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Fana Cissé

Fana Cissé

Décès de Koffi Annan : le président Macky Sall exprime « sa grande tristesse »

Dans un communiqué rendu public, ce samedi 18 août 2018, le président de la République Macky Sall a fait part de sa « grande tristesse » suite à l’annonce du décès de l’ancien Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, survenu à Berne, en Suisse, à l’âge de 80 ans.

« Le Président Sall considère la disparition de M. Annan comme une perte immense pour l’Afrique et les Nations Unies dont il a incarné et servi les idéaux pendant des années », souligne le communiqué.

Tout en saluant « la mémoire de l’illustre défunt », le chef de l’Etat sénégalais, note le communiqué, « rend hommage à son œuvre remarquable au service de l’humanité ».

« A son pays, le Ghana, à sa famille et aux Nations Unies, le Président Sall présente ses condoléances émues », conclut le communiqué.

 Fana Cissé (Baobabafrique.com)

 

Kofi Annan, ancien secrétaire général de l'ONU, est mort

  • Publié dans afrique

Il était l'une des grandes figures de la diplomatie internationale. L'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, est mort ce samedi 18 août 2018 à l'âge de 80 ans. Il avait exercé cette fonction de 1997 à 2006, et avait reçu le prix Nobel de la paix en 2001. Le Ghanéen s'est éteint à l'hôpital de Berne, en Suisse.

Le Ghana pleure une figure éminente et décrète une semaine de deuil national. Kofi Annan, ancien secrétaire général des l'Organisation des Nations unies, est mort ce samedi à l'âge de 80 ans, a confirmé sa fondation. Le diplomate est décédé dans un hôpital de Berne « des suites d'une courte maladie ».

Né en avril 1938 à Kumasi, au Ghana, Kofi Annan avait été le septième secrétaire général de l'ONU entre 1997 et 2006, le premier occupant de ce poste venu d'Afrique sub-saharienne, le second venu d'Afrique après l'Egyptien Boutros Boutros-Ghali, son prédécesseur.

En 2001, il s'était vu décerner le prix Nobel de la paix, conjointement avec l'ONU, pour leur travail « pour un monde mieux organisé et plus pacifique ». Ses deux mandats resteront marqués par l'émergence d'un monde post-guerre froide, le tournant du XXIe siècle et l'émergence de nouveaux conflits, dont l'Irak.

Selon sa fondation, Kofi Annan s'est éteint entouré de sa seconde épouse, Nane, et de ses enfants. Il aura fait entrer l'ONU « dans le nouveau millénaire avec une dignité et une détermination sans égales », a réagi l'actuel secrétaire général de l'organisation, Antonio Guterres, dans un communiqué.

 

Macky Sall félicite Babacar Touré pour son "formidable travail" au CNRA

Le Chef de l’État a adressé ce jeudi 16 août 2018, ses "remerciements" et "très vives félicitations" à Babacar Touré pour le "formidable travail" fait par le journaliste à la présidence du Conseil national de régulation de l’audiovisuel (CNRA) durant les six dernières années.

"Je tiens à vous réaffirmer mes remerciements et mes très vives félicitations, au nom de toute la nation, pour votre leadership et le travail formidable que vous avez accompli à la tête du Conseil national de régulation de l’audiovisuel", a déclaré Macky Sall en recevant les rapports annuels 2016 et 2017 du CNRA.

Babacar Touré vient d’achever le mandat de six ans qu’un président du CNRA est en droit d’exercer.

Le chef de l’État a salué la "constance" dont il a fait preuve dans sa réputation d’"homme de conviction".

"Je vous sais ferme sur les principes. Je vous sais tout flexible, pédagogue, plutôt persuasif. Vous avez fait montre de générosité, d’esprit fédérateur autour des principes d’impartialité", a dit M. Sall, louant "les capacités de synthèse et de dépassement" du journaliste, ancien patron du groupe privé Sud Communication, fondateur du journal Sud Quotidien et de la radio Sud FM.

Babacar Touré est "un journaliste professionnel et créateur d’entreprises", a ajouté le chef de l’État au président du Cnra qui termine son mandat non renouvelable. Il a été remplacé à la présidence du CNRA par son confrère Babacar Diagne, ancien directeur général de la RTS et ambassadeur du Sénégal aux États-Unis d’Amérique.

Pour rappel, Les professionnels du secteur de la publicité se sont réunis autour de l’atelier de partage et de concertation sur la publicité du 6 au 7  août 2018, à l’initiative du Conseil national de régulation de l'audiovisuel  (CNRA). L’objectif principal de la rencontre consiste à inviter les acteurs des médias, de la publicité, du parlement, de la régulation, de la communication, du commerce, du mouvement consumériste, à échanger sur l’organisation, la réglementation de la publicité au Sénégal. Ainsi, au terme de l’atelier professionnel, des recommandations fermes ont été formulées pour mettre fin à l’anarchie d’un secteur qui brasse environ plus de cent milliards et dont la loi qui date de 1983 n’a pas enregistré un décret d’application après 35 ans d’existence. Trois  principales recommandations : l’adoption d’une nouvelle loi, la nécessité de créer un organe de régulation de la publicité et la réglementation des professions liées à la publicité. 

Alassane CISSE (Baobabafrique avec APS)

 

 

 

Et si l’Afrique méditait les leçons sur la construction de l’Europe ?

Nous poursuivons de vous offrir une lecture laissée à votre réflexion. Nous restons
avec Jacques Attali et son ouvrage: C’ÉTAIT FRANÇOIS MITTERRAND.
Il m’a semblé qu’à travers ce que vous allez lire, l’Afrique, ses dirigeants
politiques, s’entend, pourraient tirer des leçons de ce que François Mitterrand nous
confie, même si nous savons que nombre de nos Chefs d’État « lisent » peu, encore que
nous sommes polis, qu’ils s’informent beaucoup, par contre, mais ne retiennent
apparemment que ce qui pourrait nuire à leur pouvoir. Les fiches des renseignements
généraux sont leur « lecture » préférée. Le plus désespérant et le plus cruel, c’est le
manque de vision, c’est à dire travailler pour les générations de demain, construire pour
demain.
« Dès notre rencontre, l’Europe fut entre nous un sujet de désaccord. […] élevé dans la
méfiance de l’Allemagne et la passion de l’Amérique… le projet européen ne faisait pas
partie de mon héritage… François Mitterrand protestait: « Mais l’Amérique est ignare,
sans mémoire ! On s’y ennuie. Vous avez tort de ne pas vous intéresser à l’Europe. C’est
l’avenir de votre génération ! »… Il aimait à rappeler qu’il avait été l’un des rares
hommes politiques français à participer au congrès de La Haye de 1948, qui en fut l’acte
de naissance… Il écrivit, par exemple, en 1972, dans sa chronique hebdomadaire dans le
journal socialiste L’Unité : « Les Américains, par leur monnaie, ont dominé l’Europe
qu’ils avaient délivré par les armes. Les Européens s’émanciperont par leur monnaie
s’ils savent s’en donner une. »… Lorsqu’il accéda au pouvoir, l’Europe ressemblait encore
à celle des années 1950… A l’ouest la Communauté économique européenne, composée
de dix membres, allait très mal: La France était économiquement exsangue; l’Allemagne
tentée par le pacifisme… la Grande Bretagne, crispée, sur l’idée que l’Europe n’était
qu’un club, avait obtenu un remboursement de l’essentiel de sa cotisation; l’Espagne, le
Portugal, les pays nordiques frappaient à la porte, et personne en France, à droite
comme à gauche, ne voulait d’eux […] dès le premier sommet européen auquel il assista,
à Luxembourg, en juin 1981, il proposa de progresser dans la voie d’une harmonisation
du droit social des différents pays. Il fut très mal reçu […] A partir de 1984 et jusqu’en
1988, François Mitterrand lança nombre de projets dont certains constituèrent encore
l’architecture de l’Europe d’aujourd’hui; ils concernent le grand marché, la technologie,
l’élargissement, la monnaie, la défense, les droits sociaux, la structure institutionnelle. A
chaque fois le président français en fit des d’abord des projets franco-allemands qu’il
réussit ensuite, avec l’aide Jacques Delors, à « vendre » aux autres sans trop mettre à mal
leur susceptibilité […] Après le lancement du projet de « guerre des étoiles » par Ronald
Reagan, il me laissa négocier, dans la perspective du sommet du G7 suivant à Bonn, la
création d’une Communauté technologique européenne qui devint le projet « Euréka »,
et il expliqua: « Mobiliser ses entreprises, mais aussi ses chercheurs, ses universitaires
afin qu’ils sentent que leur avenir est sur notre continent , et qu’ils aient toutes les
opportunités d’y travailler sur les recherches de pointe… Ce fut -c’est encore- un
formidable succès d’où sortent, entre autres avancées proprement européennes, le

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déchiffrage de la carte du génome et les logiciels de transfert de données sur Internet
[…] Le 24 mai 1984, dans un discours au Parlement européen, François Mitterrand
lança l’idée d’une Europe politique qui allait conduire, huit ans plus tard, au
remplacement de la Communauté économique par une union politique. L’année
suivante, il demanda aux Allemands, qui tenaient par-dessus tout à une coopération
militaire avec la France, d’accepter simultanément une coopération monétaire. L’une se
concrétisera par la création de la brigade européenne; l’autre par celle de l’euro.Le
couronnement de cette action de relance fut la signature, le 28 février 1986, de l’Acte
unique, traité initié par Jacques Delors et visant à l’ouverture, le 1 er janvier 1993, d’un
grand marché intérieur où les biens, les capitaux, les services et les personnes
pourraient circuler librement, créant ainsi un espace économique de trois cent soixante
dix millions d’habitants. La compétence communautaire se trouva élargie aux domaines
de la recherche et du développement technologique, de l’environnement et de la
politique sociale. Pour François Mitterrand, l’Europe ne devait pourtant pas se réduire à
un tel grand marché; l’Acte unique n’était pas, pour lui, une fin en soi, mais une étape
nécessaire sur la voie de la monnaie unique […]
Pendant son premier mandat, i esquissa aussi -en vain- d’autres pistes de possibles
progrès européens. « Je ne veux pas d’une Europe où le capital ne serait imposé qu’à
moins de 20%, tandis que les fruits du travail le seraient jusqu’à 60% ! » Puis, en faveur
de l’Europe sociale, il plaida: « Sans Europe sociale, les citoyens s’éloigneront de cette
construction… Et, s’il le faut, nous la ferons sans les Britanniques ! » Enfin: « Faire
l’Europesans le concours des travailleurs serait une façon de la faire contre eux. »
[…] Le 25 août 1987, à Latché, il confia à Felipe Gonzales: «  Les Allemands transposent
dans l’économie leur volonté de domination, avec sa traduction la plus évidente: la
monnaie. Le Mark est ce qui manifeste la puissance de l’Allemagne. »… « Le deutsche
Mark est la force nucléaire de l’Allemagne. » Il avait raison: le Mark était le seul élément
de l’identité allemande dont ce pays était encore en droit d’être fier …
[…] Le 15 avril 1991, venu en ami clore la cérémonie d’inauguration de la Banque
Européenne pour la Reconstruction et le Développement –BERD- en présence de tous
les chefs d’État des pays membres, je raccompagnai François Mitterrand jusqu’à sa
voiture… je n’étais plus, désormais, son collaborateur, je ne trouvai rien à lui dire, si ce
n’est, la gorge nouée: « Je ne resterai ici que deux ans. Et puis je serai souvent à Paris. Je
viendrai vous voir toutes les semaines. » Il me prit dans ses bras pour la première fois,
puis monta dans sa voiture… 
[…] Il posa un jour sur son bureau une photo de la tombe de ses parents à Jarnac… il me
disait: « C’est là que je veux aller.»… Il souhaitait, pour son dernier voyage, rejoindre ses
parents en Charente… Quand je lui demandais s’il croyait en Dieu, il me répondait qu’il
admettait l’idée d’un principe ordonnant toute chose… « La foi n’est pas rationnelle. Il
est tout à fait possible de croire en Dieu et en la science en même temps. La libération
politique et scientifique de l’homme est tout à fait compatible avec la foi » … « Je crois
qu’on a besoin de prières, c’est à dire de rechercher une communication par la pensée
avec quelque chose de plus haut […] Il me dit un jour: «Ce que je peux espérer de mieux,
c’est de revoir ma mère. Vous savez, en 1981, c’est la chose qui m’a consolé quand j’ai
cru mourir: j’allais la retrouver… […] « Je crois aux forces de l’esprit. Je ne vous quitterai
pas. »
[…] Le 8 janvier 1996, à bout de forces, il choisit d’aller au-devant de sa mort, au-delà de
la douleur et du néant, vers ce qu’il espérait être le sourire de la liberté. »

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« C’ÉTAIT FRANÇOIS MITTERRAND » de Jacques Attali, que je lisais et que je
partage ici avec vous. La pluie n’est pas encore au rendez-vous sur Dakar. Prions. Nous
croyons, nous aussi, aux forces de la prière.
Malgré l’émotion avec l’histoire de cette fin de vie d’un Chef d’État qui n’était pas
« commun », parce qu’il avait fait de l’esprit et de la pensée le fondement de son exercice
du pouvoir, avec cet autre grand esprit à ses côtés que fut Jacques Attali, un glouton de la
connaissance, nous avons assisté avec ces extraits, à la construction de l’Europe.
L’Afrique, avec ses grands et petits chefs d’État, doivent méditer la pensée et la praxis
de François Mitterrand: un érudit, un ami des livres, un penseur, un fin et implacable
politique, un puissant visionnaire.
Sous la plume de Jacques Attali, retenons de la bouche du président français, ceci: « Les
Américains, par leur monnaie, ont dominé l’Europe qu’ils avaient délivré par les armes. Les
Européens s’émanciperont par leur monnaie s’ils savent s’en donner une. ». Le débat sur le
franc CFA n’aurait pas dû exister. C’est l’une des plus grandes forfaitures de l’histoire de
l’humanité. Nos chefs d’État le savent tous, mais ils doivent prendre le temps de faire
avec, prendre le temps de se défaire de leurs chaines. Les peuples ne vivent pas le même
temps de révolte que les princes. A l’intérieur du système, autre chose les gouverne, les
retienne, les anesthésie, les rend tiède. Mais notre système monétaire, tel qu’il est, est
dans son ultime temps de vie. La France le sait. Agitée, troublée, elle veille dans la peur.
Elle travaille à retarder les pendules. Ses meilleurs experts y travaillent. Pour elle, ce
n’est pas seulement une affaire de monnaie. C’est une affaire de sécurité nationale.
Comme Mitterrand le disait du Markallemand, parions que la parité du FCFA avec l’euro,
est également comme une « sécurité nucléaire » pour Paris. Cette parité que la France
gouverne, est le seul trésor de guerre qui lui reste de son passé colonial. Elle le défendra.
Elle ne cédera pas. Pourquoi céderait-elle si l’Afrique, comme une belle femme, s’offre
sans fixer de prix ? Pour les pays de la zone CFA, ils savent qu’un fauve qui guette « ne
tousse pas ». Jeux de dupe. Jeux de ruse.
Depuis Kwamé Nkrumah, Cheikh Anta Diop, Senghor, des concepts opératoires décisifs
qui ont forcé l’admiration de la pensée, ont démontré que l’Afrique ne se construira pas,
si séparément, chacun traite avec l’Europe, l’Amérique, l’Asie. « Le défi de l’Afrique, ce
n’est pas de se débarrasser de la France », de la Belgique, de la Grande Bretagne, de
l’Amérique ou de l’Asie. Le défi de l’Afrique c’est de s’occuper de l’Afrique, de la
respecter, de la rendre digne. C’est avec nous, entre nous, que le développement de nos
peuples commencera. Bien sûr, la coopération, le partenariat international est
inévitable. C’est la configuration de l’économie mondiale et ses interactions qui le
commandent et l’imposent à tous les États du monde, riches ou pauvres. Mais, laisser
l’incendie et la faim chez le voisin, n’est pas recommandable. Il nous faut le courage de
bâtir l’Afrique ! Pour cela, sachons d’abord que si on ne produit rien, on ne vend rien.
Une dynamique de développement, c’est abriter d’abord un minimum d’infrastructures
industrielles. Si tout nous vient d’Europe, d’Asie en produits manufacturés et souvent à
partir de nos propres produits, où est laplus value ? Ce débat est d’ailleurs si connu, si
rabâché, que nous sommes dans l’ennui. L’Afrique s’épuise dans les compétitions
politiques, les intrigues politiques, des élections à longueur d’années et toujours
contestées et à risque ! N’est-ce pas une honte pour l’Afrique de faire toujours appel à
des « observateurs », des « superviseurs », telles que l’Union Européenne, l’OIF -que
fout-elle d’ailleurs dans ces merdiers ?-. L’Union Africaine est-elle appelée en Europe

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pour observer des élections, même dans les pays du Nord les plus misérables ? Les
tenants du pouvoir comme les tenants de l’opposition qui s’affrontent en Afrique,
partagent cette honte, cette crasse hideuse! L’Afrique doit mettre fin à ce système qui
l’avilit, le rabaisse, l’humilie, le déresponsabilise, le colonise encore plus. En Afrique,
l’asservissement est devenu un préalable à la politique. C’est en Europe, en Amérique,
que les hommes d’État, biberonnés à la politique, vont chercher de l’eau
bénite.L’Afrique serait le seul continent où l’Europe a encore un excédent moral ! Elle
même en rit ! Elle rit de ce « yaourt que l’Afrique a, à la place du cerveau » ! Très peu de
chiens ont mordu nos peuples. Seuls des dirigeants politiques l’ont fait, pour le dire
autrement qu’une grande artiste Outre-Atlantique !
Méditons ce combat de François Mitterrand pour une Europe unie, une monnaie
unique, une grande Europe du développement et de la défense des droits de l’homme, là
où elle a failli le plus. L’Afrique ne fait pas mieux dans ce domaine, sinon pire !Elle est en
avance dans la forfaiture et l’impunité ! Mais, la vie ne peut se passer de l’espoir !

Amadou Lamine Sall
poète
Lauréat des Grands Prix de l’Académie française

Etats-Unis: Aretha Franklin, la reine de la soul, est décédée à 76 ans

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Après avoir été une légende vivante pendant plus d’un demi-siècle, Aretha Franklin s’est éteinte à Detroit, ce jeudi, à l’âge de 76 ans. Atteinte d’un cancer diagnostiqué en 2010, la chanteuse avait vu son état de santé très sérieusement se dégrader ces derniers jours. “Sa famille demande au public de prier et de respecter son intimité”, avait indiqué un journaliste proche de la famille.

L’Amérique a perdu une de ses plus belles voix mais aussi une infatigable militante des droits civiques. L’an dernier, la chanteuse aux 18 Grammy et aux 75 millions de disques vendus avait annoncé vouloir prendre sa retraite après avoir publié un dernier album enregistré à Abbey Road (Londres) en compagnie du Royal Philharmonic Orchestra et dans lequel elle reprenait ses plus grands titres. Il se dit qu’elle avait aussi le projet d’enregistrer un autre disque avec Stevie Wonder et Elton John avant d’être victime de problèmes de santé qui l’ont contrainte à annuler plusieurs concerts l’an dernier. Sa dernière prestation remonte au 2 novembre à New York, à l’occasion d’une soirée donnée pour la fondation AIDS d’Elton John.

Née à Memphis en 1942 mais ayant grandi à Detroit, Aretha Franklin était la fille d’un pasteur baptiste et militant des droits civiques très influent aux États-Unis et d’une mère chanteuse de gospel et pianiste. C’est à la demande de son père et contre son gré qu’elle a commencé à chanter en public dans l’église de ce dernier. Et c’est à 14 ans seulement qu’elle a réalisé ses premiers enregistrements. Mais ce n’est qu’à partir de 1967, après avoir signé sur le prestigieux label Atlantic, qu’elle connaît un succès sans pareil. La sortie d’un single, I Never Loved a Man (the Way I Love You), et de l’album du même titre la propulse sur le devant de la scène. C’est l’époque des luttes pour les droits civiques aux États-Unis, ce qui contribue à mettre en avant les musiques urbaines afro-américaines. Devenue une icône populaire, elle gagne ses titres de reine de la soul.

Beyoncé, descendante d'un propriétaire d'esclaves

  • Publié dans afrique

La chanteuse de 36 ans se confie dans une interview inédite, accordée au magazine Vogue et évoque notamment ses ascendants. Beyoncé est très présente dans les médias mais sa parole est rare.

Dans une interview pour le mensuel américain Vogue, elle n'hésite pas à évoquer son passé et plus particulièrement ses ancêtres. Elle raconte descendre d'un ''propriétaire d'esclaves qui est tombé amoureux et a épousé une esclave''. La jeune mère de trois enfants explique avoir mis du temps à ''mettre en perspective'' cette histoire familiale mais conclut que c'est sans doute la raison pour laquelle ''Dieu l'a béni avec ses jumeaux''.

Elle décrit sa prestation pendant le festival de Coachella en avril dernier, qui a été ponctuée de références à la communauté afro-américaine, comme : ''Une célébration de tous les peuples qui ont sacrifié plus que ce que nous pouvons imaginer, qui ont fait bouger les lignes et ont permis à une femme de couleur d'être la tête d'affiche d'un tel festival''.

Beyoncé est la première femme noire à faire la couverture de Vogue pour le mois de septembre, l'édition la plus importante du magazine de mode. Et pourtant le chemin a été long.

"Quand j'ai commencé, il y a 21 ans, on m'a dit qu'il me serait difficile d'être en couverture de magazines, parce que les Noirs ne vendent pas" se souvient-elle,

La star américaine a été aussi photographiée par Tyler Mitchell, 23 ans, également le premier photographe afro-américain à avoir l'une de ses photos en couverture de Vogue.

L'artiste qui se veut engagée rappelle l'importance d'aider les jeunes talents : "Il y a tant de barrières dès le départ que j'essaye de faire ce que je peux pour rendre les règles du jeu plus équitable" revendique-t-elle.

 

Musique : Quatre ans d’absence, Fallou Dieng revient avec son 26ème album

  • Publié dans Musique

Fallou Dieng, surnommé « Chef d’état major des ambianceurs » signe son retour sur la scène musicale. Ce, après quatre ans d’absence, il revient sur le marché avec un opus de double maxi composé de quatre titres intitulé « Namonalène », et promet le second dans sixmois.

Le leader de DLC a procédé, le lundi 10 août 2018, au lancement de son nouvel album avec la séance d’écoute présenté à la presse à Dakar. Un album qui rend hommage aux ténors de la musique sénégalaise comme Youssou Ndour, Baba Maal. La politique a aussi sa place dans la musique de Fallou Dieng, avec ce titre intitulé « Benno »  (Union). « Le comportement des gens qui narguent la société dès qu’ils sont au pouvoir, mais oublient qu’ils peuvent retourner à leur point de départ. Donc, c’est l’union qui fait la force. Nos dirigeants ne doivent pas s’accaparer de nos biens, mais doivent impliquer la population qui les a élus. » L’amour aussi n’est pas resté aux oubliettes. Et comme à l’accoutumée, Fallou accompagne toujours ses albums d’une nouvelle chorégraphie : «la danse Ndaate saï». Dans un des morceaux, l’artiste dresse le pont de différentes générations de musiciens.

L’entame de la seconde phase de sa carrière après 25 albums sur le marché, le 26 ème pourrait faire face aux conflits de générations qui guettent les mélomanes. Son absence sur la scène lui a valu des rumeurs fantaisistes, mais Fallou rassure, il est le roi des «ambianceurs» et il compte le rester. Même si à un moment, il avoue avoir des soucis de santé. « J’ai été victime d’un accident qui m’a un peu affaibli. Si certains pensent que j’ai laissé la musique ou même victime de maraboutage, je leur dis de croire en Dieu. Je suis en forme, et je compte rester dans la musique. »

Il poursuit « mon nouvel album dénommée « namonalène » prouve que je suis toujours dans ma passion. Mais, j’ai sorti cet opus de double maxi pour mes fans qui me réclament ».

Les quatre années d’absence sur le marché musical m’ont permis d’accoucher «Momonalène». Ce pendant, l’artiste conclut en adressant ses doléances à la Société de droit d’auteur et droits voisins, Sodav qui a pris le relais du Bureau sénégalais du droit d’auteur Bsda de mieux vieller à l’intérêt des artistes.  

Fana CISSE (Baobabafrique)

 

 

 

Spectacle : « Kirina », un combat d’aujourd’hui

  • Publié dans Danse

Le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly s’est entouré de Felwine Sarr et Rokia Traoré pour évoquer la bataille fondatrice de l’empire du Mali… et l’Afrique actuelle.

C’est une bataille que les griots racontent depuis près de huit cents ans. Un moment épique qui marque la création de l’empire du Mali. Et le nom de la dernière création du Burkinabè Serge Aimé Coulibaly : Kirina. 

Pour ce spectacle généreux, présenté pour la première fois au festival de Marseille, le 29 juin 2018, le chorégraphe a rassemblé un casting impressionnant : Rokia Traoré (à la création musicale), Felwine Sarr (pour le livret), neuf danseurs, six musiciens, un parolier et quarante figurants ont été mobilisés pour narrer cette épopée.

Jan Goossens, directeur du festival, promettait un « Austerlitz africain du XIIIe siècle »… mais, ceux qui s’attendaient à une retranscription scolaire de la bataille qui opposa, en 1235, l’armée du terrible roi sosso Soumaoro Kanté et les troupes rassemblées par Soundjata Keïta, en ont été pour leurs frais. On pouvait se douter qu’après Nuit blanche à Ouagadougou, spectacle prémonitoire sur la révolte burkinabè, et Kalakuta Republik, création autour de la vie du sulfureux Fela, Serge Aimé Coulibaly continuerait dans une voie très politique, très poétique et très actuelle. Voici donc un spectacle tout en allusions et métaphores, qui parle autant des drames et des héros d’hier que de ceux d’aujourd’hui, et qui est amené à beaucoup tourner en Europe et en Afrique.

Nécrologie : Samir Amin, une figure du tiers-monde tire sa révérence

L'économiste et altermondialiste Samir Amin est décédé, le dimanche 12 août 2018 à Paris, à l'âge de 87 ans. Théoricien du marxisme et du maoïsme, ce Franco-Egyptien était l'une des figures de proue des mouvements altermondialistes. Professeur à Poitiers, Vincennes et surtout à Dakar où il a contribué à fonder l'Institut africain de développement économique et de planification, Samir Amin a irrigué par sa pensée plusieurs générations d'universitaires dans les pays en développement.

« Marx n'a jamais été aussi utile », disait Samir Amin, qui fut sans conteste l'un des esprits les plus lucides du vingtième siècle dans la critique du système capitaliste mondialisé. Pour lui, la logique capitaliste du profit entraîne la destruction des bases de la reproduction de la vie sur la planète.

Cette critique fondamentale s'accompagne tout au long de sa vie d'une analyse sans concession des rapports de domination entre le centre, les pays capitalistes développés, et la périphérie, le Tiers-monde. En lui rendant hommage, le président sénégalais Macky Sall écrit ; « Il avait consacré toute sa vie au combat pour la dignité de l’Afrique, à la cause des peuples et aux plus démunis. Avec la disparition du Pr Samir Amin, la pensée économique contemporaine perd une de ses illustres figures. Mes condoléances émues au nom de toute la Nation ».  

Dans un communiqué parvenu à la rédaction de baobabafrique.com, le Forum social sénégalais sous la plume de Demba Moussa Dembélé et Mamadou Mignane Diouf, note : « c’est une perte immense pour l’Afrique et le monde. Penseur éminent, auteur prolifique et intellectuel engagé toute sa vie pour l’émancipation des peuples et des pays du Sud de l’exploitation capitaliste et de la domination impérialiste.». Le Forum social sénégalais de poursuivre en témoignant: « Durant plus de 60 ans, il a mis son immense savoir et son prestige au service des luttes des peuples pour la liberté, la démocratie et le progrès social. Il a été le compagnon du Forum social sénégalais depuis sa naissance et a participé à plusieurs de ses éditions ».

Agrégé en Sciences économiques, formé à Paris dans les années cinquante, il publie en 1973, Le développement inégal, ouvrage majeur qui le propulse dans le champ antimondialiste qui deviendra deux décennies plus tard,  l'altermondialisme.

Grand défenseur des jeunes nations africaines, ce précurseur a toujours concilié son travail universitaire avec un engagement militant. Conseillé du gouvernement malien de 1960 à 1963, il fonde à Dakar, l'Institut africain de développement économique et de planification.

Il participe aussi à la création, d'Enda-Tiers Monde, l'une des premières ONG africaines. Pour lui, il faut redéfinir l'ordre mondial basé sur le capitalisme financier et supprimer ses institutions comme l'OMC, le FMi et la Banque mondiale. Une pensée dense et radicale qui a inspiré plusieurs générations d'économistes africains.

 

Journées cinématographiques de Carthage: Le Sénégal, l’Irak et le Brésil, invités d’honneur

Le Sénégal, l’Irak et le Brésil sont choisis comme pays invités d’honneur à
la 29ème édition des Journées cinématographiques de Carthage (JCC) en
Tunisie, prévue du 3 au 10 novembre 2018.
Ainsi, en mission au Sénégal, le Directeur général des Jcc, M Mohamed
Nejib Ayed en compagnie de  M. Taoufik Jabeur, Administrateur-Chargé
des Relations internationales, a échangé, le jeudi 9 août 2018 à Dakar,
avec les autorités, les représentants d’institutions, les professionnels du
cinéma, les critiques et les journalistes sur la prochaine édition du festival,
le choix porté sur les trois pays en particulier le Sénégal. La communauté
culturelle et cinématographique du Sénégal du Sénégal s’estime honorée.
Les cinéastes, Mansour Sora Wade (lauréat du Tanit d’Or des Jcc en 2002
avec le « Le Prix du pardon »), Moussa Sène Absa (primé aux Jcc), le
critique de cinéma Baba Diop, le directeur de la cinématographie du
Sénégal, M. Hugues Diaz entre autres acteurs du secteur du cinéma se
sont accordés pour dire que le Sénégal sera bien représenté et va jouer
avec fierté et dans un élan patriotique, sa partition pour mériter cet
honneur.
Pour rappel, les Journées cinématographiques de Carthage ont été
lancées en 1966 à Tunis par le cinéaste tunisien Tahar Cheriaa, un des
pionniers du cinéma africain avec le Sénégalais, Sembène Ousmane.

 

52 ans après, Tunis, devient l’une des plus grandes plateformes du
cinéma afro-arabe voire mondial. Mais, les dernières années, Carthage
s’éloignait de ses objectifs premiers.
Pour corriger des dérives, l’actuel Directeur général, le producteur Néjib
Ayed, dès sa nomination, avait déclaré en 2017 à Cannes que le festival
de carthage va retrouver « son âme » avec le retour des fondamentaux
tout en se démarquant de l’excès de glamour qui l’éloignait de ses
objectifs premiers. Il s’agit pour lui de privilégier « l’esprit militant des
débuts » afin de promouvoir davantage le cinéma d’auteur africain et
arabe en s’ouvrant également aux cinémas d’Amérique latine et d’Asie. A
cela s’ajoutent d’autres innovations majeures: l’augmentation du montant
des prix pour les films distingués par le palmarès, la recréation d’une
section documentaire indépendante, l’apparition de véritables ateliers
professionnels pour faire croiser les réalisateurs et les producteurs à bien
mener leurs projets, la promotion des films d’école, etc.
Novembre 2017, Ayed réussit le pari d’un festival digne de Tahar Cheriaa
et de Sembène Ousmane. Vivement 2018.

 

Alassane CISSE (baobabafrique)

 

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