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Portrait : Souleyanta Ndiaye un intellectuel d'action

Diplomate, éducateur, homme de culture, stratège politique, féru des arts, écrivain de talent, Souleyame Anta Ndiaye, est l’une des valeurs sures de l’intelligentsia sénégalaise. D’une probité morale exemplaire doublée d’une rigueur intellectuelle et du sens des actions pertinentes, Souleyanta inscrit ses initiatives dans la dynamique de construction de l’image du Sénégal et de son développement culturel, social, économique, avec efficacité et sans tambours ni trompettes.
Jules, comme l'appellent ses intimes, est considéré par ses proches comme un «homme de culture avant tout». D'un père imam, il a vu le jour à Yaraakh Teffess. Féru de lecture et de cinéma depuis sa tendre jeunesse, ce «boy yaraakh» amoureux  de la mer et des promenades dans le bois (une habitude née de la proximité de la baie et du parc forestierde Hann), a fréquenté l'école primaire de Hann-sur-mer, le collège de la rue Tolbiac, les lycées Gaston Berger et Blaise Diagne. Le bac A3 en poche, Souleyanta Ndiaye a fait ses humanités loin des senteurs de son Yaraakh natal, en Union des Républiques Socialistes et Soviétiques (URSS). C'est à Kichiniev, capitale de la République Socialiste Soviétique Moldave (aujourd'hui République de Moldova) qu'il fit son année préparatoire en langue et littérature russes avant de poursuivre ses études en Russie Soviétique plus précisément à Ivanovo puis à Varonej. Son Master en philologie russe en poche, celui qui signe ses œuvres artistiques «Souleyanta» rentre au bercail et est reçu au concours à l'Ecole Normale Supérieure (ENS) de Dakar comme élève-professeur, titulaire à la sortie, du CAES (Certificat d'Aptitude à l'Enseignement Secondaire).
Après 9 années d'enseignement secondaire perturbées par une réaffectation arbitraire finalement corrigée, l'enfant de Yaraakh décida d'aller poursuivre ses études en France. Des difficultés de survie après une inscription en doctorat à Grenoble, le poussèrent à faire marche arrière sur Dakar avant le retour à Moscou avec dans ses bagages Madame sous -29 degrés! C'était en décembre 1995. Son épouse tressait les Russes et Monsieur rédigeait sa thèse, enseignait au Centre Culturel Français de Moscou et trouvait le temps de faire du journalisme comme correspondant du groupe Sud Com (Sud Quotidien et Sud FM) et comme reporter à la «Gazette de Moscou». 
 Après la thèse dans la capitale russe sous l'encadrement de l'académicien Vitaly Grigorievitch Kastamarov (une sommité de la science pédagogique mondialement reconnue), Souleyanta fit cap sur New York, plus exactement à l'institut Harriman de la Columbia University où il est admis sur titre (Doctorat obtenu à l'Institut Pouchkine de Moscou), il mène durant une année académique un travail de recherche sur le sujet de la présence des Noirs en Russie post soviétique, sanctionné par un certificat.
 De retour à Dakar en  2002, l'ancien professeur de Russe est nommé conseiller en communication au Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage avec Pape Diouf comme Ministre de ce Département. Il sera avec lui lorsque ce dernier fut muté au Ministère de la Pêche.
 En «chômage technique» après le départ de Pape Diouf, Souleyanta reprend le «dossier russe» et le présente au président Abdoulaye Wade qui décide de rouvrir l'ambassade du Sénégal à Moscou fermée en 1995.
  En décembre 2004 , il se retrouve à Moscou comme Premier Conseiller aux côtés du Général Mountaga Diallo, ambassadeur.  Dans l'ex capitale soviétique il eut le temps de créer un site web de l'ambassade du Sénégal en russe puisque destiné aux Russes, d'appuyer la venue et la prestation de l'orchestre Baobab, d'y organiser des prestations de Demba Dia Rock Mbalakh, d'inviter le poète Amadou Lamine Sall au Festival des poésies slaves et d'organiser des rencontres d'affaires pour deux promoteurs économiques venus spécialement de Dakar. A Moscou, avec le Général Diallo, ils eurent très souvent à rapatrier ( à leurs frais!) de jeunes Sénégalais pris dans l'étau de l'immigration clandestine. Son regret le plus profond comme Premier Conseiller dans cette mission diplomatique cependant, c'est d'avoir échoué à faire passer par Dakar un bateau de croisière de milliardaires russes. Des évènements survenus en Casamance à la dernière minute avaient découragé le tour opérateur, une vieille connaissance des années estudiantines. L'autre regret c'est d'avoir quitté Moscou au moment où il s'apprêtait à organiser une journée culturelle et économique du Sénégal à laquelle  des centaines d'entreprises russes devaient prendre part avec l'appui de la Chambre de commerce de Moscou. Pour Souley, la Russie est encore «un terrain vierge pour le Sénégal. Nous n'utilisons même pas le dixième de nos potentialités de coopération avec ce pays!»-répète-t-il.
 Si à Moscou notre diplomate n'a pas eu le temps d'obtenir entière satisfaction, Paris lui ouvrit une autre fenêtre d'inspiration et lui permit de publier un roman qui dormait dans ses tiroirs . «Tavarich Gaye», puisque c'est de lui qu'il s'agit, a été publié par la maison d'édition Monde Global dirigé à l'époque par l'historien slaviste établi en France Dieudonné Gnammankou, auteur lui même du best seller «Abraham Hannibal l'aïeul noir de Pouchkine». Dans ce roman («loin de l'autobiographie» ce sont encore ses termes, Souleyanta retrace la vie des étudiants africains en Union Soviétque avec une  pointe de nostalgie et un dramatisme volontaire comme pour dire «c'était pas le meilleur des systèmes» (un très beau texte à découvrir!). Mais, à Paris le Premier Conseiller à la Délégation Permanente du Sénégal à l’Unesco, remplit honorablement sa fonction en restant pendant plusieurs années le responsable des élections du Sénégal aux différents organes de l'UNESCO et en se faisant distinguer par sa pertinence et son ouverture d'esprit au cours des innombrables travaux statutaires de l'organisation onusienne. Ses interventions ne laissaient jamais indifférents, nous souffle une secrétaire d'une Délégation africaine. Mamadou Koumé,ancien DG de l'APS et ancien Rapporteur du Programme International pour le Développement de la Communication (PIDC) évoque souvent le combat «solitaire» que Souley avait mené à l'époque pour que le Sénégal décroche le poste de Rapporteur de ce programme-phare de l'UNESCO. Il en est de même pour la défunte Union Latine dont il était le responsable à la Délégation du Sénégal. Notre pays, grâce à l'entregent de l'ex prof de langue russe était devenu le principal bénéficiaire des actions de cette organisation qui regroupait les pays d'expression latine. Il a pendant quelques années animé le «plateau cinéma» au cours des semaines africaines à l'UNESCO.
 De la capitale française Souleyanta signait régulièrement des contributions à la tonalité culturelle et politique. Il défendait «Wade le panafricain ». Pour lui, «Wade a globalement bien travaillé, en tout cas mieux que Senghor et Diouf» même si des abus malheureux ont été constatés dans certains domaines. «L'essentiel, pour le Président Macky Sall, c'est de corriger les impairs identifiés, d'éviter d'en commettre et de poursuivre le travail entamé par ses prédécesseurs. Je souhaite qu'on dise demain qu'il a mieux fait que les trois réunis. Il est jeune et son atout est d'incarner avant tout, la rupture générationnelle!», fait remarquer Souleyanta Ndiaye.
 Par ailleurs, Souleymane souligne : « Je ne comprends pas par exemple qu'on hésite à poursuivre la réalisation des chantiers culturels de l'ancien régime et que l'actuel ministre de la culture passe son temps à se quereller avec les acteurs culturels qui devraient constituer des relais efficaces des politiques gouvernementales. Il est, par exemple, temps d'arrêter la stigmatisation du Monument de la Renaissance Africaine et de créer des évènements autour de cet édifice qui pourrait redonner à Dakar son statut de centre culturel de référence en Afrique .Pourquoi ne pas créer un MARA (Marathon de la Renaissance Africaine)? Un événement sportif annuel à inscrire dans l'agenda des compétitions sportives mondiales sous le label du Monument? L'heure est à la valorisation de nos avoirs culturels. Sur le plan immatériel nous avons un immense patrimoine et sur le plan des infrastructures nous avons des réalisations à rentabiliser...»
 Président du Forum de la Renaissance Africaine (FORA), une organisation basée à Paris et regroupant essentiellement des intellectuels de la Diaspora, Souleyanta voudrait consacrer son temps et son énergie au rayonnement d'un leadership africain à travers la mise en valeur des potentialités culturelles du continent et la reconnaissance due aux personnalités africaines et de la Diaspora qui œuvrent dans ce sens. Tout un programme!
 Rappelons que le FORA a eu à décerner à Wade en septembre 2012 à Versailles en France, le Premier Prix de l'organisation pour le Leadership en Afrique. L'un des objectifs visés par l'ONG avoue aujourd'hui Souleyanta: «détacher le Patriarche Wade des contingences politiques internes sénégalaises et le placer sur l'orbite des médiations pour la paix, au service de l'Afrique».
 Le président du FORA, rappelé au pays après quelques années de service à Paris auprès de l’Unesco, compte regagner Dakar. Ce cinquantenaire est père de «six bouts de bois de Dieu», monogame par attachement à ses enfants et amour pour son épouse présente à ses côtés «qu'il pleuve ou qu'il neige! ». Souleyanta se voit, sur le plan politique, comme quelqu'un qui s'efforcera de réunir les bonnes volontés autour des objectifs de développement du pays...Le Sénégal mérite bien ce challenge!
 BaobabAfrique

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