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Lamine

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Abdourahman A. Waberi :"Les Européens vont migrer maintenant en Afrique"

Il a sorti son pays de l'anonymat en le rendant célèbre par sa plume. Le plus Algérien des Djiboutien était à Alger cette semaine dans le cadre du Féliv pour y exposer son point de vue sur la littérature. Il nous parle justement de certaines de ses oeuvres et confie son désir du retour au pays natal. Auteur de plusieurs romans et nouvelles, il vit aujourd'hui entre l'Europe et les Etats-Unis où il enseigne la littérature..

L'Expression: Votre lien avec l'Algérie ne date pas d'aujourd'hui puisqu'en 1994 vous entamiez un travail comparatif entre les écrits de Noureddine Farah et Assia Djebar...
Abdourahman A. Waberi:

Nouredine Farah est un écrivain somalien qui écrit en anglais et Assia Djebar, une ecrivaine algérienne qui écrit en français. J'avais fait des études en anglais après que je sois francophone. C'était une manière de les rapprocher, de rapprocher l'Afrique, l'Est et le Nord, le monde anglophone et le monde francophone. Souvent, les Afriques ne discutent pas entre elles. Les gens du Maghreb découvrent l'Afrique en allant à Paris et inversement. On ne discute donc pas entre nous. Il m'a semblé que faire ce travail de dialogue entre deux écrivains de langue différentes me paraissait intéressant. L'autre point d'attache, ce sont les thématiques communes, notamment un souci ou un intérêt pour la condition féminine qui était très soulignée chez l'un comme chez l'autre. Noureddine Farah est décrit presque souvent comme un écrivain femme. Bien qu'il soit un homme. Il savait parler des femmes d'une manière très sensuelle, très positive et profonde. Assia Djebar a longtemps représenté la voix algérienne ou les femmes algériennes en général. Donc, il m'a semblé qu'il y avait des choses à mettre en place entre les deux. C'était un travail universitaire que d'ailleurs je n'ai pas achevé...

En 2004, vous obtenez un prix littéraire et de sciences humaines au Forum de la réussite des Français venus de loin, vous en publiez un récit critique appelé. «De l'intégration au français venus de loin: les Apaches à l'Assemblée nationale». Un titre assez décalé, incongru et très drôle pourquoi?
Je suis aussi Français donc je dialogue dans cet espace là où je polémique, ce qui est ma fonction. Disons qu'aujourd'hui qu'il y a de plus en plus de voix ou de visibilités données aux Français de diverses origines africaine noire, maghrébine, ou les ultra marines c'est-à-dire les Antillais... A l'époque, en 2004, ce n'était pas encore la règle. Je ne sais pas quel Conseil ministériel a imaginé de mettre sur pied cette affaire, mais c'était vraiment le Grand Guignol. J'en rigolais parce qu'on s'est trompé de gens, de section. Moi, j'étais dans la littérature et les sciences humaines. Il y avait aussi le cinéma et la civilité On confondait les gens. C'était vraiment un foutoir. Il y avait un irrespect total, ce que j'appelai vulgairement un foulage de gueule. C'était à l'époque où on parlait de diversité, de CV anonymes etc. Cette histoire de les inviter à l'Assemblée nationale était une grosse erreur médiatique et civique. Donc je me suis moqué de ça dans un papier, car c'était du n'importe quoi..

On revient à parler donc de votre célèbre roman où l'on sent encore cette pointe de dérision qui vous caractérise un peu, j'entends par là le livre Aux Etats-Unis d' Afrique. Comment est né ce livre? Vous avez parlé tout à l'heure de l'humour et votre façon distanciée de critiquer le monde en ne se prenant pas au sérieux. On trouve beaucoup d'ironie dans ce livre, bien que très pertinent...
J'ai employé un style humoristique effectivement. Ça fonctionnait car je me suis dit, relativisons les choses en racontant une histoire simple. Et si le monde avait changé d'axe physiquement? Le Sud prend la place du Nord et inversement. Donc, les pauvres ne viennent pas du Sud. La Méditerranée est traversée dans l'autre sens. Imaginons donc des Etats-Unis d'Afrique prospères avec du Nord au Sud, le même pays. J'applique donc cette utopie là réellement. C'est-à-dire, je ne dissous pas les Etats, les 54 nations existent mais comme un Etat américain. Par exemple, je suis né en Algérie en Afrique. Le Premier ministre est Algérien, le président est Nelson Mandela et donc qu'est-ce qu'on va avoir? des migrants qui nous viennent du Nord. Et comment va-t-on les traiter? Ce que j'ai fait est un conte philosophique. Cela porte sur l'autre. Suis-je bienveillant avec l'autre? Il s'agit d'une critique sur ce qu'on appelle «les inégalités du monde disparate», pour ce qui est, par exemple, des Européens, de l'immigration qui leur vient du Sud. Donc au lieu de leur dire ne soyez pas racistes, soyez gentils avec vos frères, eh bien, je vais vous raconter une histoire... Et si toi Belge, Français ou Suisse qui te sois retrouvé dans la merde et que sois obligé de quémander ton pain à Alger, à Ouaga, à Addis-Abeba, que va-t-il se passer? Ce sera ça l'espace romanesque. Je me suis appuyé sur des faits réels.
Le fait que le panafricanisme est une idée politique qui travaille les Africains, ce n'est pas forcément parce qu'on se retrouve sur le même continent. Il y a aussi une communauté, un destin, une solidarité. Alger était un centre panafricain de premier choix. Des gens de l'ANC trouvaient de l'aide à Alger... C'est juste que les Algériens ont un peu oublié ça. Et les autres Africains aussi. Le but est de réveiller ces réseaux là. Pourquoi les Algériens étaient solidaires? parce qu'ils avaient combattu le colonialisme et bénéficié de solidarité. La solidarité est pour moi quelque chose de très important. Ce n'est pas un vain mot. Si par ce roman j'ai essayé de rappeler ce qu'est le discours solidaire panafricain, c'est pas plus mal si on éduque les gens..

Il a été écrit en 2006, mais je pense qu'il est toujours d'actualité
D'autant plus que l'Europe va de plus en plus mal. Aujourd'hui, on constate que beaucoup de Portugais retournent en Angola.Il n'est pas exclu que des pieds-noirs ou enfants de pieds-noirs retournent en Algérie, non pas comme visiteurs, mais cherchant un destin, comme migrants pour travailler ou renouer avec le pays. Car l'Afrique est vide aussi d'hommes. Potentiellement, l'Afrique est vide. On dit qu'il y a une démographie galopante, alors que c'est un continent vide si on le compare en densité. De même qu'on recueillera probablement des gens qui viendront du sud-est asiatique, des Chinois et des Indiens, on va probablement accueillir des Européens.

Ne croyez-vous pas que c'est un paradoxe de dire que la solution viendra de l'Afrique, alors que ce continent se vide de plus en plus de ses enfants?
Justement, on est déjà presque sortis du paradigme de la migration. Je pense que dans le futur, il y aura un retour sur l'Afrique. Les gens qui sortaient, qui allaient chercher fortune ailleurs, c'est juste une «rattrape» économique. Mais moi, je sens qu'elle est vide, pas encore assez peuplée, elle peut encore accueillir. C'est ce que je prévois dans quelques décennies, et on le voit avec les Chinois en Algérie.
Dans un pays comme le Ghana, il y a plus de Ghanéens de l'extérieur qui retournent au Ghana. Au Kenya c'est en passe de se faire. On considère l'Afrique comme un seul pays. On ne voit pas les disparités. Il y a des choses qui vont très bien en Afrique comme il y a des choses qui vont très mal. Souvent, quand on parle du continent, on ne voit que les choses qui ne vont pas bien. Evidemment. Mais il y a aussi des choses qui vont bien. Et moi, j'ai l'impression que le retour, va être l' émigration dans l'autre sens. Ce sont les Européens qui vont venir. Il y a beaucoup de retraités français qui partent vivre au Sénégal, Burkina Faso.. parce que c'est moins cher, ça signifie que le niveau de vie aussi a augmenté. En termes sanitaires par exemple, d'hygiène, de nourriture, d'infrastructures, on peut vivre très bien dans nos pays. L'Algérie n'est pas comparable avec l'Ouganda ou la Somalie. L'Afrique du Sud n'a rien à voir avec la Gambie.
Quand on parle de l'Afrique, il faut savoir distinguer. Globalement, le niveau de vie des Africains a augmenté. Les choses vont mieux même si il y a des malheurs. On est dans la posture douloureuse ou souffreteuse qui se plait à véhiculer une image de l'Afrique en souffrance qu'on veut développer.

On dit souvent que les gens de Djibouti sont de vrais nomades. Vos livres sont marqués souvent du saut de l'exil. Est-ce une nécessité aussi de parler et d'évoquer la souffrance humaine notamment dans Moisson de crânes, consacré au génocide rwandais?
Nomadisme oui, si on parle du nomadisme traditionnel comme les Berbères touareg du Sud mais l'exil des Djiboutiens en Europe, comme je disais, est conjoncturel. On ne peut pas rester en exil très longtemps. Mon souci et mon désir sont d'aller travailler à Djibouti. Pour l'instant, ce n'est pas possible, mais dans dix ans, voire cinq ou deux ans, cela va changer.

Vous pensez y retourner?
Bien sûr si la situation s'améliore, je préfère travailler comme les artistes, à la fois à Djibouti et ailleurs. Vieillissant, je retournerais à Djibouti, c'est évident.

Xuman : "Le rap est une troisième voie pour lire l'actu"

Ex-membre du Pee Froiss, Xuman a fait le buzz au Sénégal avec son JT Rap, grille de lecture savoureuse et mordante de l'actualité. L'occasion de revenir sur le parcours d'un rappeur engagé 

Grand, longiligne, le visage cerné de dreadlocks, charismatique mais empreint d'humilité, Makhtar Fall alias Xuman occupe le terrain du hip-hop sénégalais depuis le début des années quatre-vingt-dix. Un statut de grand frère, de sage, qui lui confère une légitimité auprès de la jeunesse. Avec un autre précurseur du mouvement : Keyti, ancien du crew Rap'Adio, il vient de réaliser un tour de force avec un journal télévisé rappé ; drôle et décalé, qui cartonne sur la chaîne sénégalaise 2STV et sur Youtube. Les derniers numéros sont enrichis par des guests surprises comme les rappeurs Didier Awadi et Djilly Baghdad ou la chanteuse Imany. Les éditions en français et en wolof passent sur le grill les sujets d'actualité : la mort tragique de talibés, les enfants des rues au Sénégal, un arrêté du maire de Dakar contre les marchands ambulants, l'arrestation du fils de l'ancien président Karim Wade… Le projet, coproduit sur fonds propres, par le label de Xuman, Natty Dread, et le Level Studio de Dakar, s'est imposé naturellement : "On appelle les rappeurs les griots modernes, les journalistes de la rue. On nous compare à des chroniqueurs de la société, du quotidien. Ce sont des surnoms proches du monde journalistique. Cela semblait normal qu'on concilie ces deux exercices." D'autant que les deux compères font partie des déçus de l'offre traditionnelle médiatique. "Le traitement de l'actualité est souvent biaisé par des intérêts économiques, assène Xuman. On a l'impression que ceux qui parlent ne le font pas pour nous. On milite pour une troisième manière de voir les choses entre les médias et l'État. Si je travaille pour le groupe de presse de Youssou N'Dour s'il fait une connerie on ne pourra pas en parler dans le journal, par solidarité avec le boss. Si on travaillait pour la télévision nationale, la RTS, on ne pourrait pas dire certaines choses sur le gouvernement. On s'exprime de manière libre et indépendante." Xuman ne nie pas que cette liberté s'accompagne de devoirs envers les premiers supporters du JT rap : les jeunes. "Certains n'écoutent pas les nouvelles, ne lisent pas. Mais ils consomment du rap. Ils ont une vision du monde à travers nos chansons de rap. Ça nous donne une grande responsabilité."

Hip-hop citoyen

Conscientiser n'est pas un challenge nouveau pour Xuman. Lors des élections de 2000, les rappeurs du pays ont poussé les jeunes vers les urnes : "On leur a dit de ne pas être des moutons de Panurge, de ne pas suivre les politiciens juste parce qu'ils sont venus dans le quartier et que papa ou maman votent pour eux. Ça a permis à plein de jeunes de se former une réflexion. Quand un rappeur s'affiche avec un politicien il se grille tout seul. Il se met en porte à faux." Militant, intègre, Xuman a, comme beaucoup, commencé par adopter l'attitude hip-hop avant d'en comprendre le potentiel sociétal. "En Côte d'Ivoire où j'ai grandi, j'ai vu le film Beat street. C'était la première fois que je voyais des gens habillés bizarrement, qui parlaient sur de la musique au lieu de chanter. Ils dansaient sur la tête, tournaient. Ça m'a intrigué. Par la suite j'ai découvert Afrika Bambataa, Public Enemy, NWA… Je ne comprenais pas leurs paroles en anglais, mais leur attitude m'intéressait. En arrivant au Sénégal, au début des années quatre-vingt-dix, je me suis lié à Didier Awadi et Duggy Tee du Positive Black Soul, qui ont complété mes recherches. Puis j'ai décortiqué les textes d'IAM, pour comprendre comment ils faisaient leurs phrases. J'ai commencé à écrire en français, puis en wolof."


Le lutteur de Fass

Passé l'ego trip et le mimétisme des MC américains, Xuman réalise qu'il doit travailler ses lyrics sur le fond. Il regarde autour de lui, dans le quartier populaire de Fass, où il vit. "C'est un quartier divers, vivant, avec des artistes qui s'ignorent mais aussi des problèmes. J'entendais des histoires : des querelles, des bagarres, des cas de viol, de vol. Beaucoup de jeunes, désœuvrés, à la maison, de filles mères. Des gens dont le diplôme n'est pas accepté car ils n'ont pas le bras long… Fass est connu dans l'Histoire de Dakar comme le quartier des champions de lutte sénégalaise. Quand on a commencé avec mon groupe Pee Froiss (1) on était donc obligés de se considérer comme des champions." Ce n'est pas un hasard si le premier morceau connu du groupe évoque un système vouant à l'échec les jeunes du ghetto. Les années qui ont suivi, le rappeur a éclairé ses textes d'une vision panafricaine, acerbe, nourrie par Cheikh Anto Diop, par les discours de Kwamé Nkrumah et de Malcolm X. Si le Pee Froiss s'est disloqué depuis, Xuman n'a pas l'intention d'arrêter la lutte. Outre le succès du JT rap, il prépare un album rap-reggae-dancehall au titre évocateur : "Le poing serré". A luta continua…

Julien Legros

 

Album musical international : l'émotion en partage de Lao Kouyaté

L’artiste sénégalais Lao Kouyaté, le doué joueur  de kora partage ses émotions dans un album international lancé depuis le 20 juin 2013.  « Suñu 7» est le titre de l’album sorti en France et qui sera distribué dans plusieurs pays d’Europe, d’Afrique et d’ailleurs. L’auteur-compositeur Lao évoque la propreté dans l’esprit, le corps et dans notre environnement physique et social. Riche de dix titres, le produit musical est un délice de mélodies et de rythmes.
 Après avoir écouté quelques morceaux, les compositions reflètent la maîtrise de la kora et l’expérience  de l’artiste en quête d’innovation et d’exploration de nouvelles sonorités. Lao Kouyaté parle avec l’humain".
 Les belles notes de la kora distillées sont mâtinées de la voix de velours du griot mandingue de notre temps.  L’auteur de « Devoir » exprime ses opinions  à travers les titres comme « Bambo », « Gioia », « Suñu 7 »,  «Ma lune », « Fulbe », « Babylon », « Grazie del pensieno», « Lutakhman », « Nature ». Lao Kouyaté fait voyager également les mélomanes sur des lignes d’harmonie envoutantes au cœur de l’Afrique et du reste du monde.
 Ancré dans ses origines mandingues, Lao Kouyaté s’ouvre aussi aux souffles fécondants de l’Europe et d’autres cultures. 
 En chantant en manding, wolof, peulh, français, italien.., Lao Kouyaté se confie « L’album sent l’humanité, je parle de la joie, du droit et du devoir, je raconte les difficultés des émigrés, je chante mon pays bien aimé. Cet album est dédié aussi à la nature et à la terre maltraitées ».
 Lao Kouyaté  oeuvre pour la préservation de l’environnement, s’inspirant de  la charte mandingue de Kurukan Fuga de 1236 stipula (dans ses clauses), la protection de la nature, le respect de la personne humaine (droits humains), la protection de l’enfance entre autres.
 En bon Mandingue, Lao Kouyaté  perpétue et valorise le patrimoine légué par ses ancêtres.
 
Alassane CISSE  (BaobabAfrique)

Interview : Ouza "Vivement la nouvelle société de gestion"

En ce jour marquant la fête de la musique, Wal Fadjri est allé à la rencontre d’un doyen de cette discipline artistique au Sénégal, un ancien membre de la commission de recensement des œuvres au Bureau sénégalais du droit d’auteur (Bsda). Ouza Diallo de son vrai nom Ousmane Diallo crache ses vérités sur cette structure où il a siégé pendant dix ans. Dans l’entretien qui suit, l’interprète de Six Heures dénonce les miettes perçues par les artistes contrairement aux employés du Bsda, la politisation de la structure… Plein de regrets, Ouza Diallo s’inquiète de la lenteur notée dans l’installation de la Nouvelle société de gestion collective qui doit remplacer le Bsda. Il est prêt à prendre son bâton de pèlerin pour mener le combat.

Wal Fadjri: Souvent la polémique qui surgit quand on parle du Bureau sénégalais du droit d’auteur (Bsda), c’est le non paiement des droits d’auteur par des radiodiffusions…

Ouza DIALLO: Le directeur du Bsda a parfaitement raison de soulever souvent ce point. A Yaoundé (capitale du Cameroun), la radio nationale paie presque 325 millions de francs Cfa par an. Alors qu’ici la Rts ne donne que 25 millions de francs Cfa pour tout le répertoire mondial. 

Macky Sall, alors Premier ministre, avait élevé le montant à 40 millions francs Cfa ? 

Je ne suis pas au courant. A mon humble avis, je sais que c’est 25 millions que la radio nationale verse au Bsda. Le véritable problème, c’est que les radios ne paient pas les droits d’auteur, toutes les stations et surtout vous (il pointe du doigt les journalistes de Wal Fadjri) (rires). Le non paiement des droits d’auteur n’arrange pas les artistes. Cela constitue le premier grand handicap pour eux. 

Cela n’est-il pas dû à un système non fiable? 

Non. Le système de recouvrement est fiable. C’est parce qu’ici, c’est le Sénégal. Les gens ne paient pas. Si on ferme une station pour défaut de paiement, quelqu’un se lève derrière pour la (r) ouvrir. Aucune radio ne paie normalement les droits d’auteur. Même avec la Rts, il faut faire le pied de grue pour recevoir l’argent. Depuis 2002, beaucoup de chaînes radiophoniques ne se sont pas acquittées de leurs droits d’auteur. 

Comment peut-on y remédier ? 

Tout revient à l’Etat. N’est-ce pas la place d’un dealer de chanvre indien, se trouve à la prison ? Ce que font les radios est plus dangereux que ce que font ces dealers. Pour qu’un artiste puisse vendre mille Cd, il lui faut dépenser 17 millions de nos francs. Mais avec l’avènement de l’électronique, c’est devenu compliqué. Il paraît que des négociations sont en train d’être menées avec You tube pour voir comment l’artiste peut vivre de ces droits d’auteur. Au début, le Cd était le principal support, maintenant, les compagnies de téléphonie mobile, internet, etc. sont des moyens de diffusion de la musique, il faut qu’ils pensent aux artistes. 

En dehors des radiodiffuseurs, les boîtes de nuit sont aussi souvent épinglées ? 

C’est vrai, les artistes sont lésés dans les boîtes de nuit. Mais parfois, c’est notre faute. Moi, personnellement, j’oublie souvent de remplir les fiches après une prestation musicale. Seuls les artistes qui jouent de la variété dans les hôtels ont cet esprit de remplir les fiches. Je ne me rappelle pas avoir rempli une fiche même pour les prestations de Adji Ouza (sa fille) à Bamako, Banjul ou ailleurs. Elle ne fait que jouer. 

«Je vais sensibiliser les anciens musiciens, car il y a de la politique politicienne surtout avec la régionalisation du Bsda. Je suis un peu sceptique par rapport à l’existence de cette Nouvelle société de gestion collective. Parce que l’actuel directeur général du Bsda était nommé pour une transition. Mais, il commence à s’éterniser et à élargir sa base. Le temps est en train de me donner raison. Il a trop duré pour une transition d’un an.» 

Est-il nécessaire de réformer le système de recouvrement pour plus de fiabilité ? 

Il y a trop de maux dans le système de fonctionnement du Bsda. Pour le recouvrement, c’est à l’artiste de déclarer les titres interprétés. Les boîtes de nuit peuvent le faire. L’artiste doit dire les morceaux qu’il a joués sur les fiches. C’est à partir de cette fiche que la répartition est faite. Ces problèmes de recouvrement m’ont poussé à mener une réflexion autour de la Nouvelle société de gestion collective. Je vous donne un exemple: tu possèdes ta maison et tu confies la sécurité à une tierce personne, et cette dernière vit mieux que toi. C’est la même chose qui se passe au Bsda. Ceux qui y travaillent, au minimum, peuvent gagner à la fin du mois 50 mille francs Cfa. La plupart sont des retraités. Ils sont les gardiens. L’artiste qui joue pendant six mois ne peut même pas percevoir cinquante mille francs Cfa. Un célèbre artiste (le nom est délibérément omis) est passé me voir pour dire : «Grand, le Bsda m’a payé que 20 mille francs après six mois de prestation». Je lui ai rétorqué : «c’est un problème, on va le résoudre». Tout cela pour dire que le fonctionnement du Bsda est nuisible aux musiciens. Après avoir eu des renseignements, j’ai compris qu’au Bsda, de nombreux recrutements, sont faits sur la base de parenté avec des contrats à moyen et court terme. Au minimum, ils gagnent 25 mille francs chaque mois. Et l’artiste perçoit vingt mille francs tous les six mois. Si tu divises cette somme par six, tu verras combien il gagne par mois. (C’est environ 3.400 francs Cfa par mois). Cela veut dire que ceux qui gèrent le Bsda, gagnent mieux leur vie que les artistes sur qui tout repose. Il faut remédier à cela. Je vais sensibiliser les anciens musiciens, car il y a de la politique politicienne surtout avec la régionalisation du Bsda. J’en ai parlé au directeur Mounirou Sy, qui est un ami, c’est mon marabout. 

Le temps semble-t-il vous donner raison puisque le Bsda est toujours là ? 

Il existe toujours. Puisqu’on n’a pas encore créé la Nouvelle société de gestion collective. Il faut l’existence de cette nouvelle société. Les gens en parlent, mais moi, je suis un peu sceptique par rapport à l’existence de cette nouvelle structure. Parce que l’actuel directeur général du Bsda était nommé pour une transition. Mais, il commence à s’éterniser et élargir sa base, et le temps est en train de me donner raison. Il a trop duré pour une transition d’un an. J’avais dit que tout cela est politique. On pouvait laisser Mme Diaby continuer, mais on m’avait dit qu’il n’y a pas de problème, le gars va assurer pendant un an et ça fait un an qu’il est toujours là. Cela me frustre. 

«La piraterie au campus universitaire cause d’énormes dégâts aux artistes. Cela me fait mal. Tant qu’on n’éradique pas la piraterie au sein de l’université, les artistes vont toujours vivre dans la misère. Les vrais pirates, ce sont les étudiants et d’autres personnes qui se trouvent à l’Université Cheikh Anta Diop» 

Revenons à ce manque à gagner des artistes, la piraterie surtout, les hologrammes ne semblent pas résoudre le problème ? 

J’en ai parlé au directeur en lui disant que je ne me retrouve plus dans ces hologrammes. Parce que quand tu donnes un hologramme à 325 francs Cfa le Cd, 1000 Cd équivalent à 325 mille francs, donc, en faisant la répartition, tu n’auras même pas cinquante mille francs de plus. Par exemple, moi Ouza, je produis mille Cd, avec un hologramme à 325 francs l’unité. Je fais la répartition pendant six mois, je ne peux gagner que 75 mille francs comme droit d’auteur, parce que le Cd ne se vend plus. On avait institué l’hologramme pour éradiquer la fraude, la contrefaçon, la piraterie, mais j’ai constaté que depuis qu’on l’a installé, la piraterie a empiré, surtout au niveau de l’université. La piraterie au campus universitaire cause d’énormes dégâts aux artistes. Cela me fait mal. Avec des artistes, nous avions tenu une réunion, on a dit au directeur tant qu’on n’éradique pas la piraterie au sein de l’université, les artistes vont toujours vivre dans la misère. Les vrais pirates, ce sont les étudiants et d’autres personnes qui se trouvent à l’Université Cheikh Anta Diop. 

«Il faut qu’on change radicalement le Bsda au profit de la Nouvelle société de gestion collective. Il faut qu’on ait un directeur neutre et je suis prêt, avec d’autres personnes, à rencontrer le chef de l’Etat Macky Sall pour accélérer l’installation de cette nouvelle structure.» 

La complainte des artistes est souvent ce manque de transparence du Bsda, Jamais la structure n’a dressé son bilan annuel. Quel est votre avis sur cet état de fait ? 

Peut-être (il insiste), avec ce nouveau directeur, je précise bien, cela peut être… Mme Diaby (l’ancienne directrice du Bsda : Ndlr) mettait à notre disposition en tant que membre de la commission de recensement des œuvres, des notes, des fiches de répartition montrant le système utilisé. Comme je ne suis pas administratif, je ne les ai jamais lues. Je ne connais pas la méthode de l’actuel directeur général du Bsda. Mais, il faut qu’on change radicalement le Bsda au profit de la Nouvelle société de gestion collective. Il faut qu’on ait un directeur neutre et je suis prêt, avec d’autres personnes, à rencontrer le chef de l’Etat Macky Sall pour accélérer l’installation de cette nouvelle structure. Je précise bien qu’on ne veut pas un directeur politique. Le directeur doit être élu par les artistes eux-mêmes pour plus de transparence. Mais, il faut que les gens communiquent aussi. Le mouvement citoyen de Youssou Ndour «Fekké ma ci bolé» ne peut pas monopoliser toute la culture sénégalaise. Je lance un appel à tous les artistes pour porter ce combat afin que cette Nouvelle société de gestion collective soit mise en place. 

Vous en tant qu’artiste, avez-vous régulièrement joui de vos droits d’auteur? 

Je n’ai aucun problème à ce niveau. Dieu merci. Il est arrivé des temps, où des artistes ont eu à toucher 25 millions francs Cfa. Moi, j’ai récolté jusqu’à un million. C’est normal parce que certains jouent sur le plan international. Maintenant, si un musicien arrive à gagner cinq cent mille francs Cfa, il doit en être fier. Je ne maîtrise pas bien le dispatching. Chaque six mois, les artistes bénéficiaient de leur droit d’auteur. Mme Diaby faisait la répartition quatre fois l’an. Avant que Mme Diaby ne vienne, j’entendais qu’on recevait 20 mille francs. Avec l’arrivée de Mme Diaby, certains artistes comme moi ont pu bien toucher cinq cent mille jusqu’à un million pour le compte des droits d’auteur. 

«Des artistes gagnent parfois 20 mille 3000 ou même 5000 francs Cfa tous les six mois » 

Existe-t-il des artistes endettés auprès du Bsda ? 

Nous sommes tous endettés. Nous devons quelque chose au Bsda. Parce que les droits ne représentent pas beaucoup. Si on te prête trois millions et que chaque six mois, tu gagnes 200 mille francs, on coupe les 25 ou bien 50 % de ton montant pour tes dettes. Il ne restera presque rien. Ce qui crée les dettes. Il y a même un trompettiste dont je vais taire le nom, qui passe son temps à mendier dans la rue. Pourtant, c’était un grand musicien. Il était surpris de me voir et m’a demandé de lui chercher une trompette. Il y a un autre artiste qui avait quitté Thiès pour percevoir ses droits d’auteur. Il n’a eu que trois mille francs. Un autre était tellement déçu qu’il a cogné la fenêtre en disant qu’il va se suicider parce qu’on lui avait remis cinq mille francs en six mois. On l’a conduit à l’hôpital, car il s’est retrouvé la tête cassée. Beaucoup d’artistes se trouvent dans cette même situation. 

Peut-on faire cette corrélation entre la misère des artistes et le non paiement des droits d’auteurs par les radiodiffuseurs…? 

Je ne pense pas. Quand tu es obsolète, tu ne peux pas bénéficier de droit d’auteur. Peut-être des musiciens comme Bob Marley qui ont marqué leur temps, ils peuvent continuer à vivre des droits d’auteur d’ici cent ans. Mais, un musicien comme moi, qui n’a jamais fait de belles choses, il ne peut pas espérer vivre dans ces mêmes privilèges. Cela dépend de la production et du fonctionnement de l’artiste. Par exemple, un Youssou Ndour oui. Il touche beaucoup de millions, la preuve en est que tous les gens qui ont composé pour lui à l’image de Kabou Guèye, ont touché beaucoup de millions parce qu’ils ont donné un morceau à une méga star. Ce n’est pas pareil pour Ouza qui ne joue que dans des boîtes de nuit. Si tu n’es pas au top et que tu n’as jamais fait de top en Afrique, il faut s’attendre à vieillir dans la dèche. 

Pourquoi les chanteurs religieux ne sont pas pris en compte par le Bsda ? 

C’est un imbroglio. Ils chantent les khassaïdes de Serigne Touba, des paroles du Prophète (Psl), déjà chantés. Ils ne sont plus auteurs, parce qu’ils interprètent. Ce sont des droits voisins que le Bsda ne prend pas en compte. Avec la Nouvelle société, on va prendre en compte cet aspect, car ce sont les droits voisins

Tarou.sn : Lancement le vendredi 28 juin à Douta Seck.

Vous aimez la mode, vous êtes artiste ou acteur d’art, vous êtes artisan ou féru d’artisanat, professionnels de la culture et de Tic, venez assister au lancement du premier portail de l’artisanat, de l’art et de la mode au Sénégal : WWW.TAROU.SN.
 Une date unique et un lieu unique: le vendredi 28 juin 2013 à 17 heures à la Maison de la Culture Douta Seck.
 Tarou.sn est le trait d’union de l’art, la mode sénégalaise et de l’Internet…
 
Tarou.sn vous permet surtout d’être dans le temps à temps.
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 L’occasion unique pour promouvoir et vendre des articles et produits culturels sur Tarou.sn.
 Expositions d’art, d’artisanat, défilés de coiffure, de mode, prestations musicales, de poésie vont rythmer le lancement du premier portail de l’art, de l’artisanat et de la mode….
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ommercialisation de vos créations et produits en ligne.

Microcred : Vers un accompagnement conséquent de la Culture

Depuis son implantation au Sénégal en 2005, l’entreprise Micro-cred spécialisée dans la microfinance, accompagne et booste les petites et moyennes entreprises. Des groupements économiques dans les différents secteurs, de l’artisanat, de la culture, du commerce, de la pêche, de l’agriculture, des services…ont bénéficié du financement et des conseils de Microcred.
 Le directeur général de Micro-cred a annoncé le 6 juin dernier la création de 650 emplois directs sur une période de cinq ans afin de lutter contre le chômage des jeunes.
 "Le nombre d’emplois directs de Micro-cred Sénégal va passer de 350 actuellement à 1000 d’ici 5 ans’’, a déclaré Dieudonné Ruben à l’APS. 
Invité à décliner les perspectives de son entreprise en termes de développement après huit de présence au Sénégal, il a indiqué qu’en plus de ces emplois directs, la politique d’implantation et de maillage de Micro-cred au Sénégal doit impacter sur la lutte contre le chômage avec la création de "plusieurs milliers d’emplois indirects’’.
Micro-Cred Sénégal, qui s’est approprié le concept d’auto-emploi, s’emploie, selon son directeur général, à aider les jeunes diplômés détenteurs de projets économiques à bénéficier de financements sans contraintes majeures. Des sources révèlent que le secteur de la culture ne sera pas en reste en terme de priorités.
A ce titre, l’entreprise Micro-Finance a mis en place le pack "opportunité’’, qui permet aux clients désireux de bénéficier d’un financement rapide. 
Au Sénégal, Microcred compte dix neuf agences continue sa politique de maillage et contribue à résorber le chômage compte tenu des emplois directs qu’il a créés et de ceux créés par les clients de manière indirecte.
 
BaobabAfrique

Consulat de France à Dakar : votre visa, je n’en veux pas

Son Excellence, Monsieur le consul général,

A Monsieur le directeur de l’Institut français du Sénégal,

Mon nom est Bousso Dramé et je suis une citoyenne sénégalaise qui, en ce jour, a décidé de prendre sa plume pour porter haut et fort un message me tenant particulièrement à cœur.

Par intérêt pour la langue de Molière, j’ai décidé de participer en avril dernier, au Concours national d’orthographe 2013, organisé par l’Institut français, dans le cadre des Prix de la francophonie.

Le concours a réuni quelques centaines de candidats, âgés de 18 à 35 ans dans les Instituts français de Dakar et de Saint-Louis ainsi que les Alliances françaises de Kaolack et de Ziguinchor.

A la suite de joutes portant sur un extrait de « L’Art français de la guerre » d’Alexis Jenni, prix Goncourt 2011, j’ai eu l’honneur d’être primée lauréate dudit concours. A ce titre, un billet d’avion Dakar-Paris-Dakar et une formation CultureLab en réalisation de film documentaire au Centre Albert Schweitzer m’ont été octroyés.

Il est temps de se faire respecter

Durant ma petite vie, je n’ai eu de cesse, tout en étant ouverte sur le monde dont je suis une citoyenne, de défendre ma fierté d’être noire et africaine. Il va sans dire que je crois résolument à l’avenir radieux de ma chère Afrique. Je suis également d’avis qu’il est impératif que les préjugés qui ont prévalu au sujet des Africains et de l’Afrique, du fait du passé colonial et de la situation contemporaine difficile de ce continent, soient révolus.

Il est temps que les Africains se respectent eux-mêmes et exigent d’être respectés par les autres. Cette vision d’une Afrique généreuse et ouverte, certes, mais fière et ferme dans l’exigence du respect qu’on lui doit et qu’on ne lui a que trop longtemps refusé est une conviction forte qui me porte et me transporte, littéralement.

Cependant, durant mes nombreuses interactions avec, d’une part, certains membres du personnel de l’Institut français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. Pas une fois, ni deux fois, mais bien plusieurs fois !

Ces attitudes, j’ai vraiment essayé de les ignorer mais l’accueil exécrable dont le Consulat de France a fait montre à mon égard (et à celui de la majorité de Sénégalais demandeurs de visas) a été la goutte d’eau de trop, dans un vase, hélas, déjà plein à ras bord.

Je renonce au billet d’avion et à la formation

En personne authentique qui ne sait pas tricher, une décision difficile mais nécessaire s’est naturellement imposée à moi. Un voyage tous frais payés, fut-il le plus beau et le plus enchanteur au monde, ne mérite pas que mes compatriotes et moi souffrions de tels agissements de la part du Consulat de France.

Une formation aussi passionnante soit-elle, et Dieu sait que celle-ci m’intéresse vraiment, ne vaut pas la peine de subir ces attitudes qu’on retrouve malheureusement à grande échelle sous les cieux africains. Par souci de cohérence avec mon système de valeurs, j’ai, donc, pris la décision de renoncer, malgré l’obtention du visa.

Renoncer pour le symbole.

Renoncer au nom de tous ces milliers de Sénégalais qui méritent le respect, un respect qu’on leur refuse au sein de ces représentations de la France, en terre sénégalaise, qui plus est.

Cette décision n’est pas une sanction contre des individualités, mais contre un système généralisé qui, malgré les dénégations de mes concitoyens, semble ne pas avoir l’intention de se remettre en cause.

Pour le visa, non merci

Par ailleurs, je trouve particulièrement ironique que l’intitulé partiel de la formation à laquelle je ne prendrai pas part soit :

« La France est-elle toujours la Patrie de Droits de l’homme. Jusqu’à quel point les Français sont-ils des citoyens d’Europe, du monde ? »

Cela aurait, sans aucun doute, fait un intéressant sujet de documentaire vu d’une perspective africaine et j’espère, avoir l’occasion, par d’autres voies et moyens, de participer à une future formation CultureLab.

Je tiens à remercier, l’Institut français tout de même, pour l’initiative de ce concours, qui, à mon avis mériterait de continuer à exister, voire se tenir à fréquence plus régulière et ce, pour stimuler l’émulation intellectuelle entre jeunes Sénégalais et pour le plaisir des amoureux de la langue française, dont je fais partie.

Madame la préposée au guichet du Consulat de France – je ne connais pas votre nom, mais je vous dis au sujet de ce visa dont je ne me servirai pas : Non, merci.

Fièrement, sincèrement et Africainement vôtre.

Musique : Dakar ville propre en rythme

 A l'initiative de la Direction de la Culture et du Tourisme, la Salle de délibération de l’Hôtel de Ville de  Dakar abrite la cérémonie de lancement de la production musicale intitulée "Dakar set wecc akhou deuk bi" le mardi 25 juin à partir de 11 heures 30 mn. L'opus est réalisé par les artistes Xuman, Abdoulaye MBAYE, Yoro NDIAYE, Maxi Crazy. Placé sous la présidence effective de Monsieur Khalifa Ababacar SALL, Maire de la Ville de Dakar, le lancement du produit musical est un début de campagne sur l'urbanité.
BaobabAfrique.com

L’OMART ‘’exige’’ la démission de Aziz Dieng du poste de PCA du BSDA

L’Observatoire de la musique et des arts (OMAT) ‘’exige’’ la démission de Aziz Dieng du poste de président du Conseil d’administration du Bureau sénégalais du droit d’auteur (BSDA), estimant qu’il ‘’ne peut pas être'' président de l’Association des métiers de la musique (AMS) et conseiller technique du ministre de la Culture.Dans un communiqué publié à la veille de la fête de la musique, l’OMART souligne qu’il ‘’y a (là) un véritable triple conflit d’intérêts’’, ajoutant qu’au moment où ‘’l’Etat parle de bonne gouvernance, il faut commencer d’abord par les institutions publiques’’.

L'OMART, qui salue l’implication des médias ‘’dans le rayonnement’’ de la musique sénégalaise, demande toutefois ‘’aux chaînes radiophoniques, télévisuelles et autres usagers de payer les droits d’auteur’’.
Elle relève que ‘’les acteurs de la musique (auteurs, compositeurs, interprètes, promoteurs…) sont loin de vivre décemment de leurs métiers’’..
La structure souligne que ‘’le ministère de la Culture est en train de jouer au dilatoire quant à l’application des mesures permettant aux musiciens, producteurs et autres promoteurs d’exercer correctement leur métier, d’en vivre décemment (…).
Selon l’Observatoire, ‘’hormis l’arbre qui cache la forêt, la situation est dramatique dans le secteur de la musique. Il est urgent d’améliorer l’environnement juridique, social et financier du secteur’’.
Ainsi, ses responsables exigent l’application de la loi sur les droits d’auteur et droits voisins, votée depuis le 25 janvier 2008 et plaident ‘’l’implication décisive de l’Eat dans la lutte contre la piraterie''.
L’Observatoire demande également l’application de la Convention sur la protection sociale des artistes signée par l’Etat du Sénégal depuis 2010 et le paiement des salaires des animateurs culturels sous contrat.

Source APS

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