vivant ainsi qu’à des actions de formation titulaire de droit ».

Les acteurs veulent ainsi exploiter l’environnement juridique et sécurisé défini par la loi n 2008-09 car, de « ces copies dépendent la vie des artistes », a dit le ministre de la Culture. Non sans relever que « notre rencontre est une nouvelle étape de la marche exemplaire et méthodique que nous voulons imprimer à l’exploitation systématique des opportunités qu’offrent l’épanouissement de nos créateurs, l’élaboration et l’adoption de la loi sur le doit d’auteur et les droits voisins ». La session de formation des membres de la commission nationale de copie privée est organisée en prélude au séminaire régional sur la mise en place des systèmes de rémunération pour copie privée et reprographie qui démarre aujourd’hui.

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Visa pour l’image: au Yémen, l’innocence condamnée

Dans le cadre du festival Visa pour l’image à Perpignan, la photojournaliste Véronique de Viguerie expose son travail sur le Yémen, plongé depuis trois ans dans une guerre peu médiatisée. Ses photos lui ont valu d’être récompensée du Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge.

Perchée sur des décombres, une foule scrute le ciel comme pour guetter une nouvelle pluie de bombes. Nous sommes à Sanaa, la capitale du Yémen, où se sont rendues à l’automne dernier la photojournaliste Véronique de Viguerie et sa consœur Manon Quérouil-Bruneel pour documenter une guerre dont les médias parlent peu, sinon pas. Et pour cause : dans un pays fracturé, entre rebelles houthis au Nord et forces gouvernementales au Sud, et dont l’espace aérien est contrôlé par l’Arabie saoudite, impossible de rentrer.

Il leur a fallu un an pour y parvenir. Et une fois sur place, multiplier les subterfuges afin de déjouer la surveillance des forces gouvernementales qui leur interdisaient l’accès au Nord, puis des Houthis qui les empêchaient de circuler librement. Cela leur vaudra avant leur départ un simulacre de procès pour espionnage duquel elles sortiront néanmoins blanchies. « Ils voulaient nous cacher plein de choses, dont le problème des enfants soldats », explique Véronique de Viguerie.

Ses photos nous entraînent dans un pays ravagé par trois ans de conflit. Elles montrent des paysages de désolation où l’on s’étonne de découvrir encore de la vie. Et quelle vie. A Sanaa, l’eau courante est désormais inexistante et seuls quelques lampadaires fonctionnent grâce à l’énergie solaire. Même le fioul qui alimente les générateurs des plus riches se fait de plus en plus rare, à cause du blocus imposé par l’Arabie saoudite. Or contrairement aux Syriens ou aux Irakiens, les Yéménites n’ont d’autre choix que de rester. Car si on ne peut pas entrer au Yémen, on ne peut pas non plus en sortir. « Le danger vient de partout et on est piégé. C’est claustrophobique », s’émeut la photojournaliste.

« Il n’y a pas d’enfance au Yémen »

La population semble ainsi condamnée à mourir, soit tuée par une frappe aérienne, soit plus lentement, de maladie ou de famine. Les clichés de Véronique de Viguerie montre des gamins chercher dans les poubelles de quoi se remplir le ventre, et des bébés souffrant de malnutrition. Comme ce nourrisson qui à deux mois ne pèse que deux kilos et dont le corps émacié est posé dans une bassine. Sur ses os que la peau ne cache même plus, on lit toute l’horreur de la guerre.

Les enfants sont ici omniprésents : à l’orphelinat ; blessés à l’hôpital ; dormant recroquevillé dans un sac plastique sur le trottoir ; ou comme perdus dans la ville, minuscules silhouettes dans un champ de ruines… Un parti pris assumé. « Comme je suis maman, les enfants me touchent particulièrement. Ce sont des victimes innocentes, une génération sacrifiée. Il n’y a pas d’enfance au Yémen », s’alarme Véronique de Viguerie. Privés d’école – bombardées – et de professeurs – non payés –, les enfants sont poussés à travailler ou à combler les rangs décimés des combattants houthis.

Une jeune femme, pourtant, tente de défendre leur droit à l’innocence. Il s’agit d’Amat Allah Hassan, Première ministre du gouvernement des enfants, une institution créée par le président assassiné Ali Abdallah Saleh. Sur une improbable photo, on la voit poser fièrement entourée de ses ministres, adolescents armés en costume-cravate. A seulement 17 ans, Amat Allah Hassan n’hésite pas à tenir tête aux chefs religieux et militaires pour lutter contre l’enrôlement des enfants et les mariages précoces. Les deux journalistes n’auraient d’ailleurs probablement pas pu mener à bien leur reportage sans elle. C’est elle qui les a protégées quand les Houthis les pourchassaient. Dans une guerre que l’on nous cache, « elle a considéré que c’était sa mission de nous faire voir », avance Véronique de Viguerie.

 rfi.fr

 

 
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Photographie : Le regard dans la réalité de l’Afrique, Osborne Macharia «rêve éveillé»

  • Publié dans afrique

Parmi les photographes les plus en vue de la scène africaine, Osborne Macharia est à Lausanne à l’occasion du Festival Cinémas d’Afrique en août 2018. OsbornerMacharia travaille sur le principe des séries, ici, des exciseuses reconverties dans le domaine de la mode grâce à une ONG.Image: OSBORNE MACHARIA

Gosse, sûr qu’on lui aurait dit: «Mais arrête de raconter des histoires, de te raconter tant d’histoires»! Si, à 32 ans, Osborne Macharia écrit la sienne dans celle de la photographie – passant des classieuses campagnes de pub au très engagé Festival Cinémas d’Afrique de Lausanne ce week-end – le Kényan ne peut toujours pas s’empêcher de fabuler. Cette fois pour la bonne cause! La vérité n’étant jamais très loin derrière la patine ultrahuilée de ses clichés.

Parti dans la vie pour bâtir grand et haut, il rate architecture et bifurque vers la photographie en total autodidacte. Le champ est vaste, l’incorrigible rêveur peut y arrimer, y ériger toutes les histoires possibles. Des vies. Des souvenirs. Et même la vraie histoire. Surtout la vraie histoire. Celle avec un grand «H» d’un continent africain que l’artiste ne veut plus réduit à «ce que l’on en voit et en dit à la télévision». Empêtré dans ses guerres, mité par la misère ou, dans un autre registre, ultime refuge d’une vie sauvage.

Le résumé aussi hâtif que trompeur, Osborne Macharia a choisi de le combattre par une esthétique de l’image. «Bien sûr, concède-t-il, qu’en tant que continent, les problématiques de l’Afrique sont évidentes, mais ce n’est pas tout ce qu’il y a à voir. J’essaie de lutter contre les idées fausses en montrant ce qu’il y a autour de moi.» L’empreinte est identitaire, le flash kaléidoscopique, la découpe existentialiste. Mais le Kényan surfile encore une veine sociale dans son travail en allant chercher ses modèles dans les pires ghettos.

«Ils viennent au studio, on les habille, on les transcende. Et, fait-il remarquer, en plus d’avoir un revenu à ramener à leur famille, c’est parés d’une vraie fierté qu’ils rentrent chez eux.» L’image figée, c’est aussi un plaisir de poser qui se voit, une jubilation de faire le jeu de l’histoire sortie de l’imaginaire du photographe, qui se lit. Comme dans cette série des «Papys du hip-hop». En fond, le rouge énergique pétarade, sur le devant, enrobées dans le parfait attirail – bike, skate, muscles gonflés et tignasses peroxydées –, les moues défilent, défiantes ou drôles, les papys font illusion. Elle est parfaite, l’imaginaire peut s’y accrocher pour développer un récit autonome. «Dire que ce sont des modèles, insiste le photographe, qui arrivent au studio, hypertimides et en repartent avec une personnalité un peu différente.»

Comme cette femme, tornade d’excentricité colorée, sur un paysage aride déserté par la vie. «La série date de 2017, raconte Macharia, les prises ont été faites dans la région de Magadi, autrefois un lac salé. Le personnage de cette femme a été inspiré par ma mère qui travaillait dans une ONG, laquelle propose une reconversion dans la mode – que ce soit le design de vêtements ou leur fabrication – aux exciseuses.» Le renversement de situation est total, une preuve encore que, derrière cette façade kitch drolatique, le photographe malaxe les identités pour construire son récit et reconstruire l’histoire. «Je rêve beaucoup éveillé mais après je dois tendre à la réalité si je veux embarquer les gens dans mes récits.»

Si le fil peut divaguer, narratif, la précision de l’artiste s’applique, clinique. Le Kényan, courtisé par les studios Marvel comme par le Musée des sciences de Singapour, a l’art de choisir ses thèmes – l’intégration, les mutilations faites aux femmes, les personnes âgées, l’égalité – mais plus encore celui de les tresser entre l’Afrique d’hier et celle de demain. Entre l’ordinaire et le fantastique, une subtilité évidente pour tenir l’équilibre.

Lausanne, Casino de Montbenon.

Source:  24 heures, Florence Millioud Henriques 25.08.2018  

 

 

 

 

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Décès de Abdou Fall : Sud Quotidien perd son Totem

Abdou Fall n’est plus ! Technicien (monteur) de Sud au Quotidien à Sud Quotidien, l’homme aura marqué plusieurs générations de jeunes journalistes qui ont eu à travailler au sein du groupe Sud Communication.

Inoxydable, nonobstant ses 65 ans révolus, tonton Abdou, comme on l’appelait affectueusement au sein de notre Rédaction, n’a jamais rechigné à la tâche. Point de congés, encore moins de fainéantise, Abdou Fall avait fini par devenir le «totem» de Sud Quotidien. «Sud, c’est maintenant ma famille. J’ai osé quitter l’Agence de presse sénégalaise pour me lancer dans une aventure avec les Babacar Touré, Sidy Gaye, Ibrahima Fall et autres Abdoulaye Ndiaga Sylla», aimait-il à rappeler lors des discussions sur l’histoire de ce groupe de presse.

Vendredi dernier, comme s’il voulait nous dire Adieu, il me tient la main et il me dit : «soumarak, tiens bon! ça va aller, j’en suis convaincu». Malheureusement, il a effectué son dernier «bouclage», sans nous prévenir. Sud Quotidien perd ainsi son totem…

A.THIAM

 Sud Quotidien du 15 août 2018

 

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Beyoncé, descendante d'un propriétaire d'esclaves

  • Publié dans afrique

La chanteuse de 36 ans se confie dans une interview inédite, accordée au magazine Vogue et évoque notamment ses ascendants. Beyoncé est très présente dans les médias mais sa parole est rare.

Dans une interview pour le mensuel américain Vogue, elle n'hésite pas à évoquer son passé et plus particulièrement ses ancêtres. Elle raconte descendre d'un ''propriétaire d'esclaves qui est tombé amoureux et a épousé une esclave''. La jeune mère de trois enfants explique avoir mis du temps à ''mettre en perspective'' cette histoire familiale mais conclut que c'est sans doute la raison pour laquelle ''Dieu l'a béni avec ses jumeaux''.

Elle décrit sa prestation pendant le festival de Coachella en avril dernier, qui a été ponctuée de références à la communauté afro-américaine, comme : ''Une célébration de tous les peuples qui ont sacrifié plus que ce que nous pouvons imaginer, qui ont fait bouger les lignes et ont permis à une femme de couleur d'être la tête d'affiche d'un tel festival''.

Beyoncé est la première femme noire à faire la couverture de Vogue pour le mois de septembre, l'édition la plus importante du magazine de mode. Et pourtant le chemin a été long.

"Quand j'ai commencé, il y a 21 ans, on m'a dit qu'il me serait difficile d'être en couverture de magazines, parce que les Noirs ne vendent pas" se souvient-elle,

La star américaine a été aussi photographiée par Tyler Mitchell, 23 ans, également le premier photographe afro-américain à avoir l'une de ses photos en couverture de Vogue.

L'artiste qui se veut engagée rappelle l'importance d'aider les jeunes talents : "Il y a tant de barrières dès le départ que j'essaye de faire ce que je peux pour rendre les règles du jeu plus équitable" revendique-t-elle.

 
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Spectacle : « Kirina », un combat d’aujourd’hui

  • Publié dans Danse

Le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly s’est entouré de Felwine Sarr et Rokia Traoré pour évoquer la bataille fondatrice de l’empire du Mali… et l’Afrique actuelle.

C’est une bataille que les griots racontent depuis près de huit cents ans. Un moment épique qui marque la création de l’empire du Mali. Et le nom de la dernière création du Burkinabè Serge Aimé Coulibaly : Kirina. 

Pour ce spectacle généreux, présenté pour la première fois au festival de Marseille, le 29 juin 2018, le chorégraphe a rassemblé un casting impressionnant : Rokia Traoré (à la création musicale), Felwine Sarr (pour le livret), neuf danseurs, six musiciens, un parolier et quarante figurants ont été mobilisés pour narrer cette épopée.

Jan Goossens, directeur du festival, promettait un « Austerlitz africain du XIIIe siècle »… mais, ceux qui s’attendaient à une retranscription scolaire de la bataille qui opposa, en 1235, l’armée du terrible roi sosso Soumaoro Kanté et les troupes rassemblées par Soundjata Keïta, en ont été pour leurs frais. On pouvait se douter qu’après Nuit blanche à Ouagadougou, spectacle prémonitoire sur la révolte burkinabè, et Kalakuta Republik, création autour de la vie du sulfureux Fela, Serge Aimé Coulibaly continuerait dans une voie très politique, très poétique et très actuelle. Voici donc un spectacle tout en allusions et métaphores, qui parle autant des drames et des héros d’hier que de ceux d’aujourd’hui, et qui est amené à beaucoup tourner en Europe et en Afrique.

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